vendredi, janvier 23, 2026

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Revue de presse du 23 octobre: les ONG dénoncent des crimes de guerre israéliens au Liban

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A la Une : Intensification des frappes israéliennes et riposte du Hezbollah

Depuis un mois, le Liban est plongé dans une guerre dévastatrice avec Israël, marquée par une intensification des frappes aériennes, des répliques militaires du Hezbollah et une crise humanitaire qui s’aggrave jour après jour. D’après Asharq Al-Awsat, la dynamique militaire s’est accentuée dès l’échec des tentatives diplomatiques menées par l’envoyé américain Amos Hochstein. En effet, le Hezbollah a rejeté l’idée de négociations tant que les opérations militaires se poursuivent, une position clairement exprimée par Mohammad Afif, responsable des relations médiatiques du Hezbollah, lors de sa déclaration affirmant que « ce qui ne peut être pris que par la force ne sera pas obtenu par la diplomatie ».

Israël a multiplié les frappes sur des cibles supposées être liées au Hezbollah, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth et dans des villes clés du sud comme Nabatieh et Tyr. Selon les rapports, ces frappes visent à affaiblir les capacités militaires du Hezbollah en détruisant des infrastructures critiques et en perturbant ses chaînes de commandement. Toutefois, en retour, le Hezbollah a lancé des attaques de grande envergure contre des cibles israéliennes, y compris des bases militaires à proximité de Tel Aviv et des villes côtières comme Haïfa. Le groupe chiite a revendiqué des frappes sur des installations militaires stratégiques telles que la base de Galilée, infligeant de lourdes pertes à l’armée israélienne, tout en perturbant la vie quotidienne de millions d’Israéliens, forcés de se réfugier dans des abris anti-bombes.

Actu locale et front en particulier : Destruction et souffrance humanitaire

Les frappes israéliennes n’ont pas épargné les infrastructures civiles. Selon Al-Sharq, les bombardements sur la région de l’hôpital Rafiq Hariri dans la banlieue sud de Beyrouth ont provoqué des destructions massives, tuant 18 personnes et en blessant 60 autres. Parmi les victimes, plusieurs enfants, ce qui a choqué l’opinion publique libanaise et internationale. Les quartiers résidentiels de Haret Hreik, Bir Hassan, et Dahiyeh, des bastions du Hezbollah, ont subi des bombardements incessants qui ont transformé ces zones densément peuplées en champs de ruines. Des dizaines de milliers de familles ont fui vers des régions plus sûres, exacerbant ainsi la crise des déplacés internes.

Au sud, des villes comme Nabatieh et Tyr ont également été lourdement touchées. Selon les chiffres officiels publiés par le ministère libanais de la Santé, le bilan humain dépasse désormais les 2500 morts, et plus de 11 000 personnes ont été blessées depuis le début des hostilités. La majorité des victimes sont des civils, pris au piège des bombardements ou dans les décombres des bâtiments détruits. Le ministère de l’Éducation a suspendu les cours dans toutes les régions touchées, et des milliers d’enfants se retrouvent sans accès à l’éducation. Les organisations humanitaires, telles que le Croissant-Rouge libanais, ont signalé une augmentation alarmante des besoins en soins médicaux, nourriture, et abris temporaires.

L’impact sur l’infrastructure du pays est également catastrophique. Des centrales électriques, des routes, et des ponts ont été détruits, paralysant les transports et rendant difficile l’acheminement de l’aide humanitaire. À Nabatieh, des quartiers entiers ont été rasés, et les images des destructions rappellent la guerre de 2006. Selon Al-Sharq, le sud du Liban est confronté à une crise humanitaire sans précédent depuis la guerre civile libanaise, avec des dizaines de milliers de personnes déplacées vivant dans des conditions précaires, sans accès aux services de base.

