jeudi, février 19, 2026

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Focus Liban: Le poids écrasant de la fonction publique sur les dépenses publiques

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Le Conseil des ministres libanais, réuni le 16 février 2026 au palais de Baabda sous la présidence du chef de l’État Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam, a validé une augmentation significative des salaires et des pensions dans le secteur public. Cette mesure, qui multiplie par six les rémunérations de base pour environ 251 000 employés et retraités actifs, représente un coût annuel estimé à 800 millions de dollars. Pour financer cette hausse, le gouvernement a opté pour une élévation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et une majoration des prix de l’essence, des décisions qui ont suscité des réactions vives de la part des syndicats et des représentants du secteur privé. Le ministre de l’Information, Paul Marrouch, a précisé lors de la lecture des résolutions que cette augmentation sera versée sous forme de compensation mensuelle, sans intégration au salaire de base, évitant ainsi d’impacter les indemnités de fin de service. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions sociales persistantes, où les fonctionnaires, confrontés à une érosion de leur pouvoir d’achat depuis la crise de 2019, ont multiplié les grèves et manifestations.

Cette décision marque un tournant dans la gestion des finances publiques libanaises, alors que le budget 2026, approuvé par le Parlement fin janvier, prévoyait initialement un équilibre sans déficit majeur. Les recettes et dépenses étaient alignées à environ 505,7 billions de livres libanaises, soit près de 5,65 milliards de dollars au taux de change de 89 500 livres pour un dollar. Cependant, les ajustements salariaux récents obligent à une révision, avec l’ouverture de crédits additionnels pour couvrir les nouveaux engagements. Le ministre des Finances, Yassine Jaber, maintenu en poste depuis la formation du cabinet en février 2025, a défendu ces mesures en soulignant leur nécessité pour préserver la stabilité sociale, tout en insistant sur l’importance d’éviter des déséquilibres monétaires supplémentaires. Les opposants, dont le bloc parlementaire des Forces libanaises, ont critiqué cette approche, appelant à des alternatives comme une meilleure collecte des impôts et une restructuration du secteur public pour lutter contre l’évasion fiscale.

Le Liban projette un surplus budgétaire modeste malgré les pressions salariales

Le gouvernement libanais, sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam, a récemment projeté un surplus budgétaire équivalent à 5 % des dépenses pour l’exercice 2026, selon les détails de la loi budgétaire examinée ces derniers jours. Cette prévision intervient dans un contexte où les dépenses publiques restent dominées par les coûts liés à la fonction publique, qui absorbent plus de la moitié du budget total. Le projet de budget équilibré sur papier, avec des recettes et des dépenses alignées à 505,7 billions de livres libanaises, marque une augmentation de 14 % par rapport à 2025, tant pour les recettes que pour les dépenses, sans introduction de nouvelles taxes mais avec un renforcement des mesures de surveillance douanière, incluant l’utilisation de scanners à haute capacité et un nouveau système d’information douanier.

Cette projection de surplus, bien que modeste, reflète les efforts continus pour stabiliser les finances publiques après des années de crise profonde. Les allocations incluent des fonds pour environ 3 000 nouvelles embauches dans les forces militaires et de sécurité, ainsi que des engagements envers les contractuels, la sécurité sociale et le service de la dette. Parmi les investissements stratégiques, 17,9 billions de livres (200 millions de dollars) sont prévus pour l’agriculture via un prêt de la Banque mondiale, 22,375 billions (250 millions de dollars) pour l’électricité et autant pour les infrastructures. Des montants supplémentaires, jusqu’à 3,58 billions de livres (40 millions de dollars), sont alloués à la reconstruction, notamment pour la rénovation de 500 structures endommagées, avec une participation gouvernementale confirmée mais dont la part exacte reste à préciser. Des zones industrielles sur des terres d’État dans le Nord, le Sud et la Bekaa bénéficient de 200 milliards de livres (2,2 millions de dollars), soutenues par des incitations fiscales prévues par la loi sur l’Agence pour le développement des investissements au Liban.

