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Annulations en cascade des vols vers le Liban et le Moyen-Orient après les frappes israélo-américaines sur l’Iran

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Les explosions qui ont secoué Téhéran ce samedi 28 février 2026 ont non seulement marqué un tournant dans les tensions régionales, mais ont aussi provoqué une onde de choc immédiate sur le secteur aérien. Dès les premières heures suivant les frappes conjointes d’Israël et des États-Unis sur des sites iraniens, de nombreuses compagnies aériennes ont annoncé des annulations et des suspensions de vols vers le Liban, Israël, l’Iran et d’autres destinations au Moyen-Orient. Air France, qui opère habituellement des liaisons quotidiennes depuis Paris-Charles-de-Gaulle vers Beyrouth, a été parmi les premières à réagir, annulant tous ses vols de l’après-midi vers le Liban et plusieurs pays du Golfe, invoquant des raisons de sécurité liées aux bombardements en Iran.

Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large affectant l’ensemble de l’aviation civile dans la région. KLM, la compagnie néerlandaise partenaire d’Air France au sein du groupe Air France-KLM, a suspendu jusqu’à nouvel ordre ses vols vers Tel-Aviv, tout en évitant l’espace aérien de l’Iran, de l’Irak et d’Israël. Selon un porte-parole de KLM, cette mesure vise à préserver la sécurité des passagers et des équipages face à une situation géopolitique qui pourrait dégénérer en fermetures d’espaces aériens généralisées. De même, Lufthansa a prolongé la suspension de ses services vers Téhéran jusqu’à fin mars, limitant ses vols vers Tel-Aviv et Amman aux heures diurnes uniquement, pour minimiser les risques nocturnes.

British Airways a annulé ses liaisons vers Tel-Aviv pour le week-end, tandis qu’Air Canada et United Airlines ont suivi la même voie, citant des évaluations de risques internes basées sur les rapports de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). Ces annulations touchent non seulement les vols directs, mais aussi les correspondances via les hubs majeurs comme Dubaï et Doha, où Emirates et Qatar Airways ont ajusté leurs opérations. Qatar Airways, par exemple, a étendu ses annulations vers l’Iran jusqu’au 30 juin 2026, ne maintenant qu’un vol quotidien entre Doha et Téhéran, selon un avis aux agents de voyage publié ce matin.

Au Liban, la situation est particulièrement critique. L’aéroport international de Beyrouth-Rafic Hariri, déjà sous tension en raison des frappes israéliennes récentes sur la Békaa et d’autres zones frontalières, voit ses liaisons européennes se raréfier. Transavia, la filiale low-cost d’Air France, a suspendu ses vols de Paris vers Beyrouth jusqu’au 30 juin, invoquant les mêmes préoccupations sécuritaires. Des sources aéroportuaires à Beyrouth rapportent que plusieurs vols en provenance d’Istanbul et de Dubaï ont été détournés ou annulés en urgence, laissant des centaines de passagers bloqués. Turkish Airlines a confirmé l’annulation de son vol Istanbul-Téhéran prévu ce soir, ainsi que d’autres liaisons vers Tabriz, étendant potentiellement ces mesures au Liban si les tensions avec le Hezbollah s’aggravent.

Les autorités libanaises, par la voix du ministère des Transports, ont indiqué que l’espace aérien reste ouvert pour l’instant, mais avec des restrictions croissantes sur les survols provenant de zones à risque. Le directeur général de l’aviation civile libanaise, Fadi El Hassan, a déclaré lors d’une conférence de presse à Beyrouth que des protocoles d’urgence sont activés pour gérer les perturbations, incluant des reroutages via Chypre ou la Turquie. Cependant, avec les frappes israéliennes sur des positions du Hezbollah dans la Békaa ce vendredi soir, qui ont visé des dépôts d’armes et des sites de missiles, les craintes d’une implication plus large du Liban dans le conflit iranien montent en flèche.

Perturbations généralisées dans le Golfe et au-delà

Au-delà du Liban, les annulations s’étendent à l’ensemble du Golfe Persique. Emirates a signalé des retards sur ses vols vers l’Europe et l’Asie, dus à des reroutages évitant l’espace aérien iranien et irakien. L’Irak a annoncé ce matin la fermeture totale de son espace aérien, une mesure prise par le ministère des Transports et l’Autorité de l’aviation civile irakienne en réponse aux frappes sur l’Iran, affectant les aéroports de Bagdad et d’Erbil. Cette fermeture impacte directement les vols transitant par le nord du Golfe, forçant des compagnies comme Etihad Airways à ajuster leurs routes vers l’Europe, avec des temps de vol allongés de jusqu’à deux heures.

En Arabie saoudite, les aéroports de Riyad et Dammam voient leurs liaisons avec l’Europe réduites. KLM a explicitement mentionné que ses vols vers ces destinations ne sont plus viables commercialement ni opérationnellement en raison des tensions. De même, Swiss International Air Lines, filiale de Lufthansa, a annulé ses vols du samedi vers des destinations moyen-orientales, incluant Tel-Aviv et Dubaï. Un communiqué de Swiss précise que cette décision découle d’une évaluation continue des risques, en coordination avec les autorités suisses et européennes.

Les États-Unis, impliqués directement dans les frappes, ont vu leurs compagnies aériennes réagir promptement. United Airlines a suspendu ses vols vers Tel-Aviv, tandis que Delta Air Lines, qui n’opère pas directement vers le Moyen-Orient, a émis des waivers pour les passagers transitant par des hubs affectés. L’ambassade américaine à Jérusalem a autorisé le départ volontaire de son personnel non essentiel et de leurs familles, soulignant les risques de fermetures d’espaces aériens et de perturbations aériennes imminentes.

En Europe, l’impact se fait sentir sur les aéroports majeurs. À Paris-Charles-de-Gaulle, des dizaines de vols vers le Moyen-Orient ont été annulés ce samedi, laissant des passagers en attente de rebookings. Un voyageur français, interrogé à l’aéroport, a rapporté que son vol Air France vers Beyrouth a été annulé sans préavis, avec une proposition de reroutage via Istanbul le lendemain, mais sans garantie en raison des annulations chez Turkish Airlines. À Francfort, Lufthansa a géré plus de 500 passagers affectés par les suspensions vers Téhéran et Tel-Aviv, offrant des hébergements hôteliers temporaires.

Contexte des tensions sécuritaires amplifiant les disruptions

Ces annulations interviennent dans un climat de tensions accumulées depuis plusieurs mois. En juin 2025, lors de la guerre aérienne de 12 jours entre Israël et l’Iran, baptisée Operation Midnight Hammer, les espaces aériens régionaux avaient déjà été fermés, entraînant des milliers de retards et d’annulations. À l’époque, Air France-KLM avait suspendu ses vols vers Tel-Aviv jusqu’à nouvel ordre, et Qatar Airways avait fermé son espace aérien pendant huit heures, bloquant 20 000 passagers entrants et 10 000 sortants à Doha.

Plus récemment, en janvier 2026, suite à des menaces américaines contre l’Iran, plusieurs compagnies avaient anticipé des disruptions. Air France avait temporairement suspendu ses vols vers Dubaï, tandis que KLM évitait l’espace aérien de plusieurs pays du Golfe. Les négociations nucléaires à Genève, qui ont échoué le 4 février, avaient déjà provoqué des annulations préventives, avec Téhéran refusant d’aborder d’autres sujets que le dossier nucléaire, selon des sources diplomatiques.

Au Liban, les frappes israéliennes du 20 février sur la Békaa, qui ont visé des préparatifs potentiels d’offensives du Hezbollah sur ordre iranien, ont exacerbé les craintes. Israël a bombardé des dizaines de cibles au Liban et en Iran, déclenchant un état d’urgence et la fermeture de son espace aérien. Le Pentagone, reconnaissant des lacunes dans les défenses aériennes régionales face à une riposte iranienne, a reporté des attaques plus massives, mais les frappes de ce samedi ont changé la donne.

Les autorités onusiennes, via le secrétaire général António Guterres, ont convoqué une session d’urgence du Conseil de sécurité, soulignant les risques d’une guerre régionale plus large impactant l’aviation civile. L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a émis des NOTAM (Notices to Airmen) pour plusieurs pays, recommandant d’éviter les espaces aériens iraniens et irakiens.

