EN LEVÃE DE RIDEAU LIBAN 2006 -2016
En partenariat avec Madaniya.info â Illustration de la défragmentation mentale arabe et de la vassalisation du Monde arabe à lâimperium israélo-américain, la Ligue arabe, à lâinstigation des pétromonarchies du golfe a décidé dâinscrire le Hezbollah Libanais sur la liste des organisations terroristes, fait sans précédent ans les annales diplomatiques arabes.
La criminalisation de la formation politico-militaire chiite est intervenue au dixième anniversaire de son glorieux fait dâarmes face à Israël lors de la guerre de destruction israélienne du Liban, en juillet 2006.
Artisan de deux exploits militaires face à Israël, le Hezbollah est considéré à juste titre comme lâun des plus prestigieux mouvement de libération du tiers monde, à lâégal du FLN vietnamien, du FLN algérien et des barbudos cubains.
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Sa criminalisation sâest faite au nom de lâArabisme, un mot dâordre dont la dynastie wahhabite en a été lâun des grands fossoyeurs.
Une telle mesure donne rétrospectivement caution à toutes les équipées israéliennes contre le Hezbollah et vise, principalement, à stigmatiser lâunique mouvement de lutte armée arabe contre Israël de mouvance chiite. Même lâUnion européenne sâétait abstenue de prendre une telle mesure, limitant son ostracisme à la branche militaire du Hezbollah.
Une telle stigmatisation intervient alors que les bourreaux du Hezbollah paient le prix de leur forfaiture: Ehud Olmert, ancien premier ministre israélien, initiateur de la guerre de Juillet 2006 contre le Liban, purge depuis le 16 Février 2016 une peine de prison après une condamnation à 19 mois pour corruption et entraves à la justice. Ehud Olmert (70 ans) a rejoint en prison lâancien président dâIsraël Moshé Katzav, qui purge, lui, une peine de sept ans pour viols.
A Beyrouth, le Vietnam dâIsraël, la mère de toutes les villes du récit de la résistance arabe:
Dans sa double version : Beyrouth Ouest (1982) et Beyrouth Sud (2006) (1)
Paris â Lâhomme pèse ses mots et ses propos valent leur pesant dâor, immédiatement décryptés par tous les exégètes de la philologie, de la sémantique et de la linguistique, tant les universitaires que les diplomates, les stratèges que les spécialistes de la guerre psychologique, les arabisants de chic que les orientalistes de toc.
La bulle politico médiatique occidentale risque de sâétrangler de colère rentrée, de même que ses thuriféraires arabes, devant une telle affirmation qui correspond néanmoins à la réalité : Sayyed Hassan Nasrallah (2), chef du Hezbollah, le mouvement paramilitaire chiite libanais, est un homme qui ne se paie pas de mots. Ses actes sont conformes à ses discours et ses discours à ses actes. Le contraire en somme dâun bonimenteur, dont les propos retentissent comme autant des sentences.
Le constat ne relève pas de la fanfaronnade et sa crédibilité ne relève pas de lâeffet de propagande. Elle est confirmée dans les faits, attestée par les plus grands journalistes arabophones dâIsraël, dont le signataire de ce texte en a recueilli la confidence.
«Al Manar», la chaîne du Hezbollah, fondée par Hassan Nasrallah en personne, la chaîne du mouvement chiite libanais bannie de lâespace européen à lâinstigation de la France, était, en pleine guerre de destruction israélienne du Liban, en 2006, la chaîne de référence du déroulement des hostilités, au même titre que la chaîne trans frontière arabe «Al Jazira», et non la télévision israélienne.
La thèse dâun universitaire israélien, le colonel Rounine
Une étude universitaire de lâestablishment militaire israélien a abondé dans le même sens dans un article paru le 12 juillet 2010 dans le journal israélien «Haaretz» à lâoccasion du 4e anniversaire de la guerre de destruction israélienne du Liban.
Une recherche académique dâun haut officier des renseignements israéliens soutient en effet quâHassan Nasrallah, Secrétaire Général du Hezbollah, est le premier dirigeant arabe à disposer dâune capacité dâinfluence sur le public israélien de par ses discours, depuis le président égyptien Gamal Abdel Nasser.
Cette thèse a été soutenue par le colonel Rounine, devant lâuniversité de Haïfa, en se fondant sur une analyse du contenu des discours dâHassan Nasrallah durant la deuxième guerre du Liban (2006), rapporte le journal israélien «Haaretz». Lâofficier israélien décrit Nasrallah comme «le premier dirigeant à avoir su développer une capacité dâinfluence sur lâopinion publique israélienne, depuis Abdel Nasser» dans la décennie 1960
Rounine, qui occupait à lâépoque le poste dâofficier des renseignements au sein de lâarmée israélienne, écrit à ce propos : «Face aux menaces israéliennes, Nasrallah a utilisé deux armes, ses discours, pour sâadresser à son public et mener les batailles défensives sur le front libanais, et les missiles, à destination dâIsraël.
Les discours de Nasrallah ont fait lâobjet dâune large couverture en Israël, et ont suscité des réactions virulentes parmi les dirigeants politiques et militaires israéliens. Rounine a souligné que «si Israël avait procédé à une analyse rationnelle des discours de Nasrallah, au cours de la guerre, cela aurait pu influencer la prise de décision». Il a cité Nasrallah qui assurait pendant la guerre, «si on réussit dans la défense, on gagnerait». La victoire signifiait, à ses yeux, «la poursuite de la résistance, et que le Liban reste uni et nâaccepte pas des conditions humiliantes».
«La résistance du Hezbollah sâest poursuivie jusquâau dernier jour, lâunité du Liban nâa pas été entamée», a indiqué lâofficier israélien, faisant remarquer: «Quant aux conditions humiliantes, la réponse ne saurait être catégorique, dans la mesure où Hassan Nasrallah a été obligé dâadmettre le déploiement de lâarmée libanaise, et de la FINUL, Force intérimaire des Nations Unies au Liban au sud, chose à laquelle il sâopposait au début de la guerre».
Dans une zone où la démagogie est un mode de gouvernement, lâhomme est sobre sans la moindre théâtralité, en faisant la spectaculaire démonstration un certain dimanche après-midi de juillet 2006, ordonnant en plein discours politique, depuis sa tribune télévisuelle, devant des centaines de milliers de téléspectateurs médusés, la destruction dâune vedette israélienne qui narguait les côtes libanaises.
Lâordre à peine donné, la balistique hezbollahi atteignait de plein fouet sa cible, repoussant la vedette au-delà de lâhorizon dans un nuage de fumée noire, signe indiscutable de la blessure de lâennemi cuirassé, signant par la même dans lâordre symbolique la défaite israélienne dans ce duel à distance entre ce moine soldat de lâIslam moderne et ses assaillants, les fers de lance de lâhégémonie israélo occidentale sur la sphère arabe.
