Le secteur technologique : un moteur de croissance dans une crise économique prolongée
Le secteur technologique au Liban a montré une résilience remarquable face à la crise économique qui frappe le pays depuis 2019. En 2024, il a enregistré une croissance de 11,5 %, une performance significative compte tenu du contexte économique global du Liban, où la livre libanaise a perdu plus de 90 % de sa valeur et le pays traverse une récession sans précédent. Cette croissance est en grande partie alimentée par la montée des start-ups spécialisées dans les services numériques, la cybersécurité, et les fintechs, un secteur qui a attiré des investissements locaux et internationaux malgré les défis économiques.
Les start-ups libanaises dans le domaine de la technologie ont réussi à se maintenir et même à se développer grâce à la flexibilité de leur modèle économique et à leur capacité à répondre aux besoins d’une population en crise. Des entreprises comme Fintech Innovation, Preo, et Cedarcom sont des exemples de sociétés libanaises qui ont connu une croissance soutenue, en offrant des services numériques adaptés aux exigences locales et internationales. Le secteur fintech a particulièrement prospéré, avec des solutions de paiement numérique qui ont facilité les transactions dans un pays où les banques sont en faillite et l’accès au cash est de plus en plus difficile. En 2024, les fintechs libanaises ont reçu plus de 50 millions de dollars d’investissements de la part de fonds d’investissement étrangers, une preuve de la confiance dans l’innovation technologique libanaise malgré la crise financière.
Un autre facteur clé de la résilience du secteur technologique est la forte main-d’œuvre qualifiée au Liban, qui est un atout précieux dans un environnement difficile. Le pays possède un des meilleurs systèmes éducatifs de la région, avec des universités comme l’Université américaine de Beyrouth (AUB) et l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ), qui forment des ingénieurs et des développeurs de logiciels parmi les meilleurs du Moyen-Orient. Cette réserve de talents est essentielle pour le secteur, qui a vu une augmentation du nombre de start-ups technologiques ces dernières années, malgré la fuite des cerveaux.
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L’infrastructure numérique et technologique au Liban, bien que partiellement limitée par la baisse de la connectivité internet dans certaines régions, continue de se développer. La croissance des start-ups technologiques s’explique aussi par la demande accrue de solutions digitales, notamment dans les secteurs de la finance, de la santé et du commerce électronique, qui connaissent un retournement majeur dans la crise. Des entreprises comme Zoomaal, une plateforme de financement participatif (crowdfunding), ont trouvé des solutions pour soutenir des projets sociauxet entrepreneuriaux, renforçant ainsi la capacité du pays à s’adapter à la nouvelle réalité économique.
Le secteur numérique est également soutenu par des partenariats internationaux avec des acteurs mondiaux de la technologie, tels que Microsoft, Google, et Amazon, qui ont investi dans des initiatives locales. En 2024, Microsoft Liban a lancé un programme de formation professionnelle pour les jeunes libanais, offrant des cours en ligne gratuits en développement de logiciels et en gestion des technologies cloud, ce qui témoigne de l’intérêt croissant pour l’expansion du secteur technologique, même dans un contexte de crise. La pandémie de COVID-19 a accéléré cette dynamique, obligeant de nombreuses entreprises libanaises à se numériser pour survivre et à adopter des solutions de travail à distance. Ce virage numérique a ouvert de nouvelles opportunités pour les start-ups technologiqueslibanaises, qui bénéficient de la demande internationale de services numériques adaptés.
En dépit des défis politiques et économiques, l’écosystème des start-ups au Liban continue de croître. Selon un rapport de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), le Liban est désormais classé parmi les meilleurs hubs technologiques du Moyen-Orient. Les start-ups libanaises ont remporté plusieurs prix internationaux en 2024, dont le prix du meilleur projet fintech décerné à Preo, une application de gestion financière mobile développée par des jeunes entrepreneurs libanais. Ces réalisations illustrent non seulement la résilience du secteur technologique au Liban, mais aussi sa capacité à s’adapter à l’environnement mondial, même dans une période d’incertitude économique.
En conclusion, malgré la crise économique, le secteur technologique libanais continue de montrer sa force et sa capacité d’innovation, offrant une lueur d’espoir pour l’avenir économique du pays. L’augmentation des investissements dans les start-ups et la numérisation des services constituent des réponses efficaces à la crise, mais elles doivent s’accompagner d’un soutien gouvernemental plus fort pour permettre une croissance durable et équilibrée dans les années à venir.
