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L’Iran et la chute de Bachar el Assad, perte d’influence en Syrie et au Liban?

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La chute de Bachar al-Assad, un tournant historique dans le conflit syrien, a profondément ébranlé l’architecture géopolitique du Moyen-Orient. Ce développement n’est pas seulement un revers pour le régime syrien, mais également pour ses alliés principaux, notamment l’Iran, qui avait investi massivement pour maintenir Assad au pouvoir. L’élimination de cet allié stratégique expose les vulnérabilités de l’Iran dans la région et redéfinit son influence en Syrie, au Liban et au-delà.

La chute d’Assad : un revers majeur pour l’Iran

Depuis le début de la guerre civile syrienne, l’Iran s’était imposé comme le principal soutien du régime d’Assad. Ce soutien s’était traduit par une aide militaire directe, notamment via les Gardiens de la Révolution, des milices pro-iraniennes comme le Hezbollah, ainsi qu’un appui financier massif. La chute d’Assad, consécutive aux avancées des groupes rebelles et au désengagement progressif de certains alliés du régime, marque un échec pour la stratégie iranienne visant à maintenir un Levant sous son contrôle.

Cette perte limite la capacité de Téhéran à opérer en Syrie, non seulement pour défendre ses intérêts mais aussi pour acheminer des ressources vers le Hezbollah au Liban. Les routes terrestres reliant l’Iran au Liban via la Syrie, connues sous le nom de « corridor chiite », sont désormais compromises. Cette situation complique l’accès aux lignes logistiques indispensables pour alimenter les activités militaires et stratégiques iraniennes dans la région.

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Les conséquences pour le Hezbollah au Liban

Le Hezbollah, bras armé de l’Iran au Levant, est directement impacté par la chute d’Assad. En plus de la perte d’un allié stratégique à Damas, le mouvement chiite fait face à une pression accrue de la part de ses adversaires politiques au Liban, qui cherchent à capitaliser sur l’affaiblissement de ses soutiens extérieurs.

La chute d’Assad pourrait également limiter les capacités opérationnelles du Hezbollah. Avec une Syrie instable et des corridors logistiques perturbés, le mouvement pourrait se retrouver isolé, dépendant davantage de ressources locales dans un contexte économique déjà désastreux. Cela risque de créer un déséquilibre dans le système confessionnel libanais, où le Hezbollah joue un rôle central, et d’ouvrir la voie à des conflits internes ou à des tentatives d’ingérence étrangère.

Accélération du programme nucléaire iranien face à l’érosion régionale

En réponse à cette perte stratégique, l’Iran a intensifié ses efforts pour développer son programme nucléaire. Ce choix est perçu comme une tentative de compenser la perte d’influence régionale par une démonstration de force stratégique. Les récentes avancées dans l’enrichissement d’uranium, à des niveaux proches de l’usage militaire, en sont une preuve tangible.

Ce programme vise non seulement à dissuader les ennemis régionaux comme Israël ou l’Arabie saoudite, mais également à renforcer la position interne du régime iranien, confronté à des défis économiques et sociaux croissants. Cependant, cette politique pourrait entraîner des sanctions internationales plus sévères ou même des frappes militaires ciblées, exacerbant encore davantage l’isolement de Téhéran.

L’Iran face à une reconfiguration régionale

La chute d’Assad redessine les alliances régionales et ouvre la voie à de nouveaux acteurs. La Turquie, en consolidant son rôle via des groupes rebelles comme Hayat Tahrir al-Sham, prend de plus en plus de place dans le Levant, au détriment de l’Iran. De même, Israël, bien que préoccupé par l’Iran, voit d’un mauvais œil cette montée en puissance turque, ce qui pourrait entraîner de nouveaux ajustements stratégiques.

En parallèle, l’Arabie saoudite pourrait profiter de la faiblesse iranienne pour accroître son influence au Liban et en Syrie, en soutenant des groupes sunnites hostiles à l’axe chiite. Cette rivalité entre puissances régionales pourrait transformer la région en un terrain de confrontation indirecte, avec des conséquences imprévisibles pour le Liban, déjà fragilisé.

Scénarios d’évolution post-Assad

  1. Une intensification du programme nucléaire iranien : Face à la perte de son influence traditionnelle en Syrie, l’Iran pourrait accélérer son programme nucléaire pour compenser son affaiblissement. Ce scénario risquerait de déclencher une intervention militaire préventive d’Israël ou une coalition internationale.
  2. Affaiblissement du Hezbollah : L’absence de soutien syrien stable pourrait isoler le Hezbollah, limitant ses capacités opérationnelles et exacerbant les tensions internes au Liban.
  3. Rivalités régionales exacerbées : La Turquie, Israël et l’Arabie saoudite pourraient intensifier leurs efforts pour combler le vide laissé par l’Iran et la Syrie, transformant le Levant en un champ de bataille pour leurs ambitions respectives.
  4. Négociations internationales renforcées : La perte d’Assad pourrait forcer l’Iran à réviser sa stratégie et à chercher un accord avec les puissances occidentales, notamment sur le nucléaire, pour préserver ses intérêts régionaux restants.

Une dynamique régionale en mutation

La chute de Bachar al-Assad marque un tournant décisif pour l’Iran et ses alliés. En perdant un pilier stratégique en Syrie, Téhéran voit sa position régionale s’éroder, entraînant des répercussions directes sur le Liban et son bras armé, le Hezbollah. Face à ces défis, l’accélération du programme nucléaire iranien apparaît comme une réponse risquée mais calculée, visant à redéfinir les équilibres de pouvoir dans une région en mutation rapide.

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Newsdesk Libnanews
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