vendredi, février 20, 2026

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Noël 2025 au Liban : le feu de Noël et la récitation de l’Évangile par l’enfant cadet, une coutume qui illumine les foyers libanais

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Dans les maisons libanaises, particulièrement dans les villages chrétiens du Mont-Liban et du Nord, la tradition du feu de Noël accompagné de la récitation de l’Évangile par l’enfant cadet connaît un regain d’intérêt en cette fin décembre 2025. Ce rituel, qui marque le soir du 24 décembre, associe un petit feu allumé dans la cour ou sur le balcon à la lecture solennelle de la Nativité par le plus jeune de la famille. Cette année, de nombreuses paroisses ont encouragé cette pratique, avec des ateliers préparatoires organisés dans les quartiers comme Achrafieh à Beyrouth ou les villages d’Ehden, où des familles ont partagé des moments de préparation collective. Les réseaux sociaux diffusent des images de ces feux crépitants et de ces lectures enfantines, contribuant à l’atmosphère chaleureuse qui enveloppe les célébrations de Noël dans les foyers libanais.

Un rituel aux origines païennes-chrétiennes de lumière et de parole

Le feu de Noël, connu sous le nom de « nar al-‘id » ou simplement « le feu de la Nativité », trouve ses racines dans les anciennes coutumes païennes du Levant, où les feux hivernaux célébraient le solstice et la victoire de la lumière sur les ténèbres. Au Liban, cette pratique s’est christianisée dès les premiers siècles, symbolisant la lumière du Christ venu au monde. La récitation de l’Évangile par l’enfant cadet, souvent le passage de Luc 2:1-20, ajoute une dimension de pureté et d’innocence, rappelant que c’est aux petits que Dieu se révèle.

Dès le Moyen Âge, dans les villages maronites du Mont-Liban, ce rituel s’est fixé : le soir du 24 décembre, après le dîner familial, l’enfant le plus jeune allumait un petit feu – autrefois avec du bois d’olivier ou de pins – et lisait l’Évangile à haute voix, entouré de sa famille. Des chroniques ecclésiastiques du XVIIe siècle décrivent ces scènes où la flamme illuminait les visages, tandis que les chants traditionnels comme « Ya Mariam » accompagnaient la lecture. À Zahlé, cette coutume s’est enrichie d’une variante locale, où l’enfant recevait un petit cadeau symbolique après sa lecture, renforçant le lien entre la parole sacrée et la joie familiale.

Au fil des siècles, le rituel a intégré des éléments locaux. Dans les régions du Nord comme Bcharré, le feu était souvent allumé avec du bois de cèdre, symbole de la montagne libanaise, et la lecture se faisait en arabe ou en syriaque pour préserver la langue liturgique. Cette pratique, transmise de génération en génération, illustre la manière dont les chrétiens libanais ont fusionné des héritages païens et chrétiens pour créer un moment unique de communion familiale autour de la Nativité.

Une tradition qui a traversé les siècles avec constance

Au XXe siècle, le feu de Noël et la récitation par l’enfant cadet ont conservé une présence fidèle dans les foyers chrétiens libanais. Même avec l’urbanisation croissante, cette coutume restait vivante dans les villages du Mont-Liban et du Nord, transmise par les aînés. Dans les années 1990, alors que les influences occidentales introduisaient des sapins et des décorations modernes, le rituel continuait d’être pratiqué, particulièrement dans les familles attachées aux traditions ancestrales.

Des enquêtes auprès des communautés chrétiennes montraient qu’il persistait dans de nombreux villages, souvent associé à la messe de minuit. Dans les monastères comme Qozhaya, les moines maintenaient cette pratique en invitant les enfants des villages voisins à réciter l’Évangile près d’un feu de joie. À Beyrouth, elle demeurait dans les foyers où les grands-parents tenaient à perpétuer ce geste. Cette continuité a permis au rituel de traverser les décennies, enrichi par des livres de patrimoine qui le présentent comme un élément précieux de l’identité libanaise.

Le renouveau émouvant de décembre 2025 dans les foyers libanais

En décembre 2025, cette coutume connaît un regain notable, porté par un désir de retour aux racines familiales. Des paroisses locales ont organisé des ateliers pour préparer les enfants à la récitation, enseignant le texte de l’Évangile et les gestes du rituel. À Achrafieh, des familles ont allumé ces feux sur les balcons, partageant des photos sur les réseaux sociaux. À Ehden, des rassemblements communautaires ont permis de former les plus jeunes, renforçant l’esprit de Noël.

Les réseaux sociaux ont amplifié ce mouvement, avec des vidéos montrant des enfants lisant l’Évangile près du feu, accompagnés de chants traditionnels. À Bcharré, des écoles ont intégré le rituel à leurs programmes festifs, enseignant la légende et la préparation du feu. Dans les villages de la Békaa, des familles ont partagé ces moments, créant une atmosphère de joie collective.

Dans les églises, les messes adventistes ont mis en avant cette tradition, avec des enfants réciter l’Évangile lors des célébrations. À Zahlé, des paroissiens ont orné leurs feux de décorations simples, rappelant la lumière de Bethléem. Ces gestes, souvent accompagnés de burbara ou de meghli, ont favorisé les retrouvailles familiales.

Le rituel au cœur des veillées de Noël

En cette saison 2025, le feu et la récitation s’harmonisent avec d’autres traditions, comme les crèches familiales où les enfants placent leurs plateaux de graines de Sainte-Barbe près du feu. Des artisans proposent des supports pour feux décorés de motifs orientaux, vendus lors des marchés de Noël. À Zahlé, la pratique s’associe à des concerts paroissiaux, attirant des familles pour des moments festifs.

Sur le plan familial, ce rituel favorise les moments partagés, avec des aînés guidant les enfants dans la lecture. Des chorales locales intègrent des récitations à leurs performances, fusionnant parole et musique. Dans les écoles chrétiennes, des ateliers initient les élèves à cette coutume, assurant sa transmission joyeuse.

Les marchés voient augmenter les ventes de bois d’olivier et de bougies, soutenant les producteurs locaux. À Beyrouth, un festival dédié aux traditions de Noël met en vedette ce rituel, enrichissant l’offre festive. Lors des messes de minuit du 24 décembre, les paroissiens prolongent la joie de la Nativité par ces gestes simples, illuminant les nuits hivernales d’une lumière familiale. Des événements dans le Nord incluent des feux communautaires, étendant la tradition au-delà des foyers isolés.

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Newsdesk Libnanews
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