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L’Université Saint-Esprit de Kaslik accueille une journée d’étude sur les dynamiques architecturales de Beyrouth et des villes méditerranéennes orientales face à l’empreinte du vernaculaire

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À l’approche du 6 mars 2026, l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK) s’apprête à organiser une journée d’étude dédiée aux dynamiques architecturales, urbaines et territoriales de Beyrouth et des villes de la Méditerranée orientale, confrontées à l’empreinte du vernaculaire. Cet événement, prévu de 9 heures à 18h30 dans l’auditorium Jean El Hawa sur le campus de Kaslik, et accessible en visioconférence, intervient dans un contexte où Beyrouth, marquée par des crises multiples, poursuit sa reconstruction tout en intégrant des éléments traditionnels à ses projets urbains contemporains. Organisée par l’École d’architecture et de design (SAD) de l’USEK, en collaboration avec le Collège doctoral de l’université et l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville (ENSAPB), cette initiative vise à croiser les perspectives entre recherche académique et pratique professionnelle, en mobilisant des approches interdisciplinaires pour aborder les enjeux actuels de ces territoires. Elle se positionne comme une plateforme d’échanges pour les chercheurs francophones, tant au Liban qu’en France, favorisant ainsi des coopérations renforcées autour des questions urbaines pressantes.

Cette journée d’étude s’inscrit dans un calendrier marqué par des initiatives récentes liées à l’urbanisme au Liban. En février 2026, des missions ont avancé sur le projet MELUP (Mediterranean Everyday Life Urban Planning), qui met l’accent sur une planification urbaine sensible au genre dans des quartiers comme Dahr el Moghr à Tripoli, en identifiant des actions pilotes pour une inclusion accrue des communautés locales. Parallèlement, des expositions et forums comme Project Lebanon 2026, prévu du 16 au 19 juin à la Seaside Arena de Beyrouth, soulignent l’importance croissante des secteurs de la construction, des infrastructures et des énergies renouvelables dans la relance économique du pays. Ces développements reflètent une dynamique où l’héritage vernaculaire, avec ses adaptations climatiques et culturelles, influence les stratégies modernes pour répondre aux défis environnementaux et sociaux.

Le contexte urbain de Beyrouth en 2026

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Beyrouth, capitale libanaise, continue de naviguer entre reconstruction et défis persistants en ce début d’année 2026. Cinq ans et demi après l’explosion du port en août 2020, qui a causé plus de 220 morts et des dommages estimés à plusieurs milliards de dollars, les efforts de relance se concentrent sur des infrastructures critiques. Le plan de relance du port de Beyrouth, lancé en partenariat avec le gouvernement français, vise à transformer le site en un hub maritime résilient, sûr et efficace, intégrant des normes internationales pour la manutention des cargaisons et soutenant la reprise économique du Liban. Ce projet, qui inclut la reconstruction des quais endommagés et l’amélioration des protocoles de sécurité, prévoit une intégration urbaine avec les quartiers environnants, en tenant compte des principes de planification durable pour minimiser les impacts environnementaux.

En parallèle, l’initiative BERYT de l’UNESCO, financée par le Lebanon Financing Facility et lancée en 2022, a réhabilité des logements et revitalisé les industries culturelles et créatives affectées par l’explosion. Ce programme, qui a mobilisé des fonds pour réparer des bâtiments patrimoniaux et soutenir les artisans, a permis de relancer des activités économiques dans les quartiers comme Gemmayzé et Mar Mikhaël, où des ateliers et galeries ont rouvert leurs portes. Des déclarations officielles soulignent l’importance de ces efforts : « En investissant dans la réhabilitation, nous préservons non seulement le tissu urbain mais aussi les moyens de subsistance des communautés locales », a indiqué un porte-parole de l’UNESCO lors d’une conférence en septembre 2025. Ces interventions ont bénéficié à des milliers de résidents, avec plus de 280 institutions éducatives rénovées depuis 2020, profitant à environ 85 000 élèves.

