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Frappes israéliennes, retraits russes et enjeux stratégiques

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Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, la Syrie est au cœur d’une intensification des tensions géopolitiques et militaires. Les frappes israéliennes, le retrait des forces russes et les déclarations turques illustrent une recomposition des équilibres régionaux. Alors que l’opposition prend le contrôle du pays, plusieurs acteurs internationaux redéfinissent leurs stratégies face à une Syrie en transition.

La Syrie demande une intervention du Conseil de sécurité de l’ONU

Le gouvernement intérimaire syrien a adressé des lettres identiques au Conseil de sécurité des Nations unies et au secrétaire général António Guterres, demandant une action immédiate contre les attaques israéliennes et le retrait des troupes israéliennes des zones occupées. Ces lettres, datées du 9 décembre, marquent la première communication officielle du nouveau gouvernement syrien auprès de l’ONU après le renversement de Bachar al-Assad.
L’ambassadeur syrien Koussay Aldahhak a dénoncé les violations israéliennes, notamment l’occupation de nouvelles zones dans le mont Hermon et la province de Quneitra. Il a rappelé que ces actions vont à l’encontre de l’accord de désengagement de 1974, qui avait établi une zone tampon démilitarisée surveillée par la Force de l’ONU pour l’observation du désengagement (UNDOF).
Israël, de son côté, a justifié ses incursions comme des « mesures limitées et temporaires » visant à protéger son territoire contre des groupes armés, selon une lettre de son ambassadeur à l’ONU, Danny Danon.

Les frappes israéliennes s’intensifient

Israël a mené plusieurs frappes aériennes ces derniers jours, ciblant des installations militaires en Syrie. Vendredi, les bombardements ont touché le sommet du mont Qasioun à Damas, l’aéroport de Khalkhala dans la campagne de Sweida et des laboratoires de défense à Masyaf, dans la province de Hama.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), des sites militaires dans les campagnes de Damas et Sweida ont également été frappés, y compris des batteries anti-aériennes et des pistes aériennes. Ces frappes viseraient à neutraliser des menaces potentielles, dans un contexte où Israël craint une résurgence militaire après la chute d’Assad.
Parallèlement, Israël a consolidé sa présence dans une zone tampon sur le plateau du Golan, territoire stratégique qu’il contrôle depuis la guerre de 1967. Ce mouvement a suscité des condamnations internationales, notamment de la part de l’ONU, qui a appelé au respect de la souveraineté syrienne.

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La Turquie intensifie sa pression sur les Kurdes

La Turquie a réaffirmé son objectif stratégique en Syrie : éliminer les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG). Ces dernières, soutenues par les États-Unis dans la lutte contre l’État islamique, sont considérées par Ankara comme une menace terroriste en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a exigé que les membres non syriens des YPG quittent le pays ou déposent les armes. Selon lui, les nouvelles autorités syriennes, soutenues par la Turquie, ne reconnaîtront pas le groupe.
Ankara a également révélé avoir demandé à la Russie et à l’Iran de ne pas intervenir militairement lors de l’avancée des rebelles sur Damas. Selon Fidan, ces discussions, menées au Qatar, ont conduit à la fuite de Bachar al-Assad.

Le retrait des forces russes : un tournant stratégique

La Russie, soutien majeur du régime d’Assad pendant plus d’une décennie, a amorcé un retrait significatif de ses forces en Syrie. Des convois militaires russes ont été observés quittant le sud du pays, notamment la région de Deraa, pour rejoindre la base côtière de Lattaquié. Des images satellites montrent des avions cargo russes en train de charger du matériel lourd et des hélicoptères démontés, signe d’un départ logistique organisé.
Ce retrait soulève des questions sur l’avenir de la présence russe au Moyen-Orient. La chute d’Assad affaiblit considérablement l’influence de Moscou dans la région, où elle était perçue comme un acteur clé. Ce repli pourrait également être lié à la nécessité pour la Russie de concentrer ses ressources sur la guerre en Ukraine, qui mobilise une grande partie de ses capacités militaires.
Le départ des forces russes pourrait créer un vide stratégique, ouvrant la voie à d’autres puissances régionales, comme la Turquie et l’Iran, pour renforcer leur influence en Syrie.

Une Syrie en transition, au cœur des rivalités régionales

Avec la chute de Bachar al-Assad, la Syrie entre dans une phase critique de son histoire. Le nouveau gouvernement intérimaire fait face à des défis immenses pour stabiliser le pays et répondre aux aspirations de liberté et d’égalité de la population. Cependant, les interventions étrangères, qu’il s’agisse des frappes israéliennes, des ambitions turques ou des manœuvres russes, compliquent la situation.
Le sort des Kurdes, qui ont été des acteurs clés dans la lutte contre l’État islamique, reste incertain. Les pressions turques pourraient conduire à une marginalisation de ce groupe, au risque de raviver des tensions ethniques dans le nord de la Syrie. Par ailleurs, les zones stratégiques comme le plateau du Golan et les infrastructures militaires détruites par Israël accentuent la fragilité de l’État syrien.
La communauté internationale, notamment les Nations unies, devra jouer un rôle central pour empêcher une détérioration supplémentaire de la situation. Cependant, les priorités divergentes des acteurs régionaux et internationaux risquent de freiner les efforts de stabilisation.

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Newsdesk Libnanews
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