mardi, janvier 13, 2026

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Danser sur un volcan على حافة البركان

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Danser sur un Volcan est un film documentaire (1h27) qui met en évidence la résilience de l’équipe de tournage et raconte leur lutte face à un dilemme pour continuer à faire du cinéma au milieu d’une ville dévastée après l’explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020 : affronter le chaos et poursuivre le tournage de leur film ou l’abandonner face aux crises qui gagnent le pays.

En partenariat avec le Festival du Film Libanais de France et Impact Lebanon, l’association  » Rencontre Culturelle Franco-Libanaise  » (RCFL), à Paris, vous donne rendez-vous le 15, 20 et 23 septembre 2024, pour assister en avant-première à la projection débat du film en présence du réalisateur Cyril Aris :

Cinéma l’Escurial – Paris 75013 – 15 septembre à 11h

Cinéma l’Espace Saint-Michel à Paris 75005 – 20 septembre à 20h

Cinéma les 7 parnassiens – Paris 75014 – 23 septembre à 20h



Note du réalisateur Cyril ARiS :
« A 18h07 le 4 août 2020, les horloges de Beyrouth ont arrêté de tourner, figée dans le temps. Un étrange rappel des images de l’horloge de 8h15 d’Hiroshima. Il n’y a pas meilleure allégorie pour ce que nous avons ressenti ce jour-là : flotter en attendant que notre horloge redémarre, en attendant 18h08… Peu importe ce que 18h08 apportera.

Ce n’était pas du tout une action rationnelle lorsque j’ai pris ma caméra pour filmer la productrice Myriam SASSINE et la réalisatrice Mounia AKL lorsque l’explosion a frappé Beyrouth. Une pure impulsion pour capter ce moment passager qui pourrait peut-être changer nos vies pour toujours ? Ou un désir soudain de donner sens à quelque chose d’invraisemblablement colossal ? Il n’y avait aucune intention initiale juste un élan de curiosité : pour mon destin, pour le sort de mes amis et collègues, pour le sort du pays tout entier ; s’effondrant dans une crise économique et sociale. Au milieu de ce chaos insupportable et incompréhensible, prendre ma caméra n’était qu’une simple tentative de donner un peu sens à tout cela … Pour une région empêtrée dans des conflits politiques et économiques, l’art a toujours été considéré comme un luxe. Non seulement par la plupart des gouvernements arabes, mais aussi par la population générale. Ainsi, lorsque l’explosion s’est produite, il était inévitable de me demander si ce que nous faisions avait un impact, un sens.

Danser sur un volcan ne traite pas uniquement de l’explosion, mais aussi d’une enquête sur la contestée de la valeur de l’art en tant que crise. Il s’agit avant tout d’une méditation sur la perte, perte d’une ville qui n’existe plus ; perte de la vie qui n’est plus ; perte de soi qui ne peut être ressuscité, même avec un film à faire ». Cyril Aris

Interview du réalisateur Cyril Aris © Films des deux rives :

Danser sur un volcan est un film sur l’importance de l’art en temps de crise. Quel constat faites-vous après le tournage du film ?
Le Liban a été confronté à de nombreux défis au cours des dernières décennies, notamment des guerres, des troubles politiques, une instabilité économique et de nombreux problèmes sociaux. Dans ces moments-là, l’art a souvent été un moyen essentiel d’expression, de réflexion et de résilience. Le film lui-même explore le rôle du cinéma dans une société en difficulté, mettant en lumière le pouvoir de la narration et la nature cathartique de l’expression créative. Il montre comment les artistes et les cinéastes affrontent l’adversité, en utilisant leur métier pour traiter leurs propres expériences et offrir une voix à leurs semblables. Cependant, il est essentiel de reconnaître un comportement plus cynique qui remet en question la valeur et l’impact de l’art pendant ces périodes aussi tumultueuses. Certains diront peut-être que face à des défis immédiats et urgents, l’art peut sembler frivole, voire hors de propos. Je crois que cette dichotomie se fait sentir par les personnages du film, ce qui reflète très bien mon point de vue sur le sujet.

Quand avez-vous entendu parler du film Costa brava Lebanon, le premier long-métrage de Mounia Akl ?
J’ai pris connaissance du film à travers une longue collaboration avec Mounia Akl s’étalant sur plus de dix ans. Elle a co-écrit avec moi le court métrage La visite du Président et monté mon premier documentaire The Swing. Nous nous soutenons mutuellement, je trouve en elle une âme sœur créative.

J’ai rejoint l’équipe de Costa Brava Lebanon en tant que monteur, je travaillais donc en étroite collaboration avec elle et ses producteurs, Myriam SASSINE et Georges SCHOUCAIR, ainsi que le directeur de la photographie Joe SAADE.

D’où est venue votre envie d’utiliser la forme du documentaire pour explorer le rôle du cinéma dans une société en difficulté ?
Cela s’est imposé à moi suite à l’explosion dans le port de Beyrouth. Témoin de l’impact profond de cette tragédie sur notre ville, j’ai été frappé par la résilience du peuple libanais face à la destruction. Des individus de tout le pays se sont rassemblés à Beyrouth armés de balais, affichant une détermination à nettoyer et reconstruire leur ville détruite. En contemplant cet effort constant de reconstruction, je me suis senti obligé de documenter les efforts collectifs et populaires qui sauvaient notre Beyrouth bien-aimée.

