Le représentant personnel du président français au Liban, Jean-Yves Le Drian, a tiré la sonnette d’alarme jeudi 21 novembre sur France Inter. Selon l’ancien ministre des Affaires étrangères, le Liban traverse une crise existentielle, aggravée par des ingérences extérieures et des divisions internes. « Ce pays est en détresse en raison des ingérences extérieures, lieu d’affrontement entre l’Iran et Israël, et en raison de sa désunion », a-t-il déclaré.
Une population sous pression
Jean-Yves Le Drian a exprimé son inquiétude face à la « dislocation » du pays, exacerbée par les bombardements israéliens. « La population du Sud, essentiellement chiite, remonte vers Beyrouth », a-t-il observé, notant des « mouvements de population en cours ». Ces déplacements forcés reflètent la gravité de la situation humanitaire et les risques croissants d’instabilité. « Il faut éviter que ces tensions se transforment en affrontements militaires », a-t-il mis en garde, soulignant la menace d’une guerre civile.
Les trois principes proposés par Le Drian
Pour sortir de cette crise, Jean-Yves Le Drian a proposé trois principes fondamentaux :
- Assurer la sécurité de la population du nord d’Israël.
- Préserver l’intégrité territoriale du Liban.
- Respecter l’ensemble des communautés libanaises pour maintenir l’équilibre fragile du pays.
L’ancien ministre a insisté sur la nécessité de trouver « les moyens d’avoir une frontière sécurisée » entre Israël et le Liban. Il a également exprimé l’espoir qu’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah puisse être négocié rapidement, « avant l’arrivée de Donald Trump », faisant référence aux changements politiques imminents aux États-Unis.
Une menace régionale plus large
En parallèle, Le Drian a exprimé un pessimisme accru concernant la situation à Gaza. « Nous sommes partis dans la guerre perpétuelle », a-t-il déploré, critiquant la politique israélienne dans l’enclave palestinienne. Il a dénoncé « l’espèce de punition collective » imposée à Gaza, la qualifiant d’ »intolérable ». Selon lui, Benyamin Nétanyahou est enfermé dans une « logique de guerre » qui semble inarrêtable, alimentant un cycle de violence sans fin.
Le Drian a également mis en garde contre les répercussions à long terme de ce conflit sur la jeunesse palestinienne. « Un peuple condamné au désespoir produit des générations de frustrés, voire de terroristes », a-t-il averti, craignant que la situation actuelle ne compromette encore davantage les chances de paix dans la région.
Une situation critique pour le Liban
La visite récente de Jean-Yves Le Drian à Beyrouth témoigne de l’engagement continu de la France envers le Liban, malgré les défis colossaux. Cependant, ses déclarations mettent en lumière l’urgence d’une solution politique et diplomatique pour éviter un effondrement total du pays. Dans un contexte marqué par des pressions internes et externes, Le Drian a appelé à un effort collectif pour garantir la souveraineté du Liban et éviter une spirale de violences.



