Nawaf Salam quittera La Haye ce soir et arrivera à Beyrouth demain matin (LBCI, il y a 31 minutes). Pendant ce temps, Nabih Berri, président du Parlement, a rejoint le Palais de Baabda pour poursuivre les consultations parlementaires. Malgré une demande initiale du bloc de la Fidélité à la Résistance (Hezbollah) de reporter sa rencontre avec le président Joseph Aoun, la réunion a finalement eu lieu comme prévu, à 15h30. Cependant, des tensions demeurent, le Hezbollah ayant exprimé son mécontentement face à la dynamique en faveur de Salam.
Le juge Nawaf Salam est sur le point de devenir le Premier ministre désigné du Liban, bénéficiant désormais de 68 voix après un large soutien des blocs parlementaires comme le Courant Patriotique Libre (CPL) et le Rassemblement Démocratique de Taymour Joumblatt. Ce soutien contraste avec les réticences exprimées par le Hezbollah et le Mouvement Amal, qui jugent cette nomination contraire aux intérêts du nouveau mandat présidentiel de Joseph Aoun.
Le bloc de la Fidélité à la Résistance a exprimé ses regrets concernant ce qu’il considère comme une atteinte à un démarrage consensuel du nouveau mandat présidentiel. Malgré ces oppositions, Salam a reçu un soutien renforcé de figures importantes comme Ibrahim Kanaan et Alain Aoun, et de blocs comme la Modération Nationale et le Rassemblement Démocratique. Ce dernier, sous l’influence de Jumblatt, a publiquement affirmé son vote pour Salam, marquant un tournant décisif.
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Nawaf Salam : un profil réformiste et international
Le juge Nawaf Salam, né en 1953 à Beyrouth, a une carrière impressionnante dans la diplomatie et le droit international. Il a été représentant du Liban à l’ONU (2007-2017) avant d’être élu juge à la Cour internationale de justice à La Haye. Diplômé de l’AUB, de la Sorbonne et de Harvard, Salam est vu comme une figure réformiste et indépendante, ce qui le distingue dans un paysage politique souvent dominé par des intérêts partisans. Son retour au Liban est perçu comme une opportunité pour relancer les réformes et restaurer la confiance des citoyens envers leurs institutions.
Attentes des Libanais : réformes en profondeur
Réactivation de la justice : Les citoyens espèrent que Salam donnera un élan décisif aux enquêtes bloquées, notamment celle sur l’explosion du port de Beyrouth, et qu’il mettra fin à l’impunité pour la corruption.
Déblocage des fonds bancaires : Le contrôle informel des capitaux a paralysé l’économie et affecté les épargnants. Salam devra proposer des solutions pour restaurer l’accès aux dépôts et stabiliser le secteur financier.
Accord avec le FMI : La relance économique dépendra largement de l’obtention d’un accord avec le Fonds Monétaire International, nécessitant des réformes structurelles que Salam devra piloter.
Formation d’un gouvernement compétent : Salam devra constituer un cabinet capable de surmonter les clivages politiques et de mener à bien un programme ambitieux de réformes économiques et institutionnelles.
Prochaines étapes
Une fois officiellement désigné, Nawaf Salam devra consulter les blocs parlementaires pour former un gouvernement. Cela impliquera des négociations complexes avec les forces politiques, en particulier face à l’opposition d’Amal et du Hezbollah. Une fois formé, le cabinet devra obtenir la confiance du Parlement avant de lancer son programme.



