jeudi, janvier 22, 2026

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Davos vu par la presse libanaise: l’omniprésence de Donald Trump, entre fascination et inquiétudes

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Dans plusieurs quotidiens libanais du 22 janvier 2026, la présence de Donald Trump à Davos a dominé la couverture du Forum économique mondial. Le président américain, à mi-mandat de son second passage à la Maison Blanche, a utilisé cette tribune pour réaffirmer son agenda unilatéraliste et ses ambitions controversées.

Dans Al Joumhouria (22.1.2026), aucune mention directe de Davos n’est faite en une, mais les développements internationaux, notamment la position américaine sur la sécurité aux frontières libanaises, sont analysés comme influencés par l’attitude actuelle de Washington. L’intervention de Trump à Davos est davantage relayée par d’autres journaux.

Le quotidien Al Binaa (22.1.2026) consacre une analyse à la posture de Trump à Davos, qualifiant son discours d’« étalage de propagande » fondé sur « des initiatives diplomatiques exagérées et une militarisation de la puissance américaine ». Le journal souligne que le président américain a ridiculisé plusieurs dirigeants européens depuis la tribune suisse, dénonçant la mollesse de leurs politiques face aux enjeux économiques et militaires actuels. L’article y voit une stratégie de tension destinée à renforcer la domination des États-Unis sur leurs partenaires, plus qu’un message de coopération multilatérale.

Dans Al Nahar (22.1.2026), le ton est plus modéré, mais l’ironie transparaît dans le titre « Trump enflamme le différend avec l’Europe ». Le quotidien note que le président américain, en se vantant de ses performances économiques et en dénonçant l’inertie des Européens, semble avoir utilisé Davos comme une campagne personnelle de légitimation, plutôt que comme un forum pour le dialogue global.

Al Quds Al Arabi (22.1.2026) adopte une perspective géopolitique plus large en qualifiant cette édition du forum de « version de renversement de l’ordre mondial ». Selon le journal, les prises de position de Trump sur la souveraineté américaine, sa revendication sur l’île de Groenland et sa remise en cause du rôle des alliés de l’OTAN illustrent une dynamique de fracture du système international tel qu’il a été façonné après la Seconde Guerre mondiale.

De manière plus incisive, Nida’ Al Watan (22.1.2026) titre « C’est juste un bloc de glace », reprenant mot pour mot les propos de Trump sur le Groenland. Le journal souligne la sidération des participants européens à Davos devant la radicalité du chef d’État américain, qui a insisté sur son intention de s’approprier ce territoire autonome danois tout en excluant l’usage de la force militaire. Cette posture est décrite comme symptomatique d’une diplomatie du choc, où l’exagération et la provocation sont délibérément utilisées comme levier stratégique.

Le quotidien Al Liwa’ (22.1.2026) évoque également cette déclaration sur le Groenland en insistant sur l’angle diplomatique. Le journal rapporte que Trump a exigé l’ouverture de « négociations immédiates » sur l’acquisition de l’île et a lancé des avertissements aux pays membres de l’OTAN quant à leur coopération avec les États-Unis. Cette rhétorique agressive est perçue comme une tentative d’imposer une nouvelle hiérarchie dans les relations transatlantiques.

L’économie mondiale en question : les lectures libanaises entre détachement prudent et inquiétudes régionales

La dimension économique de Davos 2026, traditionnellement centrale, n’a pas échappé à l’attention de plusieurs titres libanais. Toutefois, leur intérêt semble davantage guidé par les retombées potentielles sur le Liban et la région que par une analyse structurelle des débats macroéconomiques mondiaux.

Dans Al Sharq (22.1.2026), le Forum est abordé de manière périphérique, à travers le prisme de l’alignement stratégique des grandes puissances. Le journal souligne que les préoccupations économiques internationales – inflation, ralentissement de la croissance chinoise, révision des taux d’intérêt américains – ont été éclipsées par les déclarations politiques. Le quotidien note que l’agenda économique de Davos est « de plus en plus marginalisé » par la surpolitisation du sommet. Il est également mentionné que l’absence de certains dirigeants asiatiques majeurs a laissé un vide dans les discussions sur les chaînes d’approvisionnement et les flux commerciaux.

