vendredi, février 20, 2026

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Noël 2025 au Liban : le panier des pauvres, offrande discrète des Rois mages qui perdure dans les campagnes

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Dans les villages et les quartiers populaires du Liban rural, de la Békaa à la Montagne en passant par le Akkar, la tradition du panier des pauvres connaît un retour remarqué en cette période de Noël 2025. Cette offrande symbolique, composée de fruits secs et de produits de la terre, est préparée en souvenir des Rois mages apportant leurs présents au Christ enfant. Elle se dépose discrètement devant les portes des plus démunis, rappelant l’esprit de charité chrétienne qui anime les fêtes. Cette année, des paroisses locales et des associations caritatives ont encouragé cette pratique, avec des ateliers communautaires organisés dans plusieurs régions pour composer ces paniers garnis de noix, d’amandes, de dattes et de figues séchées. À Zahlé, par exemple, des familles ont multiplié ces gestes de générosité, les intégrant aux décorations de Noël pour renforcer le sens de la solidarité qui marque les célébrations.

Une coutume née de la légende des Trois Rois

Le panier des pauvres tire ses racines de la tradition biblique des Rois mages, ces sages venus d’Orient offrir de l’or, de l’encens et de la myrrhe à l’Enfant Jésus. Au Liban, cette légende s’est enrichie de pratiques locales dès le Moyen Âge, particulièrement dans les communautés chrétiennes du Mont-Liban et de la Békaa. Le panier, souvent un simple récipient en osier ou en tissu, est rempli de produits de saison : noix, pistaches, raisins secs, abricots et figues, tous symbolisant l’abondance et le partage. Cette offrande rappelle que les cadeaux des mages n’étaient pas seulement pour la Sainte Famille mais pour tous les pauvres du monde.

Dans les villages maronites et orthodoxes, cette coutume s’est ancrée au fil des siècles comme un geste de charité anonyme. Des chroniques ecclésiastiques du XVIIe siècle mentionnent des familles qui préparaient ces paniers après la messe de l’Épiphanie, les laissant devant les portes des plus nécessiteux sans se faire connaître. À Zahlé, berceau de nombreuses traditions festives, le panier des pauvres était souvent accompagné d’une prière pour la protection des humbles, renforçant le lien entre la Nativité et la générosité. Cette pratique s’inscrit dans un ensemble de rituels libanais marquant l’Avent et l’Épiphanie, où le partage de nourriture symbolise la communion chrétienne. Dans les régions comme le Akkar, influencées par des coutumes syriennes, on ajoutait parfois des dattes pour évoquer la Terre sainte.

Au fil des époques, le panier a évolué tout en gardant son essence. Dans les familles nombreuses, les enfants participaient à la préparation, apprenant ainsi la valeur du don. Des voyageurs du XIXe siècle notaient avec admiration ces gestes discrets qui caractérisaient l’hospitalité libanaise, où le panier des pauvres devenait une extension naturelle des festivités de Noël. Cette tradition, transmise oralement, illustre la manière dont les chrétiens libanais ont adapté la légende des Rois mages à leur quotidien rural, faisant de la charité un pilier des célébrations.

Une pratique qui a traversé les siècles avec discrétion

Au XXe siècle, le panier des pauvres a conservé une présence fidèle dans les campagnes libanaises, même face à l’urbanisation croissante. Dans les villages du Mont-Liban et de la Békaa, cette coutume restait vivante, souvent pratiquée par les familles attachées aux traditions ancestrales. Dans les années 1990, alors que les influences occidentales introduisaient des cadeaux plus modernes, le panier continuait d’être préparé dans les foyers ruraux, transmis par les aînés aux plus jeunes.

Des enquêtes auprès des communautés chrétiennes montraient qu’il persistait dans de nombreux villages, particulièrement lors des fêtes paroissiales. Dans les monastères comme celui de Saint-Charbel, les moines encourageaient cette pratique en distribuant des paniers aux pèlerins. À Zahlé, elle s’intégrait aux célébrations de l’Épiphanie, tandis qu’à Beyrouth, elle demeurait dans les foyers attachés aux coutumes anciennes. Cette continuité a permis au geste de traverser les décennies, enrichi par des livres de patrimoine qui le présentent comme un élément précieux de l’identité libanaise.

Le retour discret mais fervent en décembre 2025

En décembre 2025, la tradition du panier des pauvres a pris une nouvelle ampleur dans les régions rurales du Liban. Des paroisses locales ont organisé des ateliers pour composer ces offrandes, avec des familles se réunissant pour remplir des paniers de fruits secs et de produits locaux. À Zahlé, des initiatives communautaires ont multiplié ces gestes, les intégrant aux marchés de Noël où les visiteurs pouvaient découvrir les ingrédients traditionnels.

Les réseaux sociaux ont contribué à ce regain, avec des publications montrant des paniers garnis de noix et de dattes, accompagnés de légendes expliquant leur symbolisme. À Bcharré, des écoles ont initié les enfants à cette pratique, enseignant la légende des Rois mages tout en préparant des paniers pour les voisins. Dans les villages de la Békaa, des rassemblements familiaux ont permis de partager ces offrandes, renforçant les liens communautaires.

Dans les églises, les messes adventistes ont mis en avant cette tradition, avec des bénédictions de paniers destinés aux plus démunis. À Hasroun, des familles ont orné leurs crèches avec ces éléments, rappelant le don des mages. Ces gestes, souvent accompagnés de chants et de prières, ont créé une atmosphère chaleureuse, favorisant la générosité collective.

Le panier au cœur des célébrations de Noël et de l’Épiphanie

En cette saison 2025, le panier des pauvres s’harmonise avec d’autres traditions, comme les crèches vivantes dans les villages, où des offrandes similaires sont présentées aux visiteurs. Des artisans proposent des paniers décorés de motifs orientaux, vendus lors des marchés de Noël. À Zahlé, la pratique s’associe à des dégustations de produits locaux, attirant des familles pour des moments festifs.

Sur le plan familial, ce geste favorise les moments partagés, avec des aînés enseignant la préparation aux enfants. Des chorales locales intègrent des distributions de paniers à leurs concerts, fusionnant musique et charité. Dans les écoles chrétiennes, des ateliers initient les élèves à cette coutume, assurant sa transmission joyeuse.

Les marchés ruraux voient augmenter les ventes de fruits secs, soutenant les producteurs locaux. À la Békaa, un festival dédié aux traditions de Noël met en vedette ces offrandes, enrichissant l’offre festive. Lors des messes de minuit du 24 décembre, les paroissiens partageront ces paniers, prolongeant la joie de la Nativité dans un geste de communion. Des événements dans le Akkar incluent des stands de préparation, étendant la tradition au-delà des villages isolés.

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Newsdesk Libnanews
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