L’annonce faite hier à Paris marque un tournant dans le soutien militaire occidental à l’Ukraine, confrontée depuis plus de trois ans à l’agression russe. Lors d’une cérémonie à la base aérienne de Vélizy-Villacoublay, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue français Emmanuel Macron ont paraphé une déclaration d’intention sur la coopération en matière d’acquisition d’équipements de défense. Ce document ouvre la voie à l’achat potentiel par Kiev de jusqu’à 100 avions de combat Rafale F4 d’ici à 2035, assorti d’autres systèmes d’armement français. Cette initiative s’inscrit dans un cadre bilatéral de dix ans, visant à renforcer les capacités aériennes et défensives de l’Ukraine face aux assauts persistants de Moscou, qui continue d’intensifier ses frappes sur les infrastructures énergétiques et civiles du pays.
Ce partenariat, révélé au public dans la soirée du 17 novembre 2025, intervient alors que l’Ukraine fait face à une moyenne de 1 700 attaques par drones russes par semaine, complétées par des salves de missiles moins nombreuses mais tout aussi destructrices. Les autorités ukrainiennes ont rapporté que ces offensives visent particulièrement les installations électriques, avec pour objectif affiché de saper la résilience de la population en cette période hivernale. Dans ce contexte, le choix des Rafale, des appareils multirôles de pointe, répond à une urgence stratégique : moderniser une force aérienne encore largement dépendante d’appareils d’époque soviétique, tout en intégrant des technologies occidentales compatibles avec les coalitions alliées.
Les négociations préalables à cette signature ont duré plusieurs mois, impliquant des échanges techniques entre les états-majors des deux pays. Des délégations ukrainiennes ont visité des usines de Dassault Aviation en France, évaluant les capacités des Rafale sur des simulateurs et lors de démonstrations en vol. Ces discussions ont également porté sur l’intégration des systèmes français dans l’écosystème ukrainien, déjà enrichi par des livraisons d’avions Mirage 2000-5F, dont au moins un exemplaire a été perdu au combat depuis leur arrivée en juin 2025. Le président Zelensky a qualifié cet accord d’« instant véritablement historique pour nos deux nations », soulignant qu’il ouvre « de nouveaux avions, de nouveaux renforts, de nouveaux pas pour renforcer notre armée et notre pays ».
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Un cadre bilatéral pour une décennie de coopération
Le document signé hier n’est pas un contrat d’achat ferme, mais une lettre d’intention qui définit un cadre pour de futurs contrats. Ce mécanisme permet à l’Ukraine d’accéder directement à la base industrielle et technologique de défense française, sans passer par des appels d’offres internationaux complexes. Il prévoit une collaboration étroite, incluant des transferts de technologies et une production conjointe dans certains domaines. Les travaux sur des projets communs doivent débuter avant la fin de 2025, associant des entreprises des deux pays pour développer des drones intercepteurs et intégrer des composants français dans les systèmes ukrainiens existants.
Ce cadre s’étend sur environ dix ans, avec une flexibilité pour adapter les acquisitions aux évolutions du conflit. Il inclut des clauses sur la formation des pilotes et des techniciens ukrainiens, qui pourraient être assurés en France ou sur des bases alliées en Europe de l’Est. Des simulations conjointes sont prévues pour intégrer les Rafale dans les opérations de l’armée de l’air ukrainienne, qui opère actuellement un mélange hétérogène d’appareils : des Su-27 et MiG-29 hérités de l’URSS, complétés par des F-16 néerlandais et danois livrés depuis l’été 2024, et des Mirage français. Cette diversification vise à réduire la vulnérabilité face aux frappes russes sur les aérodromes, en permettant des déploiements décentralisés.
Emmanuel Macron a présenté cette initiative comme un « nouveau pas » dans la collaboration franco-ukrainienne, affirmant que « nous continuons à soutenir l’Ukraine, la modernisation de ses forces armées et la dissuasion face à l’agression ». Il a insisté sur le rôle de l’Ukraine comme « première ligne de défense de l’Europe », soulignant que cet accord renforce non seulement Kiev mais aussi la sécurité collective du continent. Des discussions parallèles ont porté sur la formation d’une coalition d’alliés prêts à déployer des troupes et des moyens à la frontière ouest de l’Ukraine en cas d’accord de paix avec la Russie, bien que Vladimir Poutine ait rejeté toute perspective de cessez-le-feu immédiat.
