Les forces armées israéliennes ont lancé, ce lundi 2 mars 2026, une série de raids aériens intenses sur la banlieue sud de Beyrouth, connue sous le nom de Dahiyeh, et sur plusieurs zones du sud du Liban. Selon un bilan provisoire établi par le ministère libanais de la Santé, ces attaques ont causé la mort d’au moins 31 personnes et blessé 149 autres. Ce nouvel épisode d’escalade marque une ouverture brutale du front libano-israélien, sur fond de tensions régionales exacerbées par la mort récente du guide suprême iranien, Ali Khamenei, confirmée la veille. Les explosions ont secoué la capitale libanaise, semant la panique parmi les habitants et ravivant les souvenirs des conflits passés entre Israël et le Hezbollah.
Le ministère libanais de la Santé a publié un communiqué détaillant la répartition des victimes. Dans la Dahiyeh, bastion du Hezbollah à Beyrouth, 20 personnes ont été tuées et 91 blessées. Au sud du pays, 11 décès et 58 blessés ont été recensés. Ce bilan, qualifié de « provisoire et non définitif » par les autorités sanitaires, pourrait s’alourdir dans les heures à venir, alors que les équipes de secours fouillent encore les décombres. Des sources sécuritaires libanaises ont indiqué que les frappes ont visé plusieurs secteurs de la banlieue sud, avec plus d’une douzaine d’explosions rapportées, constituant l’assaut le plus intense sur cette zone depuis la guerre de 2024 entre Israël et le Hezbollah. Des images diffusées par les médias locaux montrent des colonnes de fumée s’élevant au-dessus des immeubles endommagés, tandis que des ambulances sillonnent les rues pour évacuer les blessés.
Les circonstances immédiates de ces raids remontent à des tirs de missiles et de drones lancés par le Hezbollah en direction d’Israël, revendiqués par le mouvement chiite comme une riposte à la mort d’Ali Khamenei, attribuée à des frappes israélo-américaines. Le Hezbollah a annoncé avoir ciblé des positions israéliennes pour « accomplir son devoir face à l’agression ». En réponse, l’armée israélienne a déclaré mener des opérations contre des infrastructures du Hezbollah « à travers le Liban », incluant des centres de commandement et des figures clés du mouvement. Un général israélien a affirmé que les frappes seraient intensifiées, marquant une escalade significative après des mois de violations sporadiques du cessez-le-feu conclu en novembre 2024.
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Un bilan humain provisoire mais alarmant
Le centre des opérations d’urgence de la Santé publique, rattaché au ministère de la Santé, a précisé que les victimes incluent des civils, bien que le Hezbollah n’ait pas encore communiqué sur d’éventuelles pertes parmi ses combattants. Dans la Dahiyeh, les raids ont touché des zones densément peuplées, avec des bâtiments résidentiels et des infrastructures civiles affectés. Des témoins oculaires ont décrit des scènes de chaos, avec des familles fuyant leurs domiciles au milieu des déflagrations. Au sud, les frappes se sont concentrées sur des villages comme ceux de la région de Tyr et de Nabatieh, où des sources locales rapportent des destructions importantes de routes et de maisons. Le ministère a indiqué que la majorité des blessés souffrent de blessures par éclats, de brûlures ou de traumatismes liés aux explosions, surchargeant les hôpitaux de Beyrouth et du sud déjà fragilisés par la crise économique persistante au Liban.
Ce bilan s’inscrit dans une série d’attaques récentes qui ont violé le cessez-le-feu de novembre 2024. Depuis cette date, le ministère libanais de la Santé a recensé plus de 331 morts et 945 blessés dus à des frappes israéliennes, majoritairement dans le sud et l’est du pays. Par exemple, le 21 février 2026, des raids sur la vallée de la Bekaa ont tué au moins 10 personnes et blessé 24 autres, dont trois enfants, selon les autorités sanitaires libanaises. Ces incidents répétés soulignent la fragilité de l’accord, négocié sous l’égide des Nations unies et des États-Unis, qui prévoyait le retrait des forces du Hezbollah au nord du Litani et un renforcement de la présence de l’armée libanaise au sud.
Le contexte régional de l’escalade
Cette ouverture du front libano-israélien intervient dans un climat de tensions extrêmes au Moyen-Orient, déclenchées par la confirmation de la mort d’Ali Khamenei, survenue dans des circonstances encore controversées mais attribuées à une opération conjointe israélo-américaine. Le guide suprême iranien, âgé de 86 ans, représentait un pilier du soutien à des groupes comme le Hezbollah, financé et armé par Téhéran. Sa disparition a provoqué des réactions en chaîne, avec des milices soutenues par l’Iran, dont le Hezbollah, promettant des représailles. Le mouvement libanais, dirigé par Naïm Qassem depuis la mort de Hassan Nasrallah en 2024, a déclaré qu’il « accomplirait son devoir » en ripostant, menant à des tirs de roquettes et de drones vers le nord d’Israël dès la nuit du 1er au 2 mars.
L’armée israélienne a réagi promptement, ordonnant l’évacuation de dizaines de villages dans l’est et le sud du Liban, avertissant les civils de s’éloigner d’au moins 1 000 mètres des zones ciblées. Des sources militaires israéliennes ont affirmé que les frappes visaient des « opérateurs seniors du Hezbollah » à Beyrouth et dans le sud, incluant un « figure clé » dans la région méridionale. Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large d’Israël, qui a intensifié ses actions contre les proxies iraniens depuis la guerre de 2024, visant à démanteler les capacités militaires du Hezbollah.
Historiquement, le front libano-israélien a été marqué par des conflits récurrents. La guerre de 2006, qui a duré 34 jours, a causé plus de 1 200 morts au Liban et 160 en Israël, menant à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui appelait au désarmement des milices au sud du Litani et au déploiement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Depuis octobre 2023, date du début des hostilités liées au conflit à Gaza, les échanges de tirs ont causé plus de 4 047 morts au Liban, dont 316 enfants et 790 femmes, et blessé 16 638 personnes, selon les statistiques du ministère de la Santé. Parmi les victimes, au moins 41 soldats de l’armée libanaise et plus de 200 personnels médicaux ont été tués.
Les violations du cessez-le-feu de 2024 se sont multipliées depuis février 2026. Le 1er février, deux membres du Hezbollah ont été tués dans des frappes sur le district de Tyr, avec 12 blessés rapportés. Le 27 février, un raid sur la Bekaa a tué un ressortissant syrien et blessé une autre personne. Ces incidents ont visé des zones comme Iqlim al-Tuffah, Markaba et la vallée de la Bekaa, souvent des forêts ou des collines, sans toujours causer de victimes mais renforçant la tension.
Les réactions des hommes politiques libanais
Face à cette escalade, les réactions des responsables libanais ont été immédiates, reflétant les divisions internes et la crainte d’un embrasement généralisé. Le Premier ministre Nawaf Salam, en poste depuis février 2025, a rapidement condamné les tirs initiaux du Hezbollah, les qualifiant d' »acte irresponsable et suspect ». Dans un message publié sur le réseau social X, il a déclaré : « Peu importe qui est derrière, les tirs de roquettes depuis le sud du Liban sont un acte irresponsable et suspect qui met en danger la sécurité du Liban et donne à Israël des excuses pour continuer ses attaques contre ce pays. » Il a promis que le gouvernement prendrait « toutes les mesures nécessaires pour arrêter les coupables et protéger les Libanais », affirmant que le Liban « ne permettra pas d’être entraîné dans de nouvelles aventures ». Cette position illustre la ligne prudente adoptée par le cabinet Salam, qui cherche à préserver la souveraineté de l’État face aux milices armées.
D’autres figures politiques libanaises ont exprimé des préoccupations similaires, bien que les détails de leurs déclarations immédiates restent limités dans le contexte de cet événement. L’ancien Premier ministre Najib Mikati, influent dans les cercles sunnites, n’a pas réagi publiquement dans les heures suivant les frappes, mais son historique de modération lors des crises passées suggère une alignment sur la position du gouvernement actuel. Samir Geagea, leader des Forces libanaises, un parti chrétien opposé au Hezbollah, a souvent critiqué les actions du mouvement chiite comme des provocations risquant d’entraîner le Liban dans un conflit plus large, bien que aucune déclaration spécifique n’ait été rapportée pour le 2 mars.
Le président du Parlement, Nabih Berri, allié du Hezbollah via le mouvement Amal, a joué un rôle clé dans les négociations internes récentes, comme lors du conseil des ministres du 5 septembre 2025, où un compromis a été trouvé sur le désarmement progressif des milices. Cependant, aucune réaction directe de sa part n’a été enregistrée pour cet incident. Le Hezbollah, de son côté, a réaffirmé son engagement : « Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l’agression », selon un communiqué officiel. Cette divergence met en lumière les fractures confessionnelles et politiques au Liban, où le Hezbollah maintient une armée parallèle malgré les appels internationaux au désarmement.
Les dynamiques internes libanaises
Au-delà des réactions immédiates, cet événement s’inscrit dans un débat national sur le monopole des armes de l’État. En août 2025, le gouvernement Salam a chargé l’armée libanaise d’élaborer un plan de désarmement du Hezbollah d’ici la fin de l’année, une décision contestée par le mouvement qui l’a qualifiée de « non existante ». Ce plan vise à rétablir l’autorité de l’État au sud du Litani, conformément à la résolution 1701 de l’ONU. Les influences confessionnelles jouent un rôle majeur : les sunnites de Tripoli, les chiites du sud et les chrétiens des régions centrales influencent les positions, sans favoritisme documenté au-delà des alliances historiques.
Économiquement, le Liban reste vulnérable. La dette publique, l’inflation et les dépenses publiques, croisées avec les rapports du FMI et de la Banque mondiale, aggravent la situation. Les frappes actuelles risquent de perturber davantage l’approvisionnement en carburant et en biens essentiels, comme lors des crises passées.
Les implications immédiates des frappes
Les opérations israéliennes ont inclus des appels à l’évacuation pour près de 50 villages au sud et à l’est du Liban, provoquant des déplacements de population. Des sources libanaises rapportent que des familles ont fui vers le nord, surchargeant les routes. L’armée israélienne a justifié ces mesures par la nécessité de neutraliser des menaces, tout en accusant le Hezbollah de violations répétées du cessez-le-feu. Parallèlement, des rapports indiquent que des drones israéliens ont largué des explosifs dans des zones comme Markaba, sans causer de victimes supplémentaires rapportées.
Dans les heures suivant les raids, les hôpitaux de Beyrouth ont lancé des appels au don de sang, tandis que les forces de sécurité libanaises ont été déployées pour maintenir l’ordre. Le ministère de la Santé a mis à jour ses protocoles d’urgence, rappelant les leçons des conflits antérieurs où plus de 200 médics ont perdu la vie depuis 2023. Ces faits récents soulignent les risques persistants pour les civils, avec des infrastructures comme les routes et les réseaux électriques potentiellement endommagées dans le sud.



