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Révolte au Liban et en Irak : les limites d’une révolution

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Depuis 2019, le Liban et l’Irak sont le théâtre de vastes mouvements sociaux, marqués par des manifestations de grande ampleur dénonçant la corruption, le chômage et la mauvaise gestion des ressources publiques. Ces mobilisations, issues de frustrations accumulées pendant des décennies, ont révélé une fracture profonde entre les citoyens et les élites politiques.

Ces deux pays, bien que distincts par leur histoire et leur contexte sociopolitique, partagent des défis similaires : un système politique confessionnel enraciné, une économie affaiblie et une population en quête de réformes profondes. Mais les mouvements sociaux qui portent l’espoir d’un changement se heurtent à des obstacles majeurs, notamment la répression, les divisions internes et l’absence d’alternatives politiques crédibles.

Le Liban : une révolution entravée par le confessionnalisme
Les manifestations au Liban, surnommées la « Thawra » (révolution), ont débuté en octobre 2019, déclenchées par l’annonce de nouvelles taxes sur les communications numériques. Très vite, elles se sont transformées en un soulèvement national exigeant la démission de la classe politique, accusée de corruption et d’incompétence.

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Pour la première fois depuis la guerre civile (1975-1990), les manifestants ont transcendé les clivages confessionnels, appelant à une refonte totale du système politique. Cependant, les élites politiques, enracinées dans un système de quotas confessionnels, ont résisté aux pressions populaires, exploitant ces divisions pour maintenir leur pouvoir.

Selon Al Quds (22 décembre 2024), le mouvement a perdu de son élan face à la crise économique et à l’effondrement des services publics, laissant de nombreux Libanais désabusés quant à la possibilité d’un changement véritable.

L’Irak : entre colère populaire et répression violente
En Irak, les manifestations ont éclaté en octobre 2019, portées par des jeunes dénonçant le chômage, le manque de services de base et l’influence croissante de l’Iran sur les affaires du pays. Contrairement au Liban, où les manifestations ont été largement pacifiques, les protestations en Irak ont été marquées par une répression brutale, avec des centaines de morts et des milliers de blessés.

Les manifestants irakiens, souvent issus de la jeunesse chiite marginalisée, ont ciblé non seulement les élites politiques locales, mais aussi les milices soutenues par l’Iran, accusées de contrôler l’État et d’exploiter les ressources nationales.

Selon Al Arabi Al Jadid (22 décembre 2024), la nomination d’un nouveau gouvernement après la démission d’Adel Abdel-Mahdi en 2020 n’a pas suffi à apaiser les tensions. Les revendications des manifestants, telles que des élections anticipées et une réforme du système électoral, restent largement insatisfaites.

Des points communs entre les deux mouvements
Malgré leurs différences contextuelles, les mouvements sociaux au Liban et en Irak partagent des caractéristiques communes. Les deux mobilisations sont portées par une jeunesse désillusionnée, confrontée à un chômage élevé et à un accès limité aux opportunités économiques.

De plus, les deux mouvements dénoncent un système politique confessionnel perçu comme un obstacle majeur à la démocratie et à la justice sociale. Selon Al Sharq Al Awsat (22 décembre 2024), les manifestants des deux pays réclament la fin du népotisme et de la corruption, ainsi qu’une meilleure gestion des ressources publiques.

Les obstacles aux réformes : répression et divisions internes
Dans les deux pays, les élites politiques ont utilisé une combinaison de répression et de cooptation pour affaiblir les mouvements sociaux. En Irak, la violence exercée par les milices et les forces de sécurité a dissuadé de nombreux manifestants de descendre dans la rue, tandis qu’au Liban, la fragmentation des revendications et l’absence de leadership clair ont affaibli la mobilisation.

Les divisions internes parmi les manifestants, exacerbées par des intérêts communautaires et des rivalités politiques, ont également limité leur capacité à maintenir une pression constante sur les gouvernements.

L’influence des acteurs régionaux et internationaux
Les acteurs régionaux jouent un rôle clé dans la dynamique des mouvements sociaux au Liban et en Irak. En Irak, l’Iran exerce une influence majeure à travers des milices et des partis politiques, tandis qu’au Liban, les puissances étrangères comme l’Arabie saoudite et l’Iran s’affrontent par l’intermédiaire de leurs alliés locaux.

Cette ingérence étrangère complique la résolution des crises internes, en amplifiant les tensions politiques et en freinant les réformes.


Les mouvements sociaux au Liban et en Irak illustrent une soif de changement et une remise en question des systèmes politiques en place. Cependant, les obstacles structurels, la répression et l’absence de leadership unifié limitent leur impact à court terme.

Pour qu’un véritable changement puisse émerger, ces mobilisations doivent surmonter leurs divisions internes et s’organiser autour d’un programme politique clair. En outre, la communauté internationale a un rôle à jouer pour soutenir les réformes institutionnelles et promouvoir la stabilité dans ces deux pays.

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Newsdesk Libnanews
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