Dans un pays où lâinstrumentalisation du martyrologe relève dâune véritable industrie florissante au point de constituer une rente de situation, lâhomme nâa jamais cherché à tirer avantage de la mort de son fils, Hadi, sur le champ dâhonneur dans une opération de harcèlement anti-israélienne au sud Liban. Tué au combat à 18 ans, à Jabal al Rafei, en 1997, dans la zone frontalière libano israélienne.
Et non au cours dâun règlement de compte entre factions rivales pour le partage du butin, comme la guerre du Liban en a donné de nombreux exemples particulièrement au sein des forces libanaises, la milice chrétienne libanaise.
Le discours dâun tribun indomptable
Dans une zone gangrenée par une religiosité niaise, ce religieux au langage châtié, au verbe riche, où sâentremêlent expressions religieuses et profanes, le dialectal et le littéraire, est un tribun dont la tonalité du discours ressortit pleinement de la thématique nationaliste arabe la plus exigeante. Une tonalité laïque, qui tranche avec le rigorisme de façade de certains de ses détracteurs.
Lointaine réminiscence dâune conviction filiale dâun père membre actif dâun parti laïc, nationaliste et pan syrien, ce chiite libanais et patriote, formé à Nadjaf, la ville sainte du sud de lâIrak, cité refuge de lâAyatollah Ruhollah Khomeiny, chef de la révolution iranienne, passe pour avoir réussi la synthèse du chiisme arabe et iranien, de lâlslamisme et du nationalisme arabe, du visage occidental du Liban et de son appartenance au monde arabe.
Natif de Bourj Hammoud, dans la banlieue populeuse de Beyrouth, Hassan Nasrallah a vu le jour dans la zone de brassage par excellence des laissés pour compte de la société dâabondance et de la cohorte des peuples sans terre. Un lieu de naissance, par effet du hasard, formateur, tout comme sa région dâorigine. Le futur chef du Hezbollah est en fait originaire dâune zone géographiquement prédestinée au combat: la région du sud Liban dans la zone frontalière libano israélienne; une zone qui est la cible de lâartillerie et de lâaviation israélienne depuis un demi-siècle; que les militaires israéliens vouaient à faire office de zone tampon, qui sera, paradoxalement, par la suite le fer de lance du combat anti occidental, le tremplin de Hassan Nasrallah vers la gloire militaire.
Le chef-lieu natal de sa famille, Bazouriyeh, il est vrai, est une localité située près de Bint Jbeil, la grande bourgade du sud Liban, qui infligea deux camouflets militaires aux Israéliens. La première fois, en 1982, avec la destruction du PC israélien fixé dans ce lieu, dans le cadre de «lâopération Paix en Galilée». La deuxième fois, un quart de siècle plus tard, en 2006, lors de la mémorable bataille de chars précédant le cessez le feu israélo-libanais qui transforma Bint-Jbeil en cimetière des Merkava, se soldant par la destruction dâune trentaine de véhicules blindés israéliens.
Lâinvasion israélienne du Liban aura dâailleurs un effet déclencheur de sa prise de conscience politique. A 22 ans, ce chef dâune fratrie de neuf enfants sâengagera cette année-là au sein du Hezbollah, à lâépoque vague groupuscule sous la férule des Gardiens de la révolution iranienne, dont il en gravira rapidement tous les échelons pour en devenir dix ans plus tard, en 1991, à 31 ans, son secrétaire général après lâassassinat de Abbas Moussaoui par les Israéliens.
Une promotion démocratique, au mérite
Une promotion démocratique, dâune ascension au mérite, sans coup de force ni coup dâétat, qui le mettra en position dâintégrer le jeu politique libanais, en 1992, en concomitance avec lâarrivée au pouvoir du milliardaire libano saoudien le sunnite Rafic Hariri, lâautre poids lourd de la politique libanaise.
Cette arrivée simultanée des deux poids lourds de la politique libanaise va induire une nouvelle équation dans le système politico confessionnel libanais, désormais marqué par la prééminence des deux grandes communautés musulmanes -sunnite et chiite- au détriment des communautés historiques fondatrices du Liban, maronite et druze.
Issu de la communauté la plus méprisée à lâépoque du Liban et la plus négligée des pouvoirs publics, la communauté chiite, dirigée en ces temps-là par des féodaux claniques, trafiquants de drogue et alliés privilégiés du Chah dâIran et de lâOccident, notamment la famille Kazem al Khalil de Tyr, parent par alliance de lâirakien Ahmad Chalabi, lâagent par excellence de lâinvasion américaine de lâIrak. Hassan Nasrallah en fera le fer de lance du combat anti israélien, la fierté du pays, sa colonne vertébrale, obtenant le dégagement militaire israélien du Liban sans négociation ni traité de paix, en 2000.
Ce faisant, il propulsera son pays à la fonction de curseur diplomatique régional, et, dans lâhistoire du conflit israélo-arabe, le standard libanais au rang de valeur dâexemple, tant cet exploit a revêtu dans la mémoire collective arabe un impact psychologique dâune importance comparable à la destruction de la ligne Bar Lev, lors du franchissement du Canal de Suez, lors de la guerre dâoctobre 1973.
Récidiviste huit ans plus tard, il initiera, face à la puissance de feu de son ennemi et à lâhostilité quasi générale des monarchies arabes, une nouvelle méthode de combat, concevant un conflit mobile dans un champ clos, une novation dans la stratégie militaire contemporaine, doublée dâune audacieuse riposte balistique, à la grande consternation des pays occidentaux et de leurs alliés arabes.
La crise du modèle occidental de guerre limitée de haute technologie
«Malgré lâengagement de lâéquivalent de lâarmée de terre et lâarmée de lâair françaises, les Israéliens ont échoué à vaincre au Liban quelques milliers dâhommes retranchés dans un rectangle de 45 km sur 25 km, un résultat tactique surprenant, probablement annonciateur dâun phénomène nouveau, la fin une ère de guerres limitées dominées par la haute technologie occidentale. Lâarmée israélienne découvre alors que ses adversaires se sont parfaitement adaptés face au feu aérien israélien, le Hezbollah a développé une version «basse technologie» de la furtivité, combinant réseaux souterrains, fortifications et â surtout â mélange avec la population.
Le Hezbollah, légèrement équipé, maîtrisant parfaitement son arsenal, notamment antichar, a mené un combat décentralisé, à la manière des Finlandais face aux Soviétiques en 1940.
Il pratique aussi une guerre totale, tant par lâacceptation des sacrifices que par lâintégration étroite de tous les aspects de la guerre au cÅur de la population. En face, lâarmée dâIsraël sâengage dans une ambiance de « zéro mort», et échoue. Au bilan, Israël a perdu 120 hommes et 6 milliards de dollars, soit presque 10 millions de dollars par ennemi tué, et ce, sans parvenir à vaincre le Parti de Dieu.
à ce prix, sans doute eût-il été tactiquement plus efficace de proposer plusieurs centaines de milliers de dollars à chacun des 3 000 combattants professionnels du Hezbollah en échange dâun exil à lâétranger» estimera un stratège français au Centre français de doctrine dâemploi des forces (armée de terre), chargé du retour dâexpériences des opérations françaises et étrangères dans la zone Asie/Moyen-Orient (3).
Mais au regard de cet exploit singulier dans lâhistoire peu glorieuse du monde arabe contemporain, une levée de bouclier dâune classe politique archaïque, reformatée dans la féodalité moderniste, résultante dâun torrent dâopportunisme fera alors vibrer la fibre communautaire dans une zone en proie à lâintégrisme, dans un pays qui en a si grandement pâti dans le passé. Un pays en proie à la désespérance dâune population en voie de paupérisation croissante, en proie à lâamnésie des victimes des anciennes turpitudes; en proie à lâindigence intellectuelle et morale dâune fraction de lâélite, en proie enfin au nanisme des géants de la politique libanaise coalisés au sein dâune alliance contre nature des anciens «seigneurs de la guerre» et de leur principal bailleur de fonds.
Pariant implicitement sur une défaite du Hezbollah, le trio pro occidental -Saad Hariri, Walid Joumblatt et leur allié maronite Samir Geagea, lâancien compagnon de route dâIsraël de la guerre civile inter libanaise- sâest lancé dès la fin des hostilités, au-delà de toute décence, dans le procès de la milice chiite aux cris «Al-Haqiqa» (la vérité), plutôt que de rechercher la condamnation dâIsraël pour sa violation du Droit Humanitaire International et sa destruction des infrastructures libanaises.
Un cri de guerre curieusement popularisé par la fugace pasionaria de la scène libanaise, la ministre maronite Nayla Mouawad, paradoxalement, plus soucieuse de démasquer les assassins de Rafic Hariri que ceux de son propre époux, lâancien Président René Mouawad, tué dans un attentat le 22 novembre 1990, le jour anniversaire de lâIndépendance libanaise. Affligeant spectacle et infamant.
Nasrallah sâen tirera, faisant preuve de mansuétude à lâégard des supplétifs de lâarmée israélienne, enrôlés sous la férule dâun général félon, Antoine Lahad, les exonérant du crime de trahison, leur épargnant le supplice du goudron réservé aux collaborateurs français du régime nazi. Il contournera ce piège démagogique par son alliance avec la hiérarchie militaire chrétienne, les deux anciens commandants en chef de lâarmée, soucieux de brider les pulsions mortifères de lâordre milicien chrétien.
Le président Ãmile Lahoud «un résistant par excellence» aux dires de son allié chiite et le général Michel Aoun, chef de la plus importante formation politique chrétienne, lâassureront dâune couverture diplomatique internationale trans confessionnelle, dâun sas de sécurité à lâeffet de briser net un nouveau clivage islamo chrétien, point de basculement vers une nouvelle guerre civile à connotation religieuse.
500 millions de dollars du MEPI pour neutraliser le Hezbollah
De lâaveu même des responsables américains, les Etats Unis, depuis 2006, à travers lâUSAID et la Middle East Partnership Initiative (MEPI), ont débloqué de plus de 500 millions de dollars, pour neutraliser le Hezbollah, la plus importante formation paramilitaire du tiers monde, arrosant près de sept cents personnalités et institutions libanaises dâune pluie de dollars «pour créer des alternatives à lâextrémisme et réduire lâinfluence du Hezbollah dans la jeunesse» (4). A cette somme se superpose le financement de la campagne électorale de la coalition gouvernementale aux élections de juin 2009, de lâordre de 780 millions de dollars, soit un total de 1,2 milliards de dollars en trois ans, à raison de 400 millions de dollars par an. En vain.
Ãtat dans lâétat ?
Véritable état dans lâétat, le principal grief de ses adversaires, son mouvement aura pourtant supplée pendant trente ans la vacance dâun pouvoir dâétat longtemps auparavant vidé de sa substance par lâordre milicien prédateur et parasite, en tout cas bien avant la naissance du Hezbollah, collaborant étroitement avec les services dâun état en déshérence, initiant une culture du combat et de la résistance dans un pays aux mÅurs redoutablement mercantiles.
Principale formation politico-militaire libanaise, dont le démantèlement est réclamé les Ãtats-Unis, le Hezbollah dispose dâune représentation parlementaire sans commune mesure avec lâimportance numérique de la communauté chiite, sans commune mesure avec sa contribution à la libération du territoire national, sans commune mesure avec son prestige régional, sans commune mesure avec lâadhésion populaire dont il jouit sans chercher à en tirer avantage.
Tant au niveau de la démocratie numérique que de la démocratie patriotique, la place quâoccupe le Hezbollah est une place de choix. Un positionnement incontournable à lâeffet de dissuader quiconque songerait à usurper la place qui nâest pas la sienne. Dans les querelles byzantines dont les Libanais sont tant friands, il était salutaire que cette vérité dâévidence soit rappelée et les mésaventures du tandem Hariri Joumblatt sont là pour lâattester.
Walid Joumblatt et Saad Hariri feront amende honorable après une succession de revers et reprendront le chemin de Damas, sans trop de fanfaronnade, avant un nouveau mouvement de bascule, trois ans plus tard à lâoccasion du «printemps arabe».
Le premier ministre socialiste français Lionel Jospin, qui avait qualifié de «terroriste» le Hezbollah, en a fait lâexpérience à ses dépens, déclenchant le plus célèbre caillassage de lâépoque contemporaine, terminant piteusement sa carrière politique, irrémédiablement carbonisé.
Jacques Chirac qui avait préconisé des «mesures coercitives» pour brider le Hezbollah se ravisera après lâéchec israélien dépêchant une escadrille française pour protéger lâespace aérien libanais lors du défilé célébrant la «divine victoire», craignant que la moindre anicroche atteignant Nasrallah, ne déclenche par représailles lâéradication politique et physique de la famille de son ami Rafic Hariri, assassiné en février 2005, particulièrement de son héritier politique, Saad Hariri, planqué à lâétranger durant les hostilités, loin dâune capitale dont il est le député et dâun pays dont il est le chef de sa majorité gouvernementale.
Dan Halloutz, chef de lâaviation israélienne, ordonnateur des raids destructeurs sur Beyrouth, a été démis de ses fonctions, renvoyé à ses pénates pour manigance financière, de même que son premier ministre Ehud Olmert en prison.
Victorieux sans appel dâune épreuve de force contre une coalition pro occidentale agrégeant tous les anciens seigneurs de la guerre du Liban, qui voulaient porter atteinte à lâautonomie de son réseau de transmissions, le nerf de sa guerre contre Israël, le 7 mai 2008, le dignitaire religieux acquiert alors une nouvelle stature, celle dâun prescripteur dans lâordre régional, initiateur de la rhétorique des représailles et de la parité de la terreur. Son fief du sud de Beyrouth supplante alors Beyrouth Ouest dans la conscience arabe en tant que foyer de la contestation pan arabe, signant définitivement le désengagement du sunnisme militant dans le combat contre Israël, le Hamas palestinien excepté à Gaza.
