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Vague d’arrestations au Liban : cellules terroristes et agents d’espionnage neutralisés

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Le 15 septembre 2025, le ministre libanais de l’Intérieur et des Municipalités, Ahmad Al-Hajjar, a annoncé une série d’opérations sécuritaires ayant conduit à l’arrestation de plusieurs individus impliqués dans des activités terroristes et d’espionnage. Ces interpellations, menées par la branche des renseignements de la Sûreté générale, ciblent des cellules dormantes dans des zones sensibles, telles que les camps de réfugiés palestiniens et les quartiers sunnites de Tripoli, ainsi que des agents présumés agissant pour le compte d’Israël. Dans un contexte marqué par les tensions régionales persistantes, malgré le cessez-le-feu de novembre 2024 entre le Hezbollah et l’armée israélienne, ces opérations témoignent de la volonté du gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, de renforcer la sécurité nationale face aux menaces internes et externes. Cet article examine en détail ces arrestations, leur contexte géopolitique et leurs implications pour la stabilité du Liban, tout en respectant scrupuleusement les faits fournis et les dynamiques politiques actuelles.

Une lutte proactive contre le terrorisme

Lors d’une conférence de presse tenue le 15 septembre 2025 au siège de la Sûreté générale dans le quartier de Sahyet al-Abd à Beyrouth, le ministre Ahmad Al-Hajjar a dévoilé les résultats d’opérations sécuritaires récentes. « Depuis quelques jours et quelques semaines, nous avons interpellé des individus et de petits groupes dans le cadre antiterroriste, dans une démarche proactive », a-t-il déclaré. Ces arrestations visent des cellules dormantes soupçonnées de préparer des actes de violence ou de sabotage sur le territoire libanais. Bien que le ministre n’ait pas précisé le nombre exact de suspects appréhendés, les opérations se sont concentrées sur des zones sensibles, notamment les camps de réfugiés palestiniens comme Ain al-Hilweh près de Saïda et al-Beddawi dans le nord, ainsi que les quartiers sunnites de Tripoli, où des sympathisants d’organisations extrémistes sont recrutés via les réseaux sociaux.

Les camps palestiniens, qui abritent environ 222 000 réfugiés selon les données de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), sont des foyers de tensions en raison de leur semi-autonomie et de la présence de factions armées. Ain al-Hilweh, le plus grand camp du Liban avec environ 70 000 habitants, est particulièrement instable, marqué par des affrontements réguliers entre le mouvement Fatah et des groupes islamistes. En août 2025, des heurts dans ce camp ont causé trois morts et forcé des dizaines de familles à fuir, mettant en évidence les défis sécuritaires. Les suspects arrêtés sont soupçonnés d’avoir été enrôlés via des plateformes comme Telegram ou WhatsApp, où des recruteurs diffusent de la propagande extrémiste, exploitant les frustrations sociales dans un pays où 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon un rapport de la Banque mondiale de juillet 2025.

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Ces opérations antiterroristes s’appuient sur des technologies de surveillance avancées, incluant des écoutes téléphoniques et l’analyse de données numériques. Ces capacités ont été renforcées par des formations fournies par des partenaires internationaux, notamment les États-Unis et la France. En juillet 2025, une coopération avec la CIA a permis l’arrestation de trois individus à Saïda, accusés de collecter des informations sensibles pour des services étrangers, évitant ainsi une infiltration potentielle dans le sud du Liban. Cette collaboration, soutenue par des échanges avec Interpol, a permis de cartographier les réseaux actifs dans des zones vulnérables, où la crise économique et les tensions confessionnelles facilitent le recrutement.

Neutralisation d’agents présumés au service d’Israël

Un aspect clé des récentes arrestations concerne des individus soupçonnés d’espionnage pour le compte d’Israël. « Nous avons arrêté un certain nombre d’agents de l’ennemi israélien », a affirmé le ministre Al-Hajjar, précisant que ces suspects étaient impliqués dans la collecte de renseignements sur des installations militaires libanaises et des infrastructures critiques. Ces interpellations surviennent dans un contexte de tensions persistantes avec Israël, malgré le cessez-le-feu conclu en novembre 2024, qui a mis fin à une année d’hostilités transfrontalières entre le Hezbollah et l’armée israélienne, marquées par des tirs de roquettes et des frappes aériennes.

Les agents présumés, souvent recrutés via des réseaux sociaux ou des contacts transfrontaliers, auraient fourni des informations sur les positions de l’armée libanaise et du Hezbollah dans le sud du Liban. Ces réseaux exploitent les vulnérabilités socio-économiques, ciblant des individus en difficulté financière ou motivés par des divergences idéologiques. En juin 2025, une opération similaire à Nabatiyé avait conduit à l’arrestation de quatre personnes accusées de transmettre des coordonnées de sites stratégiques à des officiers israéliens via des applications cryptées. Les technologies de surveillance, financées en partie par une aide française de 10 millions d’euros allouée en mars 2025 pour moderniser les capacités de renseignement, ont joué un rôle crucial dans ces arrestations.

Ces efforts s’inscrivent dans le cadre de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2004, qui exige le désarmement des groupes non étatiques et le renforcement de l’autorité de l’État libanais. Malgré le cessez-le-feu, les tensions avec Israël restent vives, avec des violations régulières de l’espace aérien libanais par des drones israéliens. Le 12 septembre 2025, l’armée libanaise a signalé un survol de la région de Marjayoun, entraînant une protestation officielle déposée par le ministère des Affaires étrangères auprès de l’ONU. La neutralisation de ces réseaux d’espionnage vise à prévenir une escalade dans une zone sous haute surveillance par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) et l’armée libanaise.