Les équipements au cœur de l’accord
Les Rafale F4 constituent la pièce maîtresse de cette déclaration d’intention. Ces avions de combat multirôles, produits par Dassault Aviation, sont équipés de technologies de pointe : un radar amélioré, un système électro-optique avancé, un viseur de casque et des liaisons de données intra-vol et satellitaires. Ils intègrent un serveur de communication et une radio logicielle, permettant une interopérabilité accrue avec les forces de l’Otan. Les Rafale peuvent emporter une variété d’armements, dont le missile air-air Mica NG, l’arme air-sol modulaire AASM de 1 000 kg (connue sous le nom de Hammer), et le missile de croisière conventionnel SCALP-EG, déjà fourni à l’Ukraine en quantités limitées depuis 2023.
Au-delà des avions, l’accord couvre des systèmes de défense sol-air SAMP/T, développés par MBDA. Ces batteries, surnommées MAMBA, ont démontré une efficacité supérieure aux Patriot américains face aux missiles russes à haute manœuvrabilité. Elles incluent des lanceurs, des missiles Aster-30 et des radars de détection. Des radars de défense aérienne supplémentaires et des systèmes anti-drones font partie du paquet, répondant aux besoins immédiats de l’Ukraine contre les vagues de Shahed iraniens lancés par Moscou.
Des drones intercepteurs sont également prévus, avec une production conjointe franco-ukrainienne. Ces appareils, conçus pour neutraliser les drones ennemis en vol, intègreront des technologies françaises dans des plateformes ukrainiennes existantes. Des composants pour l’amélioration des systèmes sans pilote ukrainiens, comme des capteurs et des logiciels de guidage, seront transférés. Au total, cet ensemble d’équipements vise à créer une bulle défensive intégrée, combinant aviation de combat, défense anti-aérienne et contre-mesures électroniques.
Les modalités de financement
Le financement de ces acquisitions reste un aspect clé, adapté aux contraintes budgétaires de l’Ukraine en temps de guerre. La lettre d’intention prévoit plusieurs mécanismes : des prêts financés par la saisie d’actifs russes gelés par les pays du G7, estimés à plus de 300 milliards d’euros au niveau mondial. L’Union européenne explore l’utilisation de ces fonds via son nouveau dispositif de prêt pour les achats militaires, baptisé Security Action for Europe. Des banques domestiques et européennes, ainsi que des gouvernements alliés, contribueront à des prêts garantis.
Zelensky a mentionné que l’Ukraine a déjà sécurisé des financements pour des importations de gaz naturel, visant à compenser les dommages causés par les frappes russes sur les infrastructures énergétiques. Ces fonds, provenant de sources similaires, pourraient être étendus aux achats militaires. Macron a évoqué une gamme d’options, incluant des cofinancements en fonction des déploiements. Le coût total pour 100 Rafale est estimé autour de 15 à 20 milliards d’euros, en se basant sur des contrats similaires, comme celui des Émirats arabes unis en 2021 pour 80 appareils à 16 milliards de dollars, hors armements.
Des incertitudes persistent en raison de l’instabilité politique et budgétaire en France, où le gouvernement fait face à des débats sur les dépenses publiques. Cependant, l’accord inclut des clauses pour des paiements échelonnés, liés aux livraisons progressives. Une partie des fonds pourrait provenir de la production conjointe, où l’Ukraine participerait à l’assemblage de composants, générant des revenus internes.
Le contexte géopolitique des tensions russo-ukrainiennes
Cette annonce survient alors que la Russie maintient une pression militaire soutenue sur l’Ukraine, avec des avancées limitées dans le Donbass et des bombardements intensifs sur Kharkiv et Odessa. Depuis l’invasion à grande échelle en février 2022, Kiev a perdu plus de 200 appareils soviétiques, rendant impérative la transition vers des plateformes occidentales. Les F-16, arrivés en août 2024, ont déjà participé à des interceptions, mais leur nombre reste insuffisant face à la supériorité numérique russe en aviation.
La France s’est positionnée comme un pilier du soutien européen, fournissant des Mirage 2000 et des systèmes SAMP/T depuis 2023. Au moins une batterie SAMP/T a été déployée près de Kiev, interceptant des missiles hypersoniques Kinzhal. Ce nouveau pacte s’aligne sur les engagements bilatéraux signés en février 2024, qui prévoyaient déjà une aide de 3 milliards d’euros annuels. Il complète d’autres accords, comme celui avec la Grèce pour l’énergie et un prochain avec l’Espagne.
Sur le plan international, cette initiative renforce la coalition anti-russe, avec des discussions sur un déploiement allié post-cessez-le-feu. Poutine a toutefois réitéré son refus de négociations sans concessions territoriales, maintenant la mobilisation partielle en Russie.
Pourquoi le Rafale ? Une analyse comparative avec le Gripen
Le choix du Rafale s’explique par ses atouts techniques et stratégiques. Contrairement au Gripen suédois, qui intègre environ un tiers de composants américains – dont le moteur GE F414 –, le Rafale est une solution « ITAR-free », entièrement conçue avec des éléments français. Cela évite les restrictions d’exportation imposées par les États-Unis via le régime ITAR (International Traffic in Arms Regulations), qui pourraient compliquer les livraisons vers l’Ukraine en raison de sensibilités géopolitiques.