Lâinculpation début juillet 2010 dâun responsable exerçant des fonctions sensibles au sein dâune entreprise stratégique de téléphonie cellulaire pour «intelligence avec lâennemi», a donné a posteriori raison au Hezbollah dans sa détermination à préserver son autonomie tant au niveau de son réseau de télécommunications que de ses voies de ravitaillement. Elle a justifié en même temps la méfiance des Syriens à lâégard de lâentourage de Walid Joumblatt tant est patente sa connivence pro occidentale.
Lâhomme, Charbel Qazzi, en poste depuis quatorze ans dans les télécommunications, est accusé par la justice militaire dâavoir connecté le réseau de la téléphonie mobile de sa firme Alpha, au réseau des services israéliens, répercutant lâensemble du répertoire de ses abonnés et de leurs coordonnées personnelles et professionnelles, y compris bancaires, de même que leur communications à un pays officiellement en guerre au Liban et qui nâa cessé ses incursions militaires contre le Liban.
Alors que le Liban retentit régulièrement de la commémoration des «martyrs» Bachir Gemayel, le chef des milices chrétiennes et président éphémère du Liban, septembre 1982, et Rafic Hariri, le milliardaire libano saoudien, ancien bailleur de fonds de la guerre inter factionnelle libanaise et ancien premier ministre sunnite du Liban, Hassan Nasrallah porte un deuil muet sur son fils, trente ans après sa mort au combat, sâabstenant de toute commémoration.
Un comportement identique à celui quâil observe à lâégard dâune autre figure prestigieuse du Hezbollah, Imad Fayez Moughnieh «Al Hajj Radwane», le cauchemar de lâOccident, maître dâÅuvre des opérations anti occidentales au Moyen orient depuis la décennie 1980, fondateur de lâossature militaire du Hezbollah et par capillarité militante du mouvement palestinien Hamas à Gaza, artisan du dégagement militaire israélien du sud Liban après 22 ans dâoccupation, tué dans un attentat à Damas, le 12 février 2008.
ILLUSTRATION
A Shiite supporter holds a poster showing Hassan Nasrallah, the head of Lebanonâs militant Shiite Muslim movement Hezbollah, as he addresses supporters through a giant screen during a meeting in Beirutâs southern suburb of Mujammaa Sayyed al-Shuhada on January 30, 2014. Hezbollah chief said he does not want war with Israel, after the Israeli military shelled border areas following a Hezbollah attack that left two Israeli soldiers dead.
NOTES
Julia Boutros Ahibaâi
https://www.youtube.com/watch?v=1_2QF2Ep8B0
RÃFÃRENCES
- Les journalistes français, particulièrement ignorants en la circonstance des réalités locales, sâimaginent quâHassan Nasrallah habite une autre planète que la capitale libanaise, qualifiant son lieu de résidence de «Dahiyeh». «Dahyeh» signifie en fait en arabe «banlieue» par abréviation de «Dahyeh al jounoubiyah», la banlieue sud de Beyrouth, ce qui prouve a contrario que le chef du Hezbollalh réside bien dans la banlieue sud de Beyrouth et non dans une agglomération urbaine autre que la capitale libanaise.
- Sayyed Hassan Nasrallah signifie littéralement en arabe «Belle Victoire de Dieu». Le titre Sayyed qui signifie littéralement en arabe «seigneur» ou «Maître», est un titre honorifique donné à des musulmans de haut rang, descendants du prophète Mahomet par sa fille Fatima Zahrah et son cousin et beau-fils Ali ibn Abi Talib.
Hassan Nasrallah est né le 31 août 1960 dans le quartier de Bourj-Hammoud (Beyrouth Est). Il est lâaîné dâune famille de neuf enfants qui nâest pas particulièrement religieuse. Son père, Abdel Karim, épicier de son état, est membre du Parti Social Nationaliste syrien. Il débute des études théologiques à lâécole publique de Sin el Fil, un quartier où cohabitent chrétiens et musulmans à lâest de Beyrouth, ce qui lui permet de faire la connaissance de chrétiens libanais.
En 1975, lorsque la guerre civile éclate au Liban, sa famille est obligée de retourner dans leur village dâorigine, Bazourieh, proche de la ville de Tyr (Sud Liban). Câest là que Nasrallah décide de rejoindre le mouvement Amal («Espoir»), une organisation chiite politique et paramilitaire, présidée alors par lâImam Moussa Sadr, chef spirituel de la communauté chiite, mystérieusement disparu en 1978 lors dâun voyage en Libye. Il étudie la Théologie dans la ville sainte de Nadjaf, en Irak, où il fait la connaissance de celui qui sera son prédécesseur à la tête du Hezbollah, Abbas Moussaoui.
La jonction sâest faite, sous lâégide de LâImam Mohamad Bakr al Sadr, Fondateur du parti ad-Daawa et parent de lâIman Moqtada Sadr, le chef de la révolte anti américaine en Irak. Lâintensification de la répression du gouvernement de Saddam Hussein à lâencontre des religieux chiites en Irak, de même que la guerre de succession engagée au sein du mouvement Amal libanais, consécutive à la disparition de lâIman Moussa Sadr en Libye, le contraint à rentrer au Liban en 1978 pour intégrer avec son ami Abbas Moussaoui le Hezbollah. Hassan Nasrallah est marié et père de trois enfants, dont lâaîné, Hadi, tué alors quâil combattait lâarmée israélienne au Liban sud à Jabal al-Rafei, en 1997.
Ses deux prédécesseurs ne disposaient ni de son charisme, ni son sens de lâorganisation. Le premier cheikh Sobhi Toufayli était davantage perçu comme un chef radical, en méconnaissance des rapports de forces régionaux, le second Abbas Moussaoui a été tué sans disposer du temps pour imprimer sa marque au mouvement.
Le grand ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah, mort dimanche 4 juillet 2010, a longtemps été considéré comme le mentor du parti pro-iranien Hezbollah. A lâinstar du dirigeant actuel du Hezbollah, Hassan Nasrallah, il était inscrit par les Etats-Unis sur leur liste des «terroristes internationaux» établie en 1995. Il avait été accusé dans les années 1980 par les médias américains dâêtre à lâorigine des prises dâotages dâAméricains au Liban par des groupes radicaux liés à lâIran. En 1985, il a été la cible dâun attentat qui a tué 80 personnes, une opération organisée par la CIA avec trois millions de dollars, venant de fonds pétro monarchiques du Golfe. Son garde de corps de lâépoque nâétait autre quâImad Moughniyeh.
Personnalité très influente de lâIslam chiite au Liban, en Asie centrale et dans le Golfe, Fadlallah se servait de ses prêches du vendredi pour dénoncer la politique américaine au Moyen-Orient. Il a émis des fatwas (décrets religieux) interdisant les crimes dits dâhonneur ou lâexcision. Auteur de plusieurs ouvrages théologiques, il était connu pour son ouverture sur le développement scientifique et son audace dans lâinterprétation des textes de lâislam. Le charismatique dignitaire à la barbe blanche et au visage serein était connu pour ses avis religieux tolérants, notamment vis-à -vis des femmes.