L’agriculture : une résilience notable dans un environnement difficile
Malgré les crises successives qui ont frappé le Liban ces dernières années, le secteur de l’agriculture a montré une résilience remarquable en 2024, avec des exportations de produits agricoles en hausse de 16 % par rapport à 2023. Ce résultat surprenant est dû à plusieurs facteurs, principalement l’adaptation des producteurs aux nouvelles réalités économiques et la qualité de certains produits agricoles libanais qui continuent de séduire les marchés européens et du Golfe. En dépit de la crise économique et de l’inflation élevée, l’agriculture libanaise a su tirer parti de la demande soutenue pour des produits alimentaires de qualité, en particulier ceux provenant de l’agriculture bio et de niches spécifiques comme l’huile d’olive et les fruits frais.
Le Liban, bien que confronté à des défis structurels importants tels que des problèmes d’irrigation, une insuffisance de main-d’œuvre qualifiée et des ruptures de la chaîne d’approvisionnement, a réussi à maintenir une certaine compétitivité sur les marchés internationaux. Les exportations de fruits, notamment les agrumes et les pommes, ont représenté une part importante des exportations agricoles vers des pays européens comme la France et l’Allemagne, ainsi que vers les pays du Golfe, en particulier les Émirats Arabes Unis, où la demande pour des produits frais de haute qualité est en forte croissance.
Les producteurs ont également intensifié leurs efforts pour améliorer la qualité de leurs produits, avec une augmentation de la production biologique et une réduction des coûts de production grâce à des pratiques agricoles plus durables. Le Liban bénéficie ainsi d’une réputation croissante en matière de produits agricoles bio, notamment pour des produits comme l’huile d’olive extra vierge, qui est devenue une marque de qualité appréciée en Europe et au Moyen-Orient. L’Association des producteurs d’huile d’olive libanais a rapporté en 2024 une hausse de 20 % de la demande pour l’huile d’olive libanaise sur le marché européen, ce qui a conduit à une augmentation des exportations de ce produit phare.
Les efforts d’adoption de nouvelles technologies agricoles, tels que les systèmes d’irrigation goutte-à-goutte et les serres de haute technologie, ont permis aux producteurs de surmonter les défis climatiques tout en réduisant leur consommation d’eau et en augmentant leur productivité. L’innovation dans l’agriculture a également joué un rôle crucial pour garantir une offre constante tout au long de l’année, même dans un climat politique et économique incertain. En 2024, de nouvelles initiatives ont vu le jour pour promouvoir l’agriculture durable, notamment des projets visant à réduire l’empreinte carbone de la production agricole.
L’un des exemples marquants de cette évolution est celui de Berytech, un incubateur libanais de start-ups agricoles, qui soutient des entreprises locales dans la mise en œuvre de solutions agricoles innovantes. Berytech a lancé des programmes spécifiques pour améliorer la productivité et encourager l’exportation de produits agricoles libanais. Des entreprises comme Terroir Lebanon, une marque dédiée à l’agriculture biologique, ont vu leur chiffre d’affaires augmenter grâce à leur capacité à répondre à la demande des marchés internationaux pour des produits locaux de haute qualité.
En parallèle, le gouvernement libanais a, malgré la crise, maintenu des politiques de soutien à l’agriculture, avec l’octroi de subventions pour l’achat de matériel d’irrigation moderne et de semences améliorées. Ces mesures ont contribué à maintenir la compétitivité des producteurs libanais, bien que leur efficacité soit limitée par le manque de coordination entre les ministères et l’absence de réformes structurelles à long terme pour soutenir un développement durable du secteur.
Cependant, certains défis persistent. Le Liban souffre toujours de problèmes d’infrastructure, notamment de routes rurales dégradées et d’un accès limité à des financements agricoles, ce qui empêche de nombreux producteurs de moderniser leur équipement et d’atteindre les standards de qualité nécessaires pour s’imposer sur des marchés internationaux plus compétitifs. La réglementation agricole reste également floue, avec des normes de qualité qui varient d’un marché à l’autre, rendant difficile l’exportation vers des marchés plus exigeants.
En conclusion, bien que le secteur de l’agriculture au Liban soit encore confronté à de nombreux défis, sa résilienceface à la crise économique de 2024 témoigne de la capacité du pays à s’adapter et à répondre aux besoins de marchés internationaux exigeants. Avec des efforts continus dans le domaine de l’innovation agricole, de la durabilité et de la qualité, l’agriculture libanaise pourrait jouer un rôle majeur dans la reconstruction économique du pays à long terme.
L’énergie solaire au Liban : une industrie en pleine croissance malgré la crise économique
L’industrie solaire au Liban continue de croître malgré les difficultés économiques persistantes, affichant une augmentation de 28 % des nouvelles installations en 2024 par rapport à l’année précédente. Cette dynamique est un signe de l’adaptabilité et de la résilience du secteur face à des défis majeurs tels que la crise énergétique, les pannes d’électricité récurrentes et une dévaluation monétaire importante. Le recours à l’énergie solaire est désormais perçu comme une solution viable et même indispensable pour de nombreux Libanais, tant pour les résidences privées que pour les entreprises cherchant à s’assurer une autonomie énergétique face à des coupures de courant quotidiennes.
