Les derniers articles

Articles liés

Donald Trump impose des sanctions et des tarifs douaniers au Brésil en soutien à Jair Bolsonaro

- Advertisement -

Le président américain Donald Trump a déclenché une crise diplomatique majeure avec le Brésil en imposant, le 30 juillet 2025, des sanctions contre un juge de la Cour suprême brésilienne, Alexandre de Moraes, ainsi qu’un tarif douanier de 50 % sur les importations brésiliennes. Ces mesures, annoncées en pleine procédure judiciaire contre l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro, accusé d’avoir fomenté une tentative de coup d’État après sa défaite électorale de 2022, visent à faire pression sur Brasília pour obtenir l’abandon des poursuites contre cet allié idéologique de Trump. Cette escalade, qui intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux nations, met en lumière l’utilisation par le président américain des leviers économiques pour influencer les affaires intérieures d’un pays souverain.

Une intervention américaine dans le procès Bolsonaro

Jair Bolsonaro, président du Brésil de 2019 à 2022, est actuellement jugé par la Cour suprême fédérale pour son rôle présumé dans une tentative de coup d’État visant à renverser le résultat de l’élection présidentielle de 2022, remportée par Luiz Inácio Lula da Silva. Les procureurs brésiliens accusent Bolsonaro d’avoir orchestré un complot impliquant des plans d’assassinat contre Lula, son vice-président Geraldo Alckmin, et le juge Alexandre de Moraes, ainsi que des pressions sur l’armée pour maintenir son pouvoir. Ce complot aurait culminé dans les émeutes du 8 janvier 2023, lorsque des milliers de partisans de Bolsonaro ont pris d’assaut le Congrès, la Cour suprême et le palais présidentiel à Brasília.Le juge Alexandre de Moraes, chargé de superviser ce procès, est devenu une figure centrale de la controverse. Connu pour ses mesures fermes contre la désinformation en ligne et les agissements des partisans de Bolsonaro, Moraes a imposé des restrictions préalables au procès, notamment une assignation à résidence partielle pour Bolsonaro, l’obligation de porter un bracelet électronique et l’interdiction d’utiliser les réseaux sociaux ou de contacter des responsables étrangers, y compris son propre fils, Eduardo Bolsonaro, qui réside actuellement aux États-Unis.C’est dans ce contexte que Donald Trump a décidé d’intervenir. Le 30 juillet, le Département du Trésor américain, sous la direction du secrétaire Scott Bessent, a annoncé des sanctions contre Moraes en vertu du Global Magnitsky Act, qui permet de cibler des individus accusés de violations des droits humains ou de corruption. Ces sanctions gèlent tout actif que Moraes pourrait détenir aux États-Unis et interdisent aux citoyens américains de faire affaire avec lui. Bessent a accusé Moraes de mener une « campagne oppressive de censure, de détentions arbitraires violant les droits humains et de poursuites politisées », notamment contre Bolsonaro.Dans la foulée, Trump a signé un décret imposant un tarif douanier de 50 % sur les importations brésiliennes, une mesure qu’il avait annoncée dès le 9 juillet en dénonçant ce qu’il qualifie de « chasse aux sorcières » contre son allié brésilien. Dans une lettre adressée à Lula, Trump a qualifié le procès de Bolsonaro de « scandale international » et a exigé son arrêt immédiat, affirmant que le traitement de l’ancien président était une attaque contre les « droits fondamentaux » et les intérêts américains.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Une stratégie de pression économique et diplomatique

L’imposition de tarifs douaniers de 50 % sur le Brésil, effective à partir du 1er août 2025, constitue l’une des mesures les plus sévères prises par Trump contre un pays cette année. Bien que certaines exportations clés, comme le pétrole, le jus d’orange, le bois et les avions commerciaux, soient exemptées, ces tarifs pourraient avoir un impact dévastateur sur des secteurs comme l’agriculture, l’élevage et l’industrie automobile. Le Brésil, 18e plus grand exportateur vers les États-Unis avec 42 milliards de dollars de biens en 2024, risque de perdre des milliards en recettes commerciales, alors que les États-Unis maintiennent un excédent commercial de 7,4 milliards de dollars avec ce pays.Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de Trump, qui utilise les tarifs douaniers comme un outil de coercition pour régler des différends politiques. Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, il a imposé des taxes similaires à d’autres pays, comme l’Inde (25 %) et le Canada (menace de 35 %), souvent en réponse à des désaccords géopolitiques. Dans le cas du Brésil, Trump justifie ces mesures par ce qu’il appelle la « persécution politique » de Bolsonaro et la « censure illégale » des voix conservatrices, notamment sur les réseaux sociaux. En 2024, Moraes avait ordonné la suspension temporaire de la plateforme X au Brésil pour non-respect des lois locales sur la désinformation, une décision qui avait suscité l’ire d’Elon Musk, proche de Trump.Les sanctions contre Moraes s’ajoutent à des mesures antérieures prises par l’administration Trump. Le 18 juillet, le secrétaire d’État Marco Rubio avait annoncé la révocation des visas américains pour Moraes, sa famille et sept autres juges de la Cour suprême brésilienne, accusés de complicité dans la « chasse aux sorcières » contre Bolsonaro. Rubio a qualifié Moraes de menace aux « droits fondamentaux » et a averti que « les robes judiciaires ne protègent pas ceux qui bafouent les libertés ».

