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Revue de presse du 12/09/25: escalade régionale après le raid israélien sur Doha

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Intensité de l’attaque et ses cibles principales

Le 12 septembre 2025, l’attaque israélienne contre la capitale qatarie Doha est au cœur des analyses géopolitiques publiées par plusieurs quotidiens arabes. Selon Al Quds (12 septembre 2025), le raid a visé un bâtiment abritant des cadres du bureau politique de Hamas. L’opération a entraîné plusieurs décès, notamment parmi les proches de responsables du mouvement, en pleine phase de négociation indirecte sur le cessez-le-feu à Gaza. Le même journal indique que l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, a participé aux funérailles des victimes, organisées dans la grande mosquée Mohammed ben Abdel Wahhab, en présence de hauts dignitaires et sous forte sécurité.

Le ciblage de figures politiques du Hamas n’a pas été justifié par les autorités israéliennes de manière officielle, mais Al Sharq Al Awsat (12 septembre 2025) précise que l’opération militaire s’est appuyée sur des renseignements relatifs à des réunions organisées par les cadres du mouvement en dehors de Gaza. Toujours selon cette source, Israël justifie cette extension du champ de guerre comme une mesure préventive contre les capacités de commandement de Hamas opérant depuis l’étranger.

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D’après Al Bina’ (12 septembre 2025), la frappe israélienne est interprétée comme un message adressé à la fois au Qatar et à la Turquie, où se trouvent également des représentants de mouvements de résistance. Le journal cite un article de Haaretz selon lequel Ankara pourrait être la prochaine cible d’une offensive similaire si elle continue à jouer un rôle actif dans les négociations.

Position ambiguë des États-Unis et fracture stratégique

La réaction américaine a été diversement perçue. Ad Diyar (12 septembre 2025) rapporte que le président Donald Trump aurait été informé de l’opération israélienne avant son déclenchement. Selon cette source, plusieurs diplomates du Golfe s’inquiètent du silence américain, qu’ils interprètent comme une approbation tacite. Le journal ajoute que ce positionnement remet en cause la crédibilité du partenariat sécuritaire entre Washington et les États du Conseil de coopération du Golfe.

Al Akhbar (12 septembre 2025) note que Washington a refusé d’apposer son veto lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU convoquée pour discuter du raid. Toutefois, les États-Unis ont empêché toute mention explicite d’Israël dans le communiqué final. Al Quds (12 septembre 2025) confirme que le texte final s’est limité à exprimer un soutien à la souveraineté du Qatar et à appeler à la désescalade, sans désigner le responsable de l’attaque.

Selon Al Sharq (12 septembre 2025), plusieurs capitales arabes considèrent l’attitude américaine comme une démonstration de deux poids deux mesures. L’article souligne la gêne croissante des diplomates occidentaux à justifier leur alliance stratégique avec Israël au moment où ce dernier frappe une capitale arabe sans avertissement préalable.

Crise dans les relations arabes et repositionnements diplomatiques

L’ensemble des titres consultés met en évidence la complexité des réactions arabes. Al Liwa’ (12 septembre 2025) fait état de la réunion prochaine d’un sommet arabe-islamique d’urgence à Doha, convoqué pour débattre des suites de l’attaque. Les chefs d’État de plusieurs pays du Golfe, de l’Afrique du Nord et d’Asie centrale sont attendus pour élaborer une réponse commune.

D’après Al Sharq Al Awsat (12 septembre 2025), ce sommet sera consacré à la redéfinition du rôle régional du Qatar et à la discussion sur l’avenir de la médiation qatarie dans le dossier israélo-palestinien. La même source ajoute que des diplomates égyptiens et saoudiens envisagent de proposer une centralisation des efforts de médiation au Caire, ce qui constitue une remise en cause directe de la légitimité diplomatique de Doha.

Al Quds (12 septembre 2025) rapporte de son côté que plusieurs capitales arabes, bien que solidaires dans la forme, hésitent à s’engager dans une confrontation politique ouverte avec Israël. Ce positionnement nuancé reflète une volonté de préserver les accords économiques et sécuritaires déjà en place, notamment ceux issus des accords d’Abraham.

Al Akhbar (12 septembre 2025) observe qu’au-delà de la réaction immédiate, une recomposition stratégique est en cours. La méfiance envers la politique de Donald Trump, combinée à la démonstration de force israélienne, pousse certains acteurs à envisager des alliances alternatives, notamment avec la Turquie, l’Iran ou même la Russie.

Impact sur le Liban et ses équilibres internes

Dans Al Joumhouriyat (12 septembre 2025), les développements régionaux sont perçus comme un facteur de fragilité pour le Liban. Le journal cite un responsable politique libanais selon lequel toute extension du conflit pourrait avoir des conséquences sur l’équilibre interne du pays. Le positionnement du Liban, entre ses obligations diplomatiques, ses alliances informelles et son rôle de pays voisin d’Israël et de la Syrie, devient de plus en plus difficile à maintenir.

An Nahar (12 septembre 2025) revient sur la récente visite à Beyrouth de Jean-Yves Le Drian, émissaire spécial du président français, qui a exprimé son inquiétude face à la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Selon le quotidien, la France craint que la montée en tension entre Israël, le Qatar et potentiellement d’autres États musulmans ait un effet de domino sur le Liban-Sud, où la FINUL joue un rôle stabilisateur fragile.

Al Bina’ (12 septembre 2025) mentionne que les autorités militaires libanaises suivent de près les mouvements sur la frontière sud, redoutant que l’escalade n’encourage des actions unilatérales ou des surenchères armées. Le journal évoque également la crainte que certains groupes internes, y compris des factions palestiniennes, n’utilisent le territoire libanais comme plateforme de réponse, ce qui placerait le pays dans une position périlleuse.

Manipulations médiatiques et stratégies de communication

La couverture médiatique de l’attaque fait également débat. Al Akhbar (12 septembre 2025) souligne que des pressions américaines ont été exercées sur la direction de la chaîne Al Jazeera, accusée de promouvoir une vision partiale du conflit. Le journal affirme que cette pression aurait conduit à des modifications éditoriales internes, ainsi qu’à des discussions discrètes sur les limitations futures imposées à la couverture des opérations militaires israéliennes.