- «Dix millions de dollars le milicien, La crise du modèle occidental de guerre limitée de haute technologie» par Michel Goya, CF la revue Politique étrangère 1/2007 (Printemps), p. 191-202. Lieutenant-colonel et rédacteur au Centre de doctrine dâemploi des forces (armée de terre), il est chargé du retour dâexpériences des opérations françaises et étrangères dans la zone Asie/Moyen-Orient. Il est lâauteur de La Chair et lâAcier (Paris, Tallandier, 2004) qui sâattache au processus dâévolution tactique de lâarmée française pendant la Première Guerre mondiale.
- Déposition de Jeffrey D. Feltman, assistant de la secrétaire dâÃtat américaine et responsable du bureau des affaires du Proche-Orient, et de Daniel Benjamin, coordinateur du bureau de lutte contre le terrorisme, devant une commission du Sénat américain le 8 juin 2010. CF à ce propos le journal libanais «As Safir», en date du 29 juin 2010, sous la plume de Nabil Haitham, affirmant quâ «une liste de 700 noms de personnes et dâorganisations ayant bénéficié de lâaide américaine circule et que certains ont reçu des sommes comprises entre 100 000 et 2 millions de dollars. Le journaliste sâinterroge: «Quelles clauses du code pénal ces groupes ou personnes ont-ils violées? Est-ce que contacter ou agir avec un Ãtat étranger, et travailler avec cet Ãtat en échange dâargent à une campagne visant lâune des composantes de la société libanaise -une campagne qui pourrait avoir déstabilisé la société- est légal ?» (â¦) Et Nabil Haitham se demande pourquoi Feltman a rendu cette information publique, dâautant quâelle risque dâembarrasser des alliés des Ãtats-Unis au Liban. Selon lui, lâambassade américaine à Beyrouth a rassuré ses alliés en leur affirmant que Feltman voulait simplement montrer au Congrès que les Ãtats-Unis agissaient au Liban et quâil nâest pas question quâils révèlent des noms».
àcette somme de 500 millions de dollars se superpose le financement de la campagne électorale de la coalition pro occidentale. Le quotidien américain New York Times a accusé, de son côté, lâArabie Saoudite et les Ãtats-Unis, dans un article intitulé «élections libanaises: les plus chères au monde», dâingérence dans le processus électoral des prochaines élections législatives de juin 2009 en révélant que des sources proches du gouvernement saoudien ont admis le financement de candidats opposés au mouvement chiite Hezbollah, le financement du voyage dâexpatriés libanais, voire lâachat du vote collectif de communautés entières en faveur de leurs alliés locaux. Selon le New York Times, plusieurs centaines de millions de dollars (700 millions de dollars) auraient été ainsi transférés au Liban non seulement pour participer à la campagne électorale mais également pour corrompre leur vote. Le quotidien ajoute quâil sâagirait pour lâArabie Saoudite de limiter lâinfluence iranienne au Liban et de soutenir ses alliés pour faire pression sur Téhéran.
Côté américain, toujours selon le même quotidien, lâInternational Republican Institute, réputé pour être un lobby proche du parti républicain, aurait ouvert des bureaux à Beyrouth pour aider les dirigeants de la majorité actuelle ainsi que leurs médias affiliés dans la campagne électorale.
Ce lobby aurait ainsi ouvert des bureaux auprès des différents partis appartenant à la coalition pro occidentale du 14 mars, dont les forces libanaises de Samir Geagea, le courant du futur du député Saad Hariri, le parti phalangiste dâAmine Gemayel et du député druze Walid Joumblatt (New York Times 24 avril 2009, «élections libanaises: les plus chères au monde»). Deux jours après ses révélations, Hillary Clinton, secrétaire dâétat, effectuait une visite surprise à Beyrouth pour fleurir la tombe de Rafic Hariri, lâancien premier ministre assassiné, et préconisé, sans craindre le ridicule, des élections libres de toute ingérence⦠à lâexception sans doute de lâargent saoudien et américain.
- Le juge du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a ordonné mercredi 29 avril 2009 la remise en liberté immédiate des quatre généraux libanais pro syriens détenus depuis 2005 dans le cadre de lâenquête sur lâassassinat de lâancien Premier ministre Rafic Hariri. Lâattentat à la bombe avait fait un total de 23 morts le 14 février 2005 à Beyrouth. Les généraux Jamil Sayyed, Ali Hajj, Raymond Azar et Moustapha Hamdan, seuls suspects, étaient détenus le 30 août 2005.Ils nâavaient pas été officiellement inculpés. Le juge Daniel Fransen a suivi les procureurs qui trouvaient le dossier trop léger pour maintenir ces hommes en détention. Des feux dâartifice ont salué lâannonce de leur libération à Beyrouth.
Version arabe
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 جاء تجرÙÙ ÙØ°Ø§ Ø§ÙØªÙظÙÙ Ø§ÙØ³ÙاسÙ-Ø§ÙØ¹Ø³ÙØ±Ù Ø§ÙØ´Ùع٠ÙÙ Ø§ÙØ°ÙØ±Ù Ø§ÙØ¹Ø§Ø´Ø±Ø© ÙÙ ÙØ§Ø¬Ùت٠اÙÙ Ø³ÙØØ© اÙÙ Ø¬ÙØ¯Ø© ٠ع إسرائÙÙ Ø®ÙØ§Ù ØØ±Ø¨ Ø§ÙØªØ¯Ù ÙØ± Ø§ÙØ¥Ø³Ø±Ø§Ø¦ÙÙÙ ÙÙØ¨Ùا٠ÙÙ ØªÙ ÙØ² عا٠2006 .
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ÙØ§Ùت خطابات ÙØµØ±Ø§ÙÙÙ Ù ÙØ¶Ùع ØºØ§ÙØ¨ Ø§ÙØµØÙ Ø§ÙØ¥Ø³Ø±Ø§Ø¦ÙÙÙØ© Ù٠ا Ø£ÙÙØ§ أثارت Ø±Ø¯ÙØ¯ Ø£ÙØ¹Ø§Ù Ø´Ø¯ÙØ¯Ø© ÙØ¯Ù اÙÙØ§Ø¯Ø© Ø§ÙØ³ÙاسÙÙÙ ÙØ§ÙØ¹Ø³ÙØ±ÙÙÙ Ø§ÙØ¥Ø³Ø±Ø§Ø¦ÙÙÙÙÙ . ÙÙØ¯ أشار رÙÙÙ٠إÙ٠أÙ٠ » ÙÙ ÙØ§Ù ت إسرائÙ٠بتØÙÙ٠عÙÙØ§ÙÙ ÙØ®Ø·Ø§Ø¨Ø§Øª ÙØµØ±Ø§ÙÙÙ Ø®ÙØ§Ù Ø§ÙØØ±Ø¨ ÙÙØ§Ù أثر ذÙ٠عÙÙ ÙØ±Ø§Ø±Ùا  » . ÙØ°Ùر Ø¨Ø£Ù ÙØµØ±Ø§ÙÙÙ ÙØ§Ù ÙØ¤Ùد Ø£Ø«ÙØ§Ø¡ Ø§ÙØØ±Ø¨  » بأÙÙØ§ Ø³ÙØ±Ø¨Ø Ø§ÙØØ±Ø¨ ÙÙ ÙØ¬ØÙا ÙÙ Ø§ÙØ¯Ùاع  » .Â ÙØ§ÙØ§ÙØªØµØ§Ø± ÙØ¹Ù٠باÙÙØ³Ø¨Ø© Ù٠ » Ø§ÙØ§Ø³ØªÙ رار Ù٠اÙÙ ÙØ§ÙÙ Ø© Ù Ø£Ù ÙØ¨ÙÙ ÙØ¨ÙØ§Ù Ù ÙØØ¯Ø§Ù Ø¯Ù٠اÙÙØ¨ÙÙ Ø¨Ø´Ø±ÙØ· Ù Ø°ÙØ©  » .