J’ai questionné ce besoin instinctif du peuple libanais à se relever des traumatismes collectifs, tout en réfléchissant également au rôle des cinéastes dans un pays au bord de l’effondrement. Prendre ma caméra est devenu une tentative sérieuse de donner un sens à tout cela. Quand j’ai appris que Mounia, Myriam et leur équipe envisageaient de poursuivre leur projet dans ce cadre contexte tumultueux, j’ai réalisé que documenter ces efforts pourrait fournir un fil narratif à tisser ensemble sur ces questions disparates.

Quelles ont été vos propres difficultés en réalisant ce film ?
Ayant personnellement vécu la même situation que l’équipe du tournage que je suivais, j’ai trouvé le processus plutôt utile que difficile. Je me suis retrouvé projeté par mes propres doutes, peurs et incertitudes sur les personnages filmés. En captant leurs luttes, leurs rêves et leurs aspirations, je pouvais reconnaître et comprendre leurs émotions, car elles reflétaient les miennes. D’une manière unique nos chemins se sont entremêlés. Plutôt que d’être un observateur détaché, je suis devenu un participant actif à leur expérience. Il n’y avait aucune barrière émotionnelle qui séparaient mes sentiments des leurs à l’exception de la présence de la caméra elle-même.

Où voir le film en présence du réalisateur ?
– 15 septembre : Cinéma Escurial – PARIS, en partenariat avec l’association RCFL
– 16 septembre : Cinéma Diagonal à MONTPELLIER.
– 17 septembre : Cinéma Les Variétés à MARSEILLE
– 18 septembre : Cinéma Le Méliès à PORT DE BOUC.
– 19 septembre : Cinéma Le Belmondo à NICE, en partenariat avec l’association CLIF
– 20 septembre : Cinéma Espace St Michel – PARIS, en partenariat avec l’association RCFL
– 21 septembre : Cinéma Le Lux à VALENCE.
– 22 septembre : Cinéma Le Rio à CLERMONT-FERRAND
– 23 septembre : Cinéma les 7 Parnassiers, en partenariat avec l’association RCFL et les associations d’étudiants ESCP Liban, HECèdre et ESSEC Liban.
– 25 septembre : Cinéma Les Carmes à ORLÉANS.
– 27 septembre :’Espace Saint-Michel – Paris, animée par Coline Houssais : journaliste, traductrice et chercheuse, spécialiste des musiques du monde arabe ainsi que de l’histoire culturelle de la présence arabe et berbère en France.
– 1er octobre : Cinéma Espace Saint-Michel – Paris, animée par Michel Tabbal, docteur en droit international et spécialiste de l’histoire du cinéma libanais.

Cyril Aris est un réalisateur, scénariste et monteur libanais basé à Beyrouth. Diplômé de l’université de Columbia à New York, il est également membre de l’Académie des Arts et des Sciences du Cinéma. Son court métrage la visite du Président (2017) a été présenté en première au Festival international du Film de Toronto et a été projeté dans plus de 80 Festivals à travers le monde.S’aventurant dans le monde du documentaire, Cyril Ariss a dévoilé son premier long métrage documentaire The swingen 2018, présenté en première au festival de Karlovy Vary et a remporté des prix à El-Gouna, Rome, Londres et Budapest. Ses contributions en tant que monteur incluent le reportage americano-philippin Mort de Nintendo (2020) réalisé par Raya Martin dont la première a eu lieu à la 70e Berlinale et Costa Brava Lebanon (2021) réalisé par Mona Akl dont la première a eu lieu au 78e Festival du Film de Venise et a remporté le prix NETPAC au Festival International du Film de Toronto, le public prix au BFI London Film Festival et le prix FIPRESCI à El-Gouna.Cyril Ariss travaille actuellement la post-production de son long-métrage It’s a sad and beautiful World. Danser sur un Volcan est son deuxième long métrage documentaire et a été sélectionné dans de nombreux festivals internationaux.

Distribution : Les films des deux rives
Depuis sa création en 2006, la société les Films des deux rives distribue des films méditerranéens en salles de cinéma, tant dans le genre de la fiction que du documentaire.
Fondée par trois amoureux du cinéma qui voulaient voir en salles les beaux films méditerranéens programmés uniquement en festival, la société continue d’œuvrer pour la diffusion de films engagés, supports de débats avec les spectateurs. Notre équipe met tout en œuvre pour que les films trouvent leur public avec notamment des partenariats avec de nombreuses associations partout en France.
Au-delà de la distribution de films en salles, les Films des deux rives participent également chaque année à la programmation de la manifestation Regards sur le cinéma algérien dans toute la région Occitanie, rendez-vous incontournable des amoureux et curieux du cinéma algérien contemporain.

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Jinane Chaker Sultani Milelli
Jinane Chaker Sultani Milelli
Jinane Chaker-Sultani Milelli est une éditrice et auteur franco-libanaise. Née à Beyrouth, Jinane Chaker-Sultani Milelli a fait ses études supérieures en France. Sociologue de formation [pédagogie et sciences de l’éducation] et titulaire d’un doctorat PHD [janvier 1990], en Anthropologie, Ethnologie politique et Sciences des Religions, elle s’oriente vers le management stratégique des ressources humaines [diplôme d’ingénieur et doctorat 3e cycle en 1994] puis s’affirme dans la méthodologie de prise de décision en management par construction de projet [1998].

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