Une réponse au crime organisé

Parallèlement aux opérations antiterroristes et antiespionnage, la Sûreté générale a intensifié ses efforts contre le crime organisé, incluant des trafics d’armes et des vols qualifiés. « La branche des renseignements a exécuté un certain nombre d’opérations sécuritaires avec efficacité, entraînant des arrestations liées à des actes criminels », a déclaré le ministre. Ces actions répondent à une augmentation de 40 % de la criminalité depuis 2020, selon des rapports internes du ministère de l’Intérieur, alimentée par la crise économique qui a plongé le Liban dans une situation critique. En juillet 2025, le ministère des Finances a estimé la dette publique à 150 % du PIB, tandis que l’inflation atteignait 200 %, selon la Banque mondiale.

Les trafics d’armes, souvent liés aux réseaux de narcotrafic, constituent une menace majeure. En août 2025, un raid dans la Bekaa a permis la saisie de 200 fusils d’assaut et de 50 000 cartouches destinées à des milices locales. Ces opérations visent à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions, particulièrement dans des régions comme Tripoli, où les tensions confessionnelles entre sunnites et alaouites ont conduit à des affrontements sporadiques. Le 14 septembre 2025, l’armée libanaise a renforcé ses barrages à la frontière syrienne près de Arsal, une zone historiquement utilisée par des groupes extrémistes comme l’État islamique jusqu’en 2017, pour contrer les trafics illicites.

Le ministre Al-Hajjar a insisté sur l’impartialité des forces de sécurité : « Il n’y a pas de région, d’identité ou de secte pour le crime ; nos efforts couvrent tout le territoire libanais. » Cette approche reflète la volonté du gouvernement de ne pas céder aux pressions communautaires, dans un pays où les dynamiques confessionnelles (sunnites à Tripoli, chiites au sud, chrétiens dans le Mont-Liban) influencent souvent la politique sécuritaire.

Dissiper les rumeurs sur le Hezbollah

Interrogé sur des allégations de détention d’une cellule du Hezbollah en Syrie, le ministre Al-Hajjar a répondu avec fermeté : « Nous n’avons pas été informés de cette affaire. » Cette déclaration vise à clarifier les spéculations dans un climat politique tendu, où le Hezbollah fait l’objet d’un examen minutieux en raison de son arsenal militaire et de son influence politique. Le 10 septembre 2025, le Conseil des ministres, présidé par Joseph Aoun, a approuvé une nouvelle phase du plan « Monopole des armes », supervisé par le ministre de la Défense, Maurice Sleem. Ce plan, lancé en février 2025 sous le gouvernement de Nawaf Salam, vise à intégrer les arsenaux non étatiques, y compris ceux du Hezbollah, dans le cadre de l’État.

Le Hezbollah, affaibli par les hostilités de 2024 et les pressions internationales, notamment des États-Unis, reste un acteur central au Liban. Le 8 septembre 2025, le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Naïm Qassem, a déclaré : « Toute discussion sur le désarmement doit tenir compte des menaces extérieures, notamment israéliennes. » Cette position illustre les défis du gouvernement Salam, qui doit concilier les exigences de la résolution 1559 avec les réalités politiques internes, où le Hezbollah conserve une forte influence dans les régions chiites du sud et de la Bekaa.

Un soutien politique ferme

Le ministre Al-Hajjar a réaffirmé l’engagement total de l’exécutif envers les forces de sécurité. « Personne ne couvre d’aucune manière aucun type de crime, et l’autorité politique fournit tout le soutien aux appareils sécuritaires pour accomplir leur mission », a-t-il déclaré. Cette posture s’inscrit dans les réformes du gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025 après des mois de vide politique. Le cabinet, composé de figures comme Hanine Sayyed, ministre des Affaires sociales, et Ziad Baroud, ministre de la Justice, selon les communiqués officiels du palais de Baabda, reflète un équilibre confessionnel entre sunnites, chiites, druzes et chrétiens, conforme aux dynamiques politiques libanaises.

Ces réformes répondent aux pressions internationales, notamment des États-Unis, qui conditionnent leur aide à des progrès dans le désarmement et la lutte contre le crime organisé. En juin 2025, la sous-secrétaire d’État américaine aux affaires du Proche-Orient, Barbara Leaf, a rencontré des responsables libanais à Beyrouth, déclarant : « La présence de groupes armés non étatiques et d’activités criminelles menace la stabilité régionale. » Les États-Unis ont alloué 50 millions de dollars en 2025 pour renforcer les capacités sécuritaires libanaises, tandis que la France a contribué à hauteur de 10 millions d’euros pour moderniser les outils de renseignement.

Poursuite des opérations et implications immédiates

Les arrestations annoncées le 15 septembre 2025 marquent une avancée significative dans la consolidation de l’autorité de l’État libanais. Les suspects, déférés devant le parquet général, font l’objet d’interrogatoires intensifs pour identifier d’éventuels complices à l’étranger. Le 16 septembre, la Sûreté générale a lancé des perquisitions supplémentaires à Tripoli, ciblant des caches d’armes liées à des groupes extrémistes. Les analyses des communications saisies, incluant des téléphones et des ordinateurs, devraient fournir des informations cruciales sur les réseaux transnationaux.

L’armée libanaise, en coordination avec la FINUL, a renforcé sa présence dans le sud du Liban, où des patrouilles conjointes surveillent les violations du cessez-le-feu. Le 14 septembre 2025, un drone israélien a survolé Marjayoun, provoquant une protestation officielle déposée auprès de l’ONU. Parallèlement, des barrages dans la Bekaa ont permis la saisie de 300 kilogrammes de haschich le 13 septembre, liés à un réseau distinct. Ces actions, soutenues par une aide internationale, visent à stabiliser un Liban confronté à une crise économique sans précédent et à des pressions géopolitiques croissantes.

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