Beyrouth – Le ministre des Affaires étrangères et des Migrants, Youssef Rajji, a multiplié ce mercredi les contacts diplomatiques de haut niveau pour empêcher tout entraînement du Liban dans le conflit régional en cours. Il a sollicité le poids diplomatique de la diplomatie omanaise et reçu une série d’appels solidaires de ministres européens qui ont salué la décision du gouvernement libanais d’interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah et de l’obliger à remettre son arsenal à l’État. Parallèlement, l’Organisation des Nations unies, par la voix de son Haut-Commissaire aux droits de l’homme Volker Türk et de sa porte-parole Ravina Shamdasani, a lancé deux appels urgents : donner immédiatement « une chance à la paix » au Moyen-Orient et mener des investigations rapides sur les raids israéliens au Liban pour vérifier leur conformité au droit international.
Ces initiatives interviennent au sixième jour de la guerre israélo-américaine avec l’Iran, alors que les frappes se poursuivent et que le Liban risque d’être directement entraîné dans le conflit. Le ministre Rajji a placé au cœur de son action la préservation de la souveraineté libanaise et la protection des infrastructures civiles.
Youssef Rajji sollicite le poids diplomatique d’Oman pour stopper l’entraînement du Liban dans la guerre
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Dans le cadre d’une offensive diplomatique qui s’intensifie d’heure en heure, le ministre Youssef Rajji a joint par téléphone son homologue omanais, Badr Albusaidi. Il a demandé explicitement à Mascate d’« utiliser son poids diplomatique auprès des parties concernées afin d’arrêter l’entraînement du Liban dans le feu de la guerre ». Cette démarche auprès de la diplomatie omanaise, reconnue pour sa capacité de médiation dans la région, vise à activer des canaux discrets et efficaces pour contenir l’escalade et préserver le territoire libanais de toute implication directe.
Le ministre libanais n’a pas limité son action à ce seul contact. Il a également reçu, dans la même journée, une série d’appels téléphoniques de plusieurs ministres européens des Affaires étrangères. Parmi eux figuraient le ministre allemand Johan Wadephul, la ministre irlandaise Helen McEntee, le ministre espagnol José Manuel Albares, le ministre belge Maxime Prévot et le ministre monténégrin Ervin Ibrahimović. Ces échanges ont été décrits par le ministère libanais des Affaires étrangères comme une démonstration concrète de solidarité internationale.
Un soutien européen unanime à la décision gouvernementale de monopole de l’arme
Les cinq ministres européens ont exprimé à l’unisson leur solidarité avec le Liban. Ils ont particulièrement salué la décision du gouvernement libanais d’interdire toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah et d’obliger le parti à remettre l’ensemble de son arsenal à l’État. Cette position, réaffirmée par le Conseil des ministres sous la présidence du général Joseph Aoun et mise en œuvre par le Premier ministre Nawaf Salam, a été qualifiée par les Européens de mesure essentielle pour restaurer l’autorité de l’État.
Les ministres ont par ailleurs confirmé leur disponibilité à apporter le soutien humanitaire nécessaire face aux conséquences de l’escalade. En réponse, Youssef Rajji a exprimé sa « profonde appréciation » pour ces positions de soutien. Il a exhorté ses homologues à mobiliser leurs relations internationales afin d’« exercer des pressions en vue d’arrêter les agressions et d’épargner les infrastructures civiles de toute cible ». Le ministre libanais a ainsi transformé chaque appel en un levier supplémentaire pour faire cesser les frappes et protéger les populations civiles.
Ces contacts multiples illustrent la stratégie du ministre Rajji : combiner la solidarité exprimée avec une action concrète de pression diplomatique. Le ministère des Affaires étrangères a centralisé l’ensemble de ces échanges pour en assurer le suivi immédiat auprès du Grand Sérail et du palais de Baabda.
Volker Türk exhorte les parties à donner une chance à la paix au sixième jour du conflit
Au même moment, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, intervenait publiquement pour appeler au calme. S’exprimant devant la presse, il a déclaré : « Il faut donner une chance à la paix » dans le Moyen-Orient. Le responsable onusien s’adressait précisément aux acteurs du conflit entré ce jour dans son sixième jour.
Volker Türk a dressé un tableau préoccupant de la situation : « L’on assiste à davantage de discours incendiaires et hostiles, à davantage de bombardements, à davantage de destruction, de tueries et d’escalade ». Il a insisté sur l’urgence d’une réaction collective : « Il faut prendre des mesures urgentes pour contenir cet incendie et l’éteindre ». Le Haut-Commissaire a appelé les États directement concernés à « agir immédiatement pour réduire l’escalade et donner une chance à la paix », tout en exhortant les autres pays à « demander clairement aux parties en guerre de faire marche arrière ».
