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Huit morts dans une frappe israélienne sur le front de mer de Beyrouth : l’escalade atteint le cœur de la capitale libanaise

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La capitale libanaise a connu, dans l’après-midi, une nouvelle vague de frappes et d’alertes israéliennes qui a directement touché une institution éducative emblématique et un quartier central densément peuplé. Vers 14h30, un raid aérien a visé un bâtiment de la Faculté des sciences de l’Université libanaise à Hadath, dans la banlieue sud de Beyrouth, tuant sur le coup le doyen de la faculté, le professeur Hussein Bazzi, et son assistant académique. Presque simultanément, l’armée israélienne a diffusé une alerte d’évacuation urgente pour le quartier de Bachoura, au cœur même de la ville, avant qu’une frappe ne touche un immeuble résidentiel, provoquant d’importants dégâts et une panique généralisée. Ces événements s’ajoutent à la frappe matinale sur le front de mer de Ramlet al-Baida, qui avait déjà fait huit morts, portant le bilan de la journée à plus de vingt victimes civiles selon les premières estimations du ministère libanais de la Santé publique.

Cette escalade intervient après une nuit marquée par un barrage massif de roquettes et de drones du Hezbollah, qualifié par Tsahal de « plus important depuis le début des hostilités ». Le mouvement chiite avait visé des positions militaires dans le nord d’Israël, de Safed à Haïfa, en réponse, selon ses communiqués, aux opérations israéliennes des jours précédents. Le gouvernement libanais, par la voix du président Joseph Aoun, a une nouvelle fois rappelé que ces actions du Hezbollah se déroulent en dehors de toute autorité étatique et mettent en péril la stabilité nationale.

L’attaque sur le campus de l’Université libanaise : un symbole éducatif dans le viseur

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L’Université libanaise, plus grande institution publique d’enseignement supérieur du pays, avec des campus disséminés à travers le territoire, n’avait jusqu’ici été que très marginalement affectée par les frappes. Le campus de Hadath, situé dans la banlieue sud, accueille habituellement des milliers d’étudiants en sciences, ingénierie et médecine. Ce mercredi après-midi, le bâtiment de la Faculté des sciences était encore fréquenté par un personnel réduit en raison des mesures de sécurité et des déplacements massifs de population.

Selon les témoignages recueillis sur place, deux drones de reconnaissance ont survolé la zone à basse altitude avant qu’un missile ne frappe directement le bureau du doyen. Le professeur Hussein Bazzi, figure respectée du monde académique libanais et spécialiste en physique appliquée, est décédé instantanément. Son assistant, le docteur Murtada Srour, a également perdu la vie dans l’explosion. Plusieurs membres du personnel administratif et deux étudiants présents dans les locaux adjacents ont été blessés, dont l’un grièvement. Des images diffusées par les services de secours montrent des secouristes évacuant des corps sous les décombres, tandis que des flammes et une épaisse fumée noire s’échappaient du bâtiment endommagé.

Le ministère libanais de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a immédiatement qualifié cette frappe de « crime contre l’éducation et contre l’avenir du pays ». Le recteur de l’université, dans un communiqué diffusé en fin d’après-midi, a annoncé la fermeture temporaire de tous les campus beyrouthins et appelé la communauté internationale à protéger les sites éducatifs. « L’Université libanaise est un bien public, pas une cible militaire », a-t-il déclaré, soulignant que aucune présence armée n’était signalée sur le site. Des centaines d’étudiants et d’enseignants se sont rassemblés à distance sécurisée, certains en larmes, d’autres scandant des slogans contre l’agression.

Cette attaque intervient alors que l’Université libanaise, déjà fragilisée par la crise économique chronique, accueille encore des milliers de déplacés dans certains de ses bâtiments transformés en abris provisoires. Hadath, quartier mixte et relativement calme jusqu’ici, voit désormais ses résidents rejoindre le flot des 800 000 Libanais déjà déplacés depuis le 2 mars.

Bachoura sous le feu : le centre historique de la capitale directement menacé

À peine une heure plus tard, vers 15h45, l’armée israélienne a envoyé des alertes téléphoniques automatisées et diffusé des messages via les réseaux sociaux enjoignant les habitants de Bachoura à évacuer immédiatement plusieurs immeubles. Bachoura, quartier central de Beyrouth situé à proximité du Grand Serail et de la place des Martyrs, est connu pour sa population mixte, ses commerces et ses résidences familiales. Il n’avait jusqu’à présent jamais fait l’objet d’une telle alerte directe.

Peu après, une frappe a touché un immeuble de quatre étages, provoquant l’effondrement partiel de la façade et d’importants dégâts aux bâtiments voisins. Des colonnes de fumée noire ont été visibles depuis plusieurs points de la ville. Les pompiers et les équipes de la défense civile se sont rendus sur place sous escorte de l’armée libanaise pour extraire les éventuels blessés. Selon les premiers bilans communiqués en fin d’après-midi, au moins trois personnes ont été blessées, dont une femme âgée transférée en urgence vers l’hôpital Hôtel-Dieu. Aucun mort n’a été confirmé pour l’instant dans ce secteur, mais les recherches se poursuivent sous les décombres.