L’Ukraine a signé une lettre d’intention similaire avec la Suède en octobre 2025 pour jusqu’à 150 Gripen E, estimée à 12-15 milliards de dollars. Le Gripen, monomoteur et plus léger, offre des coûts d’exploitation inférieurs – environ 4 000 euros par heure de vol contre 15 000 pour le Rafale – et une capacité à opérer depuis des routes ou des terrains improvisés, idéale pour les conditions ukrainiennes. Cependant, sa dépendance à des pièces américaines pose un risque : Washington doit approuver les transferts, et des retards ont déjà affecté d’autres exportations.
Le Rafale, bimoteur, excelle en missions de supériorité aérienne, frappes profondes et opérations navales, avec une charge utile supérieure (9,5 tonnes contre 7 pour le Gripen). Il intègre le SCALP-EG, utilisé par l’Ukraine pour des frappes sur des cibles russes en Crimée. Cette compatibilité avec les armes déjà en stock facilite l’intégration. De plus, le Rafale bénéficie d’une interopérabilité Otan avancée, via des standards comme le Link 16, permettant des opérations conjointes avec les F-16 et Mirage.
L’Ukraine ne choisit pas l’un contre l’autre, mais diversifie : les Gripen pour des missions rapides et décentralisées, les Rafale pour des engagements lourds. Cette stratégie réduit les vulnérabilités logistiques, avec des formations croisées pour les pilotes. Des experts estiment que cette flotte mixte pourrait atteindre 250 appareils d’ici 2030, formant l’une des plus puissantes d’Europe de l’Est.
Les implications immédiates pour la défense ukrainienne
Les premiers effets de cet accord se feront sentir dans les mois à venir, avec des livraisons potentielles de Rafale d’occasion dès 2026, suivies de modèles neufs. Des pilotes ukrainiens, déjà formés sur Mirage, pourraient transiter rapidement vers le Rafale, qui partage des similarités ergonomiques. Les SAMP/T supplémentaires renforceront la couverture anti-missile autour des villes clés, comme Kyiv et Lviv, où des attaques russes ont endommagé des centrales électriques en octobre 2025.
La production conjointe de drones intercepteurs vise à contrer les essaims de Shahed, avec des tests prévus en Ukraine dès 2026. Ces appareils, équipés de radars français, pourraient neutraliser jusqu’à 80 % des incursions, selon des simulations internes. Parallèlement, l’accord inclut des mises à niveau pour les systèmes ukrainiens existants, comme l’intégration de missiles Mica sur des Su-27 modifiés.
Sur le terrain, cette aide arrive alors que les forces russes progressent lentement dans le secteur de Pokrovsk, avec des pertes estimées à 1 000 hommes par jour. L’Ukraine a rapporté avoir abattu 12 missiles sur 15 lors d’une salve récente le 15 novembre, grâce à des systèmes comme le SAMP/T. L’arrivée de Rafale permettrait des patrouilles prolongées, couvrant jusqu’à 1 500 km de rayon d’action, et des frappes précises sur des dépôts logistiques russes.
Les discussions sur une coalition post-conflit persistent, avec la France proposant d’envoyer des instructeurs et des unités de maintenance. Zelensky a insisté sur la nécessité d’une « plus grande défense aérienne au monde », citant les 500 attaques sur le réseau électrique depuis septembre. Ce pacte bilatéral, combiné à d’autres, positionne l’Ukraine pour une reconstruction défensive durable, intégrant des technologies qui pourraient être exportées vers d’autres alliés.
Les défis logistiques et opérationnels
L’implémentation de cet accord soulève des questions pratiques. Maintenir 100 Rafale exigerait une infrastructure robuste : hangars renforcés, chaînes d’approvisionnement sécurisées et personnel qualifié. L’Ukraine prévoit de décentraliser ses bases, utilisant des autoroutes comme pistes temporaires, une tactique testée avec les Mirage. Cependant, les coûts d’entretien – estimés à 1 milliard d’euros annuels pour une flotte complète – nécessiteront un soutien continu des alliés.
La formation des équipages, impliquant 200 heures de vol par pilote, pourrait être accélérée via des simulateurs français. Des partenariats avec des firmes comme Thales pour les radars et Safran pour les moteurs faciliteront les transferts. Sur le plan industriel, l’Ukraine pourrait assembler des sous-systèmes, créant des emplois dans des régions comme Kharkiv, malgré les risques de bombardements.
Les implications régionales incluent une réaction russe : Moscou a déjà condamné l’accord comme une « escalade », menaçant de cibler les livraisons. Des exercices conjoints franco-ukrainiens sont prévus pour 2026, renforçant la dissuasion. Ce développement s’inscrit dans une dynamique européenne plus large, où la France pousse pour une autonomie stratégique face à une dépendance aux États-Unis.
Les perspectives techniques des Rafale en Ukraine
Les Rafale F4, avec leur radar AESA RBE2, détectent des cibles à plus de 200 km, surpassant les systèmes russes sur les Su-35. Leur système de guerre électronique SPECTRA offre une protection contre les jamming, crucial face aux défenses S-400 russes. En missions de frappe, ils peuvent lancer des Hammer guidés par GPS/INS, précis à 10 mètres, idéaux pour détruire des ponts ou des commandements.
Intégrés à un réseau Otan, les Rafale partageraient des données avec des AWACS alliés, amplifiant l’efficacité. Pour l’Ukraine, cela signifie des opérations nocturnes avancées, avec des viseurs de casque permettant des tirs hors axe. Les premiers exemplaires pourraient être configurés pour des missions anti-navires en mer Noire, emportant des Exocet.
Les SAMP/T, avec une portée de 120 km, couvriraient des zones critiques, interceptant des Iskander et des Kalibr. Des radars GM403, détectant à 400 km, complèteraient le dispositif, formant un maillage défensif. Les drones intercepteurs, armés de missiles légers, ciblent les Orlan de reconnaissance russes.
Ces équipements, déployés progressivement, altéreraient la balance aérienne, forçant la Russie à disperser ses forces. Des simulations indiquent une réduction de 30 % des pertes ukrainiennes avec une flotte mixte Rafale-Gripen-F-16.
Les évolutions récentes dans le soutien allié
Hier, parallèlement à la signature, Zelensky a rencontré des industriels français pour discuter de production locale. Des accords subsidiaires couvrent la maintenance des SCALP-EG, avec des stocks supplémentaires promis. La Grèce a annoncé un pacte énergétique, fournissant du gaz pour pallier les destructions russes.
Sur le front, l’Ukraine a repoussé une incursion près de Soumy le 16 novembre, utilisant des drones pour détruire des véhicules. Les Rafale renforceraient ces opérations, avec des capacités de reconnaissance intégrées. Macron a réitéré l’engagement français, citant les 3 milliards d’euros d’aide en 2025.
Ce partenariat s’étend à la cybersécurité, avec des échanges sur la protection des réseaux contre les hacks russes. Des forums industriels franco-ukrainiens sont prévus pour décembre, visant à élargir la coopération.
Les dynamiques économiques sous-jacentes
L’accord stimule l’industrie française : Dassault anticipe une hausse de production, avec des chaînes à Mérignac prêtes pour des exportations. Pour l’Ukraine, il crée des opportunités d’emplois qualifiés, malgré la guerre. Des financements via la BEI soutiendront la reconstruction.
Les coûts globaux, incluant armes et formation, pourraient atteindre 25 milliards d’euros, financés par des actifs russes. Des mécanismes de remboursement liés à la croissance post-conflit sont envisagés.
Les aspects humains du renforcement militaire
Des pilotes ukrainiens, comme ceux formés en France depuis 2024, piloteront les Rafale. Leur expérience sur Mirage facilite la transition. Des familles de militaires bénéficieront de programmes d’échange.
Sur le terrain, ces équipements sauvent des vies : moins de frappes réussies russes grâce aux SAMP/T. Des villages comme ceux près de Kherson, bombardés quotidiennement, gagneraient en sécurité.
Les interactions avec d’autres alliés
La Suède, avec son accord Gripen, coordonne avec la France pour une compatibilité. Les États-Unis, fournissant des F-16, approuvent cette diversification. Des exercices trilatéraux sont discutés pour 2026.
La Russie réagit par des propagandes, accusant l’Occident d’agression. Des sanctions supplémentaires sur des firmes françaises sont possibles.
Les détails opérationnels des livraisons futures
Les premières Rafale pourraient arriver en 2027, avec des tests en Ukraine. Des bases comme Starokostiantyniv seront adaptées. Les missiles Aster-30, stockés en Pologne, transiteraient rapidement.
Ce flux continu d’équipements maintient la pression sur Moscou, avec des implications pour les négociations futures. Des rapports indiquent une usure russe, avec 700 000 pertes cumulées.
Les raffinements technologiques en cours
Dassault développe des upgrades pour le Rafale F5 d’ici 2030, potentiellement intégrés aux modèles ukrainiens. Des IA pour la détection automatique de menaces sont testées.
Pour les drones, des prototypes franco-ukrainiens volent déjà en essais. Ces avancées, centrées sur l’interception à haute vitesse, répondent aux évolutions russes en UAV.



