Joseph Aoun défend la souveraineté nationale face aux pressions régionales
Lors d’un discours au Palais de Baabda rapporté par Al Joumhouriyat du 14 août 2025, le président de la République Joseph Aoun a réitéré son attachement à « une souveraineté pleine et entière du Liban », rejetant toute influence étrangère dans les décisions internes. Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par la visite de responsables iraniens à Beyrouth et la validation controversée d’une feuille de route sécuritaire proposée par l’émissaire américain Tom Barrack.
Selon Al Akhbar du 14 août 2025, Joseph Aoun a déclaré que « le Liban ne saurait être le champ de confrontation des puissances internationales » et que toute réforme sécuritaire ou institutionnelle « doit respecter le pacte national et les équilibres internes ». Le président entend ainsi se positionner en garant de la Constitution, tout en rappelant son rôle d’arbitre entre les différentes composantes politiques et confessionnelles du pays.
Le journal Ad Diyar du 14 août 2025 précise que cette déclaration a été perçue comme un signal à l’adresse du Hezbollah, soupçonné de bloquer certaines réformes en s’appuyant sur son influence armée. Bien qu’aucune formation n’ait été nommée directement, le ton du discours présidentiel a été qualifié de « ferme, mais prudent », selon des sources proches du Palais.
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Dans le même discours, Joseph Aoun a aussi abordé le rôle des institutions militaires, affirmant que « l’armée reste le seul garant de la sécurité nationale », excluant ainsi implicitement toute légitimité parallèle à celle de l’État. Cette phrase, relayée par Al Sharq du 14 août 2025, a suscité une série de réactions de la part des partis chiites qui y ont vu une tentative de désarmer indirectement les factions résistantes du Sud.
Nawaf Salam prône une gouvernance active et décentralisée
Le Premier ministre Nawaf Salam, s’exprimant à la sortie d’un Conseil des ministres évoqué par Al Sharq Al Awsat du 14 août 2025, a pour sa part défendu une ligne plus technocratique et réformiste. Il a déclaré que « l’État libanais ne peut continuer à fonctionner selon des équilibres figés hérités d’accords dépassés ». Cette déclaration, bien que non dirigée contre un acteur en particulier, a été perçue comme une critique des rigidités confessionnelles entravant les décisions gouvernementales.
Lors de ce point presse, Nawaf Salam a insisté sur la nécessité d’introduire une réforme des nominations administratives et judiciaires. Selon An-Nahar du 14 août 2025, il a affirmé que « les blocages institutionnels doivent être levés par une rationalisation du processus décisionnel », plaidant pour un élargissement des prérogatives du Conseil des ministres en matière budgétaire.
Nawaf Salam a aussi réagi à la polémique autour de la feuille de route américaine, soulignant que « toute initiative sécuritaire validée par l’exécutif s’inscrit dans le cadre d’une souveraineté partagée entre les institutions ». Cette déclaration, relayée par Al Liwa’ du 14 août 2025, visait à calmer les tensions au sein de son cabinet, tout en maintenant une ligne pro-réforme face à la pression des partis traditionalistes.
Sur le plan social, le chef du gouvernement a insisté sur la reprise des négociations avec les syndicats de la fonction publique. Il a déclaré que « l’équité salariale entre les ministères est une condition préalable à la stabilité sociale », appelant à une refonte globale du système de rémunération dans l’administration. Cette position a été saluée par plusieurs responsables syndicaux interrogés par Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025, bien que ceux-ci demandent des engagements chiffrés à court terme.
Ali Larijani défend la présence iranienne et critique les réformes occidentales
Lors de sa visite à Beyrouth, Ali Larijani, secrétaire du Conseil de sécurité nationale iranien, a multiplié les déclarations diplomatiques visant à renforcer la légitimité du Hezbollah au Liban. Selon Al Bina’ du 14 août 2025, il a affirmé que « la résistance est un droit des peuples face à l’occupation et à l’agression », en référence implicite à Israël et à l’influence américaine dans la région.