Le contexte économique libanais reste marqué par une contraction cumulée du PIB réel de près de 40 % entre 2019 et 2024, aggravée par le conflit de 2023-2024 qui a entraîné 14 milliards de dollars de coûts économiques, dont 6,8 milliards en dommages physiques et 7,2 milliards en pertes économiques. Les besoins en reconstruction sont estimés à 11 milliards de dollars. Pour 2025, une croissance de 3,5 % est attendue, portée par un rebond du tourisme, des transferts de fonds, une reprise de la consommation et des réformes initiales, bien que la stabilisation politique fragile et la crise financière non résolue limitent les entrées de capitaux et les investissements. L’inflation headline a diminué à 14,7 % au premier semestre 2025 grâce à la stabilité du taux de change depuis août 2023, mais elle reste élevée en raison d’une concurrence limitée sur les marchés et de structures de prix rigides. La Banque mondiale anticipe une croissance de 4 % en 2026, avec des contributions des dépenses publiques à hauteur de 0,9 point de pourcentage, grâce à des niveaux plus élevés de dépenses.

Les recettes publiques pour 2025 ont atteint environ 6 milliards de dollars, soit 20,7 % de plus que prévu, tandis que les dépenses ont suivi une trajectoire similaire. Pour 2026, les recettes des propriétés maritimes sont projetées à 20 millions de dollars annuels, renforçant l’amélioration fiscale globale. Le budget maintient un équilibre zéro déficit, comme en 2024 et 2025, avec une augmentation de 14 % des recettes et dépenses. Les dépenses récurrentes augmentent de 1,18 % et les dépenses en capital de 32,98 %. Ce cadre budgétaire s’inscrit dans une stratégie de restraint fiscal, avec des coupes dans les réserves de 38 %, suggérant une discipline accrue en surface.

Le poids écrasant de la masse salariale publique sur les finances de l’État

La masse salariale du secteur public continue de représenter une charge dominante sur le budget libanais, absorbant environ 60 % des dépenses totales en 2026, selon les projections actualisées. Avec un effectif global estimé à 320 000 personnes, dont 120 000 dans les forces de sécurité, cette structure rigide limite les investissements dans les infrastructures et les services essentiels. Les salaires, payés en livres libanaises, ont perdu plus de 70 % de leur valeur réelle depuis 2019 en raison de la dévaluation de la monnaie et d’une inflation qui reste élevée dans les secteurs des services domestiques comme les loyers et l’éducation.

Dans le cadre du budget 2026, les allocations pour le personnel ont initialement été fixées à 3,59 milliards de dollars, incluant salaires de base, allocations, contributions et prestations sociales. Avant la hausse récente, les salaires des fonctionnaires permanents étaient stables à 331 millions de dollars, tandis que ceux des contractuels grimpaient de 53 à 196 millions, avec des contributions patronales ajoutant 252 millions. Cette évolution reflète une dépendance croissante aux emplois temporaires, qui permettent de maintenir un niveau opérationnel minimal sans alourdir les engagements permanents. Cependant, elle expose le système à des vulnérabilités, notamment en termes de prévisibilité des coûts et de qualité des services publics.

Les fonctionnaires, souvent absents ou travaillant à temps partiel en raison de salaires insuffisants, contribuent à des dysfonctionnements généralisés dans l’administration. Les services essentiels, comme les contrôles douaniers ou les inspections sanitaires, sont retardés, impactant l’économie globale. La Banque mondiale, dans son rapport économique d’hiver 2025 publié le 21 janvier 2026, note que la croissance du PIB réel, révisée à 3,5 % pour 2025 en raison du conflit persistant, dépend en partie d’une réforme du secteur public pour libérer des ressources vers des investissements productifs.

Les défis croissants des embauches contractuelles et irrégulières

Le recours accru aux agents contractuels dans la fonction publique libanaise soulève des interrogations sur la transparence et la durabilité des pratiques d’embauche. Dans le budget 2026 révisé, les salaires pour ces travailleurs augmentent de 37 %, atteignant 1,49 milliard de dollars au total pour les salaires de base, allocations et contributions. Cette hausse, accélérée par la décision du 16 février, met en lumière une transition vers des formes d’emploi plus flexibles mais précaires, qui absorbent une part croissante des ressources sans offrir de stabilité aux employés.

