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Yémen: l’Arabie saoudite pousse au dialogue, et la question du Sud reste un nœud

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Aden sous contrôle renforcé, après une rupture politique brutale

Aden vit une accalmie qui ressemble à une pause sous surveillance. Des forces se déploient pour sécuriser la ville. Elles protègent aussi des sites jugés vitaux. Cette phase intervient après une crise politique ouverte, centrée sur le Sud et sur l’équilibre du pouvoir.

Sur le terrain, la présence de la force appelée « Bouclier de la patrie » est mise en avant. Elle agit aux côtés des brigades dites « Giants ». Le dispositif est présenté comme une planification sécuritaire conjointe. Il vise à prévenir une rechute dans la violence.

Le même contexte s’accompagne d’une mesure lourde dans une ville déjà fracturée. Un membre du Conseil de direction présidentiel, Abdulrahman al-Muharrami, annonce un couvre-feu nocturne à Aden. Il doit s’appliquer de 21 heures à 6 heures du matin. Il entre en vigueur à partir du mercredi soir cité dans les documents. 

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Le couvre-feu dit l’essentiel. La situation est jugée assez fragile pour limiter la circulation la nuit. Le pouvoir cherche à couper la capacité de nuisance des groupes armés. Il veut aussi empêcher les démonstrations de force. Mais cette mesure rappelle une réalité constante. Aden reste un espace où l’autorité doit se prouver, pas seulement s’annoncer.

Le point de départ: la chute d’un homme, et la panique d’un camp

La crise explose autour d’Aydarus al-Zubaidi, chef du Conseil de transition du Sud. Les textes indiquent qu’il est accusé de « haute trahison ». Il est aussi indiqué que son appartenance au Conseil de direction présidentiel est retirée. Cette décision est décrite comme le déclencheur d’un épisode de fuite.

Le détail politique est important. Al-Zubaidi n’est pas seulement un leader local. Il représente une ligne séparatiste, ou au minimum une revendication sudiste radicale. Son éviction signale une volonté de reprise en main. Elle signale aussi une rupture de confiance au sommet.

Dans ce contexte, l’appareil sécuritaire cherche une double cible. Il veut empêcher des affrontements internes. Il veut aussi éviter un vide institutionnel. Or, au même moment, le chef évincé disparaît d’Aden. Le Sud devient alors un problème de leadership autant qu’un problème de statut politique.

Une fuite décrite minute par minute: mer, transpondeur coupé, puis pont aérien

Le récit de la fuite est livré comme une opération renseignement. La version rapportée attribue le détail à une « information fiable » et à des données de renseignement. L’objectif est clair. Il s’agit de prouver que la fuite n’est pas improvisée. Elle est organisée.

Selon ces éléments, al-Zubaidi quitte Aden de nuit par la mer. Il part depuis le port d’Aden à bord d’un moyen maritime. Le récit précise que le départ se fait après minuit, dans une fenêtre nocturne propice au passage discret.

Un détail technique est mentionné. Le groupe aurait désactivé le système d’identification, décrit comme un système de « définition ». Cela renvoie à une logique de contournement. Il ne s’agit pas seulement de fuir. Il s’agit d’éviter la traçabilité. 

Le bateau atteint ensuite le port de Berbera. L’heure avancée dans le récit est autour de midi. La précision horaire vise à donner une crédibilité opérationnelle. Elle donne aussi une idée de la durée du trajet. 

Après Berbera, la fuite devient aérienne. Les documents évoquent un avion de transport de type Ilyushin. Il emporte le groupe vers Mogadiscio. Puis il se dirige vers l’aéroport militaire d’Al-Reef, à Abou Dhabi. Cette dernière étape est présentée comme encadrée par des officiers émiratis.

La trajectoire complète compte politiquement. Elle installe une idée simple: la fuite passe par des espaces où l’influence régionale se lit. Elle passe aussi par des routes qui ne sont pas neutres. Elle implique des facilités. Elle suggère une aide. C’est précisément ce que Riyad cherche à mettre en lumière.

