Au cœur d’une crise économique aiguë, la Banque du Liban (BdL) a révélé que ses réserves étrangères liquides s’élèvent à 10,3 milliards USD au 15 janvier 2025, soit une hausse modérée de 210,5 millions USD depuis décembre 2024. Les réserves d’or ont également progressé, atteignant 24,8 milliards USD, contre 24,1 milliards USD fin 2024. Ces résultats illustrent une gestion prudente des ressources dans un contexte où les besoins de financement du pays demeurent criants.
| Évolution des réserves de la BdL | Fin octobre 2024 | Fin décembre 2024 | Mi-janvier 2025 | Variation (jan-déc) |
|---|---|---|---|---|
| Réserves étrangères (USD) | 9 640 | 10 130 | 10 340 | +210 |
| Réserves d’or (USD) | 25 600 | 24 100 | 24 800 | +700 |
Malgré cette relative stabilisation, la politique de la BdL, qui consiste à limiter drastiquement les opérations de change, met à rude épreuve plusieurs secteurs critiques, notamment les organismes publics. Cette situation amplifie les dysfonctionnements institutionnels et alourdit la charge sur les citoyens.
gestion rigoureuse mais controversée des liquidités
Depuis octobre 2024, la BdL a réorganisé son bilan pour aligner ses pratiques avec les normes internationales. Les actifs étrangers sont désormais exclusivement composés de liquidités accessibles, excluant les eurobonds libanais ou les prêts aux institutions locales. Ces révisions ont permis de présenter une image plus conforme aux standards mondiaux, mais elles révèlent également la fragilité des réserves effectives disponibles pour soutenir l’économie réelle.
| Type de dépôt à la BdL | Fin décembre 2024 | Mi-janvier 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Dépôts secteur financier (USD) | 7 636,2 | 7 627,6 | -8,6 |
| Dépôts secteur public (LBP, milliards) | 533,8 | 545,6 | +11,8 |
Parallèlement, la BdL maintient un taux de change officiel de 89 500 livres libanaises (LBP) par dollar depuis février 2024. Cette mesure vise à stabiliser les fluctuations monétaires, mais l’interdiction quasi généralisée d’accéder aux devises officielles par les institutions publiques et privées accentue les tensions sur le marché parallèle. Les entreprises d’État, comme Électricité du Liban (EDL), se retrouvent incapables d’acquérir le carburant nécessaire pour fournir une alimentation électrique stable, aggravant ainsi la crise énergétique.
pressions économiques et sociales croissantes
Le refus de la BdL de financer les besoins critiques des institutions publiques alimente un cercle vicieux. Le pays dépend toujours fortement des importations pour les produits de première nécessité, et l’absence de devises accessibles aggrave les pénuries. L’impact sur la population est direct : hausse des prix, accès réduit aux services de base et pression accrue sur le secteur privé pour combler les lacunes.
La diaspora libanaise reste une source clé de devises, mais ces flux, bien que significatifs, ne suffisent pas à couvrir l’ensemble des besoins du pays. Dans ce contexte, les efforts de la BdL pour préserver ses réserves, bien qu’essentiels, semblent insuffisants pour pallier les carences structurelles qui minent l’économie.