Ces embauches contractuelles, souvent influencées par des considérations politiques ou confessionnelles, compliquent la planification à long terme. Dans un pays où les coalitions évoluent rapidement – avec des influences sunnites à Tripoli, chiites au sud et chrétiennes dans le Mont-Liban –, ces mécanismes risquent de perpétuer des inégalités. Des audits antérieurs, menés par la Cour des comptes, ont révélé des cas d’employés fantômes ou de paiements indus, bien que les efforts récents se concentrent sur la stabilisation globale plutôt que sur des investigations approfondies. La loi sur les marchés publics de juin 2021, supervisée par le Conseil central d’inspection, vise à moderniser le système, mais les contraintes budgétaires limitent son application.

Le cabinet actuel, formé le 8 février 2025 avec 24 ministres, reflète un équilibre confessionnel : cinq ministres chiites nommés par le duo Hezbollah-Amal, incluant Rakan Nasreddine à la Santé, Muhammad Haidar au Travail, Tamara al-Zein à l’Environnement et Fadi Meki au Développement administratif. Yassine Jaber, aux Finances, coordonne avec la Banque du Liban pour assurer les paiements mensuels, une opération logistique complexe dans un environnement économique instable. Les nouvelles embauches, notamment 3 000 postes dans les forces militaires et de sécurité prévus dans le budget initial, augmentent la pression sans réformes structurelles.

Les implications de la hausse salariale sur les emplois irréguliers

La décision du 16 février 2026 d’augmenter les salaires à environ 28 % de leur valeur pré-2019 pour les employés publics, y compris les contractuels, pourrait accentuer les disparités entre permanents et temporaires. Walid Geagea, chef de l’Association des employés du secteur public, a salué la mesure tout en regrettant son caractère temporaire, appelant à une grille salariale révisée. Les contractuels, qui représentent une part croissante des effectifs, bénéficient de cette hausse mais restent vulnérables à des renouvellements incertains, souvent liés à des dynamiques partisanes.

Cette précarité est exacerbée par le contexte économique : le marché du travail libanais, avec un taux de chômage réel à 38 % selon des indicateurs de terrain, pousse vers l’informel. La Ligue des employés de l’administration publique a suspendu sa grève le 4 février 2026 pour faciliter les négociations avec le FMI, mais les manifestations de janvier – impliquant retraités militaires et enseignants – ont souligné les frustrations. Le 26 janvier, l’Association des employés publics a annoncé la poursuite d’un mouvement ouvert, exigeant des salaires à 50 % du niveau de 2019 avec des augmentations semestrielles de 10 %.

Le ministre de l’Industrie, Joe Issa El Khoury, a exprimé son opposition à la discrimination salariale entre secteurs civils et sécuritaires, critiquant l’absence d’étude sur les impacts inflationnistes. Le secteur privé, qui emploie 80 % de la main-d’œuvre, fait face à une dollarisation partielle des salaires et une dépendance aux importations à 85 %, rendant les hausses fiscales particulièrement pénalisantes. Les recettes douanières, projetées à 562 millions de dollars pour 2026, restent inférieures au potentiel estimé à 1,5 milliard, en raison de faiblesses institutionnelles comme la contrebande.

Les négociations avec le FMI et leurs répercussions sur l’emploi public

Une mission du FMI, dirigée par Ernesto Ramirez Rigo, s’est rendue à Beyrouth du 10 au 13 février 2026 pour discuter des réformes économiques. Le Fonds a insisté sur un cadre fiscal global pour restaurer la soutenabilité de la dette, soulignant que les nouveaux engagements salariaux doivent être accompagnés de mesures de mobilisation des recettes. Dans un rapport publié le 13 février, le FMI note un espace limité pour des augmentations majeures des dépenses en personnel, recommandant une priorisation stricte.

Les autorités libanaises préparent un cadre fiscal à moyen terme pour soutenir la restructuration bancaire et la dette souveraine, avec des efforts pour renforcer la collecte des impôts. Cependant, des mesures fiscales comme l’augmentation de la TVA sont essentielles pour accroître les revenus. Le FMI a salué les progrès sur les lois économiques et judiciaires, mais averti que les ajustements salariaux pourraient compromettre la stabilité si non compensés.

Les allocations pour la reconstruction, estimées à 11 milliards de dollars suite au conflit de 2023-2024, ajoutent à la pression. Des prêts de la Banque mondiale, totalisant 700 millions pour l’agriculture, l’électricité et les infrastructures, ciblent les zones affectées. La pauvreté, touchant 44 % de la population selon une enquête de 2022, nécessite un renforcement des filets sociaux, mais les coûts élevés du secteur public contrarient ces efforts.