Accusation directe contre Abou Dhabi: une crise sudiste qui devient une crise entre alliés

Le cœur du dossier est une accusation officielle: Riyad accuse Abou Dhabi d’avoir aidé à exfiltrer al-Zubaidi. L’accusation n’est pas formulée comme une rumeur. Elle est portée dans un communiqué attribué à la coalition conduite par l’Arabie saoudite.

Cette accusation a une portée qui dépasse le cas d’un individu. Elle touche à l’architecture de la guerre et de la médiation au Yémen. Si un allié facilite la fuite d’un chef sudiste accusé de trahison, alors la coalition apparaît fracturée. Elle devient aussi incapable de parler d’une seule voix.

Le récit insiste sur l’encadrement émirati de l’arrivée à Abou Dhabi. Il cite la présence d’officiers émiratis. Il cite aussi un aéroport militaire. Ce choix de détails vise à élever le niveau de responsabilité. Il ne s’agit pas d’un accueil civil. Il s’agit d’un dispositif présenté comme institutionnel.

Les documents ajoutent un autre point sensible. Des sources dites informées suggèrent que d’autres figures auraient accompagné la fuite. Elles citent notamment Ahmed Lamlas, ancien gouverneur d’Aden, et Mohsen al-Wali, commandant des forces connues comme « ceintures de sécurité ». Cette mention élargit la crise. Elle suggère que la fuite peut aussi être une extraction de cadres. 

La Somalie prise dans l’affaire: enquête, souveraineté, et mise en garde contre les opérations unilatérales

La dimension régionale ne s’arrête pas aux Émirats. Un autre acteur intervient par réaction. Les textes mentionnent une position somalienne, qui dit qu’une facilitation de l’entrée de fugitifs ou des opérations unilatérales sur le territoire somalien, sans autorisation légale, sont inacceptables.

La Somalie annonce une enquête. Elle promet aussi des mesures adaptées selon les résultats, pour garantir une responsabilité complète en cas de violations confirmées. Le vocabulaire est juridique. Il vise à protéger la souveraineté.

Ce passage est crucial. Il montre comment une crise interne yéménite peut provoquer un incident diplomatique ailleurs. La route de fuite transforme Berbera, Mogadiscio et l’espace somalien en théâtre indirect. Cela donne aussi une preuve de plus: le dossier sudiste est devenu transfrontalier.

Dans le même temps, ce passage souligne une ambiguïté. La fuite passe par un territoire dont le statut est complexe. Les documents distinguent l’État fédéral somalien et un espace séparatiste. Cela permet à certains d’exploiter des zones grises. Et cela renforce la fragilité régionale.

Aden: prise de contrôle de camps et remise d’armes sous procès-verbaux

Pendant que la fuite est racontée à l’extérieur, la consolidation se joue à Aden. Les forces dites « Bouclier de la patrie » prennent le contrôle de plusieurs camps. Le récit cite des noms de sites. Il mentionne le camp de Jabal Hadid. Il mentionne aussi des camps associés aux brigades « Al-Asifah ». Il mentionne enfin le camp de la troisième brigade.

La méthode mise en avant est administrative. Une commission de terrain commune supervise des procédures d’inventaire. Elle signe des documents de réception et de remise. Le texte insiste sur des procès-verbaux officiels. Ce détail vise à produire une image de transfert ordonné. Il s’agit d’éviter l’idée d’un pillage ou d’une conquête. 

Mais ce formalisme révèle aussi une crainte. Quand un camp change de main, le risque de friction est maximal. L’inventaire et les procès-verbaux servent alors à limiter les accusations. Ils servent aussi à couper court aux prétextes de revanche.

Des éléments provenant d’un autre récit indiquent que des unités militaires, comme la quatrième brigade d’infanterie, commencent leurs missions sur le terrain avec les services de sécurité. Elles relèvent le niveau d’alerte. Elles affirment que la situation sécuritaire est stable. Elles insistent aussi sur une coordination permanente entre unités militaires et sécuritaires. 

