Un reportage diffusé par la chaîne Al-Arabiya (Jordanie) a déclenché une vague de spéculations au Liban concernant l’identité d’un ancien détenu libéré de la célèbre prison de Saydnaya en Syrie. Transféré à l’hôpital Al-Rashid en Jordanie, cet homme a d’abord été suspecté d’être de nationalité jordanienne. Cependant, après la diffusion du reportage sur les réseaux sociaux, des rumeurs ont émergé le liant à un militaire libanais porté disparu depuis 1990, Said Shahid Bator, originaire de Zgharta.
Une affaire qui réveille une blessure ancienne
La disparition de Said Shahid Bator remonte à la guerre civile libanaise, une période marquée par des enlèvements et des disparitions forcées. Selon sa famille, cet ancien militaire de l’armée libanaise a été porté disparu en 1990, sans qu’aucune information claire ne soit fournie sur son sort. La possibilité que cet homme hospitalisé en Jordanie soit Bator a immédiatement suscité l’émotion et l’espoir au sein de sa famille et dans la communauté de Zgharta.
Le reportage d’Al-Arabiya mentionne que l’individu, dans un état de faiblesse, n’a pas encore été formellement identifié. Ces circonstances ont conduit à une mobilisation rapide pour clarifier la situation.
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Fact-Check Lebanon intervient
Le groupe Fact-Check Lebanon, spécialisé dans la vérification d’informations, a pris contact avec la famille Bator. Cette dernière a publiquement demandé l’intervention de l’État libanais afin de confirmer si le détenu libéré est bien Said Shahid Bator. Cette initiative reflète l’importance accordée par les organisations locales à la transparence et à la vérification rigoureuse des faits, surtout dans un cas où les émotions peuvent rapidement submerger la réalité.
L’ONG a également souligné la nécessité de collaborer avec les autorités jordaniennes et syriennes pour obtenir des informations fiables sur l’identité du détenu.
Une mobilisation officielle au Liban
Suite à ces développements, le ministre de l’Information dans le gouvernement libanais intérimaire, Ziad Makari, a contacté l’ambassadeur du Liban en Jordanie. Cet échange vise à assurer un suivi minutieux de l’affaire. Cette intervention marque une première étape dans l’établissement d’une coopération entre les deux États pour clarifier les circonstances entourant l’identité de l’ancien détenu.
Les autorités libanaises semblent conscientes de la sensibilité de cette affaire. La disparition de Bator, comme celles de nombreux autres Libanais au cours des dernières décennies, reste un sujet douloureux et non résolu pour de nombreuses familles.
La prison de Saydnaya, symbole de souffrance
La prison de Saydnaya, située en Syrie, est tristement célèbre pour ses conditions inhumaines et les graves violations des droits de l’homme rapportées par diverses organisations internationales. Des milliers de détenus, souvent accusés de liens avec l’opposition ou simplement de dissidence politique, y ont été emprisonnés au fil des ans.
Cette libération particulière rappelle les nombreux cas de personnes disparues en Syrie et dans la région. Pour de nombreuses familles, la moindre information sur un détenu libéré suscite l’espoir de retrouver leurs proches.
Une enquête à élargir
Bien que l’attention soit actuellement focalisée sur le cas de Bator, l’affaire met en lumière un problème plus large : celui des disparitions forcées dans la région. Au Liban, comme dans d’autres pays touchés par des conflits prolongés, des milliers de familles attendent encore des réponses sur le sort de leurs proches disparus.
Pour de nombreux observateurs, cette affaire souligne la nécessité de mettre en place des mécanismes régionaux pour traiter ces dossiers. Les gouvernements de la région, souvent accusés de manque de transparence, sont appelés à collaborer davantage avec des organisations internationales afin de garantir la justice et la vérité pour les familles.
Les réseaux sociaux, double tranchant
Les réseaux sociaux ont joué un rôle clé dans la diffusion de cette affaire, permettant à la famille Bator d’apprendre rapidement l’existence de ce détenu. Toutefois, ils illustrent aussi le danger de spéculations non vérifiées. En l’absence de preuves concrètes, la propagation de rumeurs peut conduire à des attentes irréalistes ou à des déceptions brutales.