Politique locale : Berri sous pression et fracture au sein du camp chiite

La guerre ne se limite pas au champ militaire. Sur le plan politique, Al-Anbaa rapporte que les États-Unis et leurs alliés au Liban cherchent à affaiblir les soutiens du Hezbollah en ciblant Nabih Berri, le président du Parlement, qui est également un allié clé du groupe chiite à travers le mouvement Amal. Les récentes frappes israéliennes sur des zones sous contrôle d’Amal, comme Aïn El Tineh, ont été perçues comme un message direct à Berri, dont la position modérée devient de plus en plus inconfortable face aux exigences américaines de désarmer le Hezbollah.

Berri, qui a longtemps été perçu comme un acteur politique pragmatique, est désormais sous pression pour adopter une position plus ferme contre le Hezbollah. Cependant, son alliance avec le Hezbollah et sa popularité parmi la communauté chiite le placent dans une position délicate. Selon Al-Anbaa, certains analystes politiques craignent que les États-Unis et leurs alliés locaux ne tentent de créer une « guerre interne » au sein de la communauté chiite pour affaiblir le Hezbollah de l’intérieur. Toutefois, cette stratégie pourrait entraîner une nouvelle phase de chaos politique, et même provoquer une guerre civile.

De plus, la fracture entre les différentes factions politiques libanaises s’approfondit. Gebran Bassil, leader du Courant patriotique libre (CPL), a publiquement rompu son alliance avec le Hezbollah. Selon Al-Diyar, Bassil a déclaré que le Hezbollah avait provoqué cette guerre et que ses actions pourraient entraîner une partition du Liban. Cette déclaration marque la fin de l’alliance de Mar Mikhaël, qui a longtemps soutenu le Hezbollah et le CPL. Bassil a même laissé entendre que l’Iran devrait mener sa guerre contre Israël directement, sans impliquer le Liban, soulignant ainsi une dissension croissante entre les deux camps.

Politique internationale : La diplomatie française à l’épreuve des bombes

Sur le plan international, Al-Liwaa rapporte que la France joue un rôle central dans les efforts pour organiser une réponse diplomatique à la crise libanaise. Emmanuel Macron a convoqué une conférence internationale de soutien au Liban, avec pour objectifs principaux la fourniture d’une aide humanitaire immédiate aux déplacés libanais et le renforcement des capacités de l’armée libanaise dans le cadre de la résolution 1701 de l’ONU. Macron a souligné l’importance d’un cessez-le-feu immédiat pour permettre la reconstruction du pays et éviter un effondrement total de l’État.

Cependant, des divergences apparaissent entre Paris et Washington. Alors que la France insiste sur la nécessité de respecter l’intégrité territoriale du Liban et de renforcer les institutions existantes, les États-Unis, quant à eux, semblent privilégier une approche plus coercitive, visant à affaiblir le Hezbollah et à redéfinir l’équilibre politique au Liban. Selon des sources diplomatiques citées par Al-Liwaa, la France cherche également à promouvoir une solution politique qui pourrait inclure une réforme constitutionnelle et l’élection d’un nouveau président, mais ces initiatives sont rendues difficiles par l’escalade des hostilités et les divisions internes au Liban.

Économie : Des infrastructures en ruines et une économie à genoux

Les frappes israéliennes ont eu un impact dévastateur sur l’économie libanaise, déjà affaiblie par des années de crise financière. Selon Al-Diyar, les principales infrastructures du pays, y compris les centrales électriques, les routes et les installations de traitement de l’eau, ont été gravement endommagées. Les régions du sud du Liban, ainsi que la banlieue sud de Beyrouth, sont particulièrement touchées, avec des quartiers entiers rasés par les bombardements. La destruction de l’infrastructure énergétique du pays a également entraîné des coupures de courant prolongées, plongeant des millions de personnes dans le noir.