La ligne politique de l’exécutif: protection des civils et refus de « militariser » la vie politique

Le chef du Conseil de direction présidentiel, Rashad al-Alimi, est présenté comme insistant sur la protection des civils. Il insiste aussi sur la nécessité de dissuader la militarisation de la vie politique. Cette formule est lourde dans un pays où les factions armées structurent le rapport de force.

Dans la même séquence, un autre acteur proche du pouvoir explique que le gouvernement travaille à unifier la décision militaire et sécuritaire. Il parle d’intégrer les formations sous les ministères de la Défense et de l’Intérieur. Il présente cela comme une étape vers l’unification du pays. 

Ces deux messages se répondent. La protection des civils vise l’urgence. L’unification des forces vise le structurel. Or, dans le Sud, la question n’est pas seulement sécuritaire. Elle est aussi politique. Qui commande? Qui décide? Qui contrôle le port, l’aéroport et les camps? C’est ce nœud que Riyad tente de desserrer par une voie: le dialogue.

Riyad pousse un « dialogue sudiste »: ramener le Conseil de transition dans un cadre contrôlé

Le récit diplomatique se joue à Riyad. L’ambassadeur saoudien auprès du Yémen, Mohammed al-Jaber, rencontre une délégation du Conseil de transition du Sud. Le texte précise un chiffre: il publie une photo avec dix-neuf responsables. Cette précision a un objectif. Elle montre que l’échange n’est pas symbolique. Il vise une représentation large.

Le contenu des discussions rapportées est accusateur. Mohammed al-Jaber dit avoir discuté des mouvements effectués par le Conseil de transition sur instruction d’al-Zubaidi. Il affirme que ces mouvements ont nui à la cause du Sud. Il affirme aussi qu’ils n’ont pas servi cette cause.

Il ajoute que ces actions ont affaibli l’unité du front face aux ennemis. Cette phrase vise à isoler al-Zubaidi. Elle vise aussi à convaincre le Conseil de transition qu’il a intérêt à se dissocier.

Le même échange porte sur « ce qu’il faut faire à l’avenir » pour traiter ce qui s’est passé. Le vocabulaire reste volontairement large. Mais il insiste sur une logique: réorganiser et normaliser la position du Conseil de transition dans un processus plus vaste, sous parrainage saoudien.

Les textes évoquent une perspective concrète: une conférence de dialogue sudiste à Riyad. Elle est présentée comme proche. Elle est présentée comme la voie politique la plus appropriée pour traiter la situation au Yémen. L’idée est simple. Il faut une enceinte qui encadre les divisions sudistes. Il faut aussi une enceinte qui limite l’usage de la force comme argument.

La réponse du Conseil de transition: apaisement verbal, unité affichée, et gratitude envers Riyad

Du côté de la délégation sudiste, le langage est prudent. Un responsable, Mohammed al-Ghaithi, décrit la rencontre comme « fructueuse ». Il affirme qu’elle a permis de passer en revue les derniers développements. Il insiste sur le refus de tout ce qui pourrait nuire à l’unité du rang sudiste.

Il insiste aussi sur la nécessité de privilégier l’intérêt général. Il parle d’éviter les calculs étroits. Cette formule est un signal. Elle suggère que l’épisode al-Zubaidi est lu comme un calcul personnel. Elle suggère aussi une volonté de préserver l’organisation en sacrifiant, au besoin, un leader devenu trop coûteux.

Le même responsable met en avant la reconnaissance envers la direction saoudienne. Il souligne l’importance de l’invitation et du parrainage de la conférence de dialogue. Il parle d’un rôle « pivot » de Riyad dans la stabilité. Cette gratitude est une monnaie politique. Elle sert à rester dans le jeu.

Les textes ajoutent un élément de fond. La partie saoudienne insiste sur une condition: un dialogue sudiste inclusif. Il doit produire des approches réalistes et durables. Il doit aussi se dérouler dans un cadre politique plus large, qui tient compte d’équilibres nationaux et régionaux. Cette condition révèle le problème. Le Sud ne peut pas être traité en vase clos.

