Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant et le chef militaire du Hamas Mohammed Deif. Ces mandats concernent des accusations de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, découlant des attaques du Hamas le 7 octobre 2023 et de la réponse militaire israélienne qui a suivi.
Le bilan humanitaire de ce conflit est accablant. Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 44 000 Palestiniens ont été tués depuis le début des hostilités, et plus de 104 000 autres ont été blessés. Les Nations unies ont confirmé que 70 % des victimes étaient des femmes et des enfants, amplifiant les appels internationaux pour une enquête sur les violations des droits humains.
Qui respecte et qui rejette les mandats d’arrêt de la CPI ?
Certains États ont annoncé leur soutien à la décision de la CPI et leur intention de respecter les mandats d’arrêt. Parmi eux :
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
- Norvège : Le ministre des Affaires étrangères Espen Barth Eide a exprimé sa confiance en la CPI et en ses normes de procès équitable.
- Suède : La ministre Maria Malmer Stenergard a confirmé le soutien de la Suède à l’indépendance et à l’intégrité de la CPI.
- Union européenne : Josep Borrell, chef de la politique étrangère de l’UE, a affirmé que les mandats sont contraignants et doivent être respectés.
D’autres pays, notamment des alliés proches d’Israël, ont rejeté la décision :
- États-Unis : Washington a déclaré que la CPI n’avait pas juridiction dans cette affaire et a critiqué le processus qui a conduit à cette décision.
- Argentine : Le président Javier Milei a exprimé un « profond désaccord », invoquant le droit d’Israël à se défendre contre les attaques terroristes.
- Italie : Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a déclaré que l’Italie « évaluera » la décision avant de déterminer une réponse, tout en rappelant que la CPI doit rester une institution judiciaire et non politique.
Réactions israéliennes et américaines
Benjamin Netanyahu a fermement condamné la décision, la qualifiant de « politique et antisémite ». Il l’a comparée à l’affaire Dreyfus, affirmant qu’elle se terminerait de la même manière, par une exonération. Les États-Unis ont également rejeté les mandats, qualifiant leur processus d’évaluation de « précipité ». Un porte-parole du Conseil de sécurité nationale a ajouté : « Nous ne reconnaissons pas la compétence de la CPI sur cette affaire. »
Réactions des organisations internationales et des ONG
Des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch ont applaudi cette décision. Agnes Callamard, secrétaire générale d’Amnesty, a déclaré : « Netanyahu est désormais un homme recherché. Les États membres de la CPI doivent coopérer pour assurer son arrestation et son jugement. »
Yael Vias Gvirsman, représentant des victimes israéliennes, a salué le mandat contre Mohammed Deif tout en appelant à une « coopération totale avec la CPI pour traiter également les accusations contre les responsables israéliens. »
Réactions internationales et implications diplomatiques
La Turquie a qualifié la décision de « positive » et a exhorté la communauté internationale à traduire les responsables israéliens en justice pour leurs crimes présumés. En revanche, des pays comme l’Argentine ont mis en avant le droit d’Israël à l’autodéfense et critiqué ce qu’ils considèrent comme une approche biaisée de la CPI.
Ces mandats pourraient aggraver les tensions entre Israël et ses alliés occidentaux. Pour les pays qui soutiennent la CPI, cette décision représente un test de leur engagement envers la justice internationale, tandis que pour d’autres, elle met en évidence les limites du système judiciaire mondial face aux considérations géopolitiques.