Al Arabi Al Jadid (22.1.2026) analyse la 2026e édition du Forum comme un moment de basculement. L’article intitulé « Davos 2026 : une version de renversement du système international » soutient que l’économie mondiale ne peut plus être pensée indépendamment des fractures politiques. Le texte cite les discours polarisants de plusieurs chefs d’État, et insiste sur l’absence d’un consensus sur les objectifs climatiques, la transition énergétique ou les mécanismes d’équité fiscale globale. Le journal affirme que Davos 2026 « consacre la fin de l’illusion d’un ordre économique coopératif ».

Dans Al Akhbar (22.1.2026), le ton est résolument critique. Le journal dénonce l’hypocrisie du Forum, qu’il décrit comme « une scène de promotion pour les multinationales, au mépris des peuples ». L’article met en avant l’écart entre les discours sur la durabilité et les pratiques réelles des puissances présentes. Selon le quotidien, les engagements climatiques y sont récités comme des mantras sans effets concrets. Le texte souligne aussi le contraste entre la précarité croissante au Liban et l’opulence de Davos, évoquant une fracture morale mondiale. Le quotidien va jusqu’à questionner la légitimité du Liban à participer à un tel forum, en l’absence d’une vision économique nationale cohérente.

Dans Al Sharq Al Awsat (22.1.2026), qui couvre les perspectives saoudiennes à Davos, l’accent est mis sur les initiatives de partenariat technologique stratégique. Le journal rapporte la signature d’un accord de financement de 1,2 milliard de dollars entre le « Fonds national d’infrastructure » saoudien et l’entreprise américaine Humaine, dans le domaine des centres de données et de l’intelligence artificielle. Cette annonce, faite en marge de Davos, est présentée comme un jalon de la « Vision 2030 » saoudienne et comme une illustration de l’ancrage du royaume dans l’économie de la connaissance.

À l’inverse, la presse libanaise reste très discrète sur l’engagement économique libanais à Davos. Aucun des journaux analysés ne mentionne de délégation officielle ou de présence active du Liban lors de panels économiques. Cette absence est symptomatique d’un effacement progressif du pays sur la scène des grandes négociations internationales. An-Nahar(22.1.2026) évoque à demi-mot ce désengagement, en notant que le Liban « n’est cité que comme un cas d’école de crise financière prolongée », notamment dans les discussions sur la restructuration des dettes souveraines des pays à revenu intermédiaire.

En revanche, Nida’ Al Watan (22.1.2026) propose un encadré dans lequel plusieurs experts financiers libanais s’expriment sur les retombées indirectes de Davos. L’un d’eux, interrogé anonymement, affirme que « les décisions prises à Davos sur la régulation bancaire internationale affecteront le Liban plus que toute déclaration locale ». Le journal souligne notamment que la réforme Bâle IV, dont il a été question dans plusieurs panels techniques à Davos, pourrait compliquer davantage l’accès aux financements pour les banques libanaises déjà affaiblies par la crise de liquidité.

Cette lecture régionale du Forum est également perceptible dans Al Binaa (22.1.2026), qui met en garde contre « un Davos au service d’une nouvelle architecture néocoloniale ». Selon l’éditorialiste du journal, les initiatives africaines ou arabes sont reléguées à des espaces secondaires dans le programme, ce qui révèle un déséquilibre structurel profond entre les intentions affichées de dialogue et les pratiques de domination géoéconomique.

Enfin, Al Liwa’ (22.1.2026) adopte une approche plus factuelle et résume les principaux points économiques évoqués à Davos : la crainte d’une récession technique aux États-Unis, les risques de fragmentation de l’euro, et les tensions sur les marchés de matières premières. Le journal souligne néanmoins que ces préoccupations globales « semblent lointaines pour un Liban confronté à des urgences de survie économique ».

Forum sous tensions : absents remarqués et fracture géopolitique

Au-delà des discours provocateurs et des enjeux économiques, une constante revient dans l’analyse libanaise du Forum de Davos 2026 : le climat géopolitique de plus en plus fragmenté et la visibilité accrue des absents. Plusieurs quotidiens soulignent l’impact politique de ces absences, perçues comme autant de signaux sur l’état du système international.

