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Jour pour Jour: Le président Bush annonce la libération du Koweït lors de la Guerre du Golfe

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Le 27 février 1991, dans un discours adressé à la nation américaine depuis la Maison Blanche, le président George H. W. Bush a déclaré que le Koweït était libéré et que l’armée irakienne avait été défaite. Cette annonce marquait la fin d’une phase intense de conflit armé qui avait mobilisé une coalition internationale sans précédent contre l’Irak de Saddam Hussein. L’événement s’inscrivait dans un contexte de tensions régionales exacerbées par l’invasion irakienne du Koweït, survenue sept mois plus tôt, et par les efforts diplomatiques et militaires déployés pour restaurer la souveraineté koweïtienne. Sans entrer dans des spéculations sur les motivations profondes, les faits démontrent une escalade rapide vers une confrontation qui a redéfini les dynamiques de sécurité au Moyen-Orient.

Les origines de la crise : L’invasion irakienne du Koweït

Tout a commencé le 2 août 1990, lorsque les forces armées irakiennes, commandées par Saddam Hussein, ont franchi la frontière koweïtienne. Cette invasion, menée par environ 100 000 soldats soutenus par des chars et de l’artillerie lourde, a permis à l’Irak de prendre le contrôle du petit émirat en moins de deux jours. Les troupes irakiennes ont bombardé Kuwait City, la capitale, et ont rapidement installé un régime fantoche, proclamant l’annexion du Koweït comme la 19e province d’Irak. Cette décision unilatérale visait à effacer une dette massive contractée par l’Irak lors de la guerre contre l’Iran (1980-1988), estimée à plus de 14 milliards de dollars dus au Koweït seul, tout en s’appropriant les vastes réserves pétrolières koweïtiennes, qui représentaient environ 10 % des réserves mondiales prouvées.

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Saddam Hussein justifiait cette action par des accusations contre le Koweït, affirmant que l’émirat avait dépassé ses quotas de production pétrolière fixés par l’OPEP, contribuant ainsi à la chute des prix du pétrole et aggravant la crise économique irakienne post-guerre Iran-Irak. Il accusait également le Koweït de pomper illégalement du pétrole du champ de Rumaila, situé à la frontière commune. Ces allégations, bien que contestées par les autorités koweïtiennes, ont servi de prétexte à une opération militaire préparée de longue date. Les forces irakiennes ont pillé la banque centrale koweïtienne, emportant or et devises, et ont commis des actes de violence contre la population civile, entraînant la mort de plus de 1 000 Koweïtiens et la disparition de 600 autres, dont les restes ont été retrouvés plus tard dans des fosses communes en Irak.

La réaction internationale a été immédiate. Le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni en urgence, a adopté la résolution 660 le 2 août 1990, condamnant l’invasion et exigeant le retrait immédiat et inconditionnel des troupes irakiennes. Cette résolution, votée par 14 membres avec l’abstention du Yémen, marquait le début d’une série de mesures diplomatiques visant à isoler l’Irak. Le 6 août, la résolution 661 imposait un embargo économique total sur l’Irak et le Koweït occupé, excluant uniquement les fournitures médicales et alimentaires à des fins humanitaires. Ces sanctions visaient à asphyxier économiquement le régime de Saddam Hussein, qui disposait alors d’une armée d’un million d’hommes, de 5 500 chars et de plus de 700 avions de combat.

La formation de la coalition internationale

Face à la menace d’une expansion irakienne vers l’Arabie saoudite, riche en pétrole et voisine du Koweït, les États-Unis ont pris l’initiative de former une coalition multinationale. Le président Bush, en coordination avec le roi Fahd d’Arabie saoudite, a lancé l’opération Desert Shield le 7 août 1990, déployant initialement des forces américaines pour défendre le royaume saoudien. Ce déploiement défensif a rapidement évolué en une accumulation massive de troupes, avec plus de 543 000 soldats américains mobilisés au total, représentant 73 % des forces coalisées.

La coalition a réuni 42 pays, un assemblage hétérogène reflétant une unité rare contre l’agression irakienne. Parmi les principaux contributeurs figuraient l’Arabie saoudite, qui fournissait des bases et des troupes ; le Royaume-Uni, avec 53 000 hommes et une division blindée ; la France, déployant 18 000 soldats sous la division Daguet, incluant des unités de la Légion étrangère ; l’Égypte, avec 35 000 hommes ; et la Syrie, avec 14 000 soldats. D’autres nations, comme le Canada, l’Australie, l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne, le Maroc, le Bangladesh et le Sénégal, ont fourni des contingents variés, allant de navires de guerre à des équipes médicales. L’Allemagne et le Japon, limités par leurs constitutions post-Seconde Guerre mondiale, ont contribué financièrement plutôt que militairement.