Une indignation brésilienne unanime

La réaction du Brésil a été vive et unanime. Le président Luiz Inácio Lula da Silva a dénoncé les sanctions contre Moraes comme une « interférence inacceptable » dans le système judiciaire brésilien, qualifiant les mesures américaines de violation de la souveraineté nationale. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Lula a exprimé sa solidarité avec Moraes, qu’il a décrit comme une cible de sanctions motivées par des « politiciens brésiliens qui trahissent notre patrie et notre peuple au profit de leurs propres intérêts ». Sans nommer directement Bolsonaro, Lula a implicitement pointé du doigt l’ancien président et son entourage.Le procureur général du Brésil, Jorge Messias, a qualifié les sanctions de « mesures arbitraires et injustifiables », tandis que Gleisi Hoffmann, ministre et proche alliée de Lula, a dénoncé un « acte violent et arrogant » de la part des États-Unis. Même des figures conservatrices, comme João Amoêdo, fondateur du parti de droite Partido Novo, et Eduardo Leite, gouverneur de l’État de Rio Grande do Sul, ont critiqué l’ingérence étrangère dans les institutions brésiliennes. Leite a déclaré qu’il était « inacceptable qu’un autre pays tente d’interférer dans nos institutions ».Le juge Flávio Dino, membre de la Cour suprême, a exprimé sa « solidarité personnelle » envers Moraes, soulignant que ce dernier « ne faisait que son travail de manière honnête et dévouée, conformément à la Constitution brésilienne ». La Cour suprême elle-même n’a pas encore commenté officiellement, mais des experts juridiques, comme Ivar Hartmann, professeur de droit à São Paulo, estiment que ces sanctions pourraient renforcer la détermination de la Cour à ne pas céder aux pressions extérieures.Le rôle d’Eduardo BolsonaroAu cœur de cette crise se trouve Eduardo Bolsonaro, fils de l’ancien président et député fédéral, qui réside aux États-Unis depuis février 2025. Eduardo a activement fait pression auprès de l’administration Trump pour obtenir des sanctions contre Moraes et une intervention en faveur de son père. Selon des sources proches de la Maison Blanche, il a multiplié les visites à Washington, rencontrant des responsables comme Steve Bannon et Donald Trump Jr., pour dénoncer ce qu’il qualifie de persécution judiciaire contre son père. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Eduardo a déclaré que les sanctions américaines étaient « une question de justice » et non de vengeance, ajoutant que les « abus d’autorité » de Moraes avaient désormais des « conséquences globales ».Les autorités brésiliennes soupçonnent Eduardo d’avoir utilisé des fonds transférés par son père, estimés à plus de 350 000 dollars, pour financer ses efforts de lobbying. En réponse, Moraes a ordonné le gel des comptes bancaires et des actifs d’Eduardo, l’accusant de collaborer avec son père pour inciter les États-Unis à des « actions hostiles » contre le Brésil. Cette décision a encore attisé les tensions, les partisans de Bolsonaro dénonçant une atteinte à la liberté d’expression.

Une stratégie à double tranchant

Si l’objectif de Trump était de soutenir Bolsonaro, cette stratégie semble produire des effets contraires. Un sondage récent de Quaest Research indique que 72 % des Brésiliens jugent les tarifs américains injustes, et 79 % craignent leurs conséquences économiques. Paradoxalement, ces mesures ont renforcé la popularité déclinante de Lula, qui bénéficie d’un regain de nationalisme face à ce que beaucoup perçoivent comme une agression étrangère. Des analystes, comme Thomas Traumann, ancien porte-parole d’un président brésilien, estiment que Lula peut désormais rejeter la responsabilité des difficultés économiques sur Trump et Bolsonaro, consolidant ainsi son image de défenseur de la souveraineté nationale.Pour Bolsonaro, les interventions de Trump risquent de nuire à sa base électorale, en particulier dans le secteur de l’agro-industrie, qui pourrait pâtir des tarifs douaniers. Flávio Bolsonaro, sénateur et autre fils de l’ancien président, a publiquement appelé Trump à remplacer les tarifs par des sanctions individuelles contre Moraes, signe d’un malaise croissant au sein du camp bolsonariste. Steve Bannon, proche conseiller de Trump, a toutefois salué la décision des tarifs, suggérant que la solution pour le Brésil serait d’abandonner le procès de Bolsonaro pour faire lever les sanctions.

Une crise humanitaire en toile de fond

Donald Trump a déclenché une crise diplomatique majeure en imposant des sanctions contre un juge de la Cour suprême brésilienne et des tarifs douaniers de 50 % sur les importations. Cette intervention vise à faire pression sur Brasília pour abandonner le procès contre Jair Bolsonaro, accusé d’avoir fomenté un coup d’État. Cette stratégie de coercition économique, dénoncée comme une ingérence flagrante, expose Washington à de vives critiques et accentue les tensions avec le Brésil.Bien que le conflit se concentre sur le procès de Bolsonaro, il s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large, marqué par des tensions autour de la crise humanitaire à Gaza et des divergences sur la politique étrangère. Trump a également imposé des sanctions contre Francesca Albanese, une responsable de l’ONU enquêtant sur les abus dans les territoires palestiniens, et a critiqué le sommet des BRICS à Rio de Janeiro, qualifiant le groupe, dont le Brésil est membre, d’« anti-américain ». Ces actions suggèrent une volonté de Trump d’utiliser la puissance économique américaine pour aligner ses partenaires sur ses priorités idéologiques.Au Brésil, la crise diplomatique pourrait avoir des répercussions durables. Les partisans de Bolsonaro ont annoncé des manifestations de rue pour le 3 août, espérant relancer leur mouvement, mais la vague de soutien à Lula et à l’indépendance judiciaire brésilienne pourrait compliquer leurs efforts. Alors que le procès de Bolsonaro se poursuit, avec une possible condamnation à 43 ans de prison, l’intervention de Trump semble avoir transformé une affaire judiciaire interne en un conflit international majeur.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi