La relation entre Israël et le Liban est marquée par des décennies de conflits, d’accords controversés et d’interventions internationales. Parmi les événements historiques majeurs, l’accord de paix de 1983 signé sous la médiation américaine reste une référence incontournable dans la diplomatie bilatérale. Cet accord, connu sous le nom d’« Accord du 17 mai », visait à normaliser les relations entre les deux pays après l’invasion israélienne de 1982, mais il n’a jamais été pleinement appliqué en raison d’un rejet massif de la part des factions libanaises, notamment le Hezbollah et la Syrie.
D’après Al Sharq, cet accord était perçu comme déséquilibré, Israël exigeant des garanties sécuritaires strictes tandis que le Liban cherchait à préserver son intégrité territoriale et sa souveraineté. Les tensions autour de cet accord révèlent la complexité des dynamiques internes libanaises, où chaque faction politique défend des intérêts souvent divergents. En comparaison, les accords bilatéraux plus récents, notamment sur le tracé des frontières maritimes en 2022, illustrent une évolution dans la manière dont les deux États abordent leurs différends. L’accord sur la délimitation des zones économiques exclusives, négocié sous l’égide des États-Unis, reflète une volonté pragmatique des deux parties de résoudre les litiges économiques tout en maintenant des lignes rouges strictes sur les questions de sécurité.
L’impact des accords bilatéraux sur la sécurité régionale
Le thème de la sécurité est central dans les relations bilatérales israélo-libanaises. L’accord de 1983, bien qu’échoué, reste un précédent en matière de négociations sur les garanties de sécurité. Selon Ad Diyar, Israël exigeait à l’époque un engagement explicite du Liban à ne pas permettre d’activités hostiles à partir de son territoire, notamment par des groupes armés comme l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Cette exigence, qui trouve un écho dans les demandes actuelles concernant le Hezbollah, reste au cœur des contentieux.
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La question des garanties de sécurité est également présente dans l’accord maritime de 2022. Bien que cet accord soit principalement économique, il inclut des clauses implicites sur le respect des zones démilitarisées maritimes. Al Joumhouria rapporte que cet accord a réduit les tensions dans les eaux méditerranéennes, mais qu’il n’a pas supprimé les frictions autour des plateformes gazières offshore, perçues comme des cibles potentielles dans un contexte d’escalade militaire.
Médiations internationales et perspectives d’avenir
Le rôle des États-Unis dans la médiation des accords bilatéraux est souvent central. Al Arabi Al Jadid souligne que Washington a été un acteur clé non seulement dans l’accord de 1983, mais aussi dans la négociation de 2022. Les États-Unis cherchent à préserver la stabilité régionale tout en sécurisant leurs propres intérêts énergétiques et géopolitiques.
Par ailleurs, Al Akhbar met en lumière la place de la France dans les efforts de médiation. Historiquement impliquée au Liban, Paris a joué un rôle discret mais significatif en soutenant les discussions bilatérales, notamment via l’ONU, pour éviter que les tensions ne débordent sur une confrontation ouverte.
Cependant, la normalisation complète entre Israël et le Liban reste un objectif lointain. Al Sharq Al Awsat rapporte que les lignes rouges fixées par les factions politiques libanaises, notamment le Hezbollah, empêchent tout progrès significatif vers un accord de paix global. Le maintien d’un statu quo sécuritaire semble être la seule option viable à court terme.



