Les tensions diplomatiques et sécuritaires ont dominé l’actualité du 22 octobre 2025, à la lumière d’une recrudescence des menaces militaires dans la région, d’une pression accrue des États-Unis sur le Liban, et d’une redéfinition des équilibres au Moyen-Orient. Dans un contexte de fragilité institutionnelle interne, le Liban reste au cœur des frictions entre les puissances régionales et occidentales.
Barak relance la pression américaine sur le Liban
Dans une série de déclarations relayées le 22 octobre 2025 par Addiyar, l’envoyé spécial américain au Liban, Tom Barak, a publié une série de messages au ton inhabituellement ferme, réaffirmant l’impératif pour Beyrouth de s’engager plus activement dans la mise en œuvre des engagements de l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024. Selon le quotidien, ces tweets ont été perçus à Beyrouth comme « une tentative américaine de remodeler les équilibres internes », révélant un glissement de la stratégie de Washington vers une posture plus coercitive.
Barak a notamment dénoncé l’attitude « ambiguë » du Liban dans le dossier du désarmement des milices, suggérant que la communauté internationale pourrait ne plus tolérer l’absence de mesures concrètes de la part de Beyrouth. Addiyar (22 octobre 2025) rapporte que ces propos ont été interprétés localement comme un avertissement direct aux autorités libanaises et en particulier au Hezbollah, qualifié implicitement d’obstacle à l’application du cessez-le-feu.
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Réactions libanaises et incertitudes sur la souveraineté nationale
Ces prises de position ont été froidement accueillies à Beyrouth. Al Joumhouria (22 octobre 2025) évoque une « forte inquiétude au sein des cercles politiques », notamment face à la perception croissante que les États-Unis cherchent à imposer un diktat militaire et sécuritaire. Le journal rapporte que l’initiative du président de la République Joseph Aoun, qui a récemment proposé une feuille de route pour une normalisation sécuritaire dans le Sud, a été rejetée par Israël, ce qui réduit les marges de manœuvre de Beyrouth.
Toujours selon Al Joumhouria, des sources proches du « duo chiite » (Amal et Hezbollah) considèrent les déclarations de Barak comme une tentative de « délégitimer les résistances locales » au profit d’un alignement sécuritaire régional dicté par Tel-Aviv et Washington. La méfiance envers l’administration américaine est renforcée par le refus apparent d’Israël de se conformer à ses obligations, notamment en ce qui concerne le retrait des troupes au sud du Litani.
Drones israéliens et climat sécuritaire tendu
Le climat est d’autant plus instable que la présence persistante de drones israéliens dans l’espace aérien libanais a été rapportée par plusieurs sources. Selon Al Liwaa (22 octobre 2025), certains de ces appareils auraient été équipés de charges offensives, ce qui dépasse le simple cadre du renseignement. Cette suractivité aérienne a suscité des réactions au sein des milieux sécuritaires, où certains estiment qu’Israël « prépare une phase d’escalade technique ».
Cette dimension sécuritaire s’inscrit dans une stratégie plus large de pression israélo-américaine, décrite par Addiyar comme une tentative de transformer le Liban en terrain de test pour une nouvelle doctrine régionale mêlant diplomatie agressive, menace militaire et isolement politique.
La guerre à Gaza, une variable déterminante
La dynamique régionale est par ailleurs profondément influencée par la poursuite du conflit à Gaza. Le journal Al Araby (22 octobre 2025) rapporte les menaces explicites du président américain Donald Trump à l’encontre du Hamas. Il a affirmé que « si la résistance ne se plie pas à la voie pacifique, elle subira une fin brutale », ajoutant que des alliés régionaux étaient prêts à intervenir militairement à sa demande. Ce discours, à mi-chemin entre avertissement et ultimatum, marque un tournant dans la rhétorique américaine.
Selon le même média, le vice-président américain J.D. Vance, en visite en Israël, a insisté sur l’accélération de la « phase deux » de l’accord de cessez-le-feu, qui comprendrait le démantèlement du pouvoir militaire du Hamas et la mise en place d’un conseil administratif palestinien sous supervision internationale. Cette manœuvre, soutenue par Israël, accentue les divisions internes palestiniennes et place le Liban en situation de vulnérabilité accrue, en raison de la similitude de certains enjeux sécuritaires.