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Ù٠اÙÙ ÙØ·ÙØ© Ø§ÙØªÙ ÙÙÙ٠أسÙÙØ¨ Ø§ÙØÙÙÙ Ø© ÙÙÙØ§ ÙÙ Ø§ÙØºÙØºØ§Ø¦ÙØ© Ø ÙØ¸Ùر Ø§ÙØ±Ø¬Ù رزÙÙØ§Ù ØºÙØ± ٠تباÙÙ ØØªÙ Ù٠أصغر ØªÙØµÙÙ Ù Ù Ø§ÙØªÙاصÙ٠اÙ٠سرØÙØ© Ø ÙÙÙÙÙ Ø¨Ø§ÙØ¹Ø±Ø¶ اÙ٠ذÙ٠بعد Ø¸ÙØ± ÙÙÙ Ø£ØØ¯ Ù Ù Ø´ÙØ± ØªÙ ÙØ² 2006 Ù Ø¹Ø·ÙØ§Ù Ø§ÙØ£Ù ر Ù٠خطاب Ø³ÙØ§Ø³Ù ٠٠عÙÙ Ù ÙØ¨Ø±Ù Ø§ÙØªÙÙØ²ÙÙÙÙ ÙØ£Ù ا٠٠ئات Ø¢ÙØ§Ù اÙÙ Ø´Ø§ÙØ¯Ù٠اÙ٠ذÙÙÙÙÙ Ø¨ØªØ¯Ù ÙØ± بارجة إسرائÙÙÙØ© عائ٠ة ÙØ±Ø¨ Ø§ÙØ³ÙاØÙ اÙÙØ¨ÙاÙÙØ© .
ÙÙØ§ ÙÙØ§Ø¯ Ø§ÙØ£Ù ر ÙØµØ¯Ø± ØØªÙ تÙÙ٠اÙÙØ§Ø°ÙØ© Ø§ÙØ¨Ø§ÙØ³ØªÙØ© Ø§ÙØªØ§Ø¨Ø¹Ø© ÙØØ²Ø¨ اÙÙ٠بإصابة اÙÙØ¯Ù Ù ØÙÙÙÙØ© Ø§ÙØ¨Ø§Ø±Ø¬Ø© Ø¥ÙÙ Ø¯Ø®Ø§Ù Ø£Ø³ÙØ¯ Ø ÙÙÙÙÙ Ø§ÙØ¯ÙÙ٠اÙÙØ§Ø·Ø¹ عÙÙ Ø¬Ø±Ø Ø§ÙØ¹Ø¯Ù اÙÙ Ø¯Ø±ÙØ¹ Ø Ù ÙÙÙØ¹Ø§Ù ÙÙ ÙÙØ³ اÙÙÙØª ÙØ¨Ø§ÙØ±Ù Ø²ÙØ© Ø°Ø§ØªÙØ§ عÙ٠اÙÙØ²ÙÙ Ø© Ø§ÙØ¥Ø³Ø±Ø§Ø¦ÙÙÙØ© Ø Ù٠٠بارزة Ø«ÙØ§Ø¦ÙØ© ع٠بعد٠بÙÙ ÙØ°Ø§ Ø§ÙØ±Ø§Ùب â Ø¬ÙØ¯Ù Ø§ÙØ¥Ø³ÙØ§Ù Ø§ÙØØ¯ÙØ« ÙÙ ÙØ§Ø¬Ù ÙÙ Ø±Ø¤ÙØ³ ØØ±Ø¨Ø© اÙÙÙÙ ÙØ© Ø§ÙØ¥Ø³Ø±Ø§Ø¦ÙÙÙØ© Ø§ÙØºØ±Ø¨ÙØ© عÙÙ Ø§ÙØ¹Ø§ÙÙ Ø§ÙØ¹Ø±Ø¨Ù .
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ÙÙÙØ°Ø§Â Ø¯ÙØ¹ Ø¨Ø¨ÙØ¯Ù ÙÙØµØ¨Ø اÙ٠ؤشر Ø§ÙØ¯Ø¨ÙÙÙ Ø§Ø³Ù Ø§ÙØ¥ÙÙÙÙ Ù ÙØ§ÙÙ Ø«Ù Ø§ÙØ£Ø¹ÙÙ ÙÙ ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØµØ±Ø§Ø¹ Ø§ÙØ¹Ø±Ø¨Ù Ø§ÙØ¥Ø³Ø±Ø§Ø¦ÙÙÙ ÙØ®Ø§ØµØ© Ø£ÙÙ Ø¨Ø§Ø±ØªØ¯Ø§Ø¦Ù Ø«ÙØ¨ Ø§ÙØ°Ø§Ùرة Ø§ÙØ¹Ø±Ø¨ÙØ© Ø§ÙØ¬Ù Ø§Ø¹ÙØ© ÙØ§Ù Ù٠أثر ÙÙØ³Ù ÙØ§Ù ÙØ¹Ø§Ø¯Ù أثر ع٠ÙÙØ© بدر( Ø§ÙØ§Ø³ØªÙÙØ§Ø¡ عÙ٠خط بار ÙÙÙ ) ÙØ¹Ø¨Ùر ÙÙØ§Ø© Ø§ÙØ³ÙÙØ³ ÙÙ ØØ±Ø¨ تشرÙÙ Ø§ÙØ£ÙÙ ( Ø£ÙØªÙبر) عا٠1973 .
