La présidentielle libanaise, prévue le 9 janvier 2024, se déroule dans un contexte de crise institutionnelle prolongée. Un diplomate européen, cité dans Al Sharq Al Awsat (21 décembre 2024), a averti que « si le Liban ne parvient pas à élire un président, la communauté internationale pourrait réduire son soutien économique ». Cette déclaration illustre la frustration des partenaires internationaux face à l’inertie des dirigeants libanais. Le Liban, confronté à une crise économique sans précédent, reste dépendant de cette aide pour stabiliser ses institutions et répondre aux besoins de sa population.
Une dépendance critique à l’aide internationale
Le Liban repose largement sur l’aide internationale, essentielle pour financer des secteurs clés tels que la santé, l’éducation et les infrastructures. Depuis 2019, le pays subit une crise économique sans précédent, marquée par l’effondrement de la monnaie nationale et l’explosion de la pauvreté. Selon Al Diyar (21 décembre 2024), les financements des bailleurs de fonds, notamment l’Union européenne et les agences onusiennes, jouent un rôle crucial dans la survie des programmes sociaux.
Cependant, cette aide est conditionnée à des réformes structurelles que les dirigeants libanais peinent à mettre en œuvre. La paralysie institutionnelle, aggravée par le vide présidentiel, empêche toute avancée significative. L’absence de plan économique clair fragilise davantage la confiance des partenaires internationaux.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
Une pression croissante de la communauté internationale
La déclaration du diplomate européen reflète une exaspération partagée par plusieurs partenaires étrangers. Depuis la fin du mandat présidentiel en 2022, les appels pour une élection rapide d’un chef de l’État se multiplient. La France, principal acteur engagé dans les discussions, a organisé plusieurs réunions pour encourager les factions politiques libanaises à trouver un consensus.
Malgré ces efforts, les divisions internes persistent. Selon Al Liwaa (21 décembre 2024), les pressions exercées par des acteurs régionaux comme l’Iran et l’Arabie saoudite alimentent les rivalités entre les blocs politiques libanais. Ces influences externes compliquent les initiatives de médiation et prolongent l’impasse institutionnelle.
Des réformes indispensables mais bloquées
Les partenaires internationaux exigent des réformes économiques et institutionnelles comme condition préalable à la poursuite de leur aide. Selon Al 3arabi Al Jadid (21 décembre 2024), ces réformes incluent la restructuration du secteur bancaire, la stabilisation de la monnaie et la lutte contre la corruption dans la gestion des finances publiques.
Cependant, la mise en œuvre de ces réformes reste entravée par l’absence de président. La vacance du pouvoir empêche le gouvernement intérimaire de prendre des décisions stratégiques. Cette situation bloque également les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), qui exige des garanties politiques avant de débloquer des financements cruciaux pour la relance économique.
Les conséquences d’une réduction de l’aide internationale
La diminution ou la suspension de l’aide internationale aurait des répercussions graves pour le Liban. Plus de 80 % de la population vit déjà sous le seuil de pauvreté, selon Al Akhbar (21 décembre 2024). Une réduction des financements extérieurs aggraverait cette situation, en particulier dans les secteurs de la santé publique et de l’éducation, qui dépendent fortement des fonds internationaux.
En outre, cette baisse d’aide risquerait d’accentuer les tensions sociales. Les manifestations, déjà nombreuses en raison de l’effondrement économique, pourraient se multiplier, augmentant le risque d’instabilité sécuritaire. Selon Al Bina’(21 décembre 2024), l’échec de l’élection présidentielle compromettrait également les efforts pour renforcer la confiance des investisseurs étrangers, essentiels pour la reprise économique.
Des attentes claires pour le 9 janvier
La communauté internationale espère que la session parlementaire du 9 janvier permettra d’élire un président capable de mettre en œuvre les réformes attendues. Selon Al Sharq Al Awsat (21 décembre 2024), les partenaires étrangers considèrent cette échéance comme une opportunité décisive pour sortir de l’impasse politique.
Cependant, ces attentes restent conditionnées à la volonté des blocs politiques de dépasser leurs rivalités. Les pressions internationales s’accompagnent d’un appel à réduire l’influence des factions armées dans les décisions politiques. Cette exigence, bien que légitime, se heurte à la réalité d’un système politique dominé par des alliances régionales complexes.
Un avenir suspendu au compromis politique
La déclaration du diplomate européen met en lumière l’urgence pour le Liban de sortir de l’impasse présidentielle. L’avenir du pays dépend non seulement de l’élection d’un président, mais aussi de la capacité des dirigeants à répondre aux attentes de la communauté internationale.
Pour préserver le soutien économique extérieur, les forces politiques libanaises doivent démontrer leur engagement à mettre en œuvre des réformes structurelles. Cela nécessite un effort collectif pour rétablir la stabilité institutionnelle et redonner confiance aux bailleurs de fonds. Sans cela, le Liban risque de s’enfoncer davantage dans une crise multidimensionnelle, avec des conséquences imprévisibles pour sa population et sa souveraineté.



