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Liban : « Soit le chemin de la mort et de la destruction, soit la retenue et le dialogue » : l’avertissement solennel de Jeanine Hennis-Plasschaert

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Beyrouth, le 7 mars 2026. La coordinatrice spéciale de l’Organisation des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a lancé ce samedi matin un appel pressant et sans équivoque aux parties en présence. Dans un communiqué officiel diffusé par l’agence nationale d’information ANI à 10 h 34, elle a résumé le dilemme auquel fait face le pays : « Le choix est clair : soit le chemin de la mort et de la destruction, soit l’engagement en faveur de la retenue et le dialogue ». Cette déclaration intervient alors que le Liban traverse une nouvelle phase de violence qui a brutalement interrompu un élan de progrès relatif observé la semaine précédente.

La représentante onusienne, qui exerce ses fonctions au nom du secrétaire général des Nations unies, a dressé un tableau précis et contrasté de la situation. « Le Liban était, la semaine dernière, dans une position relativement bonne », a-t-elle indiqué. Les forces armées libanaises soutenaient activement le renforcement de l’autorité de l’État. Les préparatifs des élections parlementaires avançaient à grands pas. Les réformes attendues depuis longtemps commençaient enfin à entrer dans leur phase de mise en œuvre concrète. Un prêt de la Banque mondiale était sur le point de débloquer le processus de reconstruction tant espéré. Parallèlement, les relations en plein essor entre le Liban et la Syrie ouvraient de nouveaux champs de coopération bilatérale. Ces éléments, soulignés avec une précision factuelle par Mme Hennis-Plasschaert, traduisaient un momentum fragile mais réel que beaucoup d’observateurs internationaux avaient salué ces derniers jours.

Un contraste saisissant avec la dégradation brutale observée depuis lundi

« Bien entendu, les choses n’étaient pas parfaites », a immédiatement nuancé la coordinatrice. Les raids aériens se poursuivaient, s’ajoutant aux tensions politiques internes et à l’impasse institutionnelle qui constituaient le quotidien du Liban. Pourtant, un progrès tangible existait. « Et maintenant, ce progrès s’est arrêté de manière soudaine et brutale », a-t-elle déploré. Dans les premières heures du lundi précédent, le pays a été de nouveau plongé dans le chaos et la violence. Des citoyens qui venaient tout juste de rentrer chez eux se sont retrouvés une fois de plus sans abri. Cette situation a engendré un climat général oscillant entre l’incrédulité, le ressentiment et une colère profonde. Le discours public s’est durci, les ordres d’évacuation se sont multipliés et les frappes directes se sont intensifiées.

Mme Hennis-Plasschaert a insisté sur la dimension humaine de cette rupture. Des familles entières, confrontées à une nouvelle vague de déplacements, expriment un sentiment d’exaspération croissant. Le communiqué détaille ce basculement avec une sobriété qui renforce sa force : le retour à la normale espéré après des mois de tensions s’est mué, en quelques heures, en une nouvelle spirale de souffrances. L’ONU, à travers sa représentante, rappelle que ces citoyens ne demandent rien d’autre que de vivre en paix et de jouir de leur vie quotidienne.

Les leçons des conflits passés : aucune victoire militaire durable

S’appuyant sur l’expérience accumulée au fil des décennies, la coordinatrice a rappelé une vérité amère : « Comme nous l’ont appris les conflits précédents, les opérations militaires en cours ne donneront pas de victoire permanente à quelque partie que ce soit ». Au contraire, elles ne feront qu’aggraver l’instabilité et accroître les souffrances. Malgré les appels répétés à un cessez-le-feu immédiat, ces demandes sont restées lettre morte, étouffées par un discours intransigeant et par les bombardements continus. Le prix est payé, une fois encore, par ceux qui aspirent simplement à la stabilité.

Jeanine Hennis-Plasschaert a souligné que la communauté internationale, à travers ses multiples déclarations, n’a pas réussi à imposer la pause nécessaire. Le dialogue direct entre les parties concernées demeure, selon elle, la seule voie susceptible de rompre ce cycle infernal. Sans cette retenue immédiate, le risque d’une détérioration supplémentaire est réel, avec des populations déjà vulnérables exposées à des niveaux de souffrance accrus.

La résolution 1701, cadre reconnu internationalement mais mal appliqué

Au cœur de son intervention figure la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à l’unanimité le 11 août 2006 au lendemain de la guerre de 2006. Ce texte, rappelé avec force par la coordinatrice, constitue depuis près de vingt ans « la formule reconnue sur le plan international pour mettre fin aux cycles de violence qui ont épuisé les citoyens libanais et israéliens pendant des décennies ». Il prévoit notamment le déploiement des forces armées libanaises et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban au sud du Litani, le retrait des forces étrangères et la cessation des hostilités.

Pourtant, depuis son adoption, la résolution 1701 a été appliquée de manière fragmentaire, voire gelée par le manque de confiance mutuelle. Mme Hennis-Plasschaert a reconnu que, malgré la gravité actuelle de la situation, celle-ci risque de s’aggraver encore davantage si aucune mesure n’est prise rapidement. « Il faut que les hostilités cessent », a-t-elle martelé. Elle a également évoqué la possibilité que des pourparlers directs entre le Liban et Israël puissent constituer le tournant nécessaire pour épargner aux générations futures la répétition de ce cauchemar.