Al Binaa (22.1.2026) consacre une large part de sa couverture à la géopolitique du Forum, pointant l’absence de représentants iraniens de haut niveau comme révélatrice des tensions persistantes entre Téhéran et Washington. Le journal précise que cette absence s’inscrit dans une logique de boycott stratégique du Forum, perçu par certains régimes comme instrument d’un ordre occidental en crise. Le quotidien note par ailleurs que la posture américaine agressive, incarnée par le président Trump, a accentué les clivages entre les pays du Sud global et les puissances atlantiques.

Al Arabi Al Jadid (22.1.2026) va plus loin dans l’analyse. Il qualifie l’édition 2026 de « symptôme d’effondrement ordonné », où l’on observe, selon ses termes, « le désengagement volontaire de plusieurs puissances régionales, comme l’Iran, la Turquie ou la Russie, qui préfèrent investir des plateformes alternatives plus alignées sur leurs agendas stratégiques ». Le journal cite plusieurs analystes qui y voient le signe d’un monde multipolaire en gestation, avec Davos comme théâtre d’un ancien monde en repli.

Dans Al Quds Al Arabi (22.1.2026), cette fragmentation est également soulignée. L’absence de Javad Zarif ou d’un représentant officiel iranien est interprétée comme une réponse directe à l’attitude hostile de Trump, réaffirmée lors de son discours à Davos, où il a de nouveau menacé de « balayer l’Iran » en cas d’attaque contre les intérêts américains. Le journal ajoute que cette rhétorique a gelé toute tentative d’interaction diplomatique et rendu illusoire l’idée de dialogue multilatéral dans un cadre comme celui de Davos.

La même tonalité apparaît dans An-Nahar (22.1.2026), qui évoque brièvement « l’effet des absences » sur le ton général du Forum. Le journal insiste sur la polarisation croissante, soulignant que « Davos n’est plus le lieu des rencontres imprévues, mais celui des lignes de fracture assumées ». Le quotidien note aussi que les interventions de Trump ont contribué à « nationaliser » les débats, rendant difficile tout exercice de coopération ou de vision commune.

Plus incisif encore, Nida’ Al Watan (22.1.2026) estime que la tribune de Davos a servi à « consacrer une diplomatie des humiliations ». L’article évoque l’accueil glacial réservé à certaines délégations, notamment africaines, et la minimisation des conflits périphériques. Il est notamment reproché au Forum de ne pas avoir accordé de place significative aux enjeux du Proche-Orient, en particulier la crise libanaise, la guerre à Gaza, ou les tensions en mer Rouge. Le journal cite une source diplomatique libanaise anonyme qui déplore que « Davos parle du monde sans l’écouter ».

Du côté de Al Akhbar (22.1.2026), la critique est davantage idéologique. Le journal considère que l’absence de pays comme l’Iran ou la Syrie est une conséquence logique d’un forum jugé « structurellement biaisé ». Le quotidien rappelle que les organisations résistantes ou anti-impérialistes y sont systématiquement absentes, et que « l’agenda sécuritaire y est dicté par les puissances dominantes ». Selon Al Akhbar, l’architecture même de Davos exclut toute approche alternative du développement ou de la sécurité collective.

Enfin, Al Liwa’ (22.1.2026) adopte une position plus diplomatique. Tout en évoquant les absences remarquées, notamment du côté iranien, le journal préfère insister sur les signaux envoyés par les pays du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qui ont occupé des rôles centraux dans les panels stratégiques. Le quotidien note que l’Arabie saoudite a utilisé Davos pour se positionner comme puissance pivot dans un monde déséquilibré, et que cette stratégie vise aussi à se démarquer de l’instabilité croissante des autres pays de la région, dont le Liban.

Thèmes émergents, transitions numériques et effacement du Liban dans le débat global

Dans la couverture médiatique libanaise de Davos 2026, les questions liées aux transformations sociales, à l’intelligence artificielle et aux dynamiques culturelles globales n’ont que très peu retenu l’attention, sauf lorsqu’elles entraient en résonance avec les préoccupations locales. Le sentiment d’exclusion du Liban des grandes scènes du débat international est revenu avec insistance dans plusieurs titres.