Au-delà du port, des projets d’infrastructure plus larges marquent l’année 2025-2026. Le financement de 250 millions de dollars de la Banque mondiale pour le projet Lebanon Emergency Assistance Project (LEAP), approuvé en juin 2025, cible la réparation urgente d’infrastructures publiques dans les zones touchées par les conflits, y compris les routes, les systèmes d’eau et les services essentiels. Ce fonds priorise une approche phasée pour maximiser l’impact socio-économique, en séquençant les interventions pour une reprise rapide. Dans les quartiers périphériques de Beyrouth, des initiatives comme celles d’UN-Habitat, telles que « Urban Connections : Public space planning for inclusive communities » et « Ensuring safe public spaces and adequate housing in Beirut City », intègrent des espaces verts et des logements accessibles pour contrer l’urbanisation chaotique héritée des décennies de conflits. Ces projets répondent à une urbanisation rapide depuis les années 1960, aggravée par les crises successives, qui a laissé les zones urbaines en proie à des déficits en services de base.

Les défis économiques persistent, avec une dette publique élevée et une inflation qui a atteint des pics en 2025, compliquant les investissements urbains. Des analystes notent que la privatisation post-guerre civile a marginalisé les populations à faible revenu, favorisant la ségrégation spatiale dans Beyrouth. Des quartiers comme ceux adjacents au port portent encore les cicatrices physiques de l’explosion, avec des bâtiments endommagés rappelant quotidiennement le traumatisme aux résidents. En janvier 2026, des rapports indiquent que la reconstruction des silos à grains, devenus un mémorial improvisé, reste un sujet de débat, le gouvernement arguant de leur instabilité structurelle tandis que les associations de victimes plaident pour leur préservation.

L’empreinte du vernaculaire dans l’architecture méditerranéenne orientale

L’architecture vernaculaire de la Méditerranée orientale, façonnée par des siècles d’adaptations climatiques et culturelles, exerce une influence persistante sur les dynamiques urbaines contemporaines. Dans des villes comme Beyrouth, Alexandrie ou Chypre, ces formes traditionnelles intègrent des éléments comme les cours intérieures, les murs épais en pierre locale et les toits plats, qui régulent naturellement la température et favorisent la ventilation croisée. Une étude comparative entre le sud du Portugal et le nord de l’Égypte met en évidence comment le climat méditerranéen a dicté des solutions similaires : des matériaux à forte masse thermique pour atténuer les extrêmes de chaleur en été et de froid en hiver, harmonisant les bâtiments avec leur environnement local.

À Chypre, l’architecture vernaculaire rurale et urbaine varie selon les régions côtières, basses terres et montagneuses, avec des plafonds hauts et des ouvertures stratégiques pour une ventilation naturelle, réduisant les besoins en énergie mécanique. Ces principes, issus d’un processus empirique de trial and error, contrastent avec l’architecture contemporaine influencée par les styles internationaux, qui souvent ignore ces adaptations au profit de systèmes de climatisation énergivores. À Beyrouth, des projets récents comme la réhabilitation de bâtiments patrimoniaux intègrent ces éléments vernaculaires pour améliorer l’efficacité énergétique, comme dans les initiatives post-explosion où des cours et des façades ombragées sont préservées pour un confort thermique passif.

Dans le contexte libanais, l’influence arabe vernaculaire s’adapte aux zones méditerranéennes en incorporant des stratégies comme le positionnement des maisons pour maximiser l’ombre et minimiser l’exposition solaire, avec des couleurs claires pour réfléchir la chaleur. Des recherches sur Nicosie montrent comment des éléments modernistes méditerranéens, tels que les patios, persistent dans l’architecture du XXe siècle, fusionnant tradition et modernité pour répondre aux défis climatiques. Ces approches soulignent une sagesse accumulée : les maisons traditionnelles chypriotes, par exemple, utilisent des modificateurs climatiques comme les solariums et les cours pour un contrôle thermique naturel, contrastant avec les bâtiments modernes qui dépendent de l’énergie fossile.