Ad Diyar (12 septembre 2025) mentionne que plusieurs acteurs arabes estiment que la visibilité médiatique accordée au drame qatarien pourrait être utilisée pour affaiblir la cause palestinienne. Selon cette analyse, détourner l’attention de Gaza vers Doha permettrait de délégitimer la résistance armée et de fragmenter le front de soutien arabe.

Dans le même temps, Al Quds (12 septembre 2025) publie un extrait d’entretien avec le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abdelrahman Al Thani, qui insiste sur la continuité de l’engagement de son pays envers la cause palestinienne. Il affirme que la tentative d’Israël d’intimider le Qatar échouera et que la médiation se poursuivra, y compris sous des formes nouvelles.

Politique locale: désarmement, équilibre institutionnel et tensions internes

Le désarmement au centre du débat gouvernemental

Dans Al Joumhouriyat (12 septembre 2025), la session du Conseil des ministres présidée par le président Joseph Aoun le 5 septembre dernier est présentée comme un tournant dans le traitement de la question du désarmement. Le journal rapporte que cette session a été marquée par l’adoption d’un « ménagement tactique » autour du dossier des armes illégales, en particulier celles détenues par les groupes extra-étatiques opérant au sud du pays. Le président aurait réaffirmé son attachement au respect de la souveraineté nationale, tout en évitant une confrontation directe avec les parties concernées, notamment le Hezbollah.

Toujours selon Al Joumhouriyat (12 septembre 2025), le Premier ministre Nawaf Salam a insisté sur la nécessité de maintenir l’équilibre institutionnel, tout en appuyant l’autorité exclusive de l’armée libanaise dans le déploiement au sud du Litani, conformément à la résolution 1701. Cette position aurait suscité un débat au sein du gouvernement, certains ministres appelant à plus de fermeté, tandis que d’autres, proches de la mouvance de l’ancienne majorité parlementaire, ont plaidé pour une coordination politique plus large avant toute décision opérationnelle.

Al Akhbar (12 septembre 2025) présente une lecture plus critique de la session du Conseil, évoquant une manœuvre dilatoire visant à neutraliser temporairement les pressions internationales sans s’engager concrètement dans une réforme structurelle du secteur sécuritaire. Le journal note que les divergences internes au sein du Conseil des ministres reflètent un manque de consensus sur la gestion des groupes armés en dehors du cadre institutionnel, ce qui fragilise les marges de manœuvre du gouvernement.

Pressions internationales et rôle de la France

An Nahar (12 septembre 2025) revient sur la visite de l’émissaire français Jean-Yves Le Drian, qui s’est entretenu avec les principales autorités politiques à Beyrouth. Selon le journal, la France réitère son soutien à un Liban souverain, pluraliste et stable, mais conditionne désormais son appui économique à des réformes sécuritaires claires, en particulier sur le contrôle de l’armement et le déploiement effectif de l’armée libanaise sur tout le territoire. La position française est relayée dans plusieurs échanges entre Le Drian et les autorités, selon Nahar, et a été transmise de manière explicite au président Aoun.

D’après Al Sharq (12 septembre 2025), la diplomatie française cherche également à impliquer d’autres partenaires européens et arabes dans le soutien au Liban, à travers deux conférences internationales prévues pour l’automne : l’une dédiée au soutien à l’armée libanaise, et l’autre à la reconstruction des infrastructures. Le journal mentionne toutefois que la tenue de ces conférences reste incertaine tant que les autorités libanaises n’auront pas fourni de garanties suffisantes sur leur engagement à mettre en œuvre les réformes promises.

Selon Al Liwa’ (12 septembre 2025), l’axe Paris-Riyad semble converger autour d’un même objectif : renforcer l’État libanais face aux milices armées, sans pour autant provoquer un affrontement civil. Le journal souligne que cette ligne de conduite pourrait permettre à Beyrouth de retrouver une crédibilité perdue sur la scène internationale, à condition de matérialiser rapidement des gestes politiques clairs.

Jeux d’alliances et réalignements internes

Al Bina’ (12 septembre 2025) propose une lecture interne des dernières évolutions politiques, en mettant l’accent sur les rapports entre le président de la Chambre Nabih Berri, le Premier ministre Nawaf Salam et le nouveau président de la République Joseph Aoun. Le journal indique que les récents développements autour du Conseil des ministres ont montré un regain de coordination entre ces trois pôles institutionnels, malgré les tensions idéologiques et stratégiques. Berri, considéré comme une figure d’équilibre, aurait œuvré à désamorcer les frictions autour du dossier du désarmement, tout en maintenant un canal de communication ouvert avec les responsables du Hezbollah.

D’après Ad Diyar (12 septembre 2025), cette dynamique de coordination est observée avec prudence par les partis d’opposition, notamment ceux issus de la contestation de 2019, qui dénoncent une reproduction du schéma institutionnel de cooptation et de compromis paralysant. Le journal cite un député indépendant qui regrette que « les promesses de rupture avec l’ancien système ne soient restées que des slogans électoraux ».

Al Sharq (12 septembre 2025) indique que cette recomposition pourrait néanmoins ouvrir la voie à une meilleure gestion des affaires courantes. Le journal rapporte que plusieurs ministres techniques, sans affiliations partisanes, auraient joué un rôle actif dans la relance de projets bloqués depuis plusieurs mois, notamment dans les secteurs de l’électricité et des télécommunications.

Crise économique et arbitrages politiques

Selon Nida’ Al Watan (12 septembre 2025), la situation économique demeure un facteur structurant des équilibres politiques. Le journal évoque la crainte d’un effondrement monétaire en cas de retrait du soutien international. Cette inquiétude pousse certaines figures politiques à accélérer les démarches de réforme, y compris dans des dossiers jusque-là tabous, comme la levée des subventions sur les carburants ou la rationalisation des dépenses militaires.

Al Akhbar (12 septembre 2025) précise que le Fonds monétaire international a intensifié ses échanges avec le ministère des Finances, et qu’un rapport confidentiel aurait été transmis à la Banque du Liban, appelant à une réforme immédiate du système bancaire et à une transparence accrue dans les dépenses publiques. Le journal affirme également que les discussions autour du budget 2026 seront un test décisif pour évaluer la capacité du gouvernement à tenir ses engagements.

