Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a reçu lundi à Aïn el-Tiné l’ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, pour un entretien consacré à l’évolution de la situation politique et sécuritaire sur fond de poursuite des frappes israéliennes. À l’issue de la rencontre, le chef du législatif a insisté sur la nécessité de s’en tenir à l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024 et au « mécanisme » de supervision chargé d’en accompagner l’application, tandis que le diplomate français a assuré que Paris poursuivait ses efforts pour tenter d’aboutir à une solution.
Un entretien à Aïn el-Tiné sur fond de dégradation sécuritaire
Selon la dépêche transmise lundi, Nabih Berry a reçu Hervé Magro au siège de la présidence de la Chambre, en présence de Mahmoud Berry, conseiller du président du Parlement. Les échanges ont porté sur « les développements des situations sur le terrain et sur le plan politique » provoqués par la poursuite de l’offensive israélienne contre le Liban. Cette rencontre intervient alors que Paris maintient une activité diplomatique soutenue sur le dossier libanais et continue de plaider pour le respect du cessez-le-feu conclu entre Israël et le Liban à la fin de 2024.
À la sortie de l’entretien, Hervé Magro s’est contenté d’une déclaration brève : la France, a-t-il dit, poursuit « ses efforts » et son travail « pour résoudre la question ». Cette formule s’inscrit dans une ligne française déjà exprimée à plusieurs reprises ces derniers mois par le Quai d’Orsay, qui appelle au respect durable du cessez-le-feu, à la protection des civils et au recours au mécanisme de supervision comme cadre de traitement des incidents et des menaces.
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Berry met en avant l’accord de novembre 2024
Au cours de la réunion, Nabih Berry a salué les efforts de la France et du président Emmanuel Macron pour tenter d’obtenir l’arrêt de la guerre israélienne au Liban et le retour des déplacés dans leurs villages, selon le texte de la dépêche. Le président de la Chambre a surtout insisté sur un point précis : le maintien du cadre issu de l’accord de novembre 2024 et de la « commission du mécanisme » comme espace à la fois pratique et négocié pour appliquer cet accord.
Cette référence renvoie au mécanisme de supervision du cessez-le-feu mis en place après l’accord signé le 26 novembre 2024 et entré en vigueur le 27 novembre. La diplomatie française rappelle que ce dispositif, présidé par les États-Unis et auquel la France participe, a été conçu pour surveiller la trêve, traiter les violations, signaler les menaces et éviter les initiatives unilatérales. Paris l’a présenté à plusieurs reprises comme le cadre agréé par les parties pour préserver la sécurité des populations civiles au Liban comme en Israël.
Paris maintient la même ligne diplomatique
La position exprimée par Nabih Berry rejoint, sur ce point, celle affichée par la France depuis plusieurs mois. Début février, le ministre français des affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait rappelé à Beyrouth l’attachement de Paris au respect, par toutes les parties, de l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024. Il avait également souligné que cela impliquait le retrait israélien du territoire libanais, la protection des civils et la poursuite des mécanismes prévus par le texte conclu à l’automne.
Le Quai d’Orsay a repris cette ligne dans plusieurs communiqués successifs. Le 18 février, la France indiquait qu’elle continuerait, aux côtés des États-Unis, à assumer l’ensemble des missions définies dans l’accord du 26 novembre 2024 au sein du mécanisme. Le 30 avril, elle rappelait encore que le démantèlement des sites militaires non autorisés sur le territoire libanais relevait exclusivement des forces armées libanaises, avec l’appui du mécanisme de surveillance et de la Finul.
Le « mécanisme », point d’appui des discussions
La mention de la « commission du mécanisme » par Nabih Berry intervient alors que ce dispositif reste au centre des discussions sur la mise en œuvre du cessez-le-feu. La France a plusieurs fois insisté sur le fait que ce cadre devait permettre de traiter les incidents sécuritaires et d’éviter toute action unilatérale susceptible d’aggraver la situation sur le terrain. Dans un communiqué du 24 novembre 2025, le ministère français des affaires étrangères soulignait déjà l’importance de recourir à ce mécanisme pour signaler les menaces et prévenir une nouvelle dégradation.
En rappelant lundi son attachement à l’accord de novembre 2024 et à ce dispositif de suivi, Nabih Berry replace donc l’échange avec l’ambassadeur de France dans un cadre diplomatique déjà existant, que Paris continue de soutenir publiquement. À ce stade, la formulation retenue après la rencontre met l’accent sur deux éléments : la poursuite des efforts français, et la volonté libanaise de s’en tenir au mécanisme prévu par l’accord pour traiter l’application du cessez-le-feu.
Une séquence diplomatique sous pression
La réunion de lundi intervient dans un contexte de forte tension, alors que la France multiplie les appels à la retenue et au respect des engagements pris dans le cadre du cessez-le-feu. Le Quai d’Orsay a encore rappelé, au fil de ses déclarations récentes, que ce mécanisme devait rester le cadre de référence pour traiter les incidents, préserver la stabilité au Liban et empêcher une détérioration supplémentaire de la situation sécuritaire.
À l’issue de l’entretien entre Nabih Berry et Hervé Magro, aucun détail supplémentaire n’a été donné sur d’éventuelles initiatives nouvelles. Les déclarations rendues publiques se concentrent sur la continuité de la médiation française et sur la réaffirmation, par le président de la Chambre, du cadre de l’accord de novembre 2024 et de son mécanisme de mise en œuvre.



