Racines drapeau libanDepuis un moment je pense t’écrire, mais comment te le dire et de quelle manière ???

Citoyen libanais du monde entier ou du pays, où que tu sois, j’aimerai te parler, échanger avec toi sur des choses que j’ai sur le cœur…

Autre le fait qu’on partage ensemble l’appartenance au pays du cèdre, je m’intéresse à ta manière de penser, à ton raisonnement et ta façon de structurer ton avenir…

Autre le fait que le pays soit pris entre plusieurs partis, je suis curieuse de connaître ton avis, ta logique et tes idées, si tu en as, pour changer les choses…

Autre le fait que je sois une émigrée et que la nostalgie des jours heureux me pousse à parler positivement de mon pays natal, je voudrai savoir, toi l’homme enraciné, toi l’homme saturé, toi l’homme émigré, comment penses-tu être libanais ?

Je n’ai pas de leçon de moral à donner, juste tout simplement, un désir de m’adresser à toi publiquement, une invitation à la réflexion.

Ayant quitté le pays jeune, ayant vécu plus de la moitié de ma vie sur une terre adoptive, qui est devenue celle de mes enfants, et par crainte que le retour aux racines ne devienne une illusion, je m’adresse à toi citoyen libanais du monde…

Qui suis-je ? Une inconnue lambda, qui porte en elle l’amour et le regret pour un pays qui ne sait plus trouver son chemin pour la paix.

Des problèmes et des conflits au quotidien et cela depuis plus de trente ans, me poussent à te parler aujourd’hui et publiquement pour comprendre un peu ta logique de défense ou d’abstention, ta façon de peser le pour et le contre, ou tout simplement, ta manière de vivre avec ou sans la nostalgie d’un pays heureux…

Ayant perdu un peu la capacité d’analyser la situation au pays et en l’absence, de ma part, de toute analyse pertinente de la réalité que je connais moins bien que d’autre, par crainte aussi qu’on ne me reproche l’incompétence et l’ignorance de la situation, je ne peux que t’exprimer mes souhaits et mes espérances pour le retour des jours meilleurs.

Citoyen libanais du monde entier ou citoyen de mon pays natal, dis-moi s’il te plait, comment est-il possible de voir que le pays soit divisé entre deux orientations politiques et que les sans avis ou les neutres soient pris  ainsi entre deux feux ? Une opposition néfaste entre eux, qui paralyse l’Etat, qui condamne l’avenir des ses partisans et qui prend en otage les services publiques et l’avancement général du pays…

Oh toi citoyen libanais, qui connais plus que d’autres, as-tu une réponse à cette intrigue qui rafle sur son passage toute personne qui essaye d’échapper à une idéologie ou une autre ? Est-il possible de nos jours de parler du pays sans être prise au piège ou l’acte soit comptabiliser pour l’un ou l’autre parti ?

Toi citoyen, penses-tu que la liberté d’expression et de réaction entre nous adultes existe-t-elle bien sans que le spectre de cette adhérence à un clan ou un autre nous soit collé à la peau ? Un acte culturel ou un geste valorisant nos racines pourrait-il échapper à cette étiquette qui le met en réclame pour l’un ou l’autre parti ?

Peut-on aujourd’hui réclamer sa « libanité » sans pour autant être accusé d’œuvrer pour l’un ou l’autre partisan ? Je ne les citerai pas, car avec le temps, ces hommes politiques changeront mais seules les séquelles resteront …

Peut-on aujourd’hui aimer œuvrer pour l’image positive du pays sans pour autant être critiqué ou vendu par les uns ou les autres ?

Quelle idéologie permet aujourd’hui la division si profonde de mes compatriotes et à quel prix ? Le jeu en vaudra-t-il la chandelle ? D’un simple geste ou débat, les choses dégénèrent jusqu’aux accusations profondes et un boycotte de l’individu jusqu’à nier sa liberté d’agir ou de penser librement ?

Ayant vécu longtemps loin de vous libanais, j’ai dans mon cœur un enthousiasme et une joie de vous rencontrer, de vous apprécier, de me sentir entourée … Un besoin d’affection qui me permet de compenser le paradis perdu.

Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler publiquement, de m’adresser à toi cher libanais du monde entier, libanais de tel ou tel parti… Libanais neutre ou engagé, libanais artisan, médiateur, journaliste, intellectuel ou politologue, libanais lambda… Père ou mère de famille … Je t’invite à la réflexion et l’acceptation de l’autre sous un autre visage que celui du modèle imposé au pays.

Ni pour l’un ni pour l’autre, car il m’appartient de garder ma tête sur les épaules et de rester maître de moi-même… Le modèle existant me prouve l’échec des uns et des autres, la solution ne serait pas dans ce genre de division, sinon on l’aurait su…

Nous avons encore au pays, des fonctionnaires qui œuvrent dans l’ombre, « des soldats inconnus » qui maintiennent l’administration au sein du pays comme en dehors des frontières,  qui travaillent en coulisse et qui grâce à eux, le système fonctionne encore, mais jusqu’à quand ?