 أعاد ØØ³Ù ÙØµØ±Ø§ÙÙ٠اÙÙØ±ÙØ© بعد ث٠اÙ٠سÙÙÙ ØºÙØ± آبÙÙ Ø¨Ø±ÙØ¶ Ù٠اÙÙ Ù ÙÙØ§Øª Ø§ÙØ¹Ø±Ø¨ÙØ© ØªÙØ±ÙØ¨Ø§ÙØ ÙÙØ¶Ø¹ Ø§ÙØ£Ø³Ø³ ÙØ·Ø±ÙÙØ© Ø¬Ø¯ÙØ¯Ø© ÙÙ Ù ÙØ§Ø¬ÙØ© ÙÙØ© عدÙÙ٠اÙÙØ§Ø±ÙØ© Ø ÙÙÙ Ø§ÙØµØ±Ø§Ø¹ اÙ٠تÙÙÙ ÙÙ Ù ÙØ¯Ø§Ù ٠غÙÙ Ø ÙÙØ¬ Ø¬Ø¯ÙØ¯ Ù٠اÙÙØªØ§Ù Ø§ÙØ¹Ø³ÙØ±Ù Ø§ÙØØ¯ÙØ« Ø Ù Ø¯Ø¹Ù٠بÙÙØ© ردع ØµØ§Ø±ÙØ®ÙØ© ÙÙÙÙØ© أ٠ا٠ذعر Ø§ÙØºØ±Ø¨ ÙØÙÙØ§Ø¦Ù Ø§ÙØ¹Ø±Ø¨ .
أز٠ة ÙÙ Ø· Ø§ÙØØ±Ø¨ Ø§ÙØºØ±Ø¨ÙØ© بتÙÙÙØªÙ Ø§ÙØ¹Ø§ÙÙØ©Â
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ÙÙØ¯ ÙØ§ØªÙ ØØ²Ø¨ اÙÙÙ Ø¨Ø¹Ø¯Ø§Ø¯Ù Ø§ÙØ®ÙÙÙ ÙØªØÙÙÙ Ù Ø§ÙØªØ§Ù Ø¨Ø³ÙØ§ØÙ ÙØ®Ø§ØµØ© ذÙ٠اÙ٠ضاد ÙÙØ¯Ø¨Ø§Ø¨Ø§Øª بطرÙÙØ© ÙØ§Ù Ø±ÙØ²ÙØ© عÙ٠طرÙÙØ© اÙÙÙÙÙØ¯ÙÙÙ ÙÙ ØØ±Ø¨Ù٠٠ع Ø§ÙØ³ÙÙÙÙØª عا٠1940.
ÙÙØ¯ ÙØ§Ù Ø£ÙØ¶Ø§Ù Ø¨ØØ±Ø¨ Ø´Ø§Ù ÙØ© Ø³ÙØ§Ø¡ ÙØ§Ù Ø¨ÙØ¨ÙÙÙ Ø¨Ø§ÙØªØ¶ØÙات أ٠ع٠طرÙÙ Ø§ÙØ¯Ù اج ÙÙ ØªÙØ§ØµÙÙ ÙØ°Ù Ø§ÙØØ±Ø¨ ٠ع شعب٠. ÙÙ٠اÙÙ ÙØ§Ø¨Ù Ø ÙØ¨Ø¯Ø£ Ø§ÙØ¬ÙØ´ Ø§ÙØ¥Ø³Ø±Ø§Ø¦ÙÙÙ ÙÙ ØØ±Ø¨  » Ø¨ØµÙØ± Ø£Ù ÙØ§Øª  » ÙÙÙØ´Ù . Ù٠اÙÙ ØØµÙØ© Ø ØªØ®Ø³Ø± إسرائÙÙ 120 Ù ÙØ§ØªÙا٠٠6 Ù ÙÙØ§Ø±Ø§Øª دÙÙØ§Ø±Ø§Ù Ø£Ù 10 Ù ÙØ§ÙÙ٠دÙÙØ§Ø± ÙÙÙ ÙØªÙÙ ÙÙ٠ذÙ٠دÙÙ Ø£Ù ØªØ³ØªØ·ÙØ¹ ÙØ²ÙÙ Ø© ØØ²Ø¨ اÙÙÙ .
ÙØ¨Ùذا Ø§ÙØ«Ù Ù Ø ÙØ§Ù Ù Ù Ø§ÙØ£ÙØ¶Ù ØªÙØªÙÙÙØ§Ù Ø ØªÙØ¯Ù٠عدة Ø¢ÙØ§Ù دÙÙØ§Ø± ÙØ«Ùاثة Ø¢ÙØ§Ù Ù Ù Ù ÙØ§ØªÙÙ ØØ²Ø¨ اÙÙÙ Ù ÙØ§Ø¨Ù ÙÙÙÙ٠إÙÙ Ø§ÙØ®Ø§Ø±Ø¬  » Ù٠ا Ø§Ø³ØªÙØªØ¬ ÙÙ٠ا بعد Ø§Ø³ØªØ±Ø§ØªÙØ¬Ù ÙØ±ÙØ³Ù ÙØ¹Ù Ù ÙÙ Ù Ø±ÙØ² عÙÙØ¯Ø© Ø§ÙØªÙظÙÙ ÙÙÙØ§Øª اÙ٠شاة ÙØ§Ù٠سؤÙ٠ع٠تÙÙÙÙ Ø§ÙØªØ¬Ø§Ø±Ø¨ اÙÙØ±ÙØ³ÙØ© ÙØ§ÙØ£Ø¬ÙØ¨ÙØ© ÙÙ Ù ÙØ·ÙØ© Ø¢Ø³ÙØ§ ÙØ§ÙØ´Ø±Ù Ø§ÙØ£Ùسط .
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ÙÙÙØ± Ø§ÙØªÙاء Ø§ÙØ¹Ø¯ÙاÙÂ Ø ÙØ¨Ø¯Ù٠أدÙÙ Ø®Ø¬ÙØ Ø¹ÙØ§ ØµÙØª Ø§ÙØ«Ùاث٠اÙÙØ¨ÙاÙÙ ØÙÙÙ ÙÙØºØ±Ø¨ : سعد Ø§ÙØØ±ÙØ±Ù ÙÙÙÙØ¯ Ø¬ÙØ¨Ùاط ÙØÙÙÙÙ٠اÙ٠ارÙÙÙ Ø³Ù ÙØ± جعجع رÙÙ٠درب إسرائÙÙ ÙÙ Ø§ÙØØ±Ø¨ Ø§ÙØ£ÙÙÙØ© اÙÙØ¨ÙاÙÙØ© ØÙØ£Ù٠راÙ٠ض٠ÙÙØ§Ù عÙÙ ÙØ²ÙÙ Ø© ØØ²Ø¨ اÙÙÙ Ø Ù Ø·Ø§ÙØ¨Ø§Ù Ø¨Ù ØØ§ÙÙ Ø© ØØ²Ø¨ اÙÙÙ Ø¨ØØ«Ø§Ù ع٠ » Ø§ÙØÙÙÙØ©  » بد٠أ٠ÙÙØ¯Ø¯Ùا باغتصاب إسرائÙÙ ÙØÙÙÙ Ø§ÙØ¥ÙØ³Ø§Ù Ø§ÙØ¯ÙÙÙØ© ÙØªØ¯Ù ÙØ± Ø§ÙØ¨ÙÙØ© Ø§ÙØªØØªÙØ© ÙÙØ¨Ùا٠. ÙÙØ§ ÙÙØºØ±Ø§Ø¨Ø© ! ØµØ¯ØØª ÙØ°Ù٠صرخة ØØ±Ø¨ Ø´Ø¹Ø¨ÙØ© ØÙ Ø§Ø³ÙØ© عابرة Ù Ù ØÙجرة اÙÙØ²Ùرة اÙ٠ارÙÙÙØ© ÙØ§ÙÙØ© ٠عÙÙØ¶ Ø Ø§ÙØ£Ùثر ØÙ اسا٠ÙÙÙØ´Ù Ø¹Ù ÙØªÙØ© رÙÙÙ Ø§ÙØØ±ÙØ±Ù Ù Ù٠اÙÙØ´Ù Ø¹Ù ÙØªÙØ© Ø²ÙØ¬Ùا Ø Ø§ÙÙØ²Ùر Ø§ÙØ³Ø§Ø¨Ù رÙÙÙ Ù Ø¹ÙØ¶ Ø Ø§ÙØ°Ù ÙØ¶Ù ÙÙ ÙØ¬ÙÙ ÙÙ 22 تشرÙÙ Ø§ÙØ«Ø§Ù٠عا٠2000 . ÙØ§ ÙÙ Ù Ù Ù Ø´ÙØ¯ Ù ØØ²Ù ÙÙ Ø¹ÙØ¨ !