« Il est indispensable de faire preuve de retenue pour éviter davantage de terreur et de destruction qui frappent les civils », a-t-il ajouté. Ces déclarations interviennent alors que les raids israéliens se poursuivent sur le territoire libanais, plaçant les populations civiles au centre des préoccupations onusiennes.
L’ONU réclame des investigations immédiates et exhaustives sur les raids israéliens
Quelques minutes plus tard, le Bureau des Nations unies aux droits de l’homme a franchi une étape supplémentaire. La porte-parole Ravina Shamdasani a déclaré : « L’effet dévastateur de ce conflit renouvelé est évident sous nos yeux, les civils payant un prix très lourd ». Elle a exigé « des enquêtes immédiates et exhaustives, en particulier pour déterminer si ces attaques ont respecté les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution ».
Ces investigations demandées par l’ONU portent directement sur les raids israéliens qualifiés de « mortels » qui ont visé le Liban au cours des derniers jours. L’organisation internationale entend vérifier si les opérations militaires ont respecté le principe de distinction entre objectifs militaires et civils, si la force employée était proportionnée à l’objectif poursuivi et si toutes les précautions possibles ont été prises pour limiter les dommages collatéraux.
Ravina Shamdasani a insisté sur le caractère urgent de ces travaux : « Il faut mener des enquêtes rapides et complètes ». Cet appel s’ajoute à celui de Volker Türk et renforce la pression internationale pour que le droit international humanitaire soit strictement respecté.
La coordination entre les efforts du ministre Rajji et les appels onusiens
Les initiatives du ministre Youssef Rajji et les déclarations de l’ONU forment un front diplomatique cohérent. Le ministre libanais a utilisé chaque contact pour rappeler que le Liban refuse d’être le théâtre d’un conflit qui ne le concerne pas et que toute action militaire depuis son sol en dehors du cadre étatique est prohibée. Les Européens, en saluant explicitement la décision gouvernementale sur le monopole de l’arme, ont apporté un appui concret à cette ligne.
L’appel à Oman vise à activer des canaux régionaux complémentaires, tandis que les positions européennes traduisent une convergence rare autour de la neutralité libanaise et de la protection des civils. Volker Türk et Ravina Shamdasani ont tous deux mis l’accent sur le sort des populations non combattantes, rejoignant ainsi la préoccupation exprimée par Youssef Rajji de préserver les infrastructures civiles.
Les principes du droit international invoqués par l’ONU
Les enquêtes réclamées par Ravina Shamdasani reposent sur trois piliers fondamentaux du droit international humanitaire : le principe de distinction, le principe de proportionnalité et le principe de précaution. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme dispose des mécanismes nécessaires pour collecter les éléments factuels et superviser ces travaux. Le ministre Rajji, de son côté, a demandé à ses interlocuteurs européens de peser de tout leur poids pour faire cesser les agressions, transformant les expressions de solidarité en leviers concrets.
Les suites immédiates des contacts diplomatiques libanais
Dans les heures ayant suivi ces échanges, le ministère des Affaires étrangères a poursuivi le suivi technique des appels reçus. Les équipes ont compilé les éléments transmis par les ministres européens et omanais pour les transmettre aux instances concernées. Youssef Rajji maintient un contact permanent avec le Premier ministre Nawaf Salam et le président Joseph Aoun afin d’aligner la diplomatie sur les décisions du Conseil des ministres.
Les partenaires européens ont confirmé leur engagement à traduire leur soutien en actions concrètes, notamment par un appui humanitaire accru. Le ministre monténégrin, allemand, irlandais, espagnol et belge ont tous réitéré leur disponibilité à accompagner le Liban dans cette phase délicate.
Les opérations diplomatiques en cours et les priorités du moment
Les contacts engagés par le ministre Youssef Rajji se poursuivent avec d’autres capitales tandis que le ministère centralise les informations relatives aux raids israéliens pour faciliter les enquêtes demandées par l’ONU. Les canaux avec Mascate restent actifs pour transmettre les messages libanais aux parties régionales. Parallèlement, les experts du Haut-Commissariat aux droits de l’homme sont prêts à être mobilisés pour mener les investigations exigées. Ces actions immédiates visent à protéger le territoire libanais, à préserver les civils et à renforcer la position du gouvernement sur le monopole exclusif de l’arme par l’État face à l’escalade qui se poursuit au sixième jour du conflit régional.