Al Sharq Al Awsat (22.1.2026) est l’un des rares journaux à évoquer de manière détaillée les questions technologiques abordées au Forum. Le journal consacre un dossier à la montée en puissance des partenariats public-privé autour de l’intelligence artificielle. Il y est notamment question du projet lancé par le Fonds national d’infrastructure d’Arabie saoudite et l’entreprise américaine Humaine, visant à construire une plateforme de traitement de données d’envergure mondiale. Cette initiative est présentée comme un tournant stratégique, traduisant la volonté des pays du Golfe d’accéder à la souveraineté numérique et de se positionner comme pôles d’innovation. Le journal souligne que ces avancées marquent « la rupture entre les pays moteurs du changement technologique et ceux condamnés à rester périphériques ».

À l’opposé, la presse libanaise évoque peu ou prou la participation du Liban à ces débats technologiques. Nida’ Al Watan(22.1.2026) évoque, dans un encart sur les discussions du Forum, la « profonde marginalisation du Liban dans toutes les arènes de prospective numérique ». Aucun représentant libanais n’a pris la parole dans les panels dédiés à la cybersécurité, à l’intelligence artificielle ou à la régulation des plateformes globales. Le journal met cela en parallèle avec la quasi-absence de stratégie nationale dans ces domaines, ce qui rend impossible toute insertion crédible dans les discussions internationales sur la transition numérique.

Al Akhbar (22.1.2026) adopte une position plus politique. Le journal critique le caractère élitiste des débats sur l’intelligence artificielle à Davos, affirmant qu’ils sont « orientés vers les intérêts des multinationales et des grandes puissances ». Le quotidien estime que ces technologies, plutôt que de favoriser l’égalité, sont utilisées comme des outils de contrôle social et d’extension des inégalités. Il cite la plateforme Palantir, présente à Davos, comme exemple d’une entreprise accusée de collaborations sécuritaires opaques dans des zones de conflit, y compris au Moyen-Orient.

Dans Al Arabi Al Jadid (22.1.2026), une page est consacrée à l’impact sociétal des discours tenus à Davos. Le journal mentionne un slogan ironique aperçu dans une manifestation à l’extérieur du Forum : « Make world wars great again », porté par des activistes critiques du militarisme occidental et de la complicité perçue entre grandes entreprises et gouvernements. Le quotidien y voit le signe d’une fracture croissante entre les populations et les élites globales réunies à Davos, dénonçant le décalage entre les déclarations de principe sur les droits humains et les pratiques de gestion sécuritaire ou migratoire dans les pays riches.

Sur le plan sociétal, Al Nahar (22.1.2026) mentionne brièvement la faible représentation des enjeux de genre et des droits sociaux dans les panels principaux. Le journal note que, malgré les intentions affichées, les questions relatives aux inégalités sociales, aux droits des femmes ou aux conditions de travail dans l’économie numérique n’ont occupé qu’une place marginale. Il ajoute que cette lacune est révélatrice d’une certaine myopie stratégique du Forum, qui peine à intégrer les revendications sociales globales dans son agenda prioritaire.

Al Liwa’ (22.1.2026) revient sur cette critique en soulignant que le Forum est de plus en plus perçu comme un « club fermé de décideurs » coupé des réalités de terrain. Le journal ajoute que le Liban, en crise prolongée, aurait pu porter une voix alternative, axée sur la justice économique, la durabilité et la résilience sociale. Mais en l’absence de toute délégation officielle ou intervention universitaire ou associative, cette voix est restée inaudible. Le journal conclut que « le silence libanais à Davos est le miroir d’une perte de cap stratégique sur le plan global ».

Al Binaa (22.1.2026) renchérit en affirmant que les forums comme Davos, en excluant de facto les sociétés en crise ou en transition, « contribuent à renforcer un ordre international hiérarchisé », où les pays fragiles sont réduits au rôle d’objets d’étude, sans pouvoir de co-construction des politiques globales. Le journal y voit une continuité avec une logique néocoloniale et marchande du développement international.

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