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Joseph Aoun : « Nous ne permettrons pas une occupation déguisée »

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Un discours qui marque une prise de position ferme

Le chef de l’armée libanaise, Joseph Aoun, a déclaré lors d’une intervention publique que le Liban ne permettrait « aucune occupation déguisée » sous quelque forme que ce soit. Ces propos interviennent à un moment critique où le retrait israélien du sud du Liban, prévu pour février 2025, suscite de vives tensions. Cette déclaration, rapportée par Nahar (17 février 2025), vise à rassurer les Libanais quant à la souveraineté nationale alors que plusieurs incertitudes subsistent sur les modalités du retrait.

Les propos de Joseph Aoun viennent en réponse aux préoccupations croissantes sur le maintien de certaines positions militaires israéliennes après leur départ officiel. Selon Al Joumhouriyat (17 février 2025), Tel-Aviv chercherait à conserver une présence « indirecte » à travers des alliances locales ou par le biais de la coopération avec la FINUL. Cette situation fait craindre une continuité de l’influence israélienne, même après un retrait militaire formel.

Le général libanais a insisté sur le fait que « l’armée nationale est prête à assurer pleinement la souveraineté du pays » et qu’aucune force étrangère ne sera tolérée, directement ou indirectement. Il a également affirmé que le Liban refuserait toute initiative israélienne visant à imposer des conditions sécuritaires à Beyrouth après le retrait.

Un contexte de tensions accrues

Depuis l’annonce du retrait israélien, les discussions diplomatiques se sont intensifiées. Washington et Paris tentent de négocier une transition qui ne laisse pas place à un vide sécuritaire pouvant être exploité par le Hezbollah ou d’autres acteurs régionaux. Cependant, selon Al Akhbar (17 février 2025), Tel-Aviv souhaiterait obtenir des garanties de sécurité avant son départ, ce qui pourrait signifier la mise en place de dispositifs de surveillance ou le maintien de collaborateurs locaux sur le terrain.

Joseph Aoun a clairement exprimé son opposition à toute tentative d’ingérence étrangère dans la gestion des zones libérées. « La souveraineté ne se négocie pas », a-t-il martelé lors de son allocution, ajoutant que « le Liban ne tolérera pas un statu quo imposé de l’extérieur ».

Cette position est soutenue par une large partie de la classe politique libanaise, même si certaines voix, notamment parmi les partis pro-occidentaux, plaident pour une coopération avec la FINUL afin de garantir une stabilité durable après le retrait.

Les préoccupations autour de la sécurité nationale

L’une des principales inquiétudes soulevées par ce retrait est la sécurité dans les zones libérées. En 2000, après le départ israélien, un vide sécuritaire avait temporairement été observé avant que le Hezbollah ne prenne le contrôle de plusieurs secteurs du sud du Liban. Cette fois, l’armée libanaise veut éviter un scénario similaire et affirme être en mesure d’assurer la transition.

Selon Al Bina’ (17 février 2025), l’état-major libanais a préparé un plan de déploiement progressif qui inclut le renforcement des unités stationnées dans le sud et une coordination accrue avec la FINUL. Toutefois, plusieurs analystes estiment que ces mesures risquent d’être insuffisantes si le Hezbollah décide de s’imposer comme acteur majeur de la nouvelle configuration sécuritaire.

Joseph Aoun a tenu à rassurer sur ce point, affirmant que « l’armée libanaise est la seule garante de la souveraineté nationale » et qu’aucune autre force ne sera autorisée à imposer son autorité sur ces territoires. Il a également mis en garde contre toute tentative d’ingérence étrangère qui pourrait fragiliser la stabilité du pays.

L’impact régional de la déclaration de Joseph Aoun

Les propos du chef de l’armée libanaise ne sont pas passés inaperçus sur la scène régionale. Israël a immédiatement réagi par la voix de son ministre de la Défense, qui a déclaré que « le Liban doit garantir que son territoire ne servira pas de base à des attaques contre Israël » (Al Sharq Al Awsat, 17 février 2025). Cette déclaration laisse entendre que Tel-Aviv pourrait envisager des représailles si des incidents de sécurité survenaient après le retrait.

Du côté des États-Unis, la diplomatie reste prudente. Washington soutient officiellement le retrait israélien tout en insistant sur la nécessité d’un cadre de sécurité clair pour éviter une escalade des tensions. Selon Ad Diyar (17 février 2025), l’administration américaine aurait suggéré la mise en place d’une mission de surveillance conjointe entre la FINUL et l’armée libanaise pour assurer une transition en douceur.

Les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, ont salué la déclaration de Joseph Aoun, la percevant comme un signal fort de la capacité du Liban à gérer ses affaires internes sans ingérence extérieure. Cependant, selon Nida’ Al Watan (17 février 2025), Riyad reste préoccupé par le rôle que pourrait jouer le Hezbollah après le départ israélien et appelle à une surveillance accrue de la situation.

Vers une nouvelle équation sécuritaire au Liban ?

La déclaration de Joseph Aoun s’inscrit dans une dynamique plus large visant à redéfinir l’équilibre des forces au Liban. Depuis plusieurs années, l’armée libanaise cherche à s’affirmer comme le principal garant de la stabilité du pays, face à des forces politiques et militaires concurrentes.

Le retrait israélien de 2025 pourrait être une opportunité pour renforcer cette position, à condition que le gouvernement et la communauté internationale lui apportent le soutien nécessaire. Selon Al Liwa’ (17 février 2025), des discussions seraient en cours pour augmenter les financements internationaux à destination des forces armées libanaises afin d’améliorer leurs capacités opérationnelles.

Toutefois, la question du Hezbollah reste centrale. Si l’organisation décide de prendre une place trop importante dans la gestion des zones libérées, cela pourrait raviver des tensions internes et compliquer la tâche de l’armée. Joseph Aoun a insisté sur le fait que « toutes les forces politiques doivent comprendre que la sécurité nationale est une responsabilité collective et non un enjeu partisan ».

Une déclaration qui engage l’avenir du Liban

Les propos du chef de l’armée libanaise marquent une étape clé dans la transition sécuritaire que traverse le pays. En affirmant que « nous ne permettrons pas une occupation déguisée », Joseph Aoun envoie un message clair aux acteurs nationaux et internationaux : le Liban entend gérer seul son territoire et ne tolérera aucune interférence étrangère.

Ce positionnement pourrait redessiner l’équilibre des forces dans le pays et poser les bases d’un nouveau modèle de gouvernance sécuritaire. Toutefois, plusieurs défis restent à relever, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre concrète de cette souveraineté retrouvée.

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Newsdesk Libnanews
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