Après plus de deux mois de frappes israéliennes intensives, le Liban panse ses plaies. L’accord de cessez-le-feu conclu cette semaine marque un répit fragile, tandis que des milliers de Libanais rentrent chez eux pour constater l’ampleur des destructions. À Beyrouth, notamment dans ses banlieues sud, des quartiers entiers ne sont plus que des champs de décombres. Dans le sud, la ville de Tyr et les villages comme Flawiyeh témoignent également de la violence des frappes.
Ces bombardements, déclenchés à la fin de septembre, avaient pour objectif officiel de neutraliser les capacités du Hezbollah après des échanges transfrontaliers intensifiés en réponse à l’attaque de Hamas le 7 octobre 2023. Mais les conséquences humaines et matérielles dépassent largement le cadre militaire.
Destruction massive des infrastructures
Le conflit a laissé un lourd bilan matériel. Selon Mohamad Chamseddine, analyste chez Information International, les pertes directes et indirectes dépasseraient les 13 milliards de dollars. Le détail des pertes est alarmant :
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- Infrastructure résidentielle :
- 48 000 unités totalement détruites.
- 34 000 unités partiellement endommagées.
- 140 000 unités touchées par des dégâts mineurs.
- Les coûts de reconstruction des unités détruites sont estimés à 700 dollars par m², avec une moyenne de 75 000 dollars par appartement.
- Infrastructures publiques :
- Dommages aux routes, ponts et réseaux essentiels estimés à 520 millions de dollars.
- Les pertes agricoles atteignent 1 milliard de dollars.
- Le retrait des débris coûtera environ 500 millions de dollars.
- Pertes économiques indirectes :
- Le PIB libanais, déjà fragilisé par la crise économique, a subi des pertes estimées à 4,2 milliards de dollars, basées sur une réduction quotidienne de 30 millions de dollars des activités économiques.
Au total, les dégâts directs et indirects placent les pertes totales à environ 13 milliards de dollars.
Un traumatisme humain et social
La violence des frappes a poussé plus de 1,2 million de Libanais à fuir leurs maisons, un chiffre qui rappelle les déplacements massifs observés lors des conflits précédents. À cela s’ajoutent les milliers de blessés et de traumatismes psychologiques, notamment parmi les enfants.
Dans le sud du Liban, où les frappes étaient les plus intenses, les infrastructures essentielles comme les hôpitaux et les écoles ont été gravement touchées, laissant les communautés locales encore plus vulnérables. Les retours des déplacés sont marqués par la peur, le manque de ressources et l’incertitude quant à l’avenir.
Les défis de la reconstruction
Pour le Liban, l’enjeu est désormais de se relever d’un conflit qui a exacerbé une crise économique et politique déjà profonde. La reconstruction nécessitera des efforts titanesques, notamment :
- Déblaiement et réparations : Les zones touchées, en particulier les banlieues sud de Beyrouth et le sud du Liban, nécessitent une remise en état urgente pour permettre aux habitants de réintégrer leurs foyers.
- Réhabilitation économique : Le secteur agricole, vital pour les zones rurales du sud, devra recevoir un soutien massif pour se remettre des pertes.
- Soutien international : Les aides financières et techniques externes seront indispensables pour couvrir les coûts de reconstruction, estimés à plus de 9 milliards de dollars.
Une paix incertaine
Malgré le cessez-le-feu, le risque d’une reprise des hostilités reste élevé. Les tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah, alimentées par la situation en Palestine et les rivalités régionales, compliquent tout espoir de stabilité durable. La communauté internationale est appelée à intensifier ses efforts pour garantir un apaisement durable et prévenir une nouvelle escalade.