Le repositionnement stratégique du Qatar
Autre acteur clé du moment, le Qatar. Dans un discours relayé par Al Araby (22 octobre 2025), l’émir Tamim Ben Hamad a affirmé que son pays était sorti « plus fort » des récentes attaques israéliennes et iraniennes, tout en réitérant le rôle central de Doha dans la médiation régionale. Cette déclaration vise à repositionner le Qatar comme intermédiaire incontournable dans les conflits régionaux, à un moment où les tensions se cristallisent autour de la question de la reconstruction post-Gaza.
Le rôle du Qatar, selon Al Araby, est également perçu comme une forme de contrepoids à la dynamique américano-israélienne, Doha étant favorable à une solution équilibrée et inclusive impliquant toutes les composantes palestiniennes.
La Syrie dans une nouvelle ère diplomatique ?
Sur le plan régional, El Sharq (22 octobre 2025) rapporte les propos du chroniqueur Aouni el-Kaaki, qui analyse le recentrage diplomatique de la Syrie sous la présidence d’Ahmad el-Sharaa comme un possible déclencheur pour une relance du dialogue libano-syrien. Selon lui, « si Damas s’engage sur une voie de paix et de normalisation, le Liban ne peut rester indéfiniment en retrait ».
L’évolution syrienne est surveillée de près à Beyrouth, où certains voient dans la restructuration du pouvoir syrien une opportunité de lever les ambiguïtés historiques entre les deux pays. Cependant, la prudence reste de mise, notamment en raison des implications possibles sur la scène intérieure libanaise, encore marquée par les séquelles de l’occupation syrienne.
Un contexte institutionnel incertain
Le contexte interne reste profondément affecté par l’absence de réformes concrètes. Al Joumhouria (22 octobre 2025) souligne que le gouvernement peine à faire adopter des mesures structurantes, y compris sur le plan énergétique, malgré l’inscription de plusieurs projets sur l’agenda du Conseil des ministres. La paralysie politique accentue la dépendance du Liban aux équilibres extérieurs, et limite sa capacité à répondre aux défis internes.
Ce climat de stagnation est accentué par les dissensions entre les différentes forces politiques, dont certaines considèrent la pression internationale comme une tentative de remise en cause du pacte national libanais.
Politique locale : institutions sous pression et résurgence des clivages communautaires
L’actualité politique libanaise des 21 et 22 octobre 2025 reflète la permanence d’un double malaise institutionnel et confessionnel, dans un contexte où les échéances législatives de 2026 se rapprochent et où les clivages traditionnels semblent s’ancrer plus fermement. Entre les prises de position du président Joseph Aoun, les crispations autour de la réforme électorale, et l’incapacité du Parlement à dépasser ses clivages, l’impasse politique libanaise se prolonge.
Joseph Aoun appelle au réalisme sécuritaire
Dans un contexte de regain de tension au sud du pays, marqué par les incursions de drones israéliens, le président de la République Joseph Aoun a affirmé que l’unité des institutions ne saurait se faire au détriment de la souveraineté sécuritaire. Selon El Sharq (22 octobre 2025), Aoun a rappelé la nécessité de « garder le monopole de la force armée entre les mains de l’État », tout en reconnaissant les limites actuelles des capacités de défense face à la présence de groupes armés non étatiques.
Ce positionnement, tout en évitant la confrontation directe avec le Hezbollah, s’inscrit dans une volonté de rappeler que la responsabilité ultime de la sécurité incombe à l’État, et non à des formations politiques ou militaires autonomes. Cette ligne présidentielle vise, selon plusieurs observateurs cités dans Addiyar (22 octobre 2025), à rétablir une hiérarchie institutionnelle face aux groupes armés, sans déclencher de crise directe.
Session parlementaire : stagnation sur fond de reconductions
Le 22 octobre 2025, une session parlementaire s’est tenue pour reconduire la composition du « mécanisme électoral » interne, notamment les commissions permanentes du Parlement. Selon le quotidien Al Liwaa (22 octobre 2025), la session s’est déroulée sans incident majeur mais a confirmé l’incapacité des blocs de l’opposition à influencer la répartition des postes clés. Les partis dits de « l’opposition alternative » n’ont pas réussi à imposer de figures nouvelles à la tête des commissions parlementaires.
