Les derniers articles

Articles liés

Menaces israéliennes contre le Liban : faits, positions et scénarios

- Advertisement -

Les frappes et survols se sont intensifiés sur la frontière sud. Des drones ont été signalés à très basse altitude au-dessus de zones habitées, y compris près de Baabda. Des positions avancées restent occupées sur cinq hauteurs au Liban, malgré un cessez-le-feu conclu fin novembre dernier. Les autorités locales affirment documenter chaque incident et transmettre des notes verbales via le mécanisme de suivi. Les habitants frontaliers décrivent un climat de tension constant. Des unités de l’armée se déploient pour sécuriser les axes, mais l’espace aérien demeure largement violé. Sur le front gazaoui, les autorités israéliennes ont revendiqué le largage de « 153 tonnes de bombes » en une seule journée. La rhétorique de force s’accompagne d’une conditionnalité politique : pas d’avancée sans restitution intégrale des dépouilles de soldats. Les acteurs régionaux interprètent cette séquence comme un durcissement assumé. Le risque d’un effet de débordement vers le Sud-Liban reste élevé, selon plusieurs sources diplomatiques. Les élus locaux demandent des garanties tangibles, pas des promesses générales. Les communes frontalières réclament aussi des fonds d’urgence pour les évacuations éventuelles.

État du cessez-le-feu et mécanisme de Naqoura

Le canal institué pour surveiller la trêve demeure la seule enceinte de désescalade structurée. Il se réunit désormais toutes les deux semaines, alors qu’il se tenait auparavant de manière sporadique. Les représentants échangent cartes, protestations formelles et relevés d’incidents. Sur le papier, le format permet de figer des faits et de garder un fil de discussion. Dans la pratique, il n’a pas empêché des violations quasi quotidiennes. Le gouvernement insiste sur le respect des obligations par la partie libanaise. Les messages transmis soulignent la nécessité d’un arrêt des survols, d’un retour aux positions antérieures et d’un accès sécurisé aux agriculteurs. Les garants internationaux notent la valeur procédurale du mécanisme mais regrettent son manque d’effet coercitif. Les responsables sécuritaires libanais considèrent malgré tout qu’il reste indispensable. Il constitue une soupape et un garde-fou documentaire. Sans ce cadre, chaque incident serait livré à l’escalade verbale. Les communes frontalières lient leur plan de continuité d’activité aux créneaux de réunion du mécanisme. La prochaine session devra aborder l’accès humanitaire et la cartographie des zones minées.

Le message de Nabih Berri

Le président de la Chambre a déclaré que « le parcours de négociations entre le Liban et Israël a chuté » après une réponse négative à une proposition transmise par la partie américaine. Il a ajouté que « le comité de suivi du cessez-le-feu est la seule voie à l’instant ». Il a aussi révélé que l’émissaire américain Tom Barrack a informé Beyrouth du refus israélien d’un schéma en trois temps : « arrêt des attaques pendant deux mois », « retrait des terres libanaises occupées », puis « lancement d’un processus de démarcation et d’arrangements sécuritaires ». Il a précisé qu’« un développement important a eu lieu dans le travail du comité du cessez-le-feu » puisqu’il « se réunit désormais toutes les deux semaines ». Interrogé sur ses attentes, il a indiqué être « à moitié pessimiste et à moitié optimiste ». Son entourage insiste sur la doctrine de prudence active. La ligne rouge demeure la souveraineté et la non-négociabilité du territoire. L’objectif est de stabiliser sans créer de vide politique interne. La consignation des violations reste, selon lui, une arme juridique à ne pas sous-estimer.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

L’initiative de Joseph Aoun

Le chef de l’État a appelé à des négociations indirectes sous parrainage conjoint des Nations unies et des États-Unis. « Il faut trouver des solutions », a-t-il plaidé, en réclamant des garanties sur la sécurité des civils et la fin des agressions. Des « signaux clairs de soutien » ont été reçus, selon une source informée. « Des contacts directs et indirects encouragent cette voie », ajoute-t-elle. Une source diplomatique européenne juge la proposition « avancée » et « conforme à la recherche d’une solution politique ». Les conseillers du palais présidentiel affirment que la priorité est de verrouiller le cessez-le-feu, de clarifier la cartographie des positions et de garantir la liberté de mouvement des forces régulières. L’option d’une facilitation régionale est sur la table. Le dossier humanitaire figure aussi dans le panier de négociation envisagé. La présidence insiste sur la coordination étroite avec l’armée et sur l’unité de décision. Le fil conducteur est simple : agir sans se laisser piéger dans un calendrier imposé. L’objectif final reste une frontière calme et régulée par le droit.

La position du chef du gouvernement

Le Premier ministre a souligné que les réunions à Naqoura « n’ont pas réussi à stopper les violations » malgré « l’engagement » libanais. Il a rappelé l’« occupation de cinq collines » dans le Sud et a dit « espérer » une réponse américaine à l’appel du président. Selon lui, la clé est d’« obtenir un déclic » qui débloque l’application concrète de la trêve. Il parle de « mise en œuvre », pas de rhétorique. La Présidence du Conseil suit de près les besoins des municipalités frontalières. L’accent est mis sur la protection des infrastructures civiles, l’électricité, l’eau et les écoles. Les lignes de communication restent ouvertes avec les garants. La consigne aux ministères est de préparer des plans d’urgence réalisables. Le chef du gouvernement refuse l’idée d’un vide exécutif en cas d’escalade. Il martèle que le pays doit « tenir ses institutions » et « préserver l’initiative politique ». Le cabinet s’aligne sur la démarche d’indirection et la recherche d’un cadre crédible, mesurable et réversible.