Les autorités israéliennes ont justifié l’opération par la présence présumée d’« infrastructures liées au Hezbollah » dans le quartier. Le porte-parole de Tsahal a déclaré que « toute zone utilisée à des fins militaires sera traitée comme telle ». Cette affirmation a été immédiatement contestée par le gouvernement libanais, qui rappelle que Bachoura est un quartier civil sans présence militaire déclarée. Le Premier ministre Nawaf Salam a exigé une clarification immédiate de la part des Nations unies, soulignant que « frapper le cœur de Beyrouth revient à franchir une ligne rouge supplémentaire ».

La panique s’est propagée rapidement dans les rues adjacentes. Des familles ont fui à pied ou en voiture vers les quartiers est et nord, bloquant la circulation sur l’axe principal menant à la place des Martyrs. Des écoles privées du secteur ont fermé leurs portes en urgence et évacué les élèves restants. La Croix-Rouge libanaise a ouvert un centre d’accueil temporaire dans une mosquée voisine pour accueillir les résidents déplacés dans leur propre ville.

Le bilan de la matinée et l’extension des opérations au sud du pays

Ces développements de l’après-midi s’inscrivent dans une journée déjà marquée par une intensité inédite. Peu après l’aube, la frappe sur le front de mer de Ramlet al-Baida avait tué huit personnes, dont plusieurs déplacés installés dans des tentes de fortune. Le ministère de la Santé publique avait alors annoncé trente et un blessés, portant le total national à plus de 687 morts depuis le 2 mars, dont 98 enfants.

Dans la matinée, des raids ont également touché la banlieue sud (Dahiyeh), Aramoun et plusieurs localités du sud. L’armée israélienne a revendiqué la destruction de dix structures liées au Hezbollah, dont des centres de commandement et des stocks de lance-roquettes. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré dans un communiqué : « Nous avons instruit Tsahal de se préparer à l’extension des opérations au Liban si le gouvernement de Beyrouth ne reprend pas le contrôle du territoire. »

Les ordres d’évacuation israéliens ont été élargis dans la journée : tous les villages situés au sud du fleuve Zahrani, soit près de 10 % du territoire libanais, doivent désormais être évacués. Des dizaines de milliers de familles supplémentaires ont pris la route vers le nord, formant de longs convois sur les axes côtiers.

Le drame humanitaire s’aggrave avec l’extension des frappes vers la capitale

La nouvelle vague contre Beyrouth accentue dramatiquement la crise humanitaire. Les centres d’hébergement déjà saturés dans la capitale accueillent désormais des familles fuyant Hadath et Bachoura. Les hôpitaux fonctionnent à capacité maximale, avec des transferts de blessés graves depuis les zones touchées. Le coordinateur humanitaire de l’ONU, Imran Riza, a décrit la situation comme un « orage parfait » de déplacements, pénuries et infrastructures médicales débordées.

Le président français Emmanuel Macron, dans un échange téléphonique avec Joseph Aoun, a appelé à une désescalade immédiate et au respect strict de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui prévoit le déploiement exclusif de l’armée libanaise au sud du Litani. Les Forces armées libanaises ont renforcé leur présence autour des sites touchés cet après-midi, coordonnant les évacuations et sécurisant les opérations de secours.

Les réactions officielles et la poursuite des opérations en fin de journée

Le gouvernement libanais a tenu une réunion d’urgence en début de soirée. Le président Aoun a réitéré que « le Liban refuse d’être le champ de bataille des autres » et a demandé un soutien international accru pour renforcer l’armée régulière. Des convois d’aide humanitaire, notamment française, ont été signalés en route vers Beyrouth avec plusieurs tonnes de matériel médical et alimentaire.

En fin d’après-midi, entre 17 heures et 18 heures, les survols de drones israéliens se sont intensifiés au-dessus de plusieurs quartiers de la capitale, provoquant des alertes sporadiques. Aucune nouvelle frappe majeure n’a été rapportée après 17h30, mais la tension reste extrême. Les équipes de secours continuaient à fouiller les décombres de la Faculté des sciences à Hadath et de l’immeuble touché à Bachoura, à la recherche d’éventuels survivants.

Le ministère de la Santé publique a publié un communiqué actualisé vers 17h45, confirmant le bilan de la journée : au moins vingt-deux morts et plus de soixante-dix blessés dans la seule capitale et ses environs immédiats. Les routes du littoral restent encombrées par les mouvements de population en provenance du sud et désormais du centre de Beyrouth. L’armée libanaise a déployé des unités supplémentaires pour réguler la circulation et protéger les convois humanitaires.

Dans le sud du pays, les frappes ponctuelles se sont poursuivies près de Tyr et de Baalbek, avec plusieurs positions revendiquées par Tsahal comme neutralisées. Le Hezbollah a maintenu un profil bas dans ses communications publiques durant la journée, se contentant de confirmer que son barrage de la nuit précédente avait atteint ses objectifs militaires.

La journée s’achève donc sur une extension géographique inédite des opérations israéliennes, qui touchent désormais des zones jusque-là épargnées au cœur de la capitale. Les services d’urgence restent mobilisés à Hadath et à Bachoura, tandis que les habitants des quartiers adjacents continuent d’évacuer par précaution. Des hélicoptères de l’armée libanaise survolent la zone pour coordonner les opérations, et les hôpitaux de référence de Beyrouth ont activé leurs plans d’urgence maximale pour faire face à l’afflux potentiel de nouveaux blessés dans la soirée.

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