Pourquoi le Sud reste un nœud: autonomie revendiquée, appuis extérieurs, et fragmentation interne

Le dossier décrit un paradoxe constant. Le Conseil de transition a construit une capacité militaire et politique dans le Sud. Mais il n’a pas obtenu une reconnaissance simple de son projet. Il reste dépendant d’appuis extérieurs. Il reste aussi traversé par des rivalités.

L’épisode de la fuite illustre cette dépendance. La route vers Abou Dhabi, via un espace somalien, donne l’image d’un mouvement qui sait activer des canaux. Cela nourrit l’idée d’une influence émiratie. Et cela ouvre une crise avec Riyad.

Dans le même temps, la délégation qui reste à Riyad montre une autre logique. Le Conseil de transition ne veut pas être expulsé du cadre. Il veut préserver un accès au parrainage saoudien. Il veut aussi continuer à parler au nom du Sud, même si son chef est discrédité.

La fragmentation interne est aussi visible dans la nécessité d’un « dialogue sudiste ». Si le camp sudiste était homogène, il n’aurait pas besoin d’une conférence de réunification. Le simple fait que cette conférence soit mise au centre prouve une fissure.

Enfin, le nœud sudiste est aussi un nœud institutionnel. Les documents évoquent un effort de l’État pour intégrer toutes les forces sous les ministères régaliens. Or, le Sud est précisément la zone où les formations armées autonomes ont été les plus fortes. Réunifier ces forces demande plus qu’un ordre. Cela demande un compromis politique sur le statut du Sud.

La scène d’Aden comme test immédiat: maintenir le calme sans humilier, reprendre les sites sans déclencher une guerre interne

Les transferts de camps et le déploiement sécuritaire sont présentés comme réussis à court terme. Le mot clé est « calme ». La ville est décrite comme relativement apaisée après la nomination d’un nouveau gouverneur. Le gouverneur, Abdulrahman Sheikh al-Yafii, insiste sur l’ordre et sur une réponse ferme à tout trouble de la tranquillité publique.

Mais le calme n’est pas une solution. Il est une condition de travail. Le vrai test est ailleurs. Il est dans la capacité à désarmer les motifs de revanche. Il est aussi dans la capacité à éviter que le Sud se transforme en champ de bataille entre unités rivales.

Le couvre-feu montre une conscience du risque. Il limite le mouvement. Il protège aussi les transitions. Mais il peut nourrir une frustration, si la population le vit comme une punition collective. La gestion du couvre-feu devient donc une affaire de légitimité. 

La remise des camps sous procès-verbaux sert, elle, à réduire la violence. Pourtant, elle peut aussi produire des vaincus humiliés. Et, dans le Sud, l’humiliation produit souvent des ruptures durables. D’où l’insistance parallèle sur le dialogue.

Riyad cherche une sortie: parler au Sud pour stabiliser l’ensemble du dossier yéménite

Les éléments disponibles montrent une stratégie saoudienne en deux axes. Le premier est sécuritaire: stabiliser Aden, éviter une explosion interne, protéger les civils, et reprendre les sites sensibles. Le second est politique: imposer un dialogue sudiste sous parrainage saoudien, afin de structurer une position du Sud plus compatible avec un cadre national.

L’objectif n’est pas seulement d’éteindre une crise. Il est de réduire la capacité d’un acteur sudiste à agir seul. La critique formulée à Riyad contre les mouvements « guidés » par al-Zubaidi sert à cela. Elle vise à délégitimer l’initiative unilatérale.

Dans ce cadre, la question du Sud reste un nœud pour une raison simple. La stabilité du Yémen dépend d’un accord interne. Or, cet accord dépend d’un statut sudiste acceptable. Et ce statut dépend d’équilibres régionaux, visibles dans l’affaire de la fuite.

Ce nœud est donc double. Il est yéménite, parce qu’il touche l’unité du pays. Il est régional, parce qu’il touche l’architecture des appuis. Il est enfin sécuritaire, parce qu’il se traduit, à Aden, par des camps, des unités, et des couvre-feux.

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