Cette session a également été marquée par un consensus implicite entre les forces traditionnelles, notamment le Courant patriotique libre, le mouvement Amal et les Forces libanaises, pour maintenir le statu quo institutionnel. Le Nahar (22 octobre 2025) rapporte que cette entente a été interprétée comme un « réflexe de survie politique », face à une conjoncture régionale trop instable pour permettre des bouleversements internes.
La question des élections de 2026 : vers une reconduction du système confessionnel
Un sujet majeur dans les cercles politiques reste l’organisation des élections législatives de mai 2026. Plusieurs journaux, dont Addiyar (22 octobre 2025), rapportent que le débat autour de la réforme du système électoral n’a pas abouti. Aucun accord n’a été trouvé pour abolir la division du pays en circonscriptions communautaires, ni pour adopter une loi électorale à caractère national.
Addiyar évoque un diagnostic sévère, estimant que le maintien du système confessionnel est non seulement probable, mais même souhaité par une majorité des acteurs politiques. Le quotidien souligne que « les partis ont tout intérêt à conserver des bastions électoraux homogènes, qui garantissent leur survie au détriment de la représentation nationale réelle ».
Cette tendance est confirmée par les déclarations anonymes de plusieurs parlementaires recueillies dans Al Joumhouria (22 octobre 2025), qui affirment que « le moment n’est pas propice à une réforme structurelle » et que « toute tentative de modification du mode de scrutin sera perçue comme une attaque contre l’équilibre communautaire ».
La paralysie gouvernementale persiste
Parallèlement, le gouvernement de Nawaf Salam semble englué dans une série de blocages administratifs. Selon les informations d’Al Joumhouria (22 octobre 2025), plus de quarante projets sont actuellement en attente d’approbation, faute de consensus politique. Parmi les textes bloqués figurent plusieurs projets stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, de la gestion de l’eau et des infrastructures numériques.
Cette inertie est aggravée par des tensions au sein du Conseil des ministres, où des ministres affiliés au tandem Amal-Hezbollah refusent de valider certaines nominations ou crédits budgétaires, qu’ils estiment déséquilibrés sur le plan communautaire. Le quotidien souligne que Nawaf Salam « n’a pas encore réussi à imposer un rythme décisionnel stable », malgré une image de technocrate rigoureux.
Le Hezbollah en position défensive
Dans ce climat de crispation, le Hezbollah adopte une posture de repli stratégique. Toujours selon Al Joumhouria (22 octobre 2025), le parti milite en coulisses pour éviter tout débat public sur la question du désarmement. Naim Kassem, nouveau secrétaire général du mouvement, a multiplié les rencontres avec les partis alliés pour verrouiller une ligne commune en vue des élections. Il insiste sur la nécessité de « ne pas offrir à l’ennemi une brèche politique en interne », une formule interprétée par plusieurs analystes comme une justification de la préservation de l’arsenal du parti.
Cette stratégie défensive s’accompagne d’une campagne discrète visant à contenir les critiques émanant de la société civile et des nouveaux mouvements politiques. Les médias proches du Hezbollah mettent en avant les « dangers de l’ingérence étrangère » et le « risque d’un démantèlement de l’État si le pacte national est remis en cause », selon les termes rapportés par Addiyar.
La rue silencieuse, mais inquiète
Contrairement aux périodes de tension précédentes, aucun mouvement de protestation majeur n’a été observé dans les rues de Beyrouth ou dans les principales villes du pays. Toutefois, plusieurs incidents locaux ont été signalés, notamment des manifestations à Tripoli et à Saïda autour de la question des coupures d’électricité et de la hausse des prix. Ces événements, bien que limités, révèlent une exaspération croissante, notamment dans les quartiers populaires.
Selon les colonnes du Nahar (22 octobre 2025), les ONG actives dans le suivi des dynamiques sociales constatent une « fatigue démocratique » et un « sentiment d’impuissance politique » largement répandu. Le manque de résultats concrets, malgré les nombreuses promesses de réformes, nourrit un scepticisme profond à l’égard de la classe politique dans son ensemble.
Citation et discours des personnalités politiques : entre pressions internationales et ligne de fracture nationale
Les déclarations des principales figures politiques et diplomatiques ont rythmé les journées des 21 et 22 octobre 2025, révélant les tensions structurelles du système libanais et les clivages entre les attentes de la communauté internationale et les réalités locales. Les interventions du président Joseph Aoun, du président du Parlement Nabih Berri, du chef du Hezbollah Naim Kassem, ainsi que celles de l’émissaire américain Tom Barak, ont toutes convergé vers une même problématique : la souveraineté nationale est-elle encore définie à Beyrouth ?
Joseph Aoun : réaffirmer l’État sans provoquer la rupture
Dans une intervention relayée par El Sharq (22 octobre 2025), le président Joseph Aoun a évoqué la nécessité pour l’État libanais de « reprendre l’initiative sécuritaire dans le sud », tout en appelant à « l’unité nationale autour des institutions ». Ses propos, tenus lors d’une réunion informelle avec plusieurs officiers à Baabda, ont été interprétés comme une volonté de réaffirmer le rôle des forces régulières dans un contexte d’atteintes récurrentes à la souveraineté.
Le chef de l’État a également exprimé son inquiétude face à l’enlisement politique, estimant que « l’incapacité du gouvernement à adopter les réformes de base compromet l’image du Liban à l’étranger ». Cette déclaration intervient dans un climat marqué par les pressions américaines pour une mise en œuvre plus stricte des clauses de l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024.
Tom Barak : Washington hausse le ton
L’émissaire spécial américain au Liban, Tom Barak, a multiplié les prises de position entre le 21 et le 22 octobre 2025. Addiyar (22 octobre 2025) rapporte qu’il a publié une série de messages dans lesquels il déplore le « manque de coopération de certaines factions libanaises avec les mécanismes de contrôle du cessez-le-feu ». Ces propos ont été perçus comme une critique directe au Hezbollah.
Barak affirme notamment : « Le Liban ne peut prétendre à une assistance internationale tout en abritant des structures armées qui échappent à tout contrôle ». Cette sortie, au ton tranchant, marque un durcissement de la ligne américaine, souligné également dans Al Joumhouria (22 octobre 2025), qui évoque une volonté de « forcer une inflexion stratégique à Beyrouth ».
Naim Kassem : un ton défensif et doctrinal
De son côté, Naim Kassem, secrétaire général du Hezbollah, a prononcé un discours devant les cadres du parti à Ghobeiry, relayé partiellement par Al Joumhouria (22 octobre 2025). Il y déclare : « Ceux qui veulent nous désarmer veulent en réalité désarmer la volonté de résistance de tout un peuple ». Cette rhétorique, classique, s’inscrit dans une posture de défense face à la montée des critiques locales et internationales.
Kassem a également mis en garde contre toute tentative de révision des accords du 27 novembre 2024 « sans concertation avec les forces nationales », ajoutant que « toute initiative unilatérale est vouée à l’échec, même si elle est soutenue par des capitales étrangères ». Par ces mots, le Hezbollah rappelle qu’il reste un acteur incontournable du paysage politique et militaire libanais.
Nabih Berri : une diplomatie interne prudente
Le président du Parlement Nabih Berri a tenu des propos mesurés, mais fermes, lors d’une intervention devant les membres de la commission des affaires étrangères. Selon Al Joumhouria (22 octobre 2025), il a déclaré que « le Liban ne peut accepter de renégocier un accord qu’il a déjà signé, sauf si les autres parties en violent l’esprit ». Cette déclaration vise à dénoncer l’attitude d’Israël, qui, selon Berri, « continue ses agressions quotidiennes sans tenir compte des clauses du cessez-le-feu ».
Berri a également salué la « sagesse du président Joseph Aoun », tout en soulignant que « toute initiative présidentielle doit s’inscrire dans le respect de la représentativité du système et de l’équilibre communautaire ». Cette position illustre la volonté du chef du législatif de préserver les équilibres internes, tout en limitant les initiatives unilatérales.
Nawaf Salam : le silence stratégique
Le Premier ministre Nawaf Salam n’a pas fait de déclaration publique majeure au cours de ces deux journées, mais plusieurs journaux, dont Al Liwaa (22 octobre 2025), rapportent que le chef du gouvernement aurait exprimé en Conseil des ministres « sa frustration face aux blocages systématiques de certaines factions ». Des propos attribués à Salam affirment que « la gouvernance ne peut être réduite à un partage de veto confessionnels », une phrase interprétée comme un appel voilé à dépasser les lignes rouges communautaires.
Selon le même quotidien, Salam envisagerait de soumettre un projet de réforme de la gouvernance administrative, mais attendrait un moment politique plus propice pour le faire.
Un langage de plus en plus frontal
Ce qui caractérise l’ensemble des déclarations relevées entre le 21 et le 22 octobre 2025, c’est la montée d’un ton plus frontal, à la fois entre les acteurs locaux, mais aussi dans leurs rapports avec les partenaires internationaux. Tandis que Barak n’hésite plus à nommer les responsabilités, Naim Kassem renforce sa ligne idéologique, Joseph Aoun cherche à recentrer l’action autour de l’État, et Nabih Berri joue les médiateurs prudentiels.
Il ressort de cette séquence que la classe politique est désormais placée face à une alternative : céder à la pression internationale, ou accentuer les clivages internes. La parole publique, loin d’apaiser les tensions, les reflète dans toute leur complexité.
Diplomatie : réalignements régionaux et marges étroites pour Beyrouth
Dans un contexte géopolitique en recomposition rapide, le Liban tente de réaffirmer sa place diplomatique face à une série de tensions régionales. Entre la relance des relations avec la Syrie, l’influence croissante du Qatar, la guerre persistante à Gaza, et les injonctions des grandes puissances, les marges de manœuvre de Beyrouth se réduisent. Les 21 et 22 octobre 2025, plusieurs prises de position ont illustré cette tentative d’équilibrisme fragile.
La Syrie : vers un retour prudent du dialogue bilatéral
Le repositionnement progressif de la Syrie sur la scène régionale, sous la présidence d’Ahmad el-Sharaa, a relancé les débats à Beyrouth sur l’opportunité de renouer les relations diplomatiques avec Damas. Selon les propos relayés par El Sharq (22 octobre 2025), le chroniqueur Aouni el-Kaaki considère que « la nouvelle dynamique syrienne pourrait offrir au Liban une porte de sortie institutionnelle », à condition que ce retour se fasse « dans le respect des équilibres internes ».
Ce positionnement coïncide avec l’ouverture d’un canal informel entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays, signalé par Addiyar (22 octobre 2025), qui évoque une série de messages échangés via l’ambassade de Russie à Beyrouth. Toutefois, aucun calendrier officiel n’a encore été fixé, et plusieurs voix au sein du Parlement mettent en garde contre une « normalisation précipitée », sans garanties sur les questions frontalières et la question des détenus politiques libanais en Syrie.
Le Qatar s’impose comme médiateur incontournable
Autre acteur régional dont l’influence s’est renforcée ces derniers jours : le Qatar. L’émir Tamim Ben Hamad a prononcé un discours à Doha le 21 octobre 2025, relayé par Al Araby (22 octobre 2025), dans lequel il affirme que « le Qatar est aujourd’hui un centre de gravité diplomatique au service de la paix régionale ». Cette déclaration survient alors que le pays est activement impliqué dans les négociations autour du conflit israélo-palestinien.
Selon le même média, le Qatar cherche à renforcer ses liens avec le Liban en s’engageant sur le terrain économique, notamment à travers des investissements dans les infrastructures portuaires et l’éducation. Cette stratégie s’inscrit dans une logique d’influence douce, Doha préférant s’imposer par des outils de coopération, sans interférer frontalement dans les débats internes libanais.
Al Joumhouria (22 octobre 2025) signale d’ailleurs que des contacts ont été établis entre des responsables libanais et le ministre qatari des Affaires étrangères dans le cadre d’un projet de soutien aux institutions éducatives au nord du Liban. Cette initiative, bien que peu médiatisée, pourrait constituer un levier de coopération à moyen terme.
Gaza : une ligne diplomatique sous tension
Le conflit qui se poursuit à Gaza continue de polariser la scène diplomatique régionale, et le Liban n’y échappe pas. Plusieurs personnalités politiques, dont Naim Kassem et Nabih Berri, ont exprimé leur solidarité avec la population palestinienne, tout en dénonçant les « violations continues du droit international » commises par Israël. Selon Al Joumhouria (22 octobre 2025), Berri a déclaré que « le silence des chancelleries sur les bombardements à Gaza est une honte pour la diplomatie mondiale ».
Pour sa part, Joseph Aoun a adopté une posture plus prudente. Lors d’un entretien privé cité par El Sharq (22 octobre 2025), il aurait affirmé que « le Liban ne doit pas être entraîné dans une spirale de représailles régionales », ajoutant que la priorité reste « la préservation de la stabilité interne, condition indispensable pour toute action diplomatique efficace ».
Cette divergence de ton illustre les tensions entre deux approches diplomatiques : l’une alignée sur la solidarité régionale, notamment avec l’axe de la résistance ; l’autre centrée sur la neutralité stratégique et la protection des intérêts nationaux.
Pressions croisées entre États-Unis et Iran
Dans cette configuration complexe, le Liban subit également des pressions directes de la part des grandes puissances. Tom Barak, émissaire américain, a multiplié les critiques à l’encontre des acteurs libanais jugés trop proches de l’Iran. Selon Addiyar (22 octobre 2025), il a insisté sur la nécessité d’ »endiguer les réseaux d’influence iraniens » pour pouvoir « réintégrer pleinement le Liban dans le circuit de l’aide internationale ».
En réponse, plusieurs figures de l’axe chiite, dont Naim Kassem, ont accusé Washington de « vouloir imposer une diplomatie sélective », qui ne tiendrait compte que des intérêts occidentaux. Al Joumhouria rapporte que Kassem aurait déclaré que « le Liban ne se construira pas sous la pression, mais par le dialogue entre ses enfants ».
Ces propos illustrent le durcissement des lignes diplomatiques, à mesure que le Liban devient l’objet d’un bras de fer d’influence entre Washington et Téhéran. Le ministère des Affaires étrangères libanais, quant à lui, observe un silence institutionnel, préférant éviter toute prise de position susceptible d’aggraver les tensions.
Une diplomatie paralysée par la fragmentation interne
Enfin, plusieurs observateurs soulignent que la diplomatie libanaise souffre de son absence de ligne claire. Selon Al Liwaa (22 octobre 2025), la diplomatie libanaise reste « structurellement désorganisée », notamment en raison de la vacance de plusieurs postes clés à l’ambassade, et de l’absence de directives unifiées. Le journal évoque des désaccords au sein même du gouvernement entre le Premier ministre Nawaf Salam et son ministre des Affaires étrangères sur la gestion des dossiers sensibles, notamment les relations avec la Syrie et les négociations sur le gaz maritime.
En l’absence d’une stratégie diplomatique nationale cohérente, les acteurs étrangers s’adressent directement aux partis, aux institutions sécuritaires ou aux groupes confessionnels, contournant les canaux traditionnels de la représentation diplomatique. Cette dynamique contribue à renforcer l’image d’un État affaibli, incapable de parler d’une seule voix sur la scène internationale.
Politique internationale : Gaza, catalyseur d’un nouvel ordre régional
Le conflit persistant entre Israël et le Hamas à Gaza a catalysé une recomposition des alliances diplomatiques au Moyen-Orient, révélant des stratégies contrastées entre les puissances régionales et internationales. Les 21 et 22 octobre 2025 ont été marqués par une intensification des discours politiques, des mises en garde militaires et des positionnements idéologiques de plus en plus affirmés. Le théâtre gazaoui ne se limite plus à une confrontation locale : il devient le laboratoire d’un affrontement géopolitique global.
Donald Trump durcit le ton : ultimatum à la résistance palestinienne
Le président des États-Unis, Donald Trump, a pris la parole depuis la Maison-Blanche le 21 octobre 2025 dans un discours relayé par Al Araby (22 octobre 2025). Il y affirme que « les factions armées palestiniennes doivent déposer les armes immédiatement ou être éradiquées ». Cette déclaration, sans nuance, marque un tournant dans la politique américaine au Moyen-Orient. Trump y exprime son soutien inconditionnel à Israël, tout en ouvrant la porte à une intervention directe des États-Unis si la situation dégénérait davantage.
Il précise que « le temps des compromis est révolu », et que « les alliés de la paix doivent s’unir contre les ennemis de l’ordre international ». Dans ce discours, il désigne explicitement l’Iran comme « le principal sponsor de l’instabilité régionale », accusant Téhéran d’armer et de financer les groupes impliqués à Gaza, au Liban et en Irak.