Dans une déclaration conjointe à l’issue de son entretien avec le président Aoun, Larijani a ajouté que « l’Iran n’intervient pas dans les affaires internes libanaises, mais soutient ses amis dans leur combat pour la justice et la liberté ». Cette phrase, largement relayée par Al Akhbar du 14 août 2025, a été perçue par les observateurs comme une façon de justifier le soutien logistique et politique de l’Iran au Hezbollah sans reconnaître une implication directe dans les institutions libanaises.
Interrogé sur la feuille de route américaine, Larijani a critiqué l’initiative en affirmant que « les réformes sécuritaires imposées de l’extérieur ne servent qu’à affaiblir les structures de défense légitimes du pays ». Cette critique a été reprise par Ad Diyar du 14 août 2025, qui note que les diplomates iraniens à Beyrouth ont exprimé, en coulisses, leur inquiétude face à l’évolution du positionnement stratégique du Liban vis-à-vis de l’axe occidental.
Enfin, Larijani a évoqué la possibilité d’un renforcement de la coopération énergétique entre Beyrouth et Téhéran, déclarant que « l’Iran est prêt à fournir au Liban des ressources vitales sans contrepartie politique ». Selon Al Joumhouriyat du 14 août 2025, cette déclaration s’inscrit dans une stratégie iranienne visant à étendre sa diplomatie énergétique dans la région.
Samir Geagea et Sleiman Frangié : affrontement par médias interposés
Sur la scène politique interne, plusieurs figures marquantes ont pris la parole de manière ciblée. Samir Geagea, chef des Forces libanaises, a accusé le camp présidentiel d’être complice d’un « putsch institutionnel silencieux ». Selon une interview donnée à An-Nahar du 14 août 2025, il a déclaré que « le Conseil des ministres ne peut être un outil de soumission aux agendas étrangers », dénonçant l’adoption sans consensus de la feuille de route sécuritaire.
Sleiman Frangié, président du Marada, a répondu à ces propos lors d’un point presse à Zgharta, relayé par Al Bina’ du 14 août 2025. Il a affirmé que « les Forces libanaises ne peuvent parler de démocratie alors qu’elles refusent toute inclusion des courants de résistance ». Selon lui, la feuille de route américaine est « un piège destiné à fragmenter le tissu national ».
Les échanges ont pris une tournure plus virulente dans les médias. Al Sharq du 14 août 2025 rapporte que les porte-paroles des deux partis ont multiplié les attaques personnelles, allant jusqu’à remettre en cause la légitimité politique de leurs adversaires. Geagea a notamment accusé Frangié d’être « le relais de Téhéran au Liban-Nord », tandis que ce dernier a répliqué en dénonçant « les liaisons financières des FL avec des chancelleries étrangères ».
Citations divergentes sur la neutralité, l’économie et la réforme
Sur le plan économique, Khaled Dahir, député de Tripoli, a affirmé dans une déclaration à Al Liwa’ du 14 août 2025que « le peuple ne peut plus attendre les calculs confessionnels pour obtenir des services de base ». Il appelle à une « réforme urgente des circuits de distribution de l’électricité et des subventions aux denrées essentielles ». Ces propos ont été salués par des ONG locales qui appellent à une décentralisation des budgets.
Par ailleurs, Jean Talouzian, député indépendant, a publié une tribune dans Al Joumhouriyat du 14 août 2025 appelant à « repenser la neutralité du Liban » comme principe constitutionnel. Selon lui, seule une position de non-alignement strict permettrait d’éviter les ingérences extérieures répétées. Cette position, partagée par une partie du bloc souverainiste, se heurte à la réalité du rapport de force parlementaire.
Enfin, Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, a critiqué dans Al Akhbar du 14 août 2025 ce qu’il appelle « la volonté de liquider la résistance au profit d’un capitalisme néocolonial ». Il dénonce la montée des discours visant à désarmer le Hezbollah comme une tentative de « transformer le Liban en satellite politique et économique des puissances occidentales ».