Cette alliance était soutenue par des résolutions onusiennes successives. Le 25 août 1990, la résolution 665 autorisait un blocus naval pour faire respecter les sanctions. Le 29 novembre, la résolution 678, adoptée par 12 voix contre 2 (Cuba et Yémen) et une abstention (Chine), fixait au 15 janvier 1991 la date limite pour le retrait irakien, autorisant « tous les moyens nécessaires » pour expulser les forces irakiennes si nécessaire. Saddam Hussein, dans des déclarations publiques, a rejeté ces ultimatums, liant le retrait à des questions plus larges comme le conflit israélo-palestinien, affirmant que l’Irak ne céderait pas face à ce qu’il qualifiait d’« agression impérialiste ».

L’opération Bouclier du désert : Le déploiement des forces

De août à janvier 1991, l’opération Desert Shield a transformé le désert saoudien en une immense base logistique. Les États-Unis ont acheminé 3 113 chars, dont des M1A1 Abrams et des M60 Patton, 1 800 avions et 2 200 pièces d’artillerie. La marine américaine a déployé des groupes aéronavals centrés sur les porte-avions USS Dwight D. Eisenhower et USS Independence, ainsi que les cuirassés USS Missouri et USS Wisconsin, armés de missiles Tomahawk. Les forces britanniques ont apporté 176 chars Challenger 1, tandis que les Français ont positionné des hélicoptères Gazelle et des chars AMX-30.

Les exercices militaires, comme l’opération Imminent Thunder en novembre 1990, impliquant 1 100 avions et 1 000 Marines, ont testé la coordination de la coalition. Pendant cette période, l’Irak a renforcé ses positions au Koweït, creusant des tranchées, minant les frontières et déployant 545 000 soldats. Saddam Hussein a également menacé d’utiliser des armes chimiques, rappelant leur emploi lors de la guerre contre l’Iran. Des négociations de dernière minute, menées par le secrétaire d’État américain James Baker et le ministre irakien des Affaires étrangères Tariq Aziz à Genève le 9 janvier 1991, ont échoué, Aziz déclarant que l’Irak était prêt à affronter « la mère de toutes les batailles ».

Le 12 janvier 1991, le Congrès américain a autorisé l’usage de la force par un vote serré au Sénat (52-47) et plus large à la Chambre (250-183), signant la loi publique 102-1. Cette approbation reflétait les débats intenses sur les risques d’un engagement militaire, mais soulignait l’engagement des États-Unis à faire respecter le droit international.

L’ultimatum des Nations unies et le refus irakien

Le 15 janvier 1991 est passé sans retrait irakien. Saddam Hussein, dans un discours radiodiffusé, a exhorté ses troupes à résister, promettant une victoire divine contre les « infidèles ». L’Irak a proposé des retraits conditionnels, liés à un règlement du conflit palestinien et à la levée des sanctions, propositions rejetées par la coalition comme des manœuvres dilatoires. Le Conseil de sécurité des Nations unies, par la résolution 678, avait déjà donné carte blanche pour une action militaire, marquant un consensus rare incluant l’Union soviétique, traditionnellement alliée de l’Irak.

Cette phase diplomatique a mis en lumière les divisions au sein du monde arabe. Si l’Égypte et la Syrie ont rejoint la coalition, le Yémen et la Jordanie ont exprimé des réserves, craignant une déstabilisation régionale. Saddam Hussein a tenté d’exploiter ces fissures en lançant des missiles Scud vers Israël dès le début des hostilités, espérant entraîner l’État hébreu dans le conflit et briser l’unité arabe. Israël, sous pression américaine, a refrené toute riposte massive, évitant ainsi une escalade plus large.

L’opération Tempête du désert : La campagne aérienne

Le 17 janvier 1991, à 2h45 heure de Bagdad (18h45 heure de l’Est américain le 16 janvier), l’opération Desert Storm a débuté avec une campagne aérienne massive. Plus de 100 000 sorties ont été effectuées en 42 jours, larguant 88 500 tonnes de bombes sur des cibles militaires et infrastructurelles irakiennes. Les forces de la coalition, dominées par l’US Air Force avec des F-15, F-16 et des bombardiers B-52, ont détruit les défenses antiaériennes irakiennes, les aéroports et les centres de commandement. Les missiles Tomahawk lancés depuis des navires ont frappé avec précision, minimisant les pertes alliées.

