Israël, par le biais de son diffuseur public Kan, a confirmé dimanche avoir approuvé un cessez-le-feu soutenu par les États-Unis avec le Hezbollah au Liban. Cependant, ce projet de trêve doit encore recevoir l’aval du groupe libanais. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu travaillerait sur une stratégie de communication visant à présenter cette trêve comme une victoire israélienne, et non un compromis, selon les rapports.
La trêve inclurait une clause permettant à Israël de continuer ses opérations militaires à la frontière libano-syrienne. De son côté, le chef du Hezbollah, Sheikh Naim Qassem, avait annoncé la semaine dernière avoir étudié la proposition de trêve et laissé Israël décider des prochaines étapes.
Escalade dans les banlieues sud de Beyrouth
Malgré les discussions sur un cessez-le-feu, les violences ont continué dimanche, marquées par une série de frappes israéliennes sur les banlieues sud de Beyrouth. Ces attaques, rapportées par l’Agence Nationale de l’Information libanaise (NNA), ont visé des bastions du Hezbollah, notamment Haret Hreik, Bir al-Abed et Ghobeiri. Les bombardements ont provoqué des destructions massives, bien que la zone ait été largement évacuée depuis le début des hostilités.
Des images de l’AFPTV ont montré des nuages de fumée s’élevant au-dessus de la capitale libanaise, tandis que des explosions retentissaient dans plusieurs quartiers. Selon l’armée israélienne, ces frappes visaient des installations militaires du Hezbollah. Les attaques ont suivi un avertissement en ligne, publié par le porte-parole militaire Avichay Adraee, incitant les habitants de certains quartiers à évacuer immédiatement.
Contre-attaques et frappes aériennes
Le Hezbollah, dans une déclaration dimanche, a revendiqué une attaque inédite sur la base navale israélienne d’Ashdod à l’aide de drones de combat. Des missiles et drones ont également été lancés contre Tel-Aviv et la base de renseignement militaire de Glilot, selon le groupe. Ces assauts font suite à des bombardements israéliens qui ont ciblé le porte-parole du Hezbollah, Mohammed Afif, et d’autres figures importantes du mouvement.
Israël a riposté en intensifiant ses bombardements dans le sud du Liban et en renforçant sa présence militaire autour de la ville stratégique de Khiam. Ce secteur a été le théâtre de violents combats, Israël cherchant à contrôler cette porte d’entrée vers une éventuelle incursion terrestre plus vaste.
Un conflit qui s’intensifie depuis septembre
La crise actuelle trouve ses racines dans des échanges limités de tirs entre Israël et le Hezbollah depuis près d’un an, exacerbés par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Depuis septembre, Israël a intensifié ses frappes aériennes au Liban, ciblant les bastions du Hezbollah au sud et à l’est, ainsi qu’à Beyrouth.
Le ministère libanais de la Santé rapporte que plus de 3 670 personnes ont été tuées au Liban depuis octobre 2023, la majorité depuis septembre. Les villes frontalières telles que Bint Jbeil et Naqoura continuent de subir des bombardements intenses, avec des milliers de déplacés.
La symbolique de Khiam et les enjeux géostratégiques
La ville de Khiam, située à six kilomètres de la frontière israélienne, revêt une importance particulière. Ancien site d’une prison tristement célèbre sous le contrôle de la milice alliée d’Israël, l’Armée du Sud-Liban, Khiam est aujourd’hui au centre des combats. Les forces israéliennes, appuyées par des frappes aériennes et des bombardements, tentent de s’en emparer pour sécuriser un couloir stratégique.
Le NNA indique qu’Israël cherche également à encercler Naqoura via des incursions côtières à Bayada, soulignant les enjeux géopolitiques et militaires d’un conflit qui menace de s’étend



