Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.
Crédit photo: François el Bacha, tous droits réservés.

Dans le Royaume surréaliste où l’on survit, règnent la jubilation de l’improvisation à chaque tournant, l’étranglement à chaque désastre et le Hara kiri de la norme censée face à la désinvolture criminelle.Les vautours des bonnes affaires s’approprient la besogne de transformer l’ordinaire des gens en un calvaire. Il devient la course effrénée du libanais pour atteindre l’indispensable. Les nouveaux joyaux du labeur de chacun sont bien sûr d’abord, l’histoire du Liban qu’on peut redécouvrir sur de magnifiques pages et ensuite, les terribles traditions acquises durant les guerres subites sur notre sol. Elles subsistent aujourd’hui autrement par des conflits entre les illégitimités persistantes qui abolissent la notion de l’ordinaire au quotidien.

Ainsi, pour dégager la manne d’une source déjà utilisée, il faut se méfier, vérifier en personne au labo qu’elle est buvable sans contamination, attendre pieusement qu’elle soit propulsée selon des délais indéterminés et se délecter du miracle sonore des premières gouttes dans le réservoir avant de pouvoir finalement célébrer avec un bain réduit et une vaisselle express avant une coupure imminente!  Afin de profiter de la fraîcheur sans électricité, sans moteur, sans air conditionné il n’y a rien de plus simple et sain. On peut choisir de s’accomoder au camping improvisé sur le balcon, sans ou avec la tente, mais avec le Kattol, et ce pour garder l’harmonie en famille, arrêter de suer, ne plus se chamailler pour se mettre à plusieurs dans la chambre la plus fraîche et pouvoir enfin s’endormir comme au Moyen Âge!

Enfin, pour passer une bonne soirée sans les coupures et les frustrations, avec soi ou avec quiconque, une seule recommandation: Prière de zapper sur les nouvelles locales. Rien de neuf à part les vacances obligées d’un gouvernement si soucieux de répondre absent aux catastrophiques urgences des concitoyens et le précieux manuel du sauve qui peut.

Joe Acoury.