Les dynamiques sectorielles et les pressions sur les emplois contractuels

Dans les secteurs sensibles comme la sécurité, les embauches contractuelles servent à renforcer les capacités sans engagements permanents. Le ministre du Travail, Muhammad Haidar, gère les aspects sociaux, tandis que le vice-Premier ministre Tarek Mitri priorise la stabilité. Les zones industrielles au Nord, au Sud et dans la Bekaa bénéficient de 200 milliards de livres (2,2 millions de dollars) avec incitations fiscales via l’Agence pour le développement des investissements.

Les contributions des employeurs pour les contractuels, à 252 millions de dollars, illustrent l’expansion de cette catégorie. Contrairement aux permanents, ces emplois flexibles exposent à des risques, particulièrement dans un contexte de contraction du PIB cumulée de 40 % entre 2019 et 2024. Les transferts de fonds et le tourisme soutiennent la reprise, mais la fragilité politique limite les investissements.

Les recettes des propriétés maritimes, stables à 20 millions de dollars annuels, renforcent la surveillance douanière avec scanners et systèmes informatiques. Le budget réduit les réserves de 38 %, allouant plus aux services sociaux. Les implications immédiates incluent une potentielle inflation due aux hausses fiscales, impactant les ménages vulnérables.

Les allocations pour les nouvelles embauches militaires renforcent les forces, avec coûts intégrés à la masse salariale. Le gouvernement examine les contributions sociales pour couvrir les contractuels, alourdissant les dépenses immédiates sans résoudre les irrégularités sous-jacentes. Les audits passés ont révélé des irrégularités dans les embauches publiques, avec des cas d’employés fantômes ou de paiements indus, bien que les rapports récents se concentrent davantage sur la stabilisation globale. La Cour des comptes supervise les dépenses pour limiter les abus, mais les contraintes budgétaires limitent les investigations approfondies. Le gouvernement actuel, validé par le président Joseph Aoun, reflète un équilibre confessionnel, avec des ministres gérant les aspects sociaux des emplois publics. Les dynamiques géopolitiques influencent ces allocations, avec des engagements envers les contractuels dans les secteurs sensibles comme la sécurité. Ces mesures immédiates visent à atténuer les impacts du conflit, avec des prêts internationaux soutenant les efforts. Le surplus projeté de 5 % des dépenses en 2026 dépend de la réalisation des recettes, influencée par la stabilité du taux de change et les transferts de fonds. Les salaires pour les agents contractuels passent de 53 millions à 196 millions de dollars, avec des contributions patronales ajoutant 252 millions. En revanche, les salaires des fonctionnaires permanents restent stables à 331 millions de dollars. Cette dépendance croissante aux contractuels permet de maintenir une capacité opérationnelle minimale à court terme, mais elle expose le système à des arrangements de travail précaires. La dette publique, projetée à 141,9 % du PIB en 2024 avant ajustements liés au conflit, reste insoutenable, avec un défaut souverain en cours. Les réformes fiscales de 2023, incluant des corrections du taux de change et des contraintes sur les dépenses, ont généré un surplus de 0,5 % en 2023 et un équilibre en 2024, mais l’escalade du conflit en septembre 2024 a réduit les recettes et augmenté les dépenses d’urgence, altérant les projections. Les recettes étaient attendues à 15 % du PIB en 2024, contre 13,7 % en 2023, et les dépenses à 14,8 %. Le conflit a impacté la performance fiscale au quatrième trimestre 2024, avec une baisse du surplus initialement prévu à 0,2 %. La stabilité du taux de change depuis août 2023 repose sur des coupes dans les institutions publiques, retardant les investissements nécessaires à la reprise. Les besoins post-conflit risquent d’épuiser les réserves étrangères ou d’augmenter la masse monétaire, menaçant l’inflation. Selon des déclarations officielles, le gouvernement vise à négocier un nouveau programme avec le Fonds monétaire international en février 2025 pour restructurer la dette publique et le secteur bancaire, afin de revitaliser l’économie. Un accord au niveau des experts a été atteint en avril 2022 sur des réformes économiques, mais sa mise en œuvre reste en suspens.

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