Sleiman Franjieh, figure historique de la scène politique libanaise, se présente une fois de plus comme un candidat sérieux à la présidence. Héritier d’une famille influente du nord du Liban, il incarne un mélange de continuité politique et de polarisation dans un paysage marqué par des crises multiples et des alliances mouvantes.
Un parcours ancré dans l’histoire politique du Liban
Sleiman Franjieh est le petit-fils de l’ancien président Sleiman Franjieh (1970-1976), dont le mandat a marqué une période tumultueuse de l’histoire libanaise. Ce lien familial lui confère un poids symbolique important, en particulier dans sa région d’origine, Zgharta, où sa famille conserve une influence politique et sociale majeure.
Entré en politique dans les années 1990, Franjieh a su capitaliser sur cet héritage pour se positionner comme un acteur clé, tant au niveau local que national. Proche allié de la Syrie et du Hezbollah, il a occupé plusieurs postes ministériels, notamment celui de ministre de l’Intérieur, renforçant son image d’homme du système.
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Un candidat controversé, mais enraciné
La candidature de Sleiman Franjieh divise profondément la classe politique libanaise. Pour ses partisans, il représente un leader expérimenté, capable de naviguer dans les eaux troubles de la politique libanaise grâce à ses alliances solides avec des acteurs régionaux puissants.
Cependant, ses détracteurs pointent du doigt son alignement avec le Hezbollah et la Syrie, qui pourrait accentuer les divisions internes et isoler davantage le Liban sur la scène internationale. Ces critiques soulignent également son appartenance à une élite politique traditionnelle perçue comme responsable de la crise actuelle.
Des connexions internationales personnelles
Sleiman Franjieh est également connu pour entretenir des liens d’amitié avec Michael Boulos, un homme d’affaires d’origine libano-nigériane et gendre de l’ancien président américain Donald Trump. Bien que cette connexion ne soit pas de nature familiale, elle illustre la capacité de Franjieh à maintenir des relations personnelles significatives au-delà des frontières libanaises.
Le père de Michael Boulos, Massad Boulos, a notamment mentionné son amitié de longue date avec Franjieh, mettant en lumière des relations qui, bien que personnelles, n’ont pas de portée politique directe dans le contexte de la candidature présidentielle.
Un soutien stratégique du Hezbollah et de Damas
L’un des principaux atouts de Sleiman Franjieh est le soutien explicite du Hezbollah et de la Syrie. Ces alliances, bien qu’efficaces pour consolider sa base, le placent en opposition directe avec d’autres blocs politiques, notamment les Forces libanaises et le Courant patriotique libre.
Ce positionnement renforce sa candidature dans un contexte de polarisation, mais limite également sa capacité à rassembler un consensus national. Alors que les acteurs internationaux, notamment les États-Unis et la France, plaident pour un président capable de transcender les divisions, le profil de Franjieh suscite des réserves.
Un homme de compromis ou un pari risqué ?
Pour ses partisans, Franjieh pourrait jouer le rôle d’un homme de compromis, capable de négocier avec les acteurs régionaux pour atténuer les tensions autour du Liban. Ses liens étroits avec la Syrie pourraient faciliter des discussions sur des dossiers complexes, comme les réfugiés ou la délimitation des frontières.
Cependant, ce rôle de médiateur reste contesté. Les critiques estiment que son alignement trop marqué sur un axe pro-iranien limite sa capacité à agir comme un président de tous les Libanais, dans un contexte où le pays a besoin d’un dirigeant impartial pour restaurer la confiance des citoyens et des partenaires internationaux.
Les défis d’un mandat potentiel
Si Sleiman Franjieh accède à la présidence, il devra relever des défis majeurs :
- Construire un consensus interne : Il devra surmonter les profondes divisions politiques pour garantir la stabilité institutionnelle.
- Répondre aux attentes internationales : Sa présidence sera jugée sur sa capacité à instaurer des réformes économiques et à garantir l’indépendance des institutions.
- Naviguer dans un contexte régional tendu : En tant qu’allié de la Syrie et du Hezbollah, il devra gérer les pressions internationales tout en maintenant des relations avec les pays arabes et occidentaux.
Un homme du passé ou une figure de continuité ?
Sleiman Franjieh est à la croisée des chemins. Alors que le Liban cherche à sortir de l’une des pires crises de son histoire, sa candidature reflète les dilemmes du pays : opter pour une figure enracinée dans le passé ou chercher un renouveau politique.
Pour Franjieh, l’enjeu est de convaincre qu’il peut dépasser son image d’héritier politique pour devenir un président capable de relever les défis modernes du Liban.