L’Irak a riposté en tirant 88 missiles Scud, dont 42 vers Israël et 46 vers l’Arabie saoudite, causant des dommages limités : deux civils israéliens tués, un en Arabie saoudite, et 28 soldats américains morts dans une caserne à Dhahran le 25 février. Les batteries Patriot américaines ont intercepté plusieurs de ces missiles, bien que leur efficacité ait été débattue. La coalition a perdu 75 avions, contre 110 pour l’Irak, dont 137 évacués vers l’Iran. Des opérations spéciales, comme celles des SAS britanniques et des Delta Force américaines, ont traqué les lanceurs Scud dans le désert occidental irakien.

Cette phase aérienne a affaibli considérablement l’armée irakienne, détruisant 357 chars, 147 véhicules blindés et 89 pièces d’artillerie. Saddam Hussein a ordonné des contre-attaques, comme la bataille de Khafji du 29 au 31 janvier, où 51 divisions irakiennes ont tenté de prendre la ville saoudienne. Repoussées par les forces saoudiennes, qatariennes et américaines, les Irakiens ont perdu 60 à 300 hommes, 400 capturés, contre 11 Américains tués (dont 9 par tir ami) et 14 aviateurs abattus.

L’offensive terrestre et la libération

Le 24 février 1991, l’offensive terrestre a été lancée, baptisée Desert Sabre. Le VIIe corps américain, avec 1 487 chars et 146 321 soldats, a mené une attaque en tenaille vers le nord, surprenant les forces irakiennes. La 1re division blindée américaine et la 3e division blindée ont engagé des batailles de chars majeures, comme celle de 73 Easting le 26 février, où des Abrams ont détruit des dizaines de T-72 irakiens sans pertes significatives. La bataille de Norfolk et celle de Medina Ridge ont vu la destruction de plus de 300 véhicules irakiens.

Les Marines américains, avec les 1re et 2e divisions, ont avancé vers Kuwait City, détruisant 100 chars irakiens et capturant 300 prisonniers à l’aéroport international de Koweït. Les forces britanniques ont capturé 7 000 prisonniers et détruit 300 chars, tandis que les Français ont vaincu la 45e division d’infanterie irakienne avec des pertes minimales. La résistance irakienne a été faible ; la plupart des soldats se sont rendus, totalisant 80 000 à 175 000 capturés.

Le 27 février, Saddam Hussein a ordonné le retrait général, mais pas avant d’ordonner la mise à feu de plus de 600 puits de pétrole koweïtiens, créant un désastre écologique avec des nuages noirs couvrant la région. Les forces coalisées ont poursuivi les colonnes en retraite sur l’autoroute Basra-Koweït, connue comme l’« autoroute de la mort », où des milliers d’Irakiens ont été tués par des frappes aériennes.

L’annonce présidentielle et le cessez-le-feu

Dans son discours du 27 février 1991, le président Bush a déclaré : « Le Koweït est libéré. L’armée irakienne est défaite. Nos objectifs militaires sont atteints. Le Koweït est une fois de plus entre les mains des Koweïtiens, maîtres de leur propre destin. » Il a salué la coalition pour sa victoire rapide, notant que l’offensive terrestre n’avait duré que 100 heures. Les pertes coalisées s’élevaient à 292 tués (147 américains par action ennemie, 145 par accidents), contre 20 000 à 50 000 Irakiens tués et 75 000 blessés.

Le cessez-le-feu a été déclaré le 28 février 1991, à 8h01 heure locale. Les négociations à Safwan, en Irak, le 3 mars, ont établi les termes, incluant la destruction des armes de destruction massive irakiennes sous supervision onusienne (résolution 687 du 3 avril). L’émir Jaber al-Ahmad al-Sabah est rentré au Koweït le 14 mars, reprenant le contrôle d’un pays dévasté, avec des infrastructures détruites et des champs pétrolifères en flammes qui ont brûlé pendant des mois.

Les implications immédiates des opérations post-libération

Les forces coalisées ont établi une zone démilitarisée le long de la frontière Irak-Koweït, avec une barrière de séparation. Les Canadiens ont éteint le dernier feu de puits le 6 novembre 1991, marquant la fin de l’urgence environnementale. L’Irak a accepté formellement les termes du cessez-le-feu le 6 avril, mais des soulèvements internes, comme ceux des Kurdes au nord et des chiites au sud, ont été réprimés par les forces restantes de Saddam, entraînant des milliers de morts supplémentaires. La coalition a maintenu des sanctions onusiennes, supervisant la démilitarisation irakienne, tandis que les troupes américaines ont commencé leur retrait progressif des bases saoudiennes. Ces mesures ont stabilisé la région immédiate, avec le gouvernement koweïtien en exil reprenant ses fonctions et initiant la reconstruction, soutenue par des aides internationales. Les pertes matérielles irakiennes incluaient 3 300 chars détruits, 2 100 véhicules blindés et 2 200 pièces d’artillerie, affaiblissant durablement l’armée de Saddam Hussein.

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