Les hôpitaux, déjà débordés par l’afflux de blessés, manquent de médicaments, d’équipements et de personnel médical. L’hôpital Rafiq Hariri, l’un des plus grands hôpitaux du pays, a été gravement endommagé par une frappe israélienne, forçant les autorités à évacuer les patients et à interrompre les services. Le secteur de la santé, déjà affaibli par la crise économique et la pandémie de COVID-19, est désormais au bord de l’effondrement. Les organisations humanitaires ont averti que sans une aide internationale urgente, la situation pourrait rapidement se détériorer, avec des conséquences dramatiques pour la population civile.

Justice : Mort de dirigeants du Hezbollah et accusations de crimes de guerre

Les récentes frappes israéliennes ont également visé des hauts responsables du Hezbollah. Selon Al-NaharHashim Safi al-Din, considéré comme le successeur potentiel de Hassan Nasrallah, a été tué lors d’une frappe aérienne dans la banlieue sud de Beyrouth. Safi al-Din, qui était membre du Conseil exécutif du Hezbollah et un proche allié de l’Iran, aurait été ciblé avec 25 autres membres du Hezbollah lors de cette attaque. L’armée israélienne a revendiqué cette opération comme une victoire majeure, affirmant avoir « atteint les principaux dirigeants du Hezbollah ».

Israël a justifié ses actions en affirmant qu’il s’agissait de frappes légitimes contre des cibles militaires, mais les organisations internationales de défense des droits de l’homme ont dénoncé les bombardements, les qualifiant de crimes de guerre en raison du grand nombre de victimes civiles. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a ouvert une enquête sur les violations présumées du droit international humanitaire, appelant à une cessation immédiate des hostilités et à la protection des civils.

Société : La crise des déplacés et l’effondrement social

Le nombre de déplacés internes au Liban continue d’augmenter alors que la guerre s’intensifie. Selon Al-Diyar, des dizaines de milliers de familles ont été forcées de fuir leurs maisons à Beyrouth, dans le sud du Liban et dans la vallée de la Bekaa, cherchant refuge dans des écoles, des mosquées et des bâtiments publics. Le gouvernement libanais a mis en place plusieurs centres d’accueil, mais les capacités sont rapidement dépassées. Les Nations Unies estiment que plus de 200 000 personnes ont été déplacées depuis le début des hostilités, et les conditions dans les camps de réfugiés sont précaires, avec un accès limité à l’eau potable, à la nourriture et aux soins de santé.

Le ministre de l’Intérieur a déclaré que le Liban faisait face à la pire crise humanitaire de son histoire récente, et a appelé à une aide internationale immédiate pour soutenir les déplacés. De nombreuses familles vivent sans électricité ni chauffage, alors que l’hiver approche. Des ONG internationales, comme Médecins Sans Frontières et le Croissant-Rouge libanais, ont intensifié leurs efforts pour fournir des soins médicaux et des biens de première nécessité aux déplacés, mais les besoins dépassent largement les ressources disponibles.

International : Les efforts diplomatiques se heurtent à l’escalade militaire

Sur la scène internationale, les tentatives de médiation se multiplient, mais sans succès. Amos Hochstein, l’envoyé spécial des États-Unis, a tenté de promouvoir une application intégrale de la résolution 1701 de l’ONU, qui avait permis de mettre fin à la guerre de 2006. Toutefois, ses efforts se sont heurtés à une impasse. Selon Al-Nahar, Israël a rejeté toute idée de négociation tant que le Hezbollah continuerait ses attaques, tandis que le Hezbollah refuse tout cessez-le-feu tant que les bombardements israéliens se poursuivent.

La situation est également exacerbée par le contexte régional. L’Iran, principal soutien du Hezbollah, a réaffirmé son engagement à soutenir le groupe dans sa lutte contre Israël. Le général Abbas Irakji, ministre des Affaires étrangères iranien, a déclaré que son pays était prêt à intensifier son soutien militaire au Hezbollah si le conflit se poursuivait, ajoutant que l’Iran ne cherchait pas la guerre, mais qu’il était prêt à répondre à toute agression.

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