Une « phase deux » du cessez-le-feu en préparation
Dans le prolongement de ce discours présidentiel, le vice-président américain J.D. Vance, en visite à Tel-Aviv, a évoqué la préparation d’une « phase deux » de l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024. Selon Al Araby (22 octobre 2025), cette phase inclurait le démantèlement complet du pouvoir militaire du Hamas, la mise en place d’une force de surveillance multinationale à Gaza, et le transfert progressif de la gouvernance à une entité palestinienne sous supervision occidentale.
Ce plan, soutenu par Israël, inquiète plusieurs pays arabes, qui y voient une tentative de neutralisation politique des courants islamo-nationalistes, au profit d’un pouvoir technocratique déconnecté des réalités locales. Le Qatar, en particulier, aurait exprimé en coulisses son désaccord avec certains volets du projet, notamment la marginalisation du rôle du Hamas dans toute solution politique.
L’Iran dénonce un projet de recolonisation
La République islamique d’Iran a réagi violemment aux déclarations américaines. Selon les colonnes d’Addiyar (22 octobre 2025), le ministère iranien des Affaires étrangères a publié un communiqué qualifiant le projet américain de « tentative néocoloniale de transformation politique forcée ». Téhéran accuse Washington d’utiliser le prétexte humanitaire pour imposer une administration sous contrôle occidental, ignorant les revendications nationales palestiniennes.
Le même journal rapporte que des responsables du Corps des Gardiens de la Révolution ont affirmé que « toute intervention militaire à Gaza trouvera une réponse sur tous les fronts », ce qui inclut potentiellement une mobilisation de milices alliées en Syrie, au Liban et en Irak. Cette perspective d’élargissement du conflit transforme la guerre de Gaza en bras de fer global entre blocs.
Le Qatar : soutien discret et rôle diplomatique renforcé
L’émir du Qatar, Tamim Ben Hamad, dans une allocution publique rapportée par Al Araby (22 octobre 2025), a réaffirmé le soutien de son pays à la population palestinienne, tout en appelant à « une solution politique inclusive et réaliste ». Doha, en dépit de ses liens économiques avec Washington, cherche à maintenir un équilibre délicat entre solidarité avec Gaza et maintien de ses alliances stratégiques avec l’Occident.
Le Qatar aurait proposé, selon des sources diplomatiques citées par le journal, un plan alternatif de sortie de crise, fondé sur une conférence régionale impliquant toutes les factions palestiniennes, y compris le Hamas et le Jihad islamique. Cette démarche vise à contrer le projet américano-israélien perçu comme trop exclusif. Doha multiplie également les contacts avec l’Égypte et la Turquie pour former un front diplomatique alternatif.
La Russie et la Chine à l’affût
Dans ce contexte, la Russie et la Chine s’affirment comme contre-pouvoirs diplomatiques aux projets occidentaux. Addiyar (22 octobre 2025) souligne que Moscou a proposé d’accueillir une rencontre tripartite entre représentants palestiniens, iraniens et qataris. L’objectif de cette initiative est de créer un cadre multilatéral qui ne soit pas dicté par Washington.
La Chine, quant à elle, reste plus discrète mais soutient activement, via des canaux économiques, l’Autorité palestinienne en Cisjordanie. Elle utilise également son siège au Conseil de sécurité pour ralentir les initiatives unilatérales occidentales. Cette implication des grandes puissances confirme que Gaza est devenu l’épicentre d’un affrontement diplomatique global, dépassant les lignes de front traditionnelles.
Israël en mode offensif
Israël, de son côté, poursuit une stratégie offensive, tant sur le plan militaire que diplomatique. Selon Al Liwaa (22 octobre 2025), les autorités israéliennes estiment que « l’environnement régional n’a jamais été aussi favorable à une reconfiguration durable de Gaza ». Le gouvernement Netanyahou voit dans la position américaine une opportunité historique de rétablir une dissuasion régionale forte.
Le pays cherche également à renforcer ses liens avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte dans une coalition anti-Hamas, qui pourrait servir de socle à un nouvel ordre de sécurité au Levant. Cette dynamique inquiète plusieurs analystes, qui redoutent un isolement croissant des mouvements de résistance palestiniens, et par ricochet de leurs alliés régionaux, dont le Hezbollah.



