L’Organisation internationale pour les migrations (IOM) a publié son dernier rapport sur la situation des déplacés internes au Liban après l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024. Selon les données recueillies, 9,5 % des personnes déplacées restent en exil au 5 février 2025, tandis que 90,5 % ont pu retourner chez elles.
La guerre, qui a provoqué un déplacement massif de 984 514 personnes entre septembre et novembre 2024, a laissé d’importantes séquelles humanitaires et économiques. Malgré la stabilisation de la situation, plusieurs milliers de déplacés peinent encore à regagner leurs foyers en raison de destructions massives, de conditions de vie précaires et d’un retour incertain à la sécurité.
Une réinstallation progressive mais incomplète
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, 890 830 personnes ont pu retrouver leur domicile, mais 93 684 personnes restent en situation de déplacement. Parmi elles, 2,4 % vivent encore dans des abris collectifs, principalement des écoles et des bâtiments publics temporairement convertis en centres d’accueil.
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La majorité des déplacés internes ayant retrouvé leur logement se concentrent dans trois gouvernorats principaux :
- El Nabatieh : 248 360 personnes retournées (27,9 % du total)
- Sud (Sour) : 185 806 personnes (20,9 %)
- Baalbek-El Hermel (Baalbek) : 149 629 personnes (16,8 %)
Un retour difficile pour certains déplacés
Si la majorité des familles déplacées ont pu regagner leur domicile, certains restent bloqués dans des abris temporaires ou préfèrent s’installer ailleurs. Parmi les principales raisons de leur non-retour :
- Destruction des habitations et infrastructures essentielles
- Persistance de risques sécuritaires dans certaines régions
- Absence d’aide humanitaire suffisante pour la reconstruction
Au niveau des lieux de départ, 84 % des déplacés provenaient de cinq districts :
- Beyrouth : 46,1 %
- Chouf : 11,2 %
- Baalbek : 10,5 %
- Zahle : 9,0 %
- Saida : 8,3 %
Un défi humanitaire et logistique pour le Liban
Le retour des déplacés pose un défi majeur pour le gouvernement et les ONG. La reconstruction des infrastructures détruites et la réhabilitation des logements sont essentielles pour stabiliser la situation. Toutefois, avec une crise économique persistante, le Liban manque de moyens pour répondre efficacement aux besoins des populations affectées.
L’IOM appelle à une mobilisation accrue des bailleurs de fonds internationaux pour financer la reconstruction et fournir une aide aux familles toujours déplacées.
Données clés sur les déplacés internes au Liban (février 2025)
| Indicateur | Nombre |
|---|---|
| Total des déplacés internes (sept-nov 2024) | 984 514 |
| Retours enregistrés (au 5 février 2025) | 890 830 |
| Déplacés restants | 93 684 |
| Déplacés encore en abris collectifs | 2 367 |
| Gouvernorat avec le plus de retours | El Nabatieh (27,9 %) |
Données sur l’institution citée
- Organisation internationale pour les migrations (IOM) : Organisme des Nations unies spécialisé dans la gestion des migrations et la protection des déplacés. L’IOM opère au Liban en fournissant une assistance humanitaire et des solutions pour les personnes affectées par les conflits.