La doctrine israélienne affichée

Le Premier ministre israélien a revendiqué un usage massif de la force à Gaza et en a fait un message régional. Il conditionne toute « phase deux » de discussions à la restitution intégrale des dépouilles de soldats. La ligne fixée est cumulative : exigences sécuritaires, dissuasion active, pressions continues au Nord. L’objectif avoué est la fin de toute capacité de nuisance hostile. Les autorités israéliennes ajoutent une dimension de temps. Elles parlent d’« urgence » et de « fenêtre ». Elles laissent aussi planer la possibilité d’une action unilatérale au Liban si elles estiment que la partie adverse « tergiverse ». Le signal militaire au Sud vise à démontrer une liberté d’action intacte. Les survols bas et la précision des frappes sont exhibés comme preuves de supériorité technique. La communication interne israélienne insiste sur la cohésion stratégique. L’opposition critique la gestion, mais sans renverser la doctrine. Le Sud-Liban devient ainsi un théâtre de pression indirecte, connecté à la scène gazaouie.

Le cadrage américain selon Tom Barrack

Dans un texte de référence, l’émissaire américain a développé une feuille de route articulée autour d’une « paix par la prospérité ». Il a écrit : « Le deuxième pilier doit être le désarmement de Hizballah au Liban et le début de discussions de sécurité et de frontière avec Israël. » Il a prévenu : « Si Beyrouth continue d’hésiter, Israël pourrait agir unilatéralement, et les conséquences seraient graves. » Il a décrit un plan « One More Try » fondé sur des « incitations économiques » liées à des « jalons » vérifiés par les États-Unis, la France et l’ONU. Il a indiqué que Washington « soutiendra » les forces régulières par une aide ciblée et une formation supplémentaire. Il a ajouté : « Le Liban a devant lui une chance de renouvellement national s’il revendique le monopole de la force légitime. » Il a enfin relié ce volet au rééquilibrage régional, estimant que « la modernisation arabe » s’accélère quand « les proxys iraniens reculent ». Ce cadre place Beyrouth face à un choix serré entre souveraineté revendiquée et exigences extérieures.

La rhétorique de Donald Trump

Le président américain a employé une formule sans ambiguïté à propos de Gaza : « Nous avons conclu un accord avec le Hamas. Si leur comportement n’est pas très bon, nous les éliminerons. » Ce ton de dissuasion s’adresse aussi au Nord. Il vise à rappeler la détermination américaine à soutenir une architecture de sécurité favorable à ses alliés. Il s’inscrit dans une séquence où l’exécutif à Washington promeut un plan régional en vingt points. La logique affichée lie cessez-le-feu, surveillance, reconstruction et intégration économique. Le message public est que la patience est conditionnelle. La parole présidentielle crée un cadre de crédibilité pour les émissaires sur le terrain. Elle prépare l’opinion à des mesures de pression si la séquence patine. Pour Beyrouth, cette rhétorique rappelle que la marge de manœuvre dépendra autant des actes que des formats.

Les paramètres de souveraineté côté libanais

La triade institutionnelle entend préserver une ligne claire. D’abord, pas de négociation directe sous menace. Ensuite, respect strict du cessez-le-feu, vérifié et acté par écrit. Enfin, articulation des discussions sécuritaires avec des garanties concrètes pour les civils. Le président, le président de la Chambre et le Premier ministre convergent sur l’utilité du mécanisme bimensuel. Ils divergent parfois sur le tempo et les leviers, mais s’accordent à refuser tout préalable qui viderait la position libanaise de substance. L’armée joue un rôle de pivot. Elle documente, dissuade et rassure. Les ministères techniques préparent des plans de continuité. Les gouverneurs coordonnent avec les municipalités. Le pays cherche à parler d’une seule voix vers l’extérieur. L’objectif immédiat est de réduire le risque de surprise stratégique. Le moyen retenu est la procédure, appuyée par des relais diplomatiques.

Scénarios d’escalade et de désescalade

Trois scénarios dominent le faisceau d’analyses. Premier scénario : pression prolongée sans guerre ouverte. Les violations se poursuivent, le mécanisme tient, et une médiation tierce gagne du terrain. Le coût humain reste contenu mais la fatigue sociale augmente. Deuxième scénario : incident majeur suivi d’une fenêtre de 48 à 72 heures. Les garants interviennent pour imposer un gel total. Les parties testent les lignes rouges, puis reviennent à la table technique. Troisième scénario : action unilatérale élargie. Des cibles au Sud sont frappées en profondeur. Les ripostes s’enchaînent. Le risque institutionnel grimpe. Dans tous les cas, la documentation des faits et la lisibilité des canaux restent cruciales. Les stocks humanitaires sont à maintenir. Les écoles proches de la ligne de front doivent disposer de protocoles d’évacuation. Les opérateurs essentiels doivent tester leurs plans de continuité.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi