jeudi, février 19, 2026

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Noël au Liban : le chameau porte-cadeaux, une légende syro-libanaise qui enchante les veillées du Sud

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Dans les villages chrétiens du Sud-Liban, de Tyr à Marjayoun en passant par les hauteurs de Jezzine, la légende du chameau porte-cadeaux des Trois Rois continue d’enchanter les veillées de Noël. Chaque année, lors des nuits du 5 au 6 janvier, veille de l’Épiphanie, les enfants attendent avec impatience l’arrivée de ce chameau mythique qui, selon la tradition locale, apporte des présents aux plus méritants. Dans les foyers, on prépare des bols de blé ou de dattes pour nourrir l’animal, et les enfants récitent des prières avant de déposer leurs chaussures près de la porte. Cette année encore, cette coutume ancestrale a été ravivée dans de nombreuses familles, avec des récits partagés autour des tables, des chants traditionnels et des petits cadeaux dissimulés pour perpétuer la magie de la légende. Les paroisses locales organisent souvent des ateliers pour les enfants, où ils apprennent l’histoire des mages et la symbolique du chameau, renforçant ainsi les liens communautaires dans une région riche de traditions syro-libanaises.

Une légende orientale qui s’est enracinée dans le folklore libanais

La figure du chameau porte-cadeaux tire ses origines de la tradition des Trois Rois mages, ces sages venus d’Orient pour offrir de l’or, de l’encens et de la myrrhe à l’Enfant Jésus. Dans les régions du Levant, particulièrement au Liban et en Syrie, la légende s’est enrichie au fil des siècles d’un détail unique : les mages voyageaient sur des chameaux, et l’un d’eux, souvent appelé Balthazar ou Melchior selon les variantes locales, aurait laissé des cadeaux pour les enfants sages. Cette version syro-libanaise transforme le chameau en un messager bienveillant, symbole de patience et de générosité, qui traverse les déserts pour récompenser les petits.

Dès le Moyen Âge, dans les villages chrétiens du Sud-Liban, cette coutume s’est fixée autour de l’Épiphanie, fête célébrée avec ferveur dans les communautés maronites et grecques-catholiques. Les familles préparaient des offrandes pour le chameau – bols de blé, dattes ou eau – et les enfants, après avoir récité des prières, laissaient leurs chaussures à l’entrée pour y trouver des bonbons, des fruits secs ou de petits jouets. Des chroniques ecclésiastiques du XVIIe siècle mentionnent ces veillées où les aînés racontaient l’histoire des mages, tandis que les enfants, émerveillés, attendaient l’arrivée nocturne du chameau. À Marjayoun, influencée par les échanges avec la Syrie voisine, la légende s’est enrichie de détails poétiques, comme le tintement des clochettes du chameau ou la trace de ses pas dans la poussière.

Au fil des siècles, la tradition a intégré des éléments locaux. Dans les villages comme Jezzine, on ajoutait parfois des branches de cèdre près des bols pour rappeler la Terre sainte, tandis qu’à Tyr, les enfants chantaient des comptines en arabe dialectal évoquant le voyage des mages. Cette pratique, transmise oralement, illustre la manière dont les chrétiens libanais ont adapté la légende biblique à leur environnement, faisant du chameau un symbole de l’attente joyeuse et de la récompense divine.

Une coutume qui a su traverser les siècles avec fidélité

Au XXe siècle, la légende du chameau porte-cadeaux a conservé une présence fidèle dans les foyers du Sud-Liban. Même avec l’urbanisation croissante, cette tradition est restée vivante dans les villages chrétiens, souvent pratiquée par les familles attachées aux rituels ancestraux. Dans les années 1990, elle était encore largement célébrée, particulièrement lors des veillées de l’Épiphanie organisées par les paroisses.

Des enquêtes auprès des communautés chrétiennes montraient qu’elle persistait dans de nombreux villages du Sud, où les enfants continuaient de préparer leurs bols et de laisser leurs chaussures. Dans les monastères comme celui de Saint-Georges à Maghdoucheh, les moines racontaient la légende aux pèlerins, tandis qu’à Beyrouth, elle demeurait dans les foyers originaires du Sud. Cette continuité a permis au rituel de traverser les décennies, enrichi par des livres de patrimoine qui le présentent comme un élément précieux de l’identité libanaise.

La légende toujours vivante dans les veillées contemporaines

Aujourd’hui, la légende du chameau porte-cadeaux continue d’enchanter les enfants du Liban, particulièrement dans les régions du Sud. Les familles préparent encore les bols d’offrandes et racontent l’histoire des mages autour de la table. Les paroisses organisent des veillées où les enfants apprennent les chants et les prières associées, renforçant l’aspect éducatif et spirituel de la tradition.

Les réseaux sociaux contribuent à sa diffusion, avec des publications montrant des enfants déposant leurs chaussures ou préparant les bols, souvent accompagnés de photos des petits cadeaux trouvés au matin. Dans les villages comme Jezzine, des rassemblements familiaux permettent de partager ces moments, créant une atmosphère de joie collective.

Dans les églises, les messes de l’Épiphanie mettent en avant cette légende, avec des enfants récitant des passages sur les mages. Les quartiers chrétiens voient les familles perpétuer ce rituel, transformant les maisons en lieux de magie et d’attente.

La légende au cœur des célébrations de l’Épiphanie

La légende du chameau s’harmonise avec les autres traditions de Noël et de l’Épiphanie, comme les crèches vivantes où les enfants représentent les mages. Des artisans proposent des figurines de chameaux décorées, vendues lors des marchés festifs. Dans les villages du Sud, la pratique s’associe à des chants paroissiaux, attirant des familles pour des moments festifs.

Sur le plan familial, ce rituel favorise les moments partagés, avec des aînés racontant l’histoire aux plus jeunes. Des chorales locales intègrent des récitations de la légende à leurs performances, fusionnant parole et musique. Dans les écoles chrétiennes, des ateliers initient les élèves à cette coutume, assurant sa transmission joyeuse.

Les marchés voient augmenter les ventes de dattes et de bols décorés, soutenant les producteurs locaux. Dans plusieurs régions, des festivals dédiés à l’Épiphanie mettent en vedette cette légende, enrichissant l’offre festive. Lors des messes de l’Épiphanie, les paroissiens prolongent la joie de la Nativité par ces récits, illuminant les nuits hivernales d’une lumière magique. Des veillées élargies dans les villages étendent la tradition au-delà des foyers isolés, perpétuant ce conte enchanteur qui demeure l’un des plus poétiques emblèmes des fêtes libanaises.

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