ÙØ®Ø±Ø¬ ØØ³Ù ÙØµØ±Ø§ÙÙÙ Ù Ù ÙÙ ÙØ°Ø§ عاÙÙ Ø§ÙØ±Ø£Ø³ Ø Ù Ø¨Ø±ÙÙØ§Ù Ø¹Ù Ø±Ø£ÙØªÙ Ø¨Ù ÙØÙ Ø§ÙØ¹Ù٠٠٠جرÙÙ Ø© Ø§ÙØ®ÙØ§ÙØ© ÙØ¬ÙØ´ ÙØ¨ÙØ§Ù Ø§ÙØØ±Ù Ø§ÙÙ ÙØ§ÙÙ ÙØ¥Ø³Ø±Ø§Ø¦Ù٠بÙÙØ§Ø¯Ø© Ø§ÙØ¬ÙØ±Ø§Ù Ø£ÙØ·ÙØ§Ù ÙØØ¯ Ø Ù Ø¬ÙØ¨Ø§Ù Ø¥ÙØ§Ù عÙÙØ¨Ø© Ø§ÙØªØ¹Ø°Ùب باÙÙØ·Ø±Ø§Ù Ø§ÙØªÙ Ø£ÙÙØ²Ùت باÙÙØ±ÙسÙÙ٠اÙÙ ØªÙØ§Ø·Ø¦Ù٠٠ع اÙÙØ¸Ø§Ù اÙÙØ§Ø²Ù . ÙÙØªØ¬Ùب بذÙ٠اÙÙÙÙØ¹ Ù٠اÙÙØ® Ø§ÙØºÙØºØ§Ø¦Ù Ø¨ØªØØ§ÙÙ٠٠ع رأس ÙØ±Ù اÙ٠ؤسسة Ø§ÙØ¹Ø³ÙØ±ÙØ© اÙÙ Ø³ÙØÙ Ø Ø§ÙÙØ§Ø¦Ø¯ÙÙ Ø§ÙØ³Ø§Ø¨ÙÙÙ ÙÙØ¬ÙØ´ Ø ÙØØ±ØµÙ Ø¹ÙÙ ÙØ¨Ø Ø¬Ù Ø§Ø ØºØ±ÙØ²Ø© اÙÙØªÙ ÙØ¯Ù Ù ÙÙÙØ´Ùا اÙÙØªØ§Ø¦Ø¨ اÙÙ Ø³ÙØÙØ© .
ÙØ®ÙÙØ§Ù Ù Ù Ø§ÙØ§Ùجرار Ø¥ÙÙ Ø§ÙØ´ÙØ§Ù Ù Ø°ÙØ¨Ù Ø¥Ø³ÙØ§Ù Ù- Ù Ø³ÙØÙ ÙØ¯ ÙØ¤Ø¯Ù Ø¥ÙÙ ØØ±Ø¨ Ø£ÙÙÙØ© أخر٠بطابع دÙÙÙ Ø Ø£Ø³Ø±Ø¹ Ø§ÙØ²Ø¹ÙÙ Ø§Ù Ø§ÙØ¹Ø³ÙØ±ÙØ§Ù اÙÙ Ø³ÙØÙØ§Ù: Ø§ÙØ¹Ù اد Ù ÙØ´Ù٠عÙ٠زعÙÙ Ø£ÙØ¨Ø± ØØ²Ø¨ Ø³ÙØ§Ø³Ù Ù Ø³ÙØÙ ÙØ§ÙØ±Ø¦ÙØ³ Ø¥ÙÙ ÙÙ ÙØÙØ¯ Ø Ø¥Ù٠تأ٠Ù٠غطاء دبÙÙ٠اس٠دÙÙÙ ÙÙØ´ÙØ¹Ù ØØ³Ù ÙØµØ±Ø§ÙÙÙ Ø Â Â» اÙÙ ÙØ§Ù٠اÙÙØ¨Ùر  » Ø¨Ø´ÙØ§Ø¯Ø© ÙÙÙÙ٠ا .
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ÙÙÙÙ ÙÙÙØ¯ Ø¬ÙØ¨Ùاط ÙØ³Ø¹Ø¯ Ø§ÙØØ±ÙØ±Ù بعد عدة عثرات باسترجاع ٠اء اÙÙØ¬Ù ÙÙØ³Ùرا٠باتجا٠د٠ش٠دÙÙ ØªÙØ§Ø®Ø± ÙØ¨Ùر . ÙÙ٠اÙÙÙØ§Ø¨Ø§Ù ÙÙ Ø§ÙØ£Ù ÙØ± Ø³ÙØ£ØªÙ بعد Ø«ÙØ§Ø« سÙÙØ§Øª Ø¨Ù ÙØ§Ø³Ø¨Ø©  » Ø§ÙØ±Ø¨Ùع Ø§ÙØ¹Ø±Ø¨Ù  » .
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M.Gelalian ! il faut toujours répéter car l’homme oublie! c’est pour cela que Dieu a envoyé plusieurs prophètes pour rappeler…. ! les sionistes qui rabâchent à longueur de journée dans tous les médias que l’islam est l’ennemi mondial sans faire la distinction entre ce dernier et le terrorisme, ceux là il faut les écouter!????? mais un homme, qui veut rassembler son peuple, protéger son peuple contre les incursions étrangères, lutter contre la corruption…. celui là il ne faut pas l’écouter!???? écoutez tout le monde et faites vous votre propre opinion qui n’est surement pas la pensée universelle! heureusement que même ses ennemis à NASRALLAH le respecte ne serait ce que pour sa parole!!! ce qui n’est surement pas votre cas! et c’est moi qui ne vais plus vous lire parce que vous parlez dans le vent.
Une solution: ne pas l’ecouter (de toutes facons il se repete depuis des decennies)