La prolifération des panneaux solaires est alimentée par un contexte dans lequel les coûts de l’électricité sont devenus prohibitifs et où les coupures fréquentes rendent l’approvisionnement en énergie instable. De plus, la pénurie de carburant et la corruption au sein des entreprises publiques du secteur de l’énergie ont accentué le besoin d’une autonomie énergétique pour les citoyens et les entreprises. Le Liban, qui souffre de coupures d’électricité allant jusqu’à 22 heures par jour, a vu une augmentation de la demande pour les systèmes solaires résidentiels et commerciaux.
En 2024, les entreprises comme Solar Energy Lebanon, Green Energy Lebanon, et Lebanese Solar Energy Solutions ont vu leur chiffre d’affaires augmenter considérablement en raison de l’accélération de l’adoption de l’énergie solaire. Ces entreprises, spécialisées dans l’installation de systèmes photovoltaïques, ont connu une croissance de 30 % de leurs revenus par rapport à l’année précédente, selon des rapports internes de ces entreprises. Les résidences et les petites entreprises qui étaient autrefois réticentes à investir dans des systèmes coûteux ont été contraintes d’opter pour l’énergie solaire en raison de la flambée des coûts d’électricité et de l’incapacité de l’État à fournir des services de manière stable.
Le coût de l’installation d’un système photovoltaïque au Liban, bien que relativement élevé, a diminué de manière significative au cours des dernières années grâce à l’amélioration des technologies et à la réduction des coûts des panneaux solaires. Selon l’Association des énergies renouvelables du Liban (AERL), le prix moyen pour l’installation de systèmes solaires a baissé de 20 à 25 % en 2024 par rapport à 2023, rendant les systèmes solaires plus accessibles pour les petites et moyennes entreprises, ainsi que pour les particuliers. Cela a permis à l’énergie solaire de devenir une alternative plus compétitive face aux autres sources d’énergie, notamment les générateurs privés et les fournisseurs d’électricité privés qui restent coûteux et intermittents.
En outre, le secteur bénéficie du soutien de certains investisseurs locaux et internationaux, qui voient dans l’énergie solaire un secteur stratégique pour l’avenir du pays. Des initiatives comme la Banque Libano-Française (BLF) ont proposé des prêts à faible taux d’intérêt pour encourager les Libanais à investir dans des systèmes solaires. Cette initiative a été particulièrement importante, car elle a permis à de nombreuses familles et entreprises de financer l’installation de panneaux solaires. En parallèle, l’Agence libanaise pour l’énergie solaire a mis en place des programmes visant à subventionner les installations solaires pour les projets communautaires et les petites entreprises.
L’un des plus grands atouts de l’énergie solaire est son caractère durable et respectueux de l’environnement, ce qui a attiré des investissements en provenance d’Europe et du Moyen-Orient, qui voient dans le Liban un terrain d’expérimentation pour les énergies renouvelables dans la région. Des investissements d’envergure, comme ceux de l’entreprise Total Energies, ont permis de renforcer le cadre législatif et financier autour de l’énergie solaire, ouvrant la voie à des projets plus ambitieux. En 2024, le Liban a enregistré son premier projet solaire à grande échelle soutenu par des fonds étrangers, avec l’installation de plus de 100 000 panneaux solaires pour l’approvisionnement d’une région de 200 000 habitants.
Cependant, malgré cette croissance rapide, le secteur solaire fait face à plusieurs obstacles qui pourraient limiter son expansion. Le manque d’infrastructures publiques, la corruption dans les institutions gouvernementales, et la fluctuation des politiques énergétiques compliquent l’implantation de projets à grande échelle. Le secteur publiclibanais reste particulièrement lent dans l’adoption de la transition énergétique et les réformes nécessaires pour permettre un véritable passage à l’échelle. Les projets solaires résidentiels et commerciaux restent largement autonomes et dépendants de l’initiative privée, sans la coordination gouvernementale nécessaire pour accélérer la transition énergétique à l’échelle nationale.
Malgré ces obstacles, l’énergie solaire continue d’être une bouée de sauvetage pour de nombreux Libanais et pourrait jouer un rôle crucial dans la reconstruction économique du pays, en offrant une source d’énergie stable, abordable et respectueuse de l’environnement. À long terme, avec des politiques publiques renforcées et des réformes législatives, l’énergie solaire pourrait devenir un secteur clé du Liban, créant des emplois et stimulant l’investissement dans les énergies renouvelables et l’innovation technologique.