An Nahar (12 septembre 2025) met en lumière les tensions entre ministères sur les priorités budgétaires. Alors que le ministère de la Défense plaide pour une augmentation des crédits alloués à l’armée dans un contexte régional tendu, le ministère de la Santé insiste sur l’urgence d’un plan national de lutte contre les pénuries de médicaments. Cette divergence reflète, selon le journal, les arbitrages politiques difficiles que le gouvernement devra opérer dans les semaines à venir.

Mobilisations locales et initiatives parlementaires

Al Joumhouriyat (12 septembre 2025) signale que plusieurs députés, issus de blocs variés, travaillent actuellement sur des projets de loi destinés à réorganiser la gouvernance des institutions de contrôle. Une proposition visant à renforcer les prérogatives de la Cour des comptes aurait reçu un premier avis favorable en commission. Le journal mentionne également le dépôt d’un texte de loi sur la transparence des marchés publics, soutenu par une coalition transpartisane.

D’après Al Bina’ (12 septembre 2025), ces initiatives parlementaires sont portées par une volonté croissante d’endiguer la défiance populaire vis-à-vis des institutions. Toutefois, le journal souligne que leur efficacité dépendra largement de la volonté de l’exécutif à les inscrire à l’ordre du jour prioritaire du gouvernement.

Al Liwa’ (12 septembre 2025) note enfin que dans certaines régions, notamment dans la Békaa et au Akkar, des mouvements citoyens continuent de mobiliser pour des revendications locales, touchant aux infrastructures, à l’accès à l’eau potable ou à la réouverture d’écoles publiques. Ces mouvements, bien que moins visibles que ceux de 2019, témoignent d’un réveil civique latent.

Citation et discours des personnalités politiques: tensions régionales, souveraineté nationale et équilibre institutionnel

Joseph Aoun : appel à la retenue stratégique

Dans Al Joumhouriyat (12 septembre 2025), le président de la République, Joseph Aoun, a réitéré lors d’un discours tenu au palais de Baabda son attachement à la souveraineté nationale, dans le contexte de l’attaque israélienne contre Doha. « Le Liban ne sera ni un champ d’expérimentation ni une tribune de réaction », aurait-il affirmé devant un parterre de diplomates arabes et européens réunis à l’occasion d’une cérémonie de remise de lettres de créance. Cette prise de position, selon le journal, vise à rassurer les partenaires internationaux sur la volonté libanaise de ne pas s’engager dans une spirale de représailles régionales.

Le président Aoun aurait également exprimé sa « solidarité avec le Qatar face à l’agression », tout en appelant à « une coordination régionale plus soutenue pour contenir les excès de force et préserver les équilibres diplomatiques ». Cette déclaration intervient dans un climat de grande incertitude régionale, et selon An Nahar (12 septembre 2025), elle aurait été bien reçue par plusieurs chancelleries, notamment celle de la France et du Koweït. Le journal indique que le président s’est entretenu à ce sujet avec ses homologues arabes par voie diplomatique, sans en révéler le contenu exact.

Nawaf Salam : diplomatie prudente et renforcement de l’armée

Le Premier ministre Nawaf Salam s’est exprimé à plusieurs reprises dans les derniers jours. Dans Al Liwa’ (12 septembre 2025), il est rapporté qu’il a tenu une conférence de presse à la Sérail pour évoquer les dernières évolutions géopolitiques. Interrogé sur les risques de débordement militaire vers le Liban, Salam a affirmé que « le Liban se doit d’être vigilant sans être provocateur ». Il a ajouté que « toute tentative de déstabilisation régionale par le biais du Liban sera considérée comme une atteinte à la sécurité nationale ».

Toujours selon Al Liwa’, Nawaf Salam a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de l’armée libanaise, notamment dans le cadre du déploiement au sud du pays. Il a remercié la France pour son engagement constant et a confirmé que des discussions étaient en cours avec plusieurs partenaires européens et arabes pour améliorer l’équipement militaire et la logistique opérationnelle. « La souveraineté n’est pas un slogan, elle se construit par la présence de l’État sur tout le territoire », aurait-il déclaré.

Al Bina’ (12 septembre 2025) rapporte que le Premier ministre a également évoqué, à huis clos, les tensions internes au sein du gouvernement autour du dossier du désarmement. Selon des sources citées par le journal, Salam aurait appelé les ministres à dépasser les logiques partisanes et à s’en tenir à la feuille de route de réforme sécuritaire validée par le Conseil des ministres début septembre.

Naim Kassem : dénonciation de l’agression et défense de l’axe de résistance

Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a prononcé un discours le 11 septembre à Dahiyeh, retranscrit dans Al Akhbar (12 septembre 2025). Dans cette allocution, il a qualifié l’attaque israélienne contre Doha de « provocation inacceptable qui franchit une ligne rouge dans le droit des peuples à l’autodétermination ». Il a affirmé que le Qatar, malgré ses choix diplomatiques divergents, reste une « partie de l’équation de dignité arabe » et que toute tentative de l’exclure ou de l’humilier ne restera pas sans réponse.

Kassem a réaffirmé l’appartenance du Hezbollah à « l’axe de la résistance », tout en précisant que « la décision de riposte appartient aux autorités concernées dans chaque pays ». Selon Al Akhbar, ce positionnement vise à ménager la scène intérieure libanaise, en affichant une solidarité politique sans provoquer une confrontation militaire immédiate. Le journal précise que cette intervention a été soigneusement calibrée pour ne pas gêner les équilibres internes, notamment après les échanges récents entre le Hezbollah et le président Aoun sur le rôle de la résistance dans le Sud.

Al Sharq (12 septembre 2025) commente cette intervention en notant que le ton du discours reste mesuré, malgré la gravité de la situation régionale. Le quotidien estime que le Hezbollah cherche à préserver son image de force dissuasive tout en évitant une escalade susceptible d’embraser le Liban.