Le dialogue, selon elle, représente l’étape décisive pour transformer la résolution 1701 en une réalité concrète des deux côtés de la Ligne bleue. Cette ligne, tracée par l’ONU en 2000 après le retrait israélien du sud du Liban, demeure le référentiel géographique incontesté. Sa mise en œuvre pleine et entière exigerait une volonté politique partagée que la coordinatrice appelle de ses vœux avec une urgence palpable.

Le choix stratégique qui s’impose au Liban et à la région

Jeanine Hennis-Plasschaert a conclu son communiqué par une formule claire et percutante : « Le choix est clair : soit rester sur le chemin de la mort et de la destruction, soit s’engager en faveur de la retenue et du dialogue ». Elle a ajouté que les solutions à long terme ne sont pas hors de portée, mais bien à portée de main. Cette mise en garde, formulée avec la gravité qui caractérise les représentants onusiens les plus expérimentés, intervient à un moment où le Liban semble une nouvelle fois au bord du précipice.

La coordinatrice, qui a multiplié les contacts avec les autorités libanaises, les acteurs régionaux et les membres du Conseil de sécurité ces derniers jours, a réaffirmé que le mandat de l’ONU reste centré sur la stabilisation et le respect du droit international. Son message s’adresse autant aux responsables politiques qu’aux populations directement affectées, rappelant que la paix durable passe nécessairement par le respect des cadres multilatéraux existants.

Les appels à la retenue face à une escalade incontrôlée

Dans les heures qui ont suivi la diffusion du communiqué, les services de l’ONU à Beyrouth ont confirmé que Mme Hennis-Plasschaert poursuivait ses consultations avec l’ensemble des parties prenantes. La représentante spéciale a insisté sur la nécessité d’une désescalade immédiate afin de préserver les acquis fragiles de la semaine précédente. Les préparatifs électoraux, les réformes économiques et le soutien de la communauté internationale risquent en effet d’être balayés si la violence se poursuit.

Le communiqué détaille également l’impact psychologique sur la population : le passage rapide d’un espoir relatif à une nouvelle vague de déplacements crée un sentiment de désillusion profond. Des familles qui avaient repris le cours de leur vie ordinaire se retrouvent confrontées à des ordres d’évacuation et à des frappes qui touchent directement les zones résidentielles. Ce climat d’incertitude permanente érode la cohésion sociale et complique toute perspective de reconstruction.

Le rôle de la communauté internationale et le respect du mandat onusien

Jeanine Hennis-Plasschaert a rappelé que la communauté internationale, à travers le Conseil de sécurité, continue de soutenir la mise en œuvre intégrale de la résolution 1701. Cette résolution, fruit d’un consensus international après 34 jours de conflit en 2006, demeure le seul cadre accepté par toutes les parties pour restaurer la stabilité le long de la frontière. Son application partielle depuis dix-neuf ans illustre cependant les limites de la diplomatie lorsque la confiance fait défaut.

La coordinatrice a appelé à des discussions bilatérales entre Beyrouth et Tel-Aviv afin de transformer ce cadre juridique en réalité opérationnelle. Ces pourparlers, facilités par les bons offices de l’ONU et des pays médiateurs, pourraient permettre de régler les questions en suspens : le déploiement effectif des forces armées libanaises au sud du Litani, la cessation des activités non étatiques dans la zone et le respect mutuel de la Ligne bleue.

Situation factuelle au matin du 7 mars : les termes exacts de l’appel onusien

Au moment où ces lignes sont écrites, le communiqué de Jeanine Hennis-Plasschaert constitue la dernière prise de position officielle de l’ONU sur la crise libanaise. La coordinatrice y réitère que le Liban disposait, il y a encore une semaine, d’un contexte relativement favorable marqué par le soutien des forces armées au renforcement de l’autorité étatique, l’avancement des préparatifs électoraux, l’entrée en vigueur des réformes, l’imminence d’un prêt de la Banque mondiale pour la reconstruction et le développement des relations bilatérales avec la Syrie.

Elle y décrit avec précision le basculement survenu lundi matin : le retour à la violence, les déplacements forcés de citoyens rentrés récemment chez eux, le climat d’incrédulité et de colère, la montée des discours extrêmes et la multiplication des ordres d’évacuation. Les opérations militaires, selon elle, ne produiront aucune victoire durable et ne feront qu’accroître l’instabilité et les souffrances. Les appels au cessez-le-feu immédiat restent sans effet, étouffés par les discours intransigeants et les bombardements.

La résolution 1701 est présentée comme le seul instrument international reconnu pour mettre fin aux cycles de violence. Malgré les difficultés d’application depuis 2006, elle offre toujours le cadre le plus adapté. Mme Hennis-Plasschaert insiste sur la nécessité urgente d’un dialogue entre le Liban et Israël pour éviter que les générations futures ne subissent le même cauchemar. Le choix final qu’elle pose est sans ambiguïté : rester sur le chemin de la mort et de la destruction ou opter pour la retenue et le dialogue. Les solutions à long terme, conclut-elle, ne sont pas impossibles ; elles sont à portée de main.

Les services de l’ONU à Beyrouth continuent de diffuser ce message auprès des autorités libanaises, des acteurs régionaux et de la communauté internationale. La coordinatrice spéciale maintient ses contacts directs afin de favoriser l’ouverture immédiate de discussions. Le texte intégral du communiqué reste disponible sur les canaux officiels des Nations unies et de l’agence nationale d’information libanaise, constituant à ce stade la référence factuelle la plus récente sur la position de l’organisation internationale.

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