mardi, février 24, 2026

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Edito: Quand on fait parler les morts de tout bord

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« C’est quand même dingue qu’au Liban, on arrive à faire dire aux morts des choses qu’ils n’ont jamais dit de leur vivant. » Cette phrase révèle un phénomène troublant qui ne se limite pas à la seule sphère du souvenir ou de l’hommage, mais plonge dans les eaux troubles du « spiritisme politique ». Un esprit dévoyé qui consiste à invoquer l’autorité des figures disparues pour manipuler les foules. Les discours posthumes, réinventés ou déformés, servent à justifier des agendas politiques qui, bien souvent, auraient pu être rejetés par ceux qu’ils prétendent représenter.

Dans un pays où l’histoire récente est marquée par des guerres civiles, des divisions communautaires profondes et des figures charismatiques érigées en icônes, le danger est de tomber dans une forme de manipulation collective. Certains dirigeants, ou leurs partisans, exploitent la mémoire de figures politiques décédées pour légitimer leur propre pouvoir ou leurs positions. Ils s’érigent en interprètes du passé, capables de faire dire à des leaders disparus ce qui convient à leur vision actuelle. Ainsi, on attribue aux morts des positions qu’ils n’ont peut-être jamais eues de leur vivant, renforçant ainsi des mythes politiques au détriment de la vérité historique.

Et pas seulement libanais, voilà que nos chers défunts se mettent à sortir des punchlines qu’ils n’auraient jamais osé dire avant. « Jacques Chirac aurait dit ça ? Ah, c’est écrit sur Facebook, donc c’est forcément vrai ! » Vous voyez le genre. C’est comme si, avec un post Facebook et une photo vintage, on pouvait invoquer l’esprit du passé pour valider tout et n’importe quoi. Plus besoin de vérifier les sources, tant qu’il y a une image avec une citation, c’est tout bon. Vous pensiez que seuls les vivants pouvaient dire des bêtises ? Eh bien, on s’est trompés.

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Cela crée une forme de « spiritisme politique », où les militants sont encouragés à accepter sans question des récits arrangés ou des prophéties rétrospectives. Les figures disparues deviennent des outils pour conforter les convictions, et les manipulateurs, des médiateurs entre les vivants et les morts. Dans ce contexte, le discours devient une arme redoutable pour contrôler l’opinion publique, et les militants lambda, souvent aveuglés par l’émotion, sont prêts à tout croire, même l’invraisemblable.

Ce mécanisme repose sur la mythification des personnalités disparues, transformant la mémoire en outil de contrôle, au point de brouiller la frontière entre la réalité et la fiction. Les morts ne sont plus des symboles à respecter, mais des marionnettes dans un jeu où les vivants dictent leur récit.

Il devient ainsi urgent de questionner cette tendance et de rétablir une approche critique face à ce « spiritisme ». L’histoire et les figures politiques du passé ne peuvent être instrumentalisées à des fins partisanes sans remettre en cause la vérité et la justice. Les militants, au-delà de la passion et de la foi en leurs idéaux, doivent se munir d’un esprit critique pour éviter de devenir les victimes de ces mensonges politiques travestis en vérités historiques.

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Newsdesk Libnanews
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