Nabih Berri : modération et médiation

Le président de la Chambre des députés, Nabih Berri, est cité dans Ad Diyar (12 septembre 2025) comme appelant à « une rationalité politique dans le traitement des conséquences du raid israélien ». Lors d’un échange avec des députés de son bloc Amal, il aurait souligné que « le Liban a trop souffert des guerres des autres pour en devenir le théâtre par procuration ». Berri a aussi exprimé sa solidarité avec le peuple qatari, tout en appelant à la prudence dans les réactions libanaises.

Toujours selon Ad Diyar, Berri aurait entamé une série de consultations téléphoniques avec plusieurs chefs de groupes parlementaires pour maintenir une position parlementaire unifiée face aux sollicitations internationales. Le journal indique que le président de la Chambre œuvre à éviter que les clivages idéologiques internes ne se transforment en conflits institutionnels dans les semaines à venir.

Dans Al Quds (12 septembre 2025), un article revient sur le rôle de Berri comme « médiateur traditionnel dans les crises libanaises ». Le journal souligne que sa posture de neutralité pragmatique pourrait jouer un rôle clé dans la préservation de la stabilité politique du pays, à l’heure où les tensions régionales menacent de réactiver des lignes de fracture internes.

Autres prises de position notables

Dans Nida’ Al Watan (12 septembre 2025), le chef des Forces libanaises Samir Geagea est cité pour avoir déclaré que « le silence de certaines factions libanaises face à l’agression israélienne contre un pays arabe frère est un aveu de complicité ». Cette déclaration, selon le journal, vise indirectement le Hezbollah, sans le nommer, et s’inscrit dans une stratégie d’opposition frontale aux acteurs armés en dehors du cadre étatique.

Toujours dans Nida’ Al Watan, le député Michel Moawad a pris la parole lors d’un point presse à Zahlé. Il a estimé que « la neutralité du Liban, dans ce contexte, ne doit pas signifier l’inaction mais l’affirmation de ses principes de souveraineté et de paix ». Il a également insisté sur la nécessité de « protéger le Liban des retombées d’un conflit régional qui ne le concerne pas directement ».

An Nahar (12 septembre 2025) rapporte que le patriarche maronite Béchara Raï, dans son homélie dominicale, a lancé un appel à « l’unité des Libanais autour des principes fondamentaux de la coexistence et du refus de la guerre comme outil politique ». Il a exhorté les dirigeants à « parler d’une seule voix dans les forums régionaux », insistant sur la fragilité de la situation intérieure.

Diplomatie: offensive israélienne, équilibres fragilisés et reconfiguration des alliances

La riposte diplomatique du Qatar et ses alliés

À la suite du raid israélien sur Doha, les premières réactions diplomatiques émanent du Qatar. Al Quds (12 septembre 2025) rapporte que le ministère des Affaires étrangères du Qatar a convoqué une réunion urgente avec les ambassadeurs des pays du Golfe et les représentants de la Ligue arabe. Le communiqué publié à l’issue de cette rencontre dénonce une violation flagrante du droit international et appelle à une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de l’ONU.

Selon Al Sharq (12 septembre 2025), le Qatar a également activé plusieurs canaux bilatéraux, notamment avec la Turquie, l’Algérie, l’Iran et le Koweït, en vue de former un front diplomatique commun. L’émir Tamim ben Hamad Al Thani aurait contacté directement plusieurs chefs d’État arabes pour coordonner une réponse politique et médiatique. Le journal souligne que Doha refuse de laisser cette attaque sans suite, non seulement pour des raisons de souveraineté, mais aussi pour défendre son rôle de médiateur régional.

Al Bina’ (12 septembre 2025) insiste sur l’isolement relatif du Qatar au sein du Conseil de coopération du Golfe. Bien que Bahreïn et Oman aient exprimé une solidarité de principe, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont maintenu un silence remarqué. Le journal voit dans cette absence de condamnation explicite un calcul politique visant à ne pas compromettre les relations normalisées avec Israël.

Les capitales occidentales entre embarras et alignement

Du côté occidental, la réaction a été plus mesurée. An Nahar (12 septembre 2025) note que la France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné, a exprimé sa « préoccupation » face à l’attaque, appelant à « une retenue maximale » de la part de toutes les parties. Toutefois, aucune mention directe d’Israël n’a été faite dans la déclaration officielle, ce qui a suscité de nombreuses critiques dans la presse arabe.

Al Akhbar (12 septembre 2025) observe que cette ambiguïté s’explique par la volonté française de ménager ses relations à la fois avec le Qatar et avec Israël, en particulier dans le cadre des efforts de médiation sur Gaza. Le journal ajoute que Paris tente d’impliquer d’autres partenaires européens dans une démarche commune visant à désamorcer la crise sans provoquer d’incident diplomatique avec Tel Aviv.

Selon Al Liwa’ (12 septembre 2025), les États-Unis ont adopté une position encore plus prudente. Le département d’État a diffusé un bref communiqué exprimant son attachement à la stabilité régionale et à la souveraineté des États, mais n’a émis aucun commentaire sur l’opération israélienne. Cette posture alimente les critiques selon lesquelles Washington aurait approuvé tacitement l’attaque.

Mobilisation diplomatique libanaise

Dans Al Joumhouriyat (12 septembre 2025), le ministère libanais des Affaires étrangères a publié un communiqué condamnant l’agression israélienne contre le Qatar, qu’il qualifie de « menace dangereuse contre la stabilité du monde arabe ». Le ministre Abdallah Bou Habib aurait entamé une série de consultations avec ses homologues arabes pour coordonner la position libanaise dans les forums internationaux.

Le même journal souligne que le Liban souhaite que cette attaque soit discutée lors du sommet de la Ligue arabe prévu à Doha. Selon une source diplomatique citée anonymement, le Liban plaidera pour une résolution ferme condamnant Israël et réaffirmant le droit des États à la non-ingérence. Toutefois, les divisions internes au sein du monde arabe risquent de limiter la portée de cette initiative.

Ad Diyar (12 septembre 2025) évoque les tensions entre la diplomatie libanaise et certaines chancelleries occidentales. Le journal rapporte que l’ambassadrice américaine à Beyrouth aurait fait part de sa « déception » face au ton du communiqué libanais, jugé trop virulent. Cette réaction aurait conduit le président Aoun à convoquer une réunion restreinte à Baabda pour clarifier la position officielle, dans le but de maintenir un équilibre entre solidarité régionale et préservation des liens stratégiques.

Initiatives multilatérales et dialogue interarabe

Selon Al Sharq Al Awsat (12 septembre 2025), plusieurs pays arabes militent pour la tenue d’une conférence élargie sur la sécurité régionale. Cette initiative, proposée par l’Algérie et soutenue par l’Égypte, viserait à établir un mécanisme de consultation permanent en cas de crise, sur le modèle de l’OSCE. Le Qatar aurait donné son accord de principe, tandis que d’autres États, comme le Maroc et la Jordanie, auraient demandé plus de temps pour évaluer les implications d’un tel forum.

Al Quds (12 septembre 2025) rapporte que la Turquie a également multiplié les démarches diplomatiques après l’attaque. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a condamné l’agression et a proposé de convoquer une réunion d’urgence de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Il a exprimé sa crainte que la multiplication des frappes ciblées israéliennes ne crée un précédent déstabilisateur pour l’ensemble du Moyen-Orient.

D’après Al Bina’ (12 septembre 2025), l’Iran a saisi cette opportunité pour renforcer ses canaux diplomatiques avec les pays du Golfe. Le président Ebrahim Raïssi aurait adressé des messages aux dirigeants du Qatar, du Koweït et d’Oman, exprimant son soutien et proposant une coordination sécuritaire renforcée face à la « politique d’agression unilatérale israélienne ». Cette initiative, selon le journal, pourrait repositionner Téhéran comme un acteur incontournable dans les équilibres régionaux.

Impacts sur les alliances et diplomatie préventive

Dans An Nahar (12 septembre 2025), un article d’analyse explore les conséquences de cette nouvelle donne sur les alliances régionales. Le journal avance que l’attaque contre Doha pourrait fragiliser les efforts de normalisation engagés depuis les accords d’Abraham, en particulier si d’autres pays arabes estiment que leur sécurité n’est plus garantie. Le journal cite notamment les doutes grandissants au sein des élites marocaines et jordaniennes sur la pertinence de ces accords face à une politique israélienne perçue comme de plus en plus agressive.

Al Akhbar (12 septembre 2025) évoque aussi une possible reconfiguration du rôle de la Russie au Moyen-Orient. Le Kremlin aurait exprimé sa préoccupation via un communiqué du ministère des Affaires étrangères, appelant Israël à respecter la souveraineté des États. Ce message, bien que diplomatiquement mesuré, pourrait annoncer un retour plus actif de la Russie dans les médiations régionales, notamment via ses contacts avec le Hezbollah, la Syrie et l’Iran.

Al Sharq (12 septembre 2025) souligne que l’ensemble de ces évolutions pousse les diplomaties arabes à renforcer leur coordination interne. Des réunions préparatoires auraient déjà eu lieu entre les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, du Qatar, de la Jordanie et du Liban, en marge des travaux préparatoires de la Ligue arabe.

Politique internationale: raid sur Doha, fracturation des blocs et recomposition stratégique au Moyen-Orient

Un choc géopolitique dans l’équilibre régional

Le raid israélien sur Doha du 11 septembre 2025 provoque une onde de choc géopolitique qui dépasse les frontières du Golfe. Dans Al Quds (12 septembre 2025), l’opération est décrite comme une rupture historique dans la manière dont Israël gère ses différends avec les puissances arabes. Le journal affirme que l’action militaire ne visait pas seulement à neutraliser des cadres du Hamas, mais à envoyer un message stratégique aux médiateurs arabes impliqués dans les discussions sur Gaza. Cette attaque « marque la fin de la distinction tacite entre les champs de bataille militaires et les capitales diplomatiques », selon les termes employés par un éditorialiste du journal.

Al Akhbar (12 septembre 2025) confirme cette lecture et y voit un tournant dans les rapports de force régionaux. L’article met en lumière la volonté israélienne de redéfinir les règles du jeu diplomatique en imposant la logique sécuritaire dans toutes les sphères, y compris les espaces auparavant préservés comme Doha ou Istanbul. Cette extension des frappes ciblées constitue, selon le quotidien, un test pour les puissances régionales, sommées de choisir entre passivité stratégique et réaction politique.

États-Unis : soutien tacite et désengagement opérationnel

Selon An Nahar (12 septembre 2025), l’administration Trump n’a pas condamné le raid, et aucun porte-parole de la Maison Blanche ne s’est exprimé sur le sujet dans les heures qui ont suivi. Cette absence de prise de position officielle est interprétée par plusieurs diplomates arabes comme un soutien tacite à l’initiative israélienne. Le journal indique que Washington considère désormais le Hamas comme une menace transnationale, justifiant des actions extraterritoriales, à l’image des frappes américaines contre Al-Qaïda ou Daech.

Dans Al Sharq (12 septembre 2025), une source anonyme du département d’État est citée en déclarant que « les États-Unis respectent le droit d’Israël à se défendre partout où cela est nécessaire », sans mentionner le Qatar. Cette formulation aurait été intentionnellement ambigüe pour éviter une condamnation directe de l’allié israélien tout en ménageant les sensibilités des partenaires arabes.

Al Bina’ (12 septembre 2025) note une évolution doctrinale du Pentagone : le désengagement militaire classique au Moyen-Orient semble désormais remplacé par un soutien logistique et technologique aux opérations menées par des alliés régionaux. Cette stratégie vise à maintenir une présence indirecte tout en réduisant l’exposition diplomatique américaine.

Turquie et Iran : activisme régional renforcé

La Turquie a vivement réagi à l’opération israélienne. Dans Al Sharq Al Awsat (12 septembre 2025), le président Recep Tayyip Erdoğan est cité en des termes très fermes : « Il est inacceptable que des capitales musulmanes soient ciblées par des frappes militaires étrangères sous prétexte de lutte contre le terrorisme ». Ankara a convoqué l’ambassadeur israélien et suspendu plusieurs programmes bilatéraux de coopération sécuritaire, selon le journal.

Al Quds (12 septembre 2025) précise que la Turquie envisage de renforcer ses liens avec le Qatar et l’Iran pour constituer un « pôle alternatif de sécurité régionale ». Cette initiative pourrait inclure la relance d’un commandement conjoint anti-terroriste indépendant des structures de l’OTAN ou de l’ONU, indique le journal, bien que cela reste à confirmer.

L’Iran, pour sa part, a multiplié les déclarations publiques. Al Akhbar (12 septembre 2025) rapporte que le Guide suprême Ali Khamenei a accusé Israël de vouloir « imposer sa loi par la force dans un espace arabe en pleine reconfiguration », et appelé à une « réponse unifiée de l’axe de la résistance ». Le ministre iranien des Affaires étrangères a par ailleurs annoncé l’ouverture d’un canal de concertation sécuritaire avec le Qatar, renforçant les soupçons d’une convergence stratégique croissante entre Doha et Téhéran.

Russie et Chine : postures mesurées mais opportunistes

La Russie n’a pas réagi immédiatement au raid, mais dans Al Bina’ (12 septembre 2025), un article consacré à la diplomatie russe évoque une volonté du Kremlin de « rééquilibrer » l’influence américaine au Moyen-Orient. Selon cette source, Moscou pourrait proposer la convocation d’une conférence internationale sur la sécurité des États souverains en zone arabe, à l’image de celle organisée après la guerre de Syrie.

Ad Diyar (12 septembre 2025) rapporte que des diplomates russes ont rencontré à Beyrouth plusieurs figures politiques proches de Damas et du Hezbollah, dans l’objectif de renforcer la coordination en matière de sécurité régionale. Le journal voit dans cette démarche le signe d’un retour actif de Moscou dans les équilibres moyen-orientaux.

Quant à la Chine, Al Liwa’ (12 septembre 2025) mentionne un communiqué discret du ministère chinois des Affaires étrangères appelant au respect de la souveraineté des États et à la résolution pacifique des conflits. Le quotidien indique que Pékin pourrait utiliser cette crise pour promouvoir ses propres initiatives diplomatiques, notamment la nouvelle plateforme de dialogue Chine-Moyen-Orient, lancée début 2025.

Risques de fragmentation des alliances arabes

Dans Al Quds (12 septembre 2025), un éditorial met en garde contre les conséquences du raid sur les dynamiques interarabes. Le journal souligne que les accords d’Abraham, conçus pour instaurer une ère de coopération avec Israël, sont désormais perçus par certains comme un pacte de complaisance face à des dérives sécuritaires. Cette fracture idéologique pourrait se traduire par un retour de la rivalité entre monarchies du Golfe, en particulier entre le Qatar et les Émirats arabes unis.

Al Akhbar (12 septembre 2025) évoque également la possibilité d’un retour de la diplomatie parallèle, avec la résurgence d’alliances non institutionnelles. Le journal cite en exemple les rapprochements entre le Qatar, la Turquie, l’Iran et l’Algérie, qui pourraient former un bloc politique opposé à la normalisation avec Israël. Cette reconfiguration pourrait peser sur les futures résolutions de la Ligue arabe, déjà fragilisée par ses divisions internes.

An Nahar (12 septembre 2025) estime que l’avenir des sommets arabes dépendra de la capacité des États membres à proposer une alternative crédible à la gestion unilatérale des crises. Le journal rapporte que plusieurs diplomates appellent à la création d’un organe de consultation permanent, indépendant des pressions américaines et israéliennes.

L’ONU et les institutions internationales

Enfin, selon Ad Diyar (12 septembre 2025), le Conseil de sécurité de l’ONU n’est pas parvenu à adopter une résolution sur l’attaque de Doha, en raison du veto américain et de l’abstention britannique. Le journal précise que plusieurs pays membres, dont la France et la Norvège, ont exprimé leur mécontentement en séance plénière, dénonçant l’impossibilité de défendre les principes de souveraineté en raison des blocages politiques.

Al Sharq (12 septembre 2025) rapporte que le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a publié une déclaration appelant à une « enquête impartiale » sur les circonstances de l’attaque, sans mentionner Israël. Cette déclaration, jugée timorée par plusieurs analystes arabes, a été relayée avec scepticisme dans les journaux de la région.

Économie: résilience sous tension, indicateurs incertains et dépendance accrue aux aides extérieures

Taux de change et pouvoir d’achat : stabilité précaire

Dans Al Akhbar (12 septembre 2025), la situation du taux de change est présentée comme relativement stable par rapport au mois précédent, avec une livre libanaise oscillant entre 89 000 et 92 000 LBP pour un dollar américain sur le marché parallèle. Le journal souligne toutefois que cette stabilité est artificielle, soutenue par des interventions discrètes de la Banque du Liban (BDL), qui injecterait régulièrement des devises pour contenir la volatilité. Le quotidien évoque aussi des opérations de change coordonnées avec des institutions bancaires privées, dans le cadre d’un mécanisme de contrôle non officiel visant à rassurer les commerçants et importateurs.

An Nahar (12 septembre 2025) confirme cette dynamique, en notant que les prix à la consommation ont continué d’augmenter légèrement, notamment dans les secteurs des produits alimentaires, des carburants et des médicaments. Le journal cite une étude de l’Observatoire économique de Beyrouth selon laquelle l’inflation annuelle cumulée atteindrait 128 % à fin août 2025. Le secteur de l’alimentation connaît une hausse mensuelle moyenne de 4 %, tandis que le secteur pharmaceutique affiche une hausse de 7 % du fait des difficultés d’approvisionnement.

Selon Al Liwa’ (12 septembre 2025), cette situation renforce l’érosion du pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires. Le journal rapporte que plusieurs syndicats ont alerté le gouvernement sur une multiplication des demandes d’allocations d’urgence, en particulier dans le secteur public et chez les enseignants du primaire. Certains hôpitaux auraient également demandé une révision des subventions pour continuer à fonctionner.

