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Liban : Mahmoud Qmati du Hezbollah met en garde contre les pressions américaines

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Dans un Liban à la croisée des chemins, entre pressions internationales et tensions internes, Mahmoud Qmati, membre du bureau politique du Hezbollah, a lancé un avertissement clair lors d’une interview accordée à Radio Voix de la Liberté. Accusant Washington de vouloir transformer le pays en une « colonie américaine », il a mis en garde contre des pressions qui pourraient plonger le Liban dans « le chaos et la guerre civile ». Tout en soulignant la puissance intacte des capacités militaires du Hezbollah, Qmati a tenu à rassurer sur l’engagement des leaders politiques – le président Joseph Aoun, le président du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam – à préserver la stabilité nationale, dans un contexte marqué par les violations israéliennes et les défis régionaux.

Une mise en garde contre les ambitions américaines

Mahmoud Qmati n’a pas mâché ses mots en décrivant les intentions prêtées aux États-Unis. « Washington veut que le Liban devienne une colonie sous son contrôle », a-t-il affirmé, pointant du doigt des pressions extérieures qui, selon lui, menacent la souveraineté et l’équilibre fragile du pays. Il a averti que ces ingérences pourraient déstabiliser davantage une nation déjà éprouvée par des années de crise économique, politique et sécuritaire, évoquant le spectre d’un « chaos » et d’une « guerre civile » si ces dynamiques s’intensifiaient.

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Cette rhétorique s’inscrit dans un narratif de longue date du Hezbollah, qui perçoit les États-Unis comme un acteur cherchant à imposer son influence au Moyen-Orient, souvent en tandem avec Israël. Qmati a accusé Washington de ne pas respecter la « formule libanaise », un terme qui fait référence au système politique confessionnel unique du pays, basé sur un partage du pouvoir entre communautés religieuses. Pour lui, cette ingérence vise à affaiblir la résistance et à remodeler le Liban selon des intérêts étrangers.

Une confiance mesurée dans le triumvirat politique

Malgré ces mises en garde, Qmati a tenu à tempérer ses propos en saluant l’attitude des principaux dirigeants libanais. « Le président Joseph Aoun, le président Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam ne veulent pas compromettre la stabilité du Liban », a-t-il déclaré, suggérant une convergence d’intérêts entre le Hezbollah et ces figures pour éviter une escalade interne. Cette reconnaissance intervient alors que le pays navigue entre la nécessité de maintenir l’unité nationale et les pressions exercées par des acteurs extérieurs, notamment après les frappes israéliennes de 2024 contre les bastions du Hezbollah.

Cette confiance implicite dans le triumvirat – un président militaire, un chef historique du mouvement Amal et un Premier ministre réformateur – reflète une volonté de préserver un statu quo fragile, malgré les divergences idéologiques. Qmati semble ainsi miser sur une coopération tacite pour contrer les menaces externes, tout en laissant entendre que le Hezbollah reste vigilant face à toute dérive qui pourrait nuire à ses intérêts.

La résistance : une force intacte face à Israël

Sur le plan militaire, Qmati a réaffirmé la résilience du Hezbollah face aux défis posés par Israël. « Nous avons donné au gouvernement une chance illimitée de mettre fin à l’occupation israélienne et d’arrêter les violations », a-t-il expliqué, soulignant que le mouvement a choisi, pour l’instant, de privilégier une solution politique. Cependant, il a insisté sur la puissance des capacités militaires du groupe : « La résistance reste forte et prête à répondre à toute agression lorsque le moment sera venu. »

Cette déclaration intervient dans un contexte où Israël chercherait, selon Qmati, à « élargir la zone tampon » le long de la frontière sud du Liban, une ambition que Washington ne contesterait pas. Les violations israéliennes – survols de drones, incursions et frappes sporadiques – ont alimenté les tensions depuis l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, négocié sous l’égide des États-Unis et de la France. Pour le Hezbollah, ces actions traduisent une volonté d’expansion territoriale qui menace la souveraineté libanaise, un enjeu que le mouvement place au cœur de sa légitimité.

Une alliance avec l’armée libanaise

Un point notable de l’interview est l’accent mis par Qmati sur les relations entre le Hezbollah et l’armée libanaise. « L’armée respectera la décision politique, et notre relation avec elle a toujours été bonne », a-t-il assuré, évoquant une camaraderie forgée dans les combats passés. « Nous avons été des compagnons d’armes », a-t-il ajouté, rappelant les périodes où les deux forces ont collaboré face à des menaces communes, comme les groupes djihadistes dans l’est du pays entre 2014 et 2017.

Reconnaissant les limites de l’armée face aux « menaces qui nous entourent de toutes parts », Qmati a appelé à un soutien collectif. « L’armée ne peut pas tout affronter seule. Le peuple, la résistance et les partis doivent se tenir à ses côtés », a-t-il plaidé, positionnant le Hezbollah comme un partenaire indispensable dans la défense nationale. Cette rhétorique vise à légitimer le rôle militaire du mouvement, malgré les critiques internes et internationales qui l’accusent de saper l’autorité de l’État.

Une vision régionale : pas de frappe sur l’Iran

Sur le plan régional, Qmati s’est montré optimiste quant à la situation de l’Iran, principal allié du Hezbollah. « Je ne crois pas qu’il y aura une frappe militaire contre l’Iran », a-t-il estimé, écartant pour l’instant une escalade majeure impliquant Téhéran. Cette position reflète une lecture prudente des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, où une attaque directe sur le sol iranien reste un scénario à haut risque, même après les frappes israéliennes contre des positions pro-iraniennes en Syrie et au Liban.

Une stratégie de résistance et de prudence

La position du Hezbollah, telle qu’articulée par Qmati, oscille entre fermeté et retenue. En réaffirmant sa puissance militaire, le mouvement envoie un message à Israël et aux États-Unis : toute tentative d’affaiblissement sera coûteuse. En parallèle, son soutien au gouvernement et à l’armée reflète une stratégie pragmatique pour préserver son rôle dans un système politique où il reste un acteur incontournable, malgré les appels croissants à son désarmement.

Cette approche n’est pas sans risques. Les pressions américaines, combinées aux violations israéliennes, pourraient pousser le Hezbollah à durcir sa posture, au détriment de la stabilité que Qmati dit vouloir protéger. De plus, les tensions internes – entre communautés, entre pro et anti-Hezbollah – restent un facteur d’instabilité latent, que des ingérences extérieures pourraient exacerber.

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Newsdesk Libnanews
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