Après avoir visé les restaurants, les hôpitaux et les produits pharmaceutiques, le Ministre de la Santé Waël Abou Faour a décidé de s’impliquer dans le dossier des produits agricoles après avoir constaté la découverte de 45 produits cancéreux au Liban.

Au cours d’une conférence de presse conjointe avec le Ministre de l’Agriculture Akram Chehayeb, le Ministre de la Santé a indiqué que les pesticides non agrées en Europe ou aux Etats-Unis seront désormais interdits d’entrée au Liban. « Les affaires sont moins importantes que la santé de la population », estime-t-il, indiquant désormais que les produits entrés au Liban, qu’ils aient été autorisés ou non, verront désormais leur provenance tracée.

Accusant ces pesticides de causer des déformations congénitales ainsi que d’être responsables de la hausse du cas de cancers au Liban, Abou Faour a indiqué que tout produit y contrevenant sera retiré du marché. Il a poursuivi, notant que les fonctionnaires des ministères de la Santé et de leur homologues du Ministère de l’Agriculture surveillaient plusieurs produits de consommation, dont le blé et les viandes animales afin de s’assurer de leur conformité par rapport aux normes de santé. Le Liban connaitrait ainsi l’une des plus forte augmentation des cas de cancers au Monde. 250 personnes sur 10 000 seraient ainsi atteints contre une moyenne mondiale de 185 personnes sur 10 000, a tenu de préciser le Ministre.

Selon une étude effectuée dans le cadre de cette enquête, il a été retrouvé dans ces produits 45 pesticides agricoles dangereux puisque pouvant induire un cancers, utilisés au Liban, auxquels le corps humain et notamment les femmes enceintes seraient sensibles

Le Ministre de l’Agriculture, Akram Cheyaheb a de son coté indiqué que son ministère fera tout son possible afin de préserver l’agriculture libanaise. Il a également révélé avoir formé un comité de suivi des produits agricoles locaux afin de s’assurer de la sécurité des consommateurs.

Des pratiques agricoles étaient déjà mises en cause dès 2009

Un scandale similaire avait déjà touché le Liban en 2009 avec la révélation par le Ministre de l’environnement de l’époque Antoine Karam, de 40% des fruits et légumes commercialisés qui seraient impropres à la consommation en raison de forts taux de pesticides. 40 % des fraises, 32 % des oranges, 30 % des tomates, 49 % des concombres, 14 % des citrons, 33 % des prunes et 100 % des courgettes contiendraient des résidus de pesticides, nocifs en théorie et donc impropres à la consommation, avait-il révélé à l’époque.