Budget 2026 et arbitrages délicats

Dans Ad Diyar (12 septembre 2025), les premières discussions autour du projet de budget 2026 sont décrites comme tendues. Le ministère des Finances, dirigé par Youssef Khalil, aurait proposé une augmentation de 22 % des dépenses, principalement orientée vers les infrastructures de base, les salaires de la fonction publique et l’armée. Toutefois, cette hausse ne serait pas compensée par une augmentation équivalente des recettes, en raison de la faiblesse du recouvrement fiscal.

Le journal précise que plusieurs ministères, dont ceux de la Défense, de la Santé et de l’Éducation, auraient soumis des demandes de crédits exceptionnels pour couvrir les dépenses d’urgence, mais ces demandes rencontreraient une résistance au sein du Conseil des ministres. Ad Diyar souligne aussi que le président Aoun aurait demandé un arbitrage technique indépendant pour évaluer la viabilité macroéconomique du projet, une première dans les pratiques budgétaires récentes.

Al Bina’ (12 septembre 2025) ajoute que le Premier ministre Nawaf Salam a ordonné la mise en place d’un comité intergouvernemental pour rationaliser les dépenses et éviter un retour aux déficits incontrôlés. Le journal évoque une crainte latente au sein du gouvernement de voir les bailleurs internationaux se désengager si le budget 2026 ne répond pas aux critères de transparence et de soutenabilité financière.

Aides arabes et européennes : conditionnalité accrue

Al Joumhouriyat (12 septembre 2025) indique que plusieurs chancelleries arabes ont lié la poursuite de leur aide financière à des engagements concrets de réforme. Le journal rapporte que l’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït ont demandé des « garanties techniques » avant tout nouveau transfert de fonds. Riyad aurait exigé des avancées sur la réforme judiciaire, tandis que Doha conditionnerait son aide à la régulation du secteur de l’électricité.

Du côté européen, Al Sharq (12 septembre 2025) mentionne que la France, l’Allemagne et l’Union européenne ont transmis au ministère des Finances une série de recommandations techniques dans le cadre du Mécanisme européen de soutien à la gouvernance. Ces recommandations portent sur la modernisation de l’administration fiscale, la mise en place d’un cadastre numérique et l’audit des comptes publics.

Al Nahar (12 septembre 2025) confirme que la mission conjointe franco-allemande en visite à Beyrouth début septembre a insisté sur la nécessité de conditionner toute nouvelle aide à l’adoption du budget 2026 avant la fin du mois d’octobre. La délégation aurait également exprimé ses doutes sur la capacité du Liban à absorber les fonds sans un cadre de gouvernance renforcé.

Discussions avec le FMI : négociations techniques relancées

Al Akhbar (12 septembre 2025) révèle que les négociations avec le Fonds monétaire international ont été réactivées, après plusieurs mois d’interruption. Une mission technique du FMI aurait rencontré les responsables du ministère des Finances, de la Banque du Liban et du ministère de l’Économie. Selon le journal, le FMI aurait demandé des garanties sur trois points : l’unification des taux de change, l’audit complet de la BDL et la restructuration effective du secteur bancaire.

Al Liwa’ (12 septembre 2025) précise que la délégation du FMI aurait proposé un accord préliminaire conditionné à l’adoption d’un plan de restructuration des banques incluant la répartition des pertes. Ce point reste très sensible politiquement, car il impliquerait la contribution des actionnaires et des grands déposants au règlement du passif accumulé.

Al Sharq (12 septembre 2025) note que le gouvernement libanais serait prêt à envisager une loi spéciale encadrant cette restructuration, mais que des résistances subsistent au Parlement, en particulier parmi les blocs proches du secteur bancaire.

Entreprises publiques et investissements

Dans Nida’ Al Watan (12 septembre 2025), l’accent est mis sur les difficultés des entreprises publiques. Le journal mentionne que l’Électricité du Liban (EDL) n’a pas réussi à assurer plus de 8 heures d’approvisionnement quotidien sur l’ensemble du territoire, malgré une légère amélioration en août. La cause principale serait la pénurie de fuel, liée à des retards dans les transferts de fonds pour l’achat de carburant.

Al Joumhouriyat (12 septembre 2025) rapporte que l’Office des eaux de Beyrouth et du Mont-Liban a lancé un appel d’offres pour la modernisation de ses réseaux de distribution. Cette initiative, soutenue par un financement allemand, viserait à réduire de 25 % les pertes techniques d’ici 2027. Le projet a été salué par la délégation européenne, qui voit dans cette démarche un exemple à suivre pour les autres établissements publics.

Ad Diyar (12 septembre 2025) signale également un regain d’activité dans le secteur du BTP, notamment grâce à des partenariats public-privé dans les régions de Saïda, Tripoli et Zahlé. Le journal évoque la signature de plusieurs contrats pour la réhabilitation de ponts et routes, en lien avec la Banque islamique de développement.

Marché du travail et dynamique entrepreneuriale

An Nahar (12 septembre 2025) consacre un article à la situation de l’emploi. Le taux de chômage officiel reste à 30 %, mais certaines régions comme le Nord et la Békaa dépassent les 40 %. Le journal mentionne toutefois une résilience du secteur informel, qui représenterait désormais 65 % des actifs. Plusieurs start-ups continueraient d’émerger dans les secteurs du numérique, de l’agriculture biologique et du tourisme alternatif.

Al Bina’ (12 septembre 2025) met en avant une initiative conjointe de la Banque du Liban et de la Banque mondiale visant à créer un fonds de microcrédit pour les PME. Ce programme, baptisé « Nawafith », devrait être lancé en octobre, avec une enveloppe initiale de 40 millions de dollars, répartie entre quatre institutions de microfinance libanaises.

Société: précarité sociale, mobilisation populaire et fractures communautaires au quotidien

Grèves et protestations dans les services publics

Dans Al Liwa’ (12 septembre 2025), une grève partielle des enseignants du primaire est signalée dans les gouvernorats du Liban-Nord et du Akkar. Les enseignants dénoncent le non-versement des primes de transport promises en juillet et la détérioration des conditions pédagogiques. Plusieurs écoles publiques n’ont pas pu assurer les cours depuis le début de la semaine. Le journal précise que les syndicats réclament une révision salariale alignée sur l’inflation, alors que les salaires actuels demeurent bas malgré la stabilisation du taux de change.

