La Syrie, en tant que passage stratégique pour le commerce libanais avec les pays arabes, jouait un rôle central. Avec l’effondrement du régime syrien et l’instabilité persistante, les routes commerciales reliant Beyrouth à Damas, et au-delà, sont devenues impraticables, paralysant des secteurs vitaux tels que l’exportation de produits agricoles et industriels (Al Arabi Al Jadid).
Les entreprises libanaises qui dépendaient de ce corridor stratégique subissent des pertes significatives. Les coûts logistiques augmentent alors que les alternatives, comme les routes maritimes, s’avèrent plus longues et onéreuses. Les rapports signalent que plusieurs PME ont cessé leurs activités, incapables de s’adapter à cette nouvelle réalité (Al Quds).
L’impact sur les réfugiés syriens et l’économie libanaise
L’afflux de réfugiés syriens depuis le début de la guerre a eu un impact considérable sur l’économie libanaise. Aujourd’hui, avec la chute d’Assad, cette pression économique reste majeure. Le Liban abrite plus de 1,5 million de réfugiés, ce qui représente environ un quart de sa population. Cette situation exerce une pression extrême sur les infrastructures publiques, comme l’éducation, la santé et l’eau (Al Arabi Al Jadid).
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Dans le secteur de l’emploi, la présence des réfugiés a accentué la concurrence sur le marché du travail, notamment pour les emplois peu qualifiés. Cela a provoqué des tensions sociales, exacerbées par la crise économique qui frappe déjà durement le Liban. Les secteurs de la construction et de l’agriculture, historiquement des pourvoyeurs d’emplois pour les Libanais, sont aujourd’hui dominés par une main-d’œuvre syrienne moins coûteuse (Al Quds).
Un effondrement économique généralisé
L’économie libanaise, déjà affaiblie par des décennies de mauvaise gestion, a subi des chocs supplémentaires en raison de la crise syrienne. La chute d’Assad ajoute une incertitude supplémentaire, car les exportations libanaises, qui transitaient autrefois par la Syrie, sont désormais quasi inexistantes. En parallèle, l’instabilité syrienne réduit l’attractivité du Liban comme destination touristique régionale, un secteur crucial pour son économie (Al Arabi Al Jadid).
Les échanges commerciaux entre les deux pays, évalués à plusieurs milliards de dollars avant la guerre, ont chuté de manière spectaculaire. Les importations de produits syriens bon marché, qui constituaient une source d’approvisionnement essentielle pour le Liban, se sont taries, entraînant une hausse des coûts pour les consommateurs libanais (Al Quds).
Le secteur bancaire et les relations financières
Les banques libanaises, autrefois présentes en Syrie, se retrouvent également touchées. Avant la guerre, plusieurs institutions financières libanaises étaient impliquées dans des projets d’investissement en Syrie, notamment dans les secteurs de l’immobilier et de l’énergie. Avec l’effondrement du régime, ces investissements sont désormais considérés comme des pertes (Al Arabi Al Jadid).
En outre, les sanctions internationales imposées à la Syrie compliquent les relations financières entre les deux pays. Les transferts de fonds entre le Liban et la Syrie, autrefois fréquents, sont désormais limités, ce qui affecte des milliers de familles syriennes vivant au Liban et dépendantes de ces flux financiers (Al Quds).
Le coût de la reconstruction syrienne
La chute d’Assad suscite des discussions sur la reconstruction de la Syrie, mais le Liban, en raison de sa proximité géographique, pourrait à la fois bénéficier et souffrir de ce processus. D’une part, les entreprises libanaises pourraient participer à la reconstruction, notamment dans les secteurs du transport, de la logistique et des matériaux de construction (Al Arabi Al Jadid). Cependant, l’absence d’un cadre stable en Syrie et la fragmentation des acteurs locaux rendent ces opportunités incertaines.
D’autre part, la reconstruction syrienne pourrait également exacerber les problèmes économiques du Liban. Le pays risque de perdre des investissements étrangers au profit de la Syrie, perçue comme une zone de croissance potentielle à long terme. Cela pourrait également détourner une partie des ressources internationales, déjà limitées, nécessaires pour aider le Liban à surmonter sa propre crise économique (Al Quds).
Les tensions autour de l’aide internationale
La gestion des réfugiés syriens au Liban reste un point de discorde majeur entre les acteurs locaux et internationaux. Alors que le Liban demande une augmentation des aides pour faire face à cette crise, certains acteurs internationaux insistent sur la nécessité d’un retour progressif des réfugiés en Syrie. Cependant, la persistance de l’instabilité dans les régions proches de Damas et d’Alep complique cette perspective (Al Arabi Al Jadid).
Les autorités libanaises critiquent également ce qu’elles perçoivent comme une inégalité dans la distribution de l’aide internationale, accusant certaines organisations de privilégier les populations réfugiées au détriment des communautés libanaises locales (Al Quds). Cette situation alimente les tensions sociales et politiques, renforçant les divisions internes au Liban.
Les perspectives pour le Liban
Dans ce contexte, l’économie libanaise reste prise entre des forces contradictoires. Si la chute d’Assad offre une opportunité pour repenser les relations économiques entre les deux pays, les incertitudes politiques et la crise interne du Liban limitent ces perspectives. Les autorités libanaises devront naviguer dans un environnement complexe, où les intérêts locaux, régionaux et internationaux s’entrecroisent, pour tenter de stabiliser une économie en péril (Al Arabi Al Jadid, Al Quds).



