Depuis la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024, la Syrie est entrée dans une phase de transition marquée par des bouleversements politiques et des ajustements diplomatiques. Le nouveau gouvernement dirigé par Ahmad al-Chareh se concentre sur la reconstruction nationale tout en s’efforçant de réduire la dépendance historique de la Syrie envers la Russie et l’Iran.
Transition politique et nouvel équilibre diplomatique
Le renversement de Bachar el-Assad par une coalition dirigée par Hayat Tahrir al-Cham (HTS) a marqué un tournant dans l’histoire récente de la Syrie. La transition a ouvert la voie à un nouveau pouvoir qui cherche à reconstruire le pays sur des bases différentes. Ahmad al-Chareh, désormais à la tête de l’administration syrienne, a exprimé sa volonté de diversifier les relations internationales, en s’éloignant notamment de la tutelle russe et iranienne tout en engageant des discussions avec les États-Unis et l’Europe.
Les déclarations officielles du nouveau gouvernement syrien témoignent d’un désir d’ouverture. Selon Al Quds (22 janvier 2025), Ahmad al-Chareh a envoyé une lettre au président américain nouvellement élu, Donald Trump, pour établir une coopération et envisager une levée partielle des sanctions occidentales. Cette initiative vise à encourager des investissements internationaux indispensables pour financer la reconstruction nationale.
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Reconstruction nationale et défis économiques
La reconstruction est l’un des principaux défis auxquels le nouveau gouvernement est confronté. Les infrastructures du pays ont été gravement endommagées par plus de treize ans de guerre, laissant des millions de Syriens sans accès aux services de base. Selon des responsables syriens, les efforts actuels se concentrent sur la remise en état des hôpitaux, des écoles et des réseaux de transport, mais ces initiatives restent limitées par les sanctions toujours en vigueur.
Le gouvernement syrien a appelé à une levée des sanctions pour faciliter l’accès aux financements internationaux. L’Union européenne envisage un allègement progressif des restrictions, mais elle conditionne cette mesure à des engagements concrets en matière de droits humains et d’inclusivité politique.
Relations avec la Russie et l’Iran : Un ajustement stratégique
Sous l’ancien régime, la Syrie dépendait largement de la Russie et de l’Iran pour son soutien militaire et économique. Cependant, le nouveau pouvoir semble vouloir redéfinir ces relations. Damas a récemment suspendu un contrat avec une société russe pour l’exploitation du port de Tartous, signalant une révision des accords bilatéraux conclus sous le régime précédent.
Cette décision reflète une volonté d’affirmer une certaine indépendance vis-à-vis de Moscou et de Téhéran. Toutefois, ces deux alliés historiques conservent une présence significative sur le terrain, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la sécurité, ce qui complique la transition diplomatique du pays.
Situation humanitaire : Une urgence persistante
Malgré les efforts de stabilisation, la situation humanitaire reste critique. Les Nations unies estiment que 90 % de la population syrienne vit en dessous du seuil de pauvreté, et des millions de personnes demeurent déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
Pour atténuer cette crise, la communauté internationale a intensifié son aide humanitaire. En janvier 2025, les États-Unis ont annoncé l’exemption de certaines activités humanitaires des sanctions économiques, permettant un accès élargi aux médicaments et aux équipements médicaux.