Selon Al Joumhouriyat (12 septembre 2025), cette mobilisation fait suite à une série de réunions infructueuses entre les représentants syndicaux et le ministère de l’Éducation. La fédération des enseignants du secteur public accuse le gouvernement de n’avoir pas tenu ses engagements budgétaires et menace de lancer une grève nationale à la rentrée si aucune mesure concrète n’est prise. Le journal indique également que la situation est aggravée par les pénuries d’électricité dans les établissements scolaires, qui contraignent certains directeurs à écourter les journées.

Ad Diyar (12 septembre 2025) signale une autre forme de mobilisation à l’hôpital public de Nabatiyeh, où les infirmiers et techniciens de laboratoire ont cessé le travail pendant 24 heures. Ils réclament une régularisation de leur statut contractuel et un accès aux prestations sociales. Le personnel hospitalier dénonce des conditions de travail jugées « indignes », notamment l’absence de climatisation dans les blocs opératoires et le non-paiement de certaines primes depuis plus de huit mois.

Conditions de vie et survie quotidienne

Dans Al Akhbar (12 septembre 2025), un article de fond décrit la dégradation des conditions de vie dans la banlieue sud de Beyrouth. Le texte rapporte que de nombreuses familles vivent sans eau courante plus de cinq jours par semaine. Les camions-citernes, autrefois ponctuels, n’arrivent plus à satisfaire la demande croissante, notamment dans les zones de Hay El Sellom et Bourj El Barajneh. Le journal cite des témoignages de résidents affirmant qu’ils consacrent jusqu’à 40 % de leur budget mensuel à l’achat d’eau.

Al Joumhouriyat (12 septembre 2025) décrit la situation des habitants de Zahlé, confrontés à des coupures de courant de plus de 18 heures par jour. Le journal souligne que les abonnements aux générateurs privés sont devenus inaccessibles pour la majorité des ménages, forçant les familles à vivre dans le noir, sans ventilation ni réfrigération. Le phénomène touche aussi les petits commerces qui, faute d’électricité, perdent des marchandises périssables.

Dans Nida’ Al Watan (12 septembre 2025), un reportage est consacré à la situation des seniors dans les quartiers populaires de Tripoli. Le journal rapporte que plusieurs centres d’accueil ont dû réduire leurs activités par manque de financements. Certaines ONG locales, comme Al Insan, peinent à maintenir les distributions alimentaires hebdomadaires. Le président de l’organisation affirme que le nombre de bénéficiaires a doublé en un an, mais que les dons privés ne suivent plus, notamment depuis la réduction de l’aide européenne.

Refuge et tensions communautaires

Al Liwa’ (12 septembre 2025) évoque la recrudescence des tensions dans plusieurs camps de réfugiés syriens, notamment à Bar Elias et dans la région de Minieh. Le journal rapporte des incidents entre résidents libanais et réfugiés, sur fond de concurrence pour les ressources et les emplois informels. Des comités municipaux auraient demandé à l’État de renforcer la présence sécuritaire dans les zones sensibles. Certains maires réclament également un recensement précis des déplacés syriens, qu’ils estiment largement sous-déclarés.

Dans Ad Diyar (12 septembre 2025), un dossier revient sur le climat d’exaspération croissante dans certaines localités rurales du Sud, où les infrastructures sont jugées insuffisantes pour accueillir la population locale et les réfugiés. Le journal cite des habitants de Marjeyoun se plaignant de l’encombrement des écoles et des dispensaires. Une ONG locale rapporte que des tensions auraient dégénéré en altercations physiques dans des files d’attente pour des consultations médicales gratuites.

Al Akhbar (12 septembre 2025) tempère cette lecture et publie un entretien avec un responsable du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui affirme que la majorité des incidents restent isolés et qu’il n’y a pas de tendance générale à l’affrontement. Le HCR demande à la presse de ne pas attiser les discours xénophobes, tout en reconnaissant la nécessité d’un meilleur encadrement juridique de la présence syrienne.

Initiatives sociales et solidarité citoyenne

Al Joumhouriyat (12 septembre 2025) met en lumière une série d’initiatives citoyennes visant à pallier les carences des services publics. Le journal cite le cas de Beytna, une association de volontaires qui organise des tournées nocturnes pour distribuer des repas chauds à des familles vivant sous le seuil de pauvreté à Bourj Hammoud, Dahieh et Chiyah. L’ONG s’appuie sur des donations privées et des partenariats avec des boulangeries locales.

Dans Nida’ Al Watan (12 septembre 2025), un autre article met en valeur un programme pilote lancé par l’association Nahwa Al Mouatinia à Zahlé, qui propose des micro-ateliers de formation à des femmes chefs de famille. Le projet inclut des formations en couture, pâtisserie et commerce en ligne. Le but est de favoriser l’auto-emploi et de réduire la dépendance aux aides.

Al Sharq (12 septembre 2025) évoque une campagne de nettoyage participatif dans le quartier de Tarik Jdideh à Beyrouth, organisée par un collectif de jeunes sous le slogan Minta’ti Ahla. L’opération a rassemblé une centaine de bénévoles pour rénover les trottoirs, peindre les murs et planter des arbres. Le mouvement se veut apolitique et s’inspire d’expériences similaires en Jordanie et au Maroc.

Santé mentale et détresse psychologique

Dans An Nahar (12 septembre 2025), un article est consacré à l’impact psychologique de la crise économique sur les jeunes. Le journal s’appuie sur une étude de l’Université Saint-Joseph révélant que 64 % des étudiants interrogés souffrent de symptômes liés à l’anxiété ou à la dépression. La précarité de l’emploi, les pressions familiales et l’instabilité politique sont les causes les plus fréquemment citées.

Al Akhbar (12 septembre 2025) publie le témoignage d’un psychologue clinicien qui tire la sonnette d’alarme sur la saturation des centres de santé mentale, en particulier ceux qui dépendent d’organisations internationales. Le nombre de consultations aurait doublé depuis le mois de mars, sans que les ressources humaines ou logistiques ne suivent. Le journal mentionne aussi une hausse des cas de décrochage scolaire et de violences domestiques, sans pour autant fournir de chiffres précis.

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