Implications économiques pour les compagnies et les passagers

Les annulations massives pèsent lourd sur les bilans des compagnies. Air France-KLM, qui opère plus de 50 vols hebdomadaires vers le Moyen-Orient, estime des pertes journalières en millions d’euros dues aux reroutages et aux remboursements. Lufthansa, avec ses hubs à Francfort et Munich, gère des coûts supplémentaires pour les carburants via des routes alternatives, comme des survols prolongés au-dessus de la Turquie ou de la mer Noire.

Pour les passagers, les waivers se multiplient. Air France offre des changements gratuits pour les billets vers le Liban et le Golfe jusqu’au 15 mars, tandis que British Airways étend cette flexibilité à Tel-Aviv. Des associations de consommateurs, comme l’UFC-Que Choisir en France, appellent à une indemnisation automatique sous le règlement européen EC 261/2004, couvrant annulations et retards de plus de trois heures.

Au Liban, l’économie déjà fragile subit un coup supplémentaire. L’aéroport de Beyrouth, qui accueille annuellement plus de 8 millions de passagers, voit son trafic chuter de 30 % en février, selon des estimations du ministère des Transports. Des hôtels à Beyrouth rapportent des annulations de réservations touristiques, aggravant la crise économique persistante depuis 2019.

Réactions des gouvernements et mesures d’urgence

Les gouvernements occidentaux ont émis des avis de voyage renforcés. La France déconseille tout déplacement vers Israël, Jérusalem et la Cisjordanie, alertant sur des annulations de vols potentielles. Le Royaume-Uni a retiré son personnel diplomatique d’Iran, tandis que l’Australie a évacué les familles de ses diplomates d’Israël et du Liban, citant des risques d’escalade menant à des fermetures d’espaces aériens.

Aux États-Unis, le département d’État a élevé l’alerte pour l’Iran à niveau 4, urging les citoyens à quitter immédiatement, prévoyant des perturbations internet et aériennes. L’ambassade américaine à Beyrouth a ordonné le départ du personnel non essentiel, reflétant les craintes d’une implication libanaise via le Hezbollah.

En Iran, les médias d’État comme IRINN rapportent des explosions près de sites gouvernementaux, avec l’espace aérien fermé et le guide suprême Ali Khamenei évacué vers un bunker sécurisé. L’Irak, en fermant son airspace, prépare une riposte potentielle, avec des lancements de missiles signalés depuis des bases pro-iraniennes.

Détails des routes affectées et alternatives explorées

Les routes aériennes les plus touchées incluent les corridors Europe-Moyen-Orient, avec des vols Paris-Beyrouth (AF566) et Amsterdam-Tel-Aviv (KL461) annulés. Des alternatives via Athènes ou Istanbul sont envisagées, mais Turkish Airlines, ayant annulé ses vols vers Téhéran, limite les options.

Flightradar24 montre des dizaines de vols détournés ce matin, comme un Air France Paris-Dubaï rerouté via l’Égypte. Les aéroports de Chypre et de Grèce absorbent une partie du trafic, avec des surcharges potentielles.

Les compagnies low-cost comme Ryanair et EasyJet, qui opèrent vers Tel-Aviv depuis l’Europe, ont annulé leurs vols du week-end, affectant des milliers de touristes. Pegasus Airlines, turque, a suspendu ses liaisons vers l’Irak, la Jordanie et le Liban jusqu’au 30 juin, et vers l’Iran jusqu’au 30 juillet.

État actuel des aéroports régionaux

À l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, fermé jusqu’à 10h UTC, des sirènes ont retenti suite à des lancements de missiles iraniens. À Beyrouth, les opérations continuent mais avec des retards cumulés de plus de 1 000 vols ce mois-ci, selon des données de l’aviation civile.

À Dubaï et Doha, les hubs fonctionnent, mais avec des ajustements. Hamad International à Doha gère des reroutages, tandis que Dubai International signale des hausses de 5 % des prix du pétrole impactant les coûts carburant.

En Irak, la fermeture totale inclut Erbil, où des vols humanitaires de l’ONU sont suspendus. Cette mesure, immédiate après les frappes, vise à prévenir des survols de missiles.

Les implications immédiates incluent des hausses de tarifs aériens de 20 % sur les routes alternatives, et des perturbations pour le fret aérien, essentiel pour les exportations pétrolières et pharmaceutiques. Des analystes de l’IATA estiment que si les tensions persistent, les pertes globales pour l’aviation pourraient atteindre des milliards d’euros en 2026.

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