La haine nous sépare les uns des autres, la tolérance et l’acceptation de l’autre devraient guider nos choix les meilleurs. Sans mettre en critique la compétence des uns ou des autres, je pense que le système arrive à saturation, me prouve la fin d’un modèle existant et m’invite à penser encore et encore au renouveau… Le renouveau dans notre manière d’être et notre façon de vivre notre appartenance ou notre adhésion à un modèle… Cela doit rester une liberté sans que nous soyons accusés à tort d’être les sympathisants pour l’un ou l’autre… Il n’y a pas de honte à privilégier le choix politique et il n’y aura pas de honte à privilégier la neutralité.

Rester neutre est une sorte de liberté d’expression, sans que cela nous rende inactif et nous prive de notre capacité de réflexion… Le choix doit rester un choix et la neutralité devrait être un choix toléré par les partisans…

Jinane Milelli

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Jinane Chaker-Sultani Milelli est une éditrice et auteur franco-libanaise. Née à Beyrouth, Jinane Chaker-Sultani Milelli a fait ses études supérieures en France. Sociologue de formation [pédagogie et sciences de l’éducation] et titulaire d’un doctorat PHD [janvier 1990], en Anthropologie, Ethnologie politique et Sciences des Religions, elle s’oriente vers le management stratégique des ressources humaines [diplôme d’ingénieur et doctorat 3e cycle en 1994] puis s’affirme dans la méthodologie de prise de décision en management par construction de projet [1998].

3 COMMENTAIRES

  1. Excellent écrit. Très touchant et même poignant pour une personne comme moi qui a dû émigrer il y a près de 40 ans. je me retrouve dans plusieurs paragraphes. J’ai imprimé la lettre que je relirai plus profondément et peut-être, à un moment ou un autre, je pourrai en écrire une à mon tour. Dans tout les cas « Merci beaucoup Jinane » et continuez à nous faire rêver comme vous le faites si bien. Hâte de vous relire et je puis-je vous demander l’autorisation de la poster sur un autre alias FB que j’ai ?

  2. MON RÊVE POUR 2014

    Message à tous les libanais
    et à toutes les libanaises et
    à tous les peuples du monde entier.

    Mon message d’espoir, d’amour, de liberté,
    de pardon et de paix.

    Peuples du monde entier, je vous écris et vous d’écris
    par ce message d’espoir que j’ai écris avec les larmes
    de mon cœur mon merveilleux rêve.

    Mon message : Mon rêve.

    J’ai rêvé aujourd’hui et comme j’ai rêvé hier
    et comme je continuerais
    à rêver pour demain et pour toujours
    de ce rêve merveilleux que je partage avec vous.

    J’ai rêvé d’un monde d’égalité, de partage et de justice juste.
    J’ai rêvé d’un monde de dialogue, de tolérance et de pardon.
    J’ai rêvé d’un monde de bonheur, de joie et d’amour.
    J’ai rêvé d’un monde de liberté, de générosité et de paix.
    J’ai rêvé d’un monde de gentillesse, de sourires et des rires.
    J’ai rêvé d’un monde sans pauvretés, sans famine et sans précarités.
    J’ai rêvé d’un monde sans maladies, sans souffrances et sans guerres.
    J’ai rêvé d’un monde sans égoïsmes, sans haines et sans rancunes.
    J’ai rêvé d’un monde sans matérialistes, sans jalousies
    et sans humiliations.
    J’ai rêvé d’un monde sans méchancetés, sans problèmes et sans mal.
    J’ai rêvé d’un monde sans peines, sans violences et sans peurs.
    J’ai rêvé d’un monde sans tristesses,sans racismes et sans mensonges.

    J’ai rêvé d’un monde beau par la beauté du cœur
    des femmes et des hommes.

    J’ai rêvé d’un monde où tous les peuples du monde
    son unis et où toutes les frontières n’existe plus.

    J’ai rêvé d’un monde où toutes les guerres se sont
    transformées en des paix éternelles.

    J’ai rêvé d’un monde où les gens ne se lancent
    que des fleurs.

    J’ai rêvé d’un monde où dans tous les cœurs
    des femmes et des hommes, il n’y a plus que
    l’amour, le pardon, la générosité et la paix.

    J’ai rêvé de beaucoup de choses, tous aussi
    belles les unes que les autres.

    Actuellement, je rêve de ce rêve que je viens
    de vous écrire et de vous le d’écrire
    par ce message plein d’espoir, d’amour,
    de liberté, de pardon et de paix.

    Peuples du monde entiers
    Je vous demande s’il vous plait à
    chacune et à chacun
    de mettre ce message dans vos cœurs
    et qu’ensemble accomplissons
    et réalisons ce rêve pour qu’aujourd’hui
    et demain nous ayons le monde de ce rêve.

    Merci à vous tous peuples du monde entier,
    je vous aime tous très fort et de tout mon cœur.

    Prions tous ensemble Dieu Tout Puissant
    pour que ce rêve se réalise aujourd’hui
    et pour toujours.

    Message : mon rêve par : Bassam Zébib
    Le dimanche 18 août 2013.

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