Je parle de la diaspora libanaise, dispersée aux quatre coins du monde mais rassemblée par un même battement de cœur qui ne s’est jamais exilé.
Je parle des femmes et des hommes qui ont quitté le Liban non par choix mais par nécessité, fuyant les guerres, les crises, les effondrements successifs, emportant dans leurs valises la peur, l’espoir et la promesse silencieuse de ne jamais oublier. Ces exilés qui, malgré la distance, continuent d’aimer leur pays avec une frénésie douloureuse, comme si l’éloignement avait décuplé l’attachement.
Je parle de l’aide constante, discrète ou visible, envoyée sans compter : argent, médicaments, conseils, contacts, prières, comme une perfusion d’amour pour un pays trop souvent laissé exsangue.
Je parle de Noël, ce rendez-vous sacré où les avions se remplissent de Libanais venus du monde entier, chargés de nostalgie et de valises débordantes de cadeaux remplis d’amour, de présence et de souvenirs retrouvés.
Je parle de ces retours temporaires qui illuminent les villages, réveillent les maisons fermées et rallument les rires autour des tables familiales. Cette diaspora n’a jamais coupé le cordon. Elle parle du Liban au présent même quand elle vit ailleurs, le défend, l’explique, le pleure et l’idéalise.
Je parle de ce bout de terre minuscule et immense à la fois, qui demeure pour les exilés comme pour les résidents un lieu d’une beauté indélébile, un refuge de l’âme malgré ses blessures ; d’un pays qui fait souffrir mais qui ne se laisse jamais oublier, d’un Liban qui vit dans les cœurs bien au-delà de ses frontières.
Je parle enfin d’un amour qui résiste à tout : aux guerres, aux crises, à la distance, au temps, et qui continue de dire, envers et contre tout : « nous reviendrons toujours »