Les défis contemporains des villes méditerranéennes

Les villes de la Méditerranée orientale font face à des défis urbains exacerbés par le changement climatique, les crises économiques et les instabilités politiques. À Beyrouth, la double crise du port – identitaire et fonctionnelle – post-explosion de 2020 complique la reconstruction, avec une instabilité politique depuis 2019 et la pandémie de Covid-19 aggravant la désintégration institutionnelle. L’absence de vision claire pour le rôle futur du port, couplée à des schismes politiques, entrave les progrès, tandis que des initiatives comme le projet MELUP avancent sur une planification inclusive à Tripoli.

Plus largement, les villes méditerranéennes partagent des problèmes comme la dégradation environnementale, la gentrification et la pollution, appelant à des approches « villes sages » pour une durabilité accrue. Au Liban, l’urbanisation rapide, marquée par des conflits et une mauvaise planification, a conduit à des déficits en infrastructures, avec plus de 60 000 bâtiments endommagés par les tensions récentes Israël-Hezbollah depuis octobre 2023, déplaçant 1,2 million de personnes. Des programmes de renforcement des capacités, comme celui lancé en janvier 2026 pour développer des projets urbains bancables, visent à accélérer l’action climatique en investissant dans des développements durables.

À Beyrouth, la résilience quotidienne face aux crises multiples – socio-politiques, économiques et environnementales – définit la vie urbaine, avec des inégalités spatiales héritées de la guerre civile. Des laboratoires comme le Post-Conflict Cities Lab soulignent comment les milices transformées en organisations politiques utilisent l’urbanisme pour maintenir des territoires, favorisant la ségrégation. En 2026, ces défis appellent à des interventions hybrides, intégrant l’héritage vernaculaire pour des solutions énergétiquement efficaces.

La journée d’étude à l’USEK : un forum interdisciplinaire

La journée d’étude du 6 mars 2026 à l’USEK représente un moment clé pour analyser ces dynamiques. Le programme, structuré autour de sessions thématiques, explore comment l’empreinte vernaculaire influence les transformations architecturales et urbaines dans des villes comme Beyrouth, en croisant regards académiques et pratiques. Des interventions porteront sur les adaptations climatiques traditionnelles et leur application contemporaine, avec des discussions sur la durabilité face aux crises actuelles.

Marie Reine Karam, PhD, coordinatrice de l’événement, met l’accent sur l’interdisciplinarité : « Cette plateforme mobilise des approches variées pour renforcer les coopérations autour des enjeux contemporains ». Les participants, issus de milieux francophones, examineront des cas concrets, comme l’intégration de cours intérieures dans les projets de réhabilitation post-explosion. L’événement hybride permet une participation large, avec inscriptions via les liens dédiés en anglais et français.

Implications immédiates des initiatives récentes en urbanisme

En février 2026, des missions comme celle du MELUP à Tripoli ont validé des actions pilotes pour une planification urbaine inclusive, intégrant des perspectives de genre dans la conception d’espaces publics. Parallèlement, le projet We Design Beirut 2025, tenu en octobre dernier, a mis en lumière des innovations architecturales libanaises, avec des collaborations sur le patrimoine pour des reconstructions durables. Ces efforts, couplés à des financements comme ceux de la Banque mondiale, soutiennent la réparation d’infrastructures endommagées par les conflits récents, avec des interventions prioritaires dans les zones sud de Beyrouth affectées par les tensions frontalières. Des rapports de janvier 2026 indiquent que la réhabilitation de routes et de systèmes d’eau a déjà amélioré l’accès pour des milliers de résidents déplacés. Dans le port, les avancées sur la sécurité et l’efficacité logistique, alignées sur les normes internationales, facilitent le retour progressif des activités commerciales, malgré les retards dus à l’instabilité politique persistante.

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Newsdesk Libnanews
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