jeudi, février 19, 2026

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À Achrafieh, le réveillon qui a tourné à l’affaire d’État: fermeture du restaurant «Liza» après un show jugé contraire aux mœurs

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Une nuit, une vidéo, puis une fermeture

L’épisode est désormais traité comme un fait d’ordre public: le restaurant «Liza», à Beyrouth–Achrafieh, a été fermé après la nuit du Nouvel An, à la suite d’un divertissement au cours duquel une scène de nudité a été jugée contraire aux règles relatives aux mœurs publiques et aux spectacles visibles du public. La décision a été rapportée le 2 janvier 2026, dans la foulée d’images devenues virales.

Ce que racontent les versions qui circulent

La séquence, telle qu’elle apparaît sur les vidéos, montre une personne se dénudant complètement en dansant, sous les regards et les téléphones. C’est cet élément — la nudité, dans un lieu recevant du public — qui a cristallisé la polémique. Dans ce type d’affaire, la mécanique est connue: l’acte devient secondaire face à la visibilité de l’acte, et la visibilité déclenche une réponse rapide.

Un point supplémentaire rapporté: une invitée, pas une animatrice, et un incident “imprévu”

Des informations rapportées par un média local, qui dit les tenir de vérifications, ajoutent un détail qui change la lecture: la personne filmée n’aurait pas fait partie de l’équipe d’animation ni de l’organisation; elle aurait assisté à la soirée comme n’importe quel client. Selon ce même récit, elle aurait expliqué que l’épisode était imprévu: entrée dans l’établissement, passage aux toilettes, réapparition en tenue de danse, puis dénudation complète pendant la danse. Ces éléments ne constituent pas, à eux seuls, une version officielle; ils donnent néanmoins une hypothèse de déroulé: non pas un “numéro” programmé, mais un débordement survenu au milieu d’une soirée.

Les dérives de l’après-vidéo: identification de personne et emballement

Le même récit affirme ensuite que l’acte aurait été attribué à une personne identifiée par un prénom masculin, avec des mentions sur une transition de genre. À ce stade, ce type d’“identification” doit être manié avec prudence: il s’agit d’allégations circulant dans l’espace médiatique et social, qui peuvent exposer des individus et déplacer le débat vers du sensationnalisme. Sur le plan journalistique, le point important n’est pas l’identité supposée d’une personne, mais la chaîne de responsabilité et le cadre: qui contrôle, qui encadre, qui intervient, et à quel moment.

Pourquoi «Liza» devient un symbole instantané

Le lieu n’est pas anonyme. «Liza» est une adresse connue, installée dans une grande maison d’Achrafieh, avec une identité très “Beyrouth” mêlant table, ambiance et soirées. La notoriété agit comme une loupe: un incident dans un établissement visible devient une affaire publique; un incident dans un lieu discret reste souvent un incident. Ici, la viralité a fait le reste: quelques secondes d’images suffisent à transformer une soirée en enjeu d’autorité.

Morale publique: une notion large, donc un outil rapide

Les motifs avancés relèvent d’un registre classique au Liban: “bonnes mœurs”, “moralité publique”, “spectacles visibles du public”. C’est précisément ce qui permet d’agir vite. Une norme morale est un levier administratif efficace: elle autorise une mesure nette, lisible, immédiatement exécutable. Le débat sur les responsabilités détaillées (qui a organisé, qui a laissé faire, qui a tenté d’arrêter) peut venir après; l’acte d’autorité, lui, se fait d’abord.

Un schéma déjà vu: quand une vidéo ferme une porte

Cette séquence rappelle une mécanique déjà observée à Beyrouth: une performance jugée “indécente” filmée dans un lieu de nuit, des images qui circulent, puis une fermeture ordonnée au nom de la décence et de la morale publique. La ville a déjà connu des fermetures de clubs après diffusion de vidéos de shows explicites, avec une logique identique: l’image transforme un épisode nocturne en affaire publique, puis en réponse d’autorité.

Ce que l’affaire relance, concrètement: sécurité, contrôle, protocoles

Si l’on retient l’hypothèse d’un incident non programmé, le dossier pose une question très terre-à-terre: comment un établissement gère-t-il un débordement en temps réel? Contrôle à l’entrée, surveillance de salle, encadrement des animations, capacité à interrompre immédiatement une scène, articulation avec la sécurité et les autorités. L’affaire remet sur la table la fragilité des “protocoles” dans des lieux où l’ambiance est parfois pensée comme une zone grise: suffisamment libre pour attirer, mais théoriquement encadrée parce que l’espace est public et commercial.

L’impact immédiat: réputation, pertes, et effet d’exemple

Une fermeture administrative n’est jamais neutre. Elle coupe le chiffre d’affaires, fragilise des équipes, provoque des annulations, et colle une étiquette durable. Elle a aussi un effet de contagion: les établissements voisins comprennent qu’un “moment” peut coûter une saison, et que la visibilité — plus que le fait — est devenue la variable la plus dangereuse. À Beyrouth, l’ordre public ne se joue plus seulement dans la rue; il se joue sur les écrans.

Une indignation qui choisit ses cibles

La polémique mobilise surtout une partie de la société, souvent prompte à se poser en gardienne des mœurs, à réclamer une réponse immédiate, visible, exemplaire. Mais cette indignation est sélective. Dans le même pays, des gamins mendient, des familles basculent, des formes de prostitution de survie existent, des jeunes sortent de l’école parce que l’argent manque, des drames sociaux se jouent à ciel ouvert sans provoquer la même urgence ni la même mise en scène d’autorité. Le contraste est brutal: une scène de nudité déclenche une fermeture en vingt-quatre heures; la misère, elle, continue à long terme, sans décision spectaculaire, et trop souvent sans scandale.

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