Dans un contexte marqué par une crise sectorielle prolongée, les décisions récentes du Conseil des ministres libanais visant à octroyer des augmentations substantielles aux employés du secteur public ainsi qu’aux retraités militaires et civils semblent enfin apporter une bouffée d’oxygène. Le quotidien « Al-Nahar » rapporte que ces mesures pourraient non seulement mettre fin à une grève prolongée mais également relancer le fonctionnement normal des administrations officielles dans l’ensemble du pays. Cette initiative gouvernementale intervient après une période de blocage et de paralysie administrative ayant entraîné des conséquences négatives sur plusieurs fronts.
Ces augmentations, considérées comme les plus significatives depuis la transformation du gouvernement en une administration intérimaire, ont été annoncées suite au retrait d’un projet de loi sur la régulation bancaire, nécessitant une étude plus approfondie. Le Conseil des ministres a fixé le salaire minimum pour le personnel du secteur public à entre 400 $ et 1 200 $, en plus d’accorder trois mois de salaire supplémentaire aux militaires en activité et aux retraités.
Le mécanisme adopté assure qu’un retraité militaire ou civil au cinquième grade recevra un minimum d’environ 230 $, un montant qui augmentera progressivement pour atteindre environ 900 $ pour les officiers et employés de première catégorie, incluant une indemnité pour essence. En outre, des incitations annuelles en dollars ont été promises, avec une augmentation spécifique de l’indemnité de transport pour le personnel militaire et les services de sécurité, s’élevant à environ 100 $ par mois.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
Ces ajustements financiers sont le fruit des efforts de l’ancien ministre Nicolas Nahas, en collaboration avec le ministère des Finances et la Banque du Liban, pour répondre de manière optimale aux demandes des employés, des militaires et des retraités. L’objectif était de parvenir à un consensus avant de présenter ces ajustements au Conseil des ministres, garantissant ainsi que les augmentations bénéficient à toutes les catégories concernées, y compris les employés de l’administration publique qui recevront également deux salaires supplémentaires et une allocation d’essence ajustée.
Cette initiative gouvernementale, bien que nécessaire, impose une charge financière supplémentaire estimée à environ 2927 milliards de livres libanaises par mois. Par conséquent, le gouvernement devra solliciter un crédit additionnel d’environ 10 000 milliards de livres pour l’année 2024 afin de couvrir ces augmentations. Malgré le coût élevé, ces mesures sont perçues comme un pas indispensable pour rétablir la stabilité et la dignité au sein du secteur public libanais, ainsi que pour apaiser les tensions entre le gouvernement et ses employés après une période